CHAPITRE II
De la société domestique^.
Xj'homme, la femme sont Tun et Pautre; mais ils ne sont pas Tun comme l'autre ou d'une manière égale , et ils diffèrent de sexe.
Cette égalité dans Têtre , cette inégalité dans la manière d'être , s'appelle similitude, et constitue des êtres qui sont semblables , mais non pas égaux > et ne peuvent jamais^ le devenir.
L'union des sexes est la raison de leur différence j la production d'un être e&t la fin de leur union. »
Cet être produit est d'un sexe comme l'um ou l'autre de ceux qui lui ont donné l'être ; mais ils sont formés^ et il est à former; il eat jeune, et ils sont vieux. Autre inégalit|é> autre similitude.
Homme, femme, petit ^ considérés chacun en soi , et sans aucune relation entre eux, s'appellent des z/zrf/Wi/z^^, c'est-à-dire, ^ qu'on ne peut diviser sans les détruire. Leurs^ manières d'être, de sexe et d'âge, sont abso'^ lues^ ce qui veut dire qu'elles existent l'une sans l'autre j et même pour l'être organisé , jeune n'est pas relatif de vieux ; car Pêtre organisé est jeune tant qu'il croît , et vieux quand il décroît»
Père, mère, enfant qui expriment à la fois l'union cMs sexes çt la production de l'être, ne peuvent être considérés que dépendamment l'un de l'autre, et relativement l'un à l'autre. Chacune de ces manières d'être suppose et rappelle les deux autres; c'est-à-dire, qu'elles sont relatwes. Ainsi considérées , elles s'ap* Relient rapports , en latin ratio : père , mère , enfant^ sont àe^ personnes ^ et leur réunion forme la famille; l'union des sexes qui est le fondement de tous ces rapports, s'appelle mariage.
Ainsi la similitude des êtres humains a produit des rapports entre eux; comme la similitude des êtres matériels , considérés dans l'étendue^ produit des proportions arithmé-
tiques ou géométriques , qui donnent lieu à des rapports ou raisons ; comme la similarité des êtres matériels , considérés dans leur substance, produit des affinités ou rapports chi* miques. Ces points de contact entre les diverses sciences sont précieux à recueillir.
La production de l'homme est la fin du rapport des sexes; sa conservation est la fin du rapport des âges, c'est-à-dire, que l'homme et la femme produisent l'enfant, que le père et la mère le conservent. La production et la conservation de Thorame sont donc la fin de la famille, et la raison de tous les rapports de sexe et d'âge qui la constituent.
La brute naît avec une impulsion, selon les unç, avec une connaissance, selon les autres, impulsion ou connaissance qu'on appelle instinct, qui guide invariablement chaque espèce, et infailliblement toutes les espèces dans leur reproduction et leur conservation, pour lesquelles ellçs ont reçu chacune tout ce qui leur est nécessaire. La brute n'est pas plus libre de ne pas se reproduire-que de ne pas se conserver. Le temps., la manière, tout est déterminé pour elle , et ce que nos leçons ajoutent à son instinct , est pour nos
besoins et jamais pour les siens, et prouve bien moins son industrie que la nôtre.
L'homme au contraire naît ignorant et i3ésarraé j et si la facul|^de choisir et de vouloir, qui le distingue, n'est pas éclairée par l'instruction, il n'aura pas de choix jil aura une impulsion et point de volonté, desmouvemens et point d'action. Il cédera à quelques besoins involontaires, mais il ne saura, ni prévoir aucun danger , ni s'en défendre ; hors d'état de se conserver et peut-être de se reproduire ( i) , il sera au-dessous de la brute , ou plutôt il ne sera rien, parce qu'il ne sera pas ce qu'il doit être , et qu'il n'a pas reçu , comme la brute, un instinct pour suppléerà sa volonté.
« L'homme n'est donc pas, comme le dit
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(i) Leâ hommes des deux sexes , hors de toute société y sans langage , et par conséquent sans raison , se fuiraient , se battraient et ne s'uniraient pc^s. Ce qui le prouve, est que la passion de l'amour est. plu» faible dans l'homnie à mesure qu'il est plus voisin de l'état barbare , et plus forte dans la brute à mesure, qu'elle se rapproche de la vie sauvage. Tous les hommes trouvés dans des bois , ont montré de l'éloignement pour les femmes , et réciproquement.
> M. de St.-Lambert, une masse organisée .
• ^ et sensible , qui reçoit l'esprit de tout ce
• » qui l'environne et de ses besoins » : mais l'homme est une int^/igence sentie par des organes qui reçoiveirt de Jeur conformation et de l'instruction la disposition à seconder, l'intelligence dans l'exercice de sa volonté , et la direction de son action.
. Le moyen de cette instruction est la parole; car rhomme en société n'agit pas sans moyen, milieu ^ médiateur , mots absolument synonymes .
La parole, qui exprime la pehsée du père pour former la pensée du fils , l'enseigner à vouloir y et par conséquent à agir, est connue du père y inconnue au fils ^ et même on n'a pu désigner le petit de l'espèce humaine qu^en disant celui qui ne parle- pas , infans.
Ainsi^dansla conservation ou instruction de l'homme comme dans sa reproduction, le père est actif ou puissant, l'enfant passif ou faible , la mère, moyen terme entre les deux extrêmes de cetteproportion continuey passive pour concevoir, active pour produire, reçoit pour transmettre , apprend pour instruire , et obéit pour commander.
Cette gradation dans leurs rapports , dan* laquelle seule se trouve la solution de la question du divorce, est marquée d'une manière sensible dans les relations même purement physiques des êtres. L'homme, doué de connaissance, n'est père qu'avec volonté; la femme , même avec connaissance , peut devenir mère malgré sa volonté ; l'enfant n'a tii la volonté de naître, ni la connaissance qu'il naît.
Cette coopération nécessaire de la mère  l'action du père pour l'enfant, ce double rapport qui l'unit à Tun çt l'unit à l'autre , et qui fait que, dans son corps comme dans son esprit , la femme participe de la force de l'un et de la faiblesse de l'autre, s'appelle moyen ou ministère.
Ainsi, l'on peut dire, « que le père a, ott i> est le pouvoir d'accomplir, par le moyen ]» ou le ministère. de lanière, l'action repro- "» ductive et conservatrice , dont l'enfant est j> le terme ou le sujet'».
Qu'on me permette d'éliminer , comme dans l'analyse , l'expression des rapports physiques, père y mère, enfant, qui conviennent à la brute comme à Thomme , et
BOUS auTou^Vexpvession, poui^oir, ministre, sujet, relatifs comme père , mère^ enfant, expression des rapports moraux qui ne conviennent qu'à l'être intelligent ; mais qui conviennent à tous les êtres intelligens, embrassent la généralité , Timmensité de leurs rapports., et ouvrent à la méditation les portes même de l'infini.
Père, mère, enfant, étaient les personnes physiques; leurs rapports étaient physiques, et formaient la famille animale; poui^oir, ministre , sujet , sont les personnes morales ou sociales , ou simplement les personnes ; leurs rapports sont moraux ou sociaux, et forment la famille morale, ou société appelée domestique à domo , parce que la communauté d'habitation en est une condition nécessaire.
J'insiste à dessein sur ces expressions moralesqui désignent les personnes domestiques : i^. parce que celles de père, de mère, d'enfant , ne présentant que des rapports de sexe et d'âge , les sophistes modernes en ont abusé , • pour ne nous considérer que comme des inâles , des femelles et des petits , et qu'il feut en quelque sorte spiritualiser l'homme
K et
etse&.ri^pp0rts^ à propoition des efforts qu on fait pour les matérialiser. . * . .
2*^, Pa^oe que les. expressions de pouvoir ^ jàe ministre f de sujei , portent a^ec elles renoncé. desfonct ions et des devoirs de chaque membre.de la société* ::: .
3°. parce :que ces, expressions générales* usitées dans la société publique , monlrept à découvert sa similitude avec la société domestique 9 et simplifient le développement de leurs principes communs.
La religion chrétienne elle-même ,,,que je ne citerai |amais dans leçoi^irs de cet<;)uvrâge que pour en faire voir la conformité av^c la raison , appelle l'homme la raison, le chef, le pou4?pir de la femme : VircapiU estm^i'^ lieris^ 4it St. Paul}« elle appelle la femme Taide ou le7/z«/2z>^ra de Thomme. (< Faisoçs -» à Thomme., dit la Genèse, un aides^emblay> ble à lui ». Elle appelle renfant sujet ^ puisqu'elle lui dit, en mille endroits ^d obéir à pes parens. •
JLr fâfxiille a donc pris un caractère de oiçxalité y%\, c'est ce que dit en d'autces. termes ]!auteur dudiscours préliminaire dfi^ Projet à&. Code civil : « Quand uae oation eaifoctnée,
cp ôq s'bccnpe pitis de 1|l dignité dû mariage » que de ia fin ». - •» *
.* Lû^tttUlice de thomfnt monte toujours ; c'est-à-dire j que i'^oiÀfhe tend > par lin pen^ chant né avec lui / à exagérer «bn pouvoir > la femme à Tusui^per , Tenfant à s'y 6ûus-^ .traire. Cette disposition , quelle qu'en soit la cài»se> est un fait à Tabri de contestation*
Isa religion ne fait donc que nous raconter lit! fait ^ lorsqu'elle' nous enseigne qi:ie nous naissons tous avec un penchant originel ou natif à là domination > appelé orgueil ^ penchant qui trahit notre grandeur naturelle , et dont la société est le frein, puisqu'on ne. peut trouver que dans cette disposition commune à tous les hommes} lé motif naême de la so^ cîété ;et la philosophie moderne nie la vérité et la raison, lorsqu'elle nous dit> par Porgane de J. J. Rousseau : « L'homme est né bon, y et la société le déprave >/. •
La force physique du père ne pourrait con» tetiir ce penchant à l'indépendanGe dans les autres membres de la'fàraille; car plusieurs ènfans sont plus fbrts qu'un père, et la vie même de l'homme est, à tout instant > à la disposition de sa femme**
t î9) Quel âerâ donc le lien qui retiendra les .p|6rlionnes domestiques à la place que leurs de* voirs leurassignent? Les, affections n^int^W^^ disent les sophistes qui ne.manquent pas de ci« ter en preuve les affections des brutes } la s]^n* pathie ^ disent les romanciers ;^le sentirr^nt^ disent lésâmes sensibles; miaissi ces afife^'* tions sont naturelles en npus , comme le •besoin de digérer et de dormir^ pourquoi 4^s ^resinjustes, des enfans ingrats^ deB femmçs infidèles j» des frères ennemis? Pourquoi. !das Jois lorsqu'il y a des nécessités? Cette, a£fec« 4ion prétendue naturelle des autres i|;i'est7elle pas trop souvent prête à cédera Taffeçtioa rde {Soi ? et bien loin* qu'elle soit naturelle j, ne fautril jamais d'efforts s;itr eux-mêmes > ans ^poux .y pour demeurer unis y et aux ei^-^^ -fans pour leur rester soumis ? Ces affec^io^s naturelles ne sont donc que des affections raisonnables, que l'habitude, la reconnaissance, surtout l'amour de soi^ rendent chères^ fa« ciles^ aveugles quelquefois; et si elleB^s^t .des affections raisonnables, elles ^nt rfiisqf^- .nées ou apprises. Car l'hcnnme naît capable de raison; mais il apprend à.raisonner , et ne , raisonne .p.as> s'il n'a pas appris^ à le fai^e*
Aiifôi l'on jpeut dire que la^raison de toutes nos affections raison nables ^ ou de tous nos devoiri-, ne se trouve que dans la raison.
- L'enfant reçoit, de ses parens, la raison par la comtuunication de la parole , comme il en a reçu l'être par la communication de la vie. Ses parens ont reçu l'un et l'autre de ceux qui les ont précédés ; |a progression sensible de la population partout où des causes accidentelles ou locales ne la contrarient pas , prouve, comme toute progression géométrique , un premier terme générateur. Tout peuple, et le geni:e humain luimême, est né d'une famille, puisqti'encore il pourrait recommencer par une famille, si
"^lle restait seule dans l'Univers. Aussi , dans l'enfance àh monde, les peuples ne s^appellent que du nom d'une famille; enfansd'HébeV, de Moab , d'Edom , Dardanidœ , Pe- Tasgij etc.
'^ ' Cette première famille est-elle née de )a tîl^rè'cm de la mer , du soleil ou de la kme? On Ta dit, darts ce siècle, *où l'on a renou-
' vèléilës fables de Prométhée et de Deucalion.
'Mais pourquoi les 41'émens , aujourd'hui ,
" ïié prtoduîserit-ils rie» dé semblable ? Qu'on
(ai)
nous montre un insecte né .sans père ni mère, d*une matière en fermentation, et nous pourrons croire à la formation de rhomme par la matière. Disons donc , avec la raiçon et l'histoire : Qu'un être intelligent a produit l'être intelligent ; que si nous ignorons le mystère de cette gé- . aération divine , nous ne connaissons pas davantage le mystère de la génération humaine, parce que tout, dans l'Univers, ^é^'homme lui-même, est une merveille pour l'homme. Ainsi, nous imaginons les effets, tels que la fluidité , la force du vent, la gravitation, l'adhésion, etc., sans les concei>oir ; et nbus concei^ons la - cause sans V imaginer ; car cette proposition : It n'y a pas d* effet sans cause , est- aiissi évidente à la raison que celle-ci ; H n^y a pas de corps sans étendue , est certaine à l'imagination. >. \
Cet être , auteur de l'homme , supérieur,, par conséquent ,à l'homme, comme la causq l'est à. l'effet, nous l'appelons <J/(?a, et c'est i§ême une absurdité de dire que l'hoi^tne . a inventé Dieu ; car inventer un. être , ce se-^ rait le créer, et rhc>3nme ne peut pas plus
créer les êtres, qu'il ne peut les détruire. Il développe les rapports j il change les formes j là se bornent, et son invention, et son action, et Ton peut défier tous les philosophes ensemble, d'inventer quelque chose dont les Iiommes n*aient pas d'idée précédente , comme de tracer une figure qui ne soit pas dans des dimensions déjà connues.
pans Dieu est donc la raison de la création ^ dans Dieu est la raison de la consfy^ yation, qui est une création continuée.
Si Dieu a créé l'honoime , il y a dans Dieu , comme dans Vhoiame ^intelligence et ac- Uon: donc similitude, et Ihomm^ est fait à son image et à sa ressemblance ; donc rapports ; donc société ; et je vois , dans tout rUnivers , la religion aussitôt que la famille : cette religion prfmitive se nomme naturelle ou domestique^
,' Mais si l'homme d'aujourd'hui reçoit la parole comme l'être , s'il ne parle qu'autant Î4Î ^nfend parler , et que le langage qu'il entend parler , si même il est physiquemeft impossible que Phdmme invente de lui-même à. parler, comme il est impos$ible qu'il in-
yeotç de Jui^même ii ^tre ( ce qui peutêteci démofit^é.par la coRsi^déi^^tipri de? cipié.i:a,tiQa«^ de là peasée pf^ de la ypii^)^ il est ix^jp^^^^i^. que Pbomme du commencement ait^reçi^j ensemble» l'être et la parole. Or, cette, vévûii.y qui.. serait une défa^pstratian mêm^ physique de l'existence d'un premier être , cotnbattue., ou plutôt ,- méconnue p^r des sophiste^ ^ s'établit peu à peu dans la. sqcîété j| et idéjà J. J. Rousseau avait dit ; 5 Ef][Vayé. des difficultés ,qui se multiplient » C^aps la. discussiojd du roman de "Cou- $: c)illax:tj,^ sur iV/zp^e^^ib/^ du langcLgi^) ^ et s> convâiitcu de iHmppssibil^té . prç^qùç M^ ^..uvaiitrée que Les Ja^gues aient pu n^îtpq et y> js',ét^bliir. p^r des .moyens ig\\xexp,Gv^ , h^t Jî mains , je laisse à qui youdra l'entrepren- )>. dre, la discussion de ce 4ifïîcile pcoblè^ie..» » et je,crpjs que 1^ p^rolç a été foft.péçpsr X sai^e. p our invenj er. |la parole » • , i . ...Ç'e^t^, en.e^et^.d^sxes derniers' mots qù'ç^t l^faiffm .,de Tinipossibilité d^Tinveii'^
tioq ^q.l^ngageparles.^onuae»: eâri^y?^ »er ef,ç p^n^", ;et pengep «st parler ii^t^ipur r!en}Wt,-,4lf3ut.de^ signes ppuf pei^ser^.pgrçe cju'^l,en faut pçur paf;lei;; et Tou peut iiife>
tn^e Temtnârlt, que'Vhomrhe pèAséf ^d pa-^ rà/e àc^nt de parler sa pensée y^eïe'iCpv\u\& èâ péfisée pour lui-même avant de Texpriiliei' pour les autres. -, r . : »
Dào^ la patole divine est la raison h uîhaîné ,'Commedan9 la parole dii père esî: lat raison de l'enfant. De' là vient qu'en grec ^ parole çt raison l s'expriment par letrième moty logDS , et l homme n'aurait pu V de lui- Inertie, raisonner, pnisxiue, de lui-même,' il ïi*aurait même pu plrlei* ; et î5i je ne connais pa^ 4'îtlcomprébensîble' mystère de la parole litiinaine , pourquoi vondraîs«f je pénétrer îe mystère de laperole divine?
La société , entre Diéit et l'homme , a tous
les caractères généraux de la société que ïioûs avons r'emai^quée entre les hommes, et j'y vois les personnes morales* le pouvoir ^ qui e^t'Dieu'; \^% sujets , qui sont les personnes domestiques; le ministre , qui 'est le père de famille f rrioVen aussi entre 'les deux tocttêrnés de cette propottiori êonittiiie , « Dieu est au père, comme lé père est à l'en* > faut» i passif, actif à là fois; pàrffcipànt de \dL dépendance dé l'enfant et du pouvoir de Dieu même , recevant des ordres pour leâ
(asy
transmettre, et obéissant à l'un pour coin* mander à Tautre.
"Et je ne vois, nulle part, de vérité historique mieux prouvée que la religion des pre* mières familles , et le sacerdoce des premiers patriarches.
Dans ce culte domestique de la Divinité, fa mère avait une place distinguée, ou peutêtre quelque fonction pari iculière relative à son rang dans la famille. De là les prêtresses de la religion païenne , et cette disposition ordinaire aux peuples anciens , et dont 0a aperçoit encorej des traces dans les temps modernes, à attribuer aux femmes quelque chose de surhurhain, et particulièrement la* éiohnaissance de l'avenir. Inesse quin eiiam fœ'minis sarictum alitjuid et propidum pu^ tant, dit Tacite^ en parlant des Germains: *' Ainsi rexistîsrtce dé rbomme prouve la fcréafion tles êtres, et l'existence de la famille prouve la coh-servation dé l'homme : et par elle la connaissance des rapports naturels des hommes en famille^ seuls moyens âe conservation trl'instructioa y seul moyen de <^ppnaissanc|e j la parole , seul moyen d'iasiruction -^ Dieu enfin qui seul cannait
par lui-même les rapports des) êtres qu'il a^ créés^ et qui peut seul les révéler aux hommes. . Cette parole qui apprend Içs f apports naturels^ s'appelle loi. La loi est^ donc l'énoncer ^s rapports naturels entre les personne^ : vérité universellement convenue ;, depui^ Çicéron ; qui a dit : Lex ^st ratio jjtofj^cta à naturâ rerum^ jusqu'à J. J. Kous-r sieau , qui a, dit : « Les rapports naturels et 3j les lois doivent tomber touîours de concert
> sur les mêmes points »..
«(C'est par sentiment de cette vérité, que, l^s législateurs anciens ont appelé les lois la^ pensée de Dieu ^ mentem . JOei, dit CicérQa y queJ, J, Kpusseau a appelé les lois^la par rôle de Dieu ; « Ce que Dieu veut qu'un, 2> homme fasse , dil-il, il ne le lui fait pas
> dire par un autre homme ^^il le lui dit lui- -même et l'écrit au fond de son coeur». Et le vf^i {>h|lpsopfaeqviî sent que cette opi^ nion (i); faif$it|que est 1^; théorie de toutes
(i) ]^c,fainatisme consiste à crçire que Dieu agit perpétuellement sans moyens,,, comme un prince qui , s'en remettant à Dieu du soin 'dé le défendre par une opération ^irnaturélic^ ,néglrgeraat dé tever des trompes*, liasupei^tîiitidn confiste à croii^é'c[Ue !pieu agit toîtjistirs
les extravagances et l'arsenal de tous les forfaits , met la réalité à la plat;e de la métaphore , complète la pensée de Cicéron , redresse celle de J. J., Rousseau, croit, avec Tun, à une pensée divine, avec l'autre, â lane parole divine ; mais parole donnée à un homme pour les hommes, parole réelle, et que l'homme puisse entendre quand £1 veut bien l'écouter.
Ainsi, adore Dieu, honore ion père et ta mère y dut être la première parole dite à la famille , comme , plus tard , elle fut la première écrite pour un peuple ; et alors Dieu , le pouvoir , les fonctions , les devoirs , tout fut révélé à l'homme , et le père de famille n'eut qu'à en transmettre la connaissance et à en ordonner Peiécution.
« C'est surtout parles rapports des patrîarj> ches avep la société, dit l'estimable auteur » de V Essai historique sur là puissance pa^ ^ ternelle (i), que la puissance du père s'ac-
i— ■————*— —^——— ———»—■— i—»^ I I— — — ^— »— I ■ ■ Il
par des moyèns\sans rapport à leiir fin^ verbis ^ lier^
bis, lapidibus , disait Cagliostro. X'énthoUsict^th'è ôtl
ièle est bon on iiiauvètis , selon sa fin et ses moyens.^
(i.) M. A.-Kougarede , chez Lenormant, iBoi: > -
» crut dans les première âges. On confondit » peu à peu ses volontés avec celles dont le. )> culte religieux Je rendait l'organe* Ainsi » .se forma cette opinion générale des siècles
> héroïques, qui leur attribuait une influence
> surnaturelle sur les élémens et sur la des- » tinée. Cette influence plaçait dans ses mains ^ tous les attributs de la justice divine » : de
là, suivant le même auteur, la malédictioa paternelle, ou l'excommunication doraeslîque , qui imprima une terreur si profonde , qu'elle s'est prolongée au travers des siècles jusqu'à nos jours.
C'est uniquement dans le pouvoir divin que la religion chrétienne trouve la raison des lois domestiques. «Femmes, dit -elle, y> soyez soumises à vos maris xîorame au Seiy gneur ; enfans, obéissez à vos parens dans y> le Seigneur ; maris ^ aimez vos femmes y> comme le Seigneur aime son église ».
Ainsi ttiomme ne doit rien à l'honjime, que pour Dieu et envue de Dieu: là est la vraie égalité et la vraie liberté des enfans (fj^ Dieu, à laquelle le christianisme nous élève, et tout, devoir humain cesse là oii l'on ne reconnaît plus de pouvoir divin.
Ainsi les lois plpysiques domestiques sont l'énoncé des relations ou rapports du père , de la mère, de l'enfant , et les lois morales domestiques , que Ton appelle aussi mœurs , sont l'énoncé des relations ou rapports des personnes morales> du pouvoir/ du ministre, du sujet.
AiiKi toute famille où le père ne pourra cesser d'être pouvoir, la mère d'être subordonnée, le fils d'être dépendant, aura de bonnes lois ou de bonnes mœurs; et la fa- •mille aura de mauvaises Jois ou de mauvaises mœurs , lorsque les personnes morales pourront cesser d'être dans leurs rapports respectifs.
Ainsi les mœurs domestiques sont différentes des mœurs individuelles ou de la con** duite detl'individu ; car l'homme peut être déréglé dans une société bien réglée, ou réglé lui-même dans une société qui rie l'est pas. Jci, l'homme est meilleur que la société; là , la société est meilleure que l'homme;
Ainsi , adore Dieu y honore ton père et ta mère y est la loi fondamentale de la famille, dont les lois doniestiques subséquentes doivent être la conséquence ; conséquence naturelle
eu vraie là où Dieu serasex^let le père ob^î } fausse et contre nature^ là où Dieu sera ou' tragé par un culte faux , et le pouvoir dormestique anéanti par des lois insensées.
Ainsi la religion est le lien des personnes domestiques ,. le lien de Dieu et des hommes , le lien des êtres intelligens , à rfi^ ligare , lier doublement.