SUR
place de la métaphore, complète la pensée de Cicéron, redresse celle de J. J. Rousseau ; croit, avec l’un, à une pensée divine; avec l'autre, à une parole divine, mais parole donnée à un homme pour les hommes, parole réelle, et que l’homme puisse entendre quand il veut bien l’écouter. C'est ce qui fait dire à Ch. Bonnet : « La loi (révélée) est l'expression » même physique de la volonté de Dieu. »
Ainsi, adore Dieu, honore ton père et ta mère, dut être la première parole dite à la famille, comme, plus tard, elle fut la première écrite pour un peuple; et'alors Dieu, le pouvoir, les fonctions, les devoirs, tout fut révélé à l'homme, et le père de famille n’eut qu’à en transmettre la connoissance et à en ordonner l'exécution.
« C'est surtout par les rapports des patriar- » ches avec la société, dit l’estimable auteur » del’Æssai historique sur la puissance pater- » nelle (4), que la puissance du père s’accrut
tion consiste à croire que Dieu agit toujours par des moyens sans rapport à leur fin, verbis, herbis, lapidibus , disoit Cagliostro. L’enthousiasme ou zèle est bon ou mauvais, selon sa fin et ses moyens.
(1) M. A. Nougarede.
OU. ee
» dans les premiers âges. On confondit peu » à peu ses volontés avec celles dont le culte » religieux le rendoit l’organe. Ainsi se forma » cette opinion générale des siècles héroïques, » quileur attribuoit uneinfluencesurnaturelle » sur les élémens et sur la destinée. Cette in- » fluence plaçoit dans ses mains tous les attri- » buts de la justice divine. » De là, suivant le même auteur, la malédiction paternelle, ou l'excommunication domestique, qui imprima
une terreur si profonde, qü’elle s'est prolon-
gée au travers des siècles jusqu'à nos jours. Aussi c'est uniquement dans le pouvoir divin que la religion chrétienne trouve la raison des lois domestiques. « Maris, dit-elle, aimez » vos femmes comme le Seigneur a aimé son » Église, et jusqu’à se livrer à la mort pour
» elle, femmes, soyez soumises à vos maris » comme au Seigneur; enfans, obéissez à vos
» parens dans le Seigneur. »
Ainsi l’homme ne doit rien à l’homme, que pour Dieu et en vue de Dieu : là est la vraie égalité et la vraie Liberté des enfans de Dieu, à laquelle le christianisme nous élève, et tout devoir humain cesse là où l’on ne reconnoît plus de pouvoir divin.
En,
Ainsi les lois physiques domestiques sont l'énoncé des relations ou rapports du père, de la mère, de l'enfant; et les lois morales domestiques que l'on appelle aussi mœurs, sont l'énoncé des relations ou rapports des per- sonnes morales, du pouvoir, du ministre, du sujet.
Ainsi toute famille où le père ne pourra pas cesser d’être pouvoir, la mère d’être subordonnée, le fils d’être dépendant, aura de bonnes lois ou de bonnes mœurs ; et la famille aura demauvaises lois ou de mauvaises mœurs, lorsque les personnes morales pourront cesser d’être dans leurs rapports respectifs.
Ainsi les mœurs domestiquessont différentes des mœurs individuelles, ou de la conduite de l'individu ; car l’homme peut être déréglé dans une société bien réglée, ou réglé lui-même dans une société qui ne l’est pas. Ici, l’homme est meilleur que la société ; là, la société est meilleure que l’homme.
Ainsi, adore Dieu, honore ton père et a mére , est la loi fondamentale de la famille, dont les lois domestiques subséquentes doivent être la conséquence : conséquence naturelle ou vraie, là où Dieu sera servi et le père obéi ;
DAT Le fausse et contre nature, là où Dieu sera outragé par un culte faux, et le pouvoir domestique anéanti par des lois insensées.
. Ainsi la religion est le lien des personnes domestiques, le lien de Dieu et des hommes, le lien des êtres intelligens, à religare ; lier doublement (1).
(1) Voyez la Législation primitive, du même auteur, où
ces vérités sont développées.
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os ONE us ee = = s de. : « 4 À ù CHAPITRE I.