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de récompense ou la menace de châtimens proportionnés à son âge; et un homme fait,
que le sentiment des bienséances avertit de
tout ce qu’il doit aux autres de politesse et d’égards, et à quoi il ne pourroit manquer sans se couvrir de honte. Aussi Moïse a formé un peuple borné, craintif, intéressé, sans vices, mais surtout sans vertus; et Jésus- Christ a formé des nations éclairées et fortes, des peuples, comme dit l’apôtre, agréables à Dieu et sectateurs des bonnes œuvres; popuum acceptabilem, sectatorem bonorum operum, où les esprits chagrins ne remarquent
que les vices, parce que les vertus y sont l’état - ordinaire et le seul autorisé, comme des en-
thousiastes ne remarquent chez les païens que
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les vertus, parce que le vice y étoit l’état commun, et permis par les lois. | Mais la religion chrétienne fut, dans la société, comme la vérité et la vertu sont dans le cœur de l’homme, un germe que le temps conduisit peu à peu à sa maturité. La convalescence du monde, si j'ose le dire, guéri avec tant de peines de l'idolâtrie, fut lente et laborieuse, et long-temps il porta les cicatrices de cette grande plaie de lhumanité.
L'infanticide, les combats de gladiateurs, les sacrifices sanglans, la prostitution religieuse, disparurent les premiers de la société; Mais l’esclavage, mais Ja superstition, . la divination, le divorce surtout, opposèrent à l'influence du christianisme une plus longue résistance, êt ne se retirèrent que lentement devant les progrès de la civilisation religieuse. Les empereurs d'Orient, avec leur autorité précaire et disputée, n'osèrent en délivrer la société, et ils se bornèrent à en restreindre ou à en régler l’usage. Les rois francs, et jusque dans la troisième race, usèrent encore de la répudiation, qu’on retrouve dans l'enfance de toutes les sociétés. Ils en furent repris par le père commun des chrétiens, qui instrui-
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