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sance; car tous commencèrent par permettre la répudiation au mari seul, et tous finirent par permettre à la femme de renvoyer son mari. Les lépislateurs de cette loi douce furent Hérode , Domitien et Solon. L’une étoit une loi dure, l'autre fut une loi fausse et contre nature; et ia femme eut à souffrir de l’inconstance de son époux, et de sa propre inconstance.
Chez les nations modernes, qui admettent la dissolution du lien conjugal, le divorce, plus scandaleux dans les premiers momens, parce qu'il étoit nouveau, n’est pas dévenu moins abusif en devenant plus habituel. Le divorce étoit fréquent à Genève, en Suisse, à Berlin, dans l’éfat paisible des nations protestantes ; car il est positivement faux que la dissolution du mariage soit permise en Pologne.
En Angleterre, où le divorce n’est prononcé
que pour cause d’adultère, où la partie cou-
pable ne peut se remarier, où la dissolution doit être prononcée par le parlement, où le divorce n’est enfin, suivant Plackstone, tom: 11, chap. vir, qu'une dérogation à la loi générale de l’indissolubilité; en Angleterre, le divorce de ce temps-ci est si peu le divorce des pre-
imiers momens, et en devenant habituel , il est devenu si incommode et si abusif, que, « quoique, dit M. Malleville, les frais d’un » pareil acte et de telles procédures soient énormes, cependant l’abondance de l'or et la corruption des mœurs rendoient les adultères et les divorces si fréquens, qu’en 1779, ils excitèrent la sollicitude du parlement, et il y eut des avis, particulièrement celui du duc de Richmond, pour abolir entièrement le divorce. On se contenta cependant d'y mettre de nouvelles entraves; on défendit à l’homme et à la femme adultères de se remarier avant un an; mais l'expérience a prouvé que ce remède ne remplissoit pas son objet, et dernièrement encore on a vu des plaintes se renouveler à ce sujet au par-
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Enfin nous-mêmes, depuis que nous sommes dans un état paisible, nous nous apercevons que le divorce devient habituel, et c’est pré- cisément ce qui cause les alarmes des hommes vertueux, et ce qui excite la sollicitude du gouvernement. Le divorce, il est vrai, fit plus de bruit dans les premiers momens; mais il
n'est pas depuis devenu moins fréquent pour
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être moins remarqué, et ses plus grands abus n'ont pas éclaté à l'époque de sa naissance.
Aussi commun aujourd’hui à Paris qu'il le fut à son origine, il commence à gagner les provinces, et des villes il passe dans les campagnes. Il y a même eu, selon M. Malleville, plus de divorces dans les onze derniers mois de l’an 1x, que dans tout l'an vin; et il est devenu si habituel, suivant le vœu du rapporteur, qu'on peut calculer que sur cinq mariages qui se font à Paris, 1l y en aura habituellement un de rompu.
Il n'est pas plus vrai que « le divorce, appli- » qué à des mariages formés sous la loi de fer » de l’indissolubilité, ne soit pas le divorce » appliqué à ceux qu’on a contractés sous l’em- » pire d’une loi plus douce et plus convenable » à la nature humaine. » Car, outre que c’est une dérision amère d’appeler douce et convenable a la nature humaine , la loi du divorce, qui porte au plus baut point la tyrannie de l'époux, et l’oppression de la femme et de l'enfant, le divorce, qui, dans les premiers momens, ne put attaquer que des mariages contractés sous la loi précédente, n’'attaque plus aujourd’hui ceux qui ont été contractés
sous cette loi de fer, mais ceux qui l'ont été sous la loi douce de 1192, et même quelquefois des mariages contractés depuis huit jours. On ne parle pas des autorités que l’on allègue en faveur du divorce, Montesquieu, Grotius, Milton , les publicistes anglais, allemands, genevois, etc. etc. Après lexpérience de la révolution, qui a détruit des réputations de plus d'un genre, la France, qu'on me per" mette cette expression, à fait sa philosophie : sortie de ses classes, elle peut juger ses maitres; et elle doit, dans les matières politiques, consulter sa raison, éclairée aujourd’hui par les faits, bien mieux qu'elle ne l’étoit par les livres.