‹ Du Dosage Des Principes Médicamentueux Essentiels Dans Les Tablettes Du CodexChapitre 5 sur 19 · SAR ER · texte numérisé non relu

SAR ER

poids moyen de 1 gramme on place de chaque côté de la pâte deux règles plates de dimensions voulues (0 m. 004 d’épaisseur pour des tablettes d’un diamètre de 0 m. 016) et sur lesquelles s'appuie le rouleau. La surface de la pâte est ensuite saupoudrée avec un peu d’amidon, et à l’aide d’un emportepièce on découpe des tablettes qui doivent peser humides 1 gr. 10 environ. |

Pour avoir des tablettes dont les bords soient nettement coupés, il faut nettoyer souvent l’extrémité tranchante de l’emporte-pièce.

Lorqu’on l’a promené sur toute la surface de la pâte, on réunit les rognures, on les débarrasse de l’amidon qui les recouvre, et on forme une nouvelle couche qui est découpée comme la première. On étend les tablettes les unes à côté des autres sur des feuilles de papier; après les avoir abandonnées deux ou trois jours à l’air dans un endroit sec, on achève la dessiccation à l’étuve entre 35 et 40 degrés. Il est nécessaire de ne les exposer à l’action de la chaleur que lorsqu'elles ont perdu une partie de leur humidité car elles gonfleraient sous l’action brusque de l’étuve.

La quantité de mucilage pour lier la pâte varie suivant la nature du principe médicamenteux qui y entre. D’après Soubeiran, dans la plupart des cas, il faut 10 à 12 grammes de gomme adragante par kilogramme de poudre; les tablettes de magnésie et de charbon en nécessitent 14 à 15 grammes. Pour faire le mucilage il faut une quantité d’eau égale à huit ou dix fois le poids de la gomme. On se sert quelquefois de la gomme arabique pour avoir des pastilles plus translucides où bien pour éviter quelques altérations particulières. C'est ainsi que la gomme adragante donne au contact du kermès un dégagement lent de H?$ provenant de la décomposition du sulfure d’antimoine.

Nous voyons donc que, malgré l’emploi d’emporte-pièces multiples ou de cylindres découpant un grand nombre de tablettes à la fois, la préparation de celles-ci est dans une officine une opération longue et délicate, Certaines pastilles

sèchent très lentement, telles les tablettes de borate de soude, qui demandent au moins une huitaine de jours d’étuve.

Par contre, l’industrie fournit à bon compte des tablettes de forme parfaite, timbrées sur les deux faces, et qui sont rapidement faites. Les fabricants possèdent, en effet, dés machines perfectionnées pour la préparation des tablettes, machines qui, à cause de leur prix élevé, ne sont pas habituellement entre les mains des pharmaciens. Parmi ces appareils, nous citerons les pästilleuses d’Adrian Fialon, de Collas, de Kaulek, de Palau, de Nègre et enfin celle de Derriey. Cette dernière machine, dont les premiers modèles ont été brevetés en 1853 et à laquelle son auteur a apporté depuis de nombreuses améliorations tout en conservant le principe primitif, est la machine industrielle par excellence. Elle prend la pâte, l’étend, lui donne l’épaisseur voulue, la saupoudre d’amidon, la découpe, la timbre sur les deux faces et range les tablettes sur des châssis. Voici d’ailleurs la description bien suffisante que donne M. le docteur R; Huguet (1) des différentes pastilleuses :

«Les pastilleuses d’Adrian Fialon, de Collas, de Kaulek, anglaises, sont toutes construites sur le même type. La tablette, découpée, est introduite dans une ouvérture pratiquée dans une pièce métallique (filière). Le tout est porté au-dessus d’un timbre; sur la partie supérieure, au moÿen d’une pédalé ou par tout autre procédé, on fait abaisser un second timbre. La tablette pressée dessus et dessous par les timbres et maintenue latéralement par la filière est timbrée sur les deux faces; on laisse reléver le timbre supérieur et, par un choc imprimé à la filière, on fait tomber la tablette. Quoique cé procédé paraisse très long, un homme peut, dans sa journée, faire complètement ét à lui seul 8 kilogrammes de tablettes.

» La pastilleuse Derriey est construite sur un principe tout différent. La masse, saisie par une série de rouleaux compresseurs, est amenée à la largeur et à l'épaisseur voulue; elle

(1) R. HuGuËrT. Traité de pharmaëté théorique et pratique, 1888, p. 76.

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