INTRODUCTION
Pour la plupart des chirurgiens, le drainage préventif du péritoine après les laparotomies pour annexites suppurées conserve quatre indications capitales :
1° L'’impossibilité d’une péritonisation complète;
2° La persistance d’une hémorragie en nappe dont il aura été impossible de se rendre maître au cours de l’hémostase ;
.3° La souillure du péritoine, au cours de l’intervention, par des produits septiques tels que le pus d’une poche annexielle ou le contenu intestinal;
4° L'obligation d'abandonner dans le péritoine des débris d’organes infectés et inextirpables.
Au début de notre séjour dans le service de M. le professeur IMBERT, pénétré de ces idées classiques, nous
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avons été frappé de voir notre maître et ses collaborateurs terminer par la fermeture complète de l’abdomen, des interventions dont les incidents auraient semblé constituer une indication formelle pour un drainage préventif.
A l'exception de quelques cas où il existait déjà, dans le péritoine, une collection purulente qu'il fallut drainer pour l’évacuer (1), toutes les interventions effectuées pendant notre présence dans le service, pour annexites suppurées, furent terminées par la suture de la paroi sans drainage, alors même que des incidents sérieux semblaient devoir inspirer des craintes pour les suites opératoires.
Il nous a paru intéressant de mettre en relief les excel- Jents résultats obtenus par cette méthode qui a fait ses preuves au cours de plusieurs centaines d’hystérectomies. Nous avons recherché, dans la pratique de M. le professeur Imbert et de ses deux chefs de clinique, M. le docteur Hayem, chirurgien des hôpitaux, et M. le docteur Zwirn, un certain nombre d’observations particulièrement édifiantes par la gravité des cas, les difficultés de l’intervrntion, les accidents survenus et où il fallut une réelle oudace au chirurgien pour laisser à la grande séreuse péritonéale le soin de sa propre défense. 4
Cette audace, que justifiait déjà la confiance des opérateurs dans une technique impeccable, est aujourd’hui consacrée par une expérience considérable.
Le péritoine est doué d’une très grande capacité de résistance aux infections à la condition que rien ne vienne altérer ses moyens de défense. Sa sensibilité aux diverses
(4) Nous avons choisi le Lerme de drainage préventif, afin d'éliminer, de notre élude, ces cas où il ya déjà du pus collecté dans le péritoine et où le drainage est logique puisqu'il existe une cavité qu’un drain pourra évacuer efficacement.
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causes d’irritation est telle, qu'il suffit de la présence d’un corps étranger, même aseptique, d’un traumatisme physique ou chimique minime pour rendre possible le développement d’une infection dont un péritoine intact, aurait triomphé aisément. Il se défend efficacement malgré l’inoculation d’une assez grande quantité de germes, mais il résisté mal à une série d’inoculations continues. Si, au cours d’une intervention, le pus virulent d’une poche annexielle a été répandu abondaminent, si l’intestin a été ouvert et le champ opératoire envahi par son contenu, on peut refermer sans crainte après avoir parfaitement asséché et extirpé complètement l’anñnexe infectée ou réparé correctement l’intestin déchiré. Si,' au contraire, on a abandonné un débris de trompe ou si on a négligé une déchirure insignifiante, l'infection sera possible par les inoculations successives qui se produiront.
Il résulte de ces données physio-pathologiques qu’une technique opératoire strictement respectueuse de cette susceptibilité pourra fonder le plus grand crédit sur la défense spontanée du péritoine. C’est, à notre avis, l’application rigoureuse de ce principe fondamental de la chirurgie abdominale qui vaut à la technique de M. le professeur Imbert et de ses élèves ses plus beaux succès.
Le drainage préventif du champ opératoire devait, en effet, être considéré comme une complication inutile et dangereuse par un chirurgien doublement confiant dans la défense d’un terrain scrupuleusement ménagé et dans une technique parfaite dans tous ses détails.
Ce sont les résultats obtenus par cette méthode et leur interprétation qui constitueront cette étude.
Nous envisagerons successivement:
1° La résistance naturelle du péritoine aux infections et les conditions de cette résistance;
fou 2° Les diverses méthodes de drainage et les critiques que l’on peut en faire; 3° Les indications classiques du drainage péritonéal préventif et leur discussion; 4° La technique de M. le professeur Imbert.