‹ Du dressage à l'éducation. --Chapitre 1 sur 52 · II AVANT- PROPOS · texte numérisé non relu

II AVANT- PROPOS

tain nombre qu'on pourrait utiliser dans la psychologie comparée, je n'ai pas cru devoir, sauf incidemment, m'aventurer dans une telle direction, d'autant plus que cette science en est encore à discuter sa méthode et même sa légitimité '. J'ai étudié le mécanisme et les effets du dressage chez les animaux, parce que là seulement ils apparaissent dans toute leur pureté, sans qu'on risque de les confondre, comme chez les enfants, avec des formes encore imprécises de l'activité rationnelle. Avant de chercher, dans la seconde partie, quelle devait être la part du dressage dans l'éducation humaine, ilimpor-

1. Par oxomple J. C .Nuel, discutant dans los Archives de l^sychologie (1905, t, V, pp. 320-342) un article de Claparède sur la légitimité de la psychologie comparée {id. pp. 13-35) conclut que de cette science il n'y a rien à garder. Il est vra que le même auteur va Jusqu'à nimener à l'iiéliotropisme les mouvements que fait l'homme pour se rapprocher de la lumière. — Pareillement, B^er, Bethe, Uexkûll, refusent le droit d'existence à la psychologie animale. (V. Année psychol. XII, p. 440;. — A cette conception s'oppose celle de F, Bonnier pour qui « toutes les facultés humaines sans exception aucune sont avec des degrés divers et les adaptions les plus divergentes représentées dans la série animale.» {Rev. HCientif. v= série, IV, pp. 641-644). — l/opinion moyenne est re])résentée par II. Piéron [Les problèmes ocliiels de rinsli)ict. Hev. phil., oct. 1903, et Maigre (La ndtitre et la ijenèse dex inutincls, kniiée. psycli. XIII, 1907). V. aussi les écrits de C, Loyd Morgan, (i. Bolin, etc.

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tait d'en déterminer rigoureusement la notion. Il eût été intéressant de faire des rapprochements entre les qualités respectives du dresseur ■t de l'éducateur, entre les procédés que l'un et l'autre metteni en œuvre, etc.; mais j'ai pensé ({[le des analogies de ce genre jailliraient d'ellesmêmes des faits exposés dans la première partie ; et comme, d'un autre côté, le cadre restreint de cette étude m'obligeait à faire un choix parmi des idées également possibles, j'ai consacré la seconde partie à rechercher ce que l'éducation humaine ajoute au dressage animal suivant l'âge et, accessoirement, suivant les matières d'enseignement; — et j'ai cru pouvoir conclure, à l'inverse de l'opinion courante, qu'en général un homme est d'autant plus lijjre qu'il a été mieux dressé, c'est-à-dire qu'on lui a fait contracter, au besoin par la contrainte, des habitudes variées, toute une masse de souvenirs et de réflexes que, laissé à son initiative, il n'eût presque jamais songé à acquérir '.

i. Dans ses Causeries iiédagoijiques paruos réceininenl (Paris, F. Alcan), W. James soutient par endroils un<' tlièse analogue, mais par d'autres arguments.

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