‹ Du dressage à l'éducation. --Chapitre 2 sur 52 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Le dressage, d'après M. Hachet-Souplet, serait l'aptitude à exécuter un travail sans délibération, « par le seul fonctionnement de réflexes acquis, absolument comparables à des manies inculquées et latentes ^ » En d'autres termes, un animal serait d'autant mieux dressé qu'il se comporterait davantage entre les mains de l'opérateur et à son ordre, comme une mécanique produisant, avec une régularité prévue, des mouvements adaptés à une fin déterminée. Les

1. Les idées empruntées à M. Hachet-Souplet ont été prises dans les deux livres qu'il a écrits sur le dressage : Le Dressage des animaux, Examen psychologique des animaux.

Mendousse. 1

2 PIIILOSOPIIIE DU DRESSAGE.

actes accomplis présenteraient, d'après le même auteur, un double caractère : Ils seraient difîérents de ceux que l'animal exécute à l'état libre; — cependant ils résulteraient du développement méthodique des aptitudes naturelles dirigées dans un sens particulier.

Cette conception, parce qu'elle a plus spécialement pour objet le dressage savant, ne convient guère à ce qu'on pourrait appeler l'éducation animale ; il est d'ailleurs difficile de trouver une formule unique s'appliquant à tous les cas. Si les doctrines pédagogiques présentent une diversité quelquefois voisine de la contradiction, quoiqu'elles poursuivent toutes le môme but, à savoir la détermination des moyens les plus aptes à créer l'homme dans l'enfant, combien plus disparates doivent être les idées relatives à l'éducation des animaux en raison de l'extrême variété que présentent les espèces auxquelles on s'adresse, les habitudes qu'on veut inculquer aux sujets. Les fins poursuivies par le dressage sont si différentes les unes des autres qu'il semble malaisé à priori d'établir un ra|)port entre des exercices aussi nettement différenciés que le sont, par exemple, le relèvement par un singe cocher d'une voiture brisée et la traction du

même véhicule par un cheval à l'allure impeccable, ou encore l'attitude d'un éléphant monté sur un tricycle* et l'arrêt cataleptique d'un pointer devant une compagnie de perdreaux. Encore, dans les spectacles de ce genre, les acteurs appartiennent-ils à des types zoologiques ayant en commun des caractères essentiels, de sorte que, malgré la différence des actes accomplis, une certaine analogie persiste dans les mouvements dont ceux-ci se composent et probablement dans les processus psychologiques qui les accompagnent. Mais la question se complique, si nous passons aux vertébrés inférieurs ou à d'autres embranchements. A part les protozoaires, jugés inaccessibles par Romanes lui-même comme n'ayant aucune docilité, il n'est peut-être pas de groupe zoologique qui n'ait donné lieu à des tentatives de dressage. Romanes- cite le cas d'un apiculteur qui faisait manœuvrer les abeilles par groupes et au commandement. Tout n'est pas faux dans les merveilleux récits relatifs aux charmeurs de serpents. Les expériences de Yerkes sur les grenouilles et les écrevisses, de Bethe sur les crabes, de Spaulding sur les

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