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tant d'excellents travaux sur ce sujet, de passer en revue les diverses sortes de créations où s'essaie l'imagination enfantine. On éprouve quelque surprise à constater que cette richesse ne tarde pas à diminuer, sinon à s'épuiser, dès que l'expérience et la réflexion l'oliligent à prendre un titre déterminé qui permette de l'échanger. 11 en est des premières ébauches mentales comme du langage qui cherche en vain à en traduire le sens : à mesure que les formes verbales se modèlent avec plus de précision sur celles de l'adulte , Textrême diversité des inflexions articulées propres au babil des deux ou trois premières années, fait place à un nombre plus restreint de signes vocaux dont la consonnance se fixe avec une précision croissante.
Que l'influence de l'école maternelle soit peu favorable au maintien de la richesse Imaginative et plus généralement à l'éclosion des facultés en germe dans le petit enfant, cela résulte des conditions mêmes qui déterminent la seule espèce d'action qu'une maîtresse puisse exercer. Outre que la meilleure des méthodes entre les mains d'une personne qui la reçoit toute faite, devient trop souvent de la pensée morte d'où la vie ne
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saiiriiil soilii', les iiécessilés de la discipline, aussi bien que la crainte des responsabilités civiles, contraiiin<'nt l'instilulrice la mieux préparée à comprimer sous une règle uniforme, rexub(''raiile sjionlanéilé de l'àme enfantine. I^t comme les petits bomnies, dociles à l'instinct de l'espèce, on! une tendance très prononcée à ériger en loi universelle les formes de pensée et d'action aux([uelles on les accoutume, il arrive en très peu de temps qu'entre le monde et l'innocence de leur vision primitive ils interposent des formules stéréotypées, toute une enfance de convention que nous fabriquons à leur usage.
On peut constater cette tendance à l'imitation des adultes, par exemple, dans la plupart des essais artistiques ou des jugements moraux dus à des auteurs de (jnatre à septans. Le coloris des fleurs, leurs formes élégantes, les mouvements gracieux des animaux familiers éveillent un véritable sentiment esthétique chez la plu|)art des bambins de cet Age : « Oh, Minet, que tu es joli ! » déclarait souvent un garçon de cinq ans à son chat angora, en le contcmj)l;uit avec un plaisir évident. Ce même enfant admirait tellement les tleurs (lui! passait de -longs moments à les contempler sur leur tige et ne les cueillait (ju'avec un cei'tain
regret, provoqué par l'idée de leur mort prochaine, quoiqu'il s'entendit déjà à les disposer avec goût comme parure ou en bouquet. Parmi les premiers traits qu'ils sut tirer d'un crayon, certains avec un rond au milieu et des lignes courbes tout autour, -témoignaient d'un effort relativement heureux pour représenter la forme des corolles le plus communément rencontrées. Or ce jeune dessinateur, tout comme ceux dont parlent MM. Compayré, J. Sully, etc., dès qu'il eut des livres d'images entre les mains et qu'il eut vu des grandes personnes dessiner, se mit à faire des bonshommes aussi conventionnels que ceux qui sont reproduits dans le dernier livre des Éludes sur l'enfance^. Sans doute, on peut attribuer ce manque de naturel à l'impossibilité pour une petite main non exercée de transcrire les données de la vue dans la langue des sensations musculaires; encore y aurait-il lieu de noter quand même la disposition marquée du jeune imitateur à se répéter lui-môme tout en cherchant à faire comme les adultes. On voit combien Rousseau et Pestalozzi avaient raison, au moins pour cet Age, en n'interposant aucun modèle gra-