‹ Du droit de propriétéChapitre 3 sur 22 · AT4NT-PR0P0S · texte numérisé non relu

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qu'un insecte rongeur et inaperçu a envahi leurs digues y courent à ces digues pour détruire Tinsecte qui les dévore. Oui , courcms aux digues ! Il ne s'agit plus d'embellir les demeures qu'ha* bitentnos familles ; il s'agit d'empêcher qu'elles ne s'écroulent dans les abîmes, et pour cela il faut porter la main aux fondements mêmes qui leur servent d'appui.

Je vais donc porter la main aux fondements sur lesquels la société repose. Je prie m^ contemporains de m'aider de leur patience, de me soutenir de leur attention , dans la pénible argumentation à laquelle je vais me livrer, pour eux bien plus que pour moi: car- déjà parvenu de la jeunesse à l'âge mûr , de l'âge mûr à cet âge qui sera dans peu d'années la vieillesse , témoin de plusieurs révolutions , ayant vu faillir les institutions et les caractères, n'attendant rien, ne désirant rien d'aucun pouvoir sur la terre , ne demandant à la Providence que de mourir avec honneur s'il faut mourir, ou de -vivre entouré de quelque estime s'il faut vivre, je ne travaille pas pour moi , mais pour la so-

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r ciété en péril , et si dans tout ce que je fais, je flis , j*écris y je cède à un sentiment personnel , c'est y je l'avoue, à l'indignation profonde que m'inspirent des doctrines filles de l'ignorance , de l'orgueil et de la mauvaise ambition, de celle qui veut s'élever en détruisant, au lieu de s'élever en édifiant. Ten appelle donc à la patience de mes contemporains. Je tâcherai d'être clair, bref, péremptoire , en leur prouvant ce qu'ils n'auraient jamais cru qu'il fallût leur prouver : c'est que ce qu'ils ont gagné hier est à eux, bien à eux, et qu'ils peuvent ou s'en nourrir ou en nourrir leurs enfants. Voilà où nous sommes arrivés , et où nous ont conduits de faux philosophes coalisés avec une multitude égarée.

Le fond de cet ouvrage était conçu et arrêté dans ma tête il y a trois années. Je me reproche de ne l'avoir pas publié alors, avant que le mal eût étendu plus loin ses ravages. Les préoccupations d'une vie partagée entre les opiniâtres recherches de l'histoire et les agitations de la politique m'en ont seules empêché. Retiré il y a trois

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