L'Église est une monarchie
Royaume immuable du Christ sur la terre, TÉglise, évidemment, ne peut avoir d'au Ire constitution que celle qui lui a été donnée par son divin fondateur. Cette constitution ne peut donc être le pur résultat d'un développement historique ; elle fut nécessairement établie à l'origine et dès le premier jour de l'Église. Œuvre du Dieu fait homme, elle est nécessairement digne de son
(1) Àmbros., Orat. funebr. Satyr. frat.
(2) Hier., Epist. ad Damasum, c. %, c. 24, q. i. [3] Optât. Milev., lib. H, adv. Pannen., c. 3.
auteur et en parfaite harnionie avec sa destination, qui est de faire régner Tordre parmi les membres de la société spirituelle (1). Elie dcii, par cette raison, être un rayon splendissant de la sagesse divine. Si Dieu s'est complu à faire briller sa sagesse dans toutes les œuvres de l'ordre naturel, et spécialement dans la structure organique de l'homme, formé à son image, combien plus doit-il avoir à cœur de la faire éclater dans l'économie de l'Église, qui est le corps de Jésus-Christ (§ 2)î L'ordre, dans le royaume de Dieu sur la terre, ne saurait donc être qu'un admirable reflet de cet autre royaume, dans lequel Dieu règne en personne, sans lieutenant, environné des anges et des saints (2). La reine de Saba était restée stupéfaite d'étonnement à la vue de la magnificence de Salomon (5); il ne fallait pas que le monde pût être frappé d'une moindre admiration en voyant la gloire de Dieu irradiée dans le merveilleux édifice de l'Église (4).
Or dans ce royaume de Dieu il n'y a qu'un seul roi invisible, Jésus-Christ, représenté par un seul chef visible, institué par lui-même pour être son lieutenant; ce royaume est donc essentiellement monarchique (5, 6, 7). Il le fallait dans l'intérêt de l'unité (8). II ne pouvait en être de son Église comme d'un troupeau placé sous la garde de plusieurs pasteurs indépendants, dont chacun serait en droit de conduire dans le pâturage de son choix la portion confiée à ses soins. Au lieu d'un seul troupeau,
(1) Orsi^ De irreformabili Romani Pontificis judicio, lib. VIII, c. 4, vol. V, p. 564 sqq.
(2) D. Dionysii Areopagita Hierarchii cœlestis et ecclesiasttca. — Cellot^ deHieraichia et Hierarcbis libri JX. Rothom., iQ^i. — Daude, Majestas hierarchùe eccl., P. I, p. 3. — McmcleruSf de Monarchia divina, P. 1, lib. V, e.4, Yol.I, col. 168.
(3) m Reg., X, 5.
(4) Daude, loc. cit., p. li.
(5) Supra, g 10 et sqq.
(6) Bennettis, Privil. S. Pétri vindiciœ, vol. I, p. 80. — Ebend., p. 77. — Dottde, loc. cit., p. 2. — Moscou. ^ de Majeslale militant. Eccl., p. 659. — Mauclerug, loc. cit , cap. v, col. 125. — Klee, Dogmatik, bd. 1/S. 213.
(7) Act. XVII.— C/tri/«o«<., Hom.32, in I Cor. XIII.— lfoi»c/«rM», loc. cit., P.I,lib.IV, c.IV, vol.I, C01.12Î.
(8) Froereisen^ Orat. hab. ann. 1745. — Deiing, Jur. natur. larva delracta. Mênach., 1753.
\&l DU DROIT ECCLÉIMASTIQCE.
il y aurait eu autant de troupeaux que de bergers ; au lieu û*rm seul royaume, autant de royaumes que de chefe (1). Il faut qu'il n'y ait qu'un chef suprême, un monarque (sT; xoîpavoç I<rr6>) qui ramène tous les autres à Timité. C'est là la fin de la primauté de Pierre (2). Eii lui réside l'unité des trois pouvoirs : le sacerdoce, renseignement et la royauté ; il règne an nom du Dieu en trois personnes sur les trois Églises : sur TÉSglise militante, qu'il sanctifie; sur l'Église souffrante, pour laqiidlé il prie et ofTre le sacrifice; sur TÉglise triomphante, dont il ouvre et ferme les portes (3). C'est pourquoi son front est ceint de la triplé couronne.
Les mêmes oracles prophétiques qui prédisaient à la synagogue sa propre déchéance lui avaient annoncé l'avènement de cette magnifique monarchie, à Qtez aux rois impies la tiare, ôtez-leur la couronne (4)... je vais prendre les enfants d^fsraël du milieu dès nations oh ils sont dispersés, et je les rassemblerai de toute part, et je les amènerai à leur royaume, et je n*en ferai plus qu'un seul peuple sur la terre, sur les montagnes d'Israël, et un seul roi aura sur eux tout l'empire, et il n'y aura plus deux nations; ils ne seront plus divisés en deux royaumes... Mon serviteur David régnera sur eux; ils n'auront tous qu'un seul pasteur (5). » David a cessé d'être depuis longtemps; le David de Toracie, c'est le David futur, le Messie (6), représenté dans son royaume par son lieutenant. Pierre était donc figure par David, comme il l'avait été par Moïse, dont il a recueilli la puissance en même temps que celle d'Aaron (7). Mais k type le plus élevé du
(1) Chrysost., Hom. 54, in Hebr. Xlll. ^ Cîemens I, Epist. I ad Cor., n. 37. — Constant., Epist. Bom. Pontif., p. 27.
(2) § 17, S. 117; § 20, S. 138. — Celloty loc. cit., lib. IV, cap. tu, p. 182 sqq.
(3) On comprend assez que le terme de régner ne doit pas se prendre ici à la lettre, car le pape n'a proprement de juridiction que sur l'Église mDitante. (Note du traducteur.)
(4) BennettiSy loc. cit., vol. VI, p. 378 sqq.
(5) Ezech. XXI, 26.
(6) Ezech. XXXVn, 22 sqq. — Hieron., Comment.
(7) Parmi les monuments trouvés dans les catacombes de Rome» il en est im grand nombre où Ton voit Pierre sous la figure de Moïse frappant
saprême sacerdoce uni à la royauté, c'est Helchisédech, le roi pontife de Salem (i), par son double caractère, représentation prophétique du pontife royal, étemel, divin, de la nouvelle aDiance, et dont la puissance, transmise à son vicaire mortel, élève ceîui-ci à une hauteur incommensurable au-dessus de tous les rois, de tous les potentats de la lèrre (2).
En conférant à Pierre le suprême pastorat, il lui a, par là même, subordonné ]e genre humain tout entier; tout homme appartient de droit au troupeau de Jésus-Christ (§ 16). Vis-à-vis de la houlette dé Pierre, le plus puissant prince de la terre n*est pas phis- què'h 'plus htunble des agneaux (5) . Ce n'est pas à lui, ni à la totalité des autres membres, que le Christ a confié la plénkude des pouvoirs dont il a doté son Église ; ce n'est pas lui qui a été institué lieutenant du Christ, ce h*est même pas TÉglise (4), mais Kerrë, Pierre seul à Texclusion de tout autre.
Uégalilé la plus parfaite règne donc entre tous les membres de l'Égfise. Il n'y a pour tous qu'une foi, qu'une espérance, ({Q'ime charité ; le même baptême donne à tous les mêmes droits à régner un jour avec Jésus-Christ dans son royaume céleste ; car être intimement uni à Jésus-Christ, c'est partager sa royauté. Tous aussi peuvent parvenir au faite des dignités ecclésiastiques ; iln y a dans l'Église ni distinction de caste, ni privilège du sang ; elle ne connaît que la génération spirituelle qui procède du baptême et de l'ordre. Si dans tout cela on veut voir un élément démocratique, on en est parfaitement libre, et nous ne nous arrêtenms pas à discuter sur ce point, pourvu qu'il n'en soit rien inféré qui porte la plus légère atteinte au caractère essentiel de l'Église, et qu'il soit mis hors de doute et de controverse qu*elle
le rocher (Jésus-Christ) de sa verge. — Boldetti, Osservazioni sopra i Gemiteri de* sancti Martin, p. 200. — Mamacchif Orig. etÂntiq. christ., vol. V, p. 296.
ll)Exod. XIX, 6.-,IPetr.II,9.
(2) Thom. Aquin. De regim. princ, lib.I, c. 14. — Gap. Unamsanctam. i. Extrav. comm. de major, et obed., I, 8. — MaucleruSf ioc. cit., P. IT, lib.I,c.l,vd. I, C.201.
P) Gotti, Vera Eccl. Ghristi, vol. Il, art. 1, n. 31, p. 24.
(4) Yeiihy Bicher. Sysl. confutat., p. 75.
161 DU DROIT ËGGLÉSIASTJQUË.
est, (l;ms loule la force et le vrai sens du mot, une monarchie (1). C*est ce qui résulte de toutes les figures qui la symbolisent. Toutes, en la présentant sous les emblèmes de Tunité, la présentent en même temps soumise à un seul chef (2).
C'est sur ce fondement que s*élève tout l'édifice de sa constilution, sur ce fondement que sont établis les apôtres, pierres fondamentales eux-mêmes, superposées par Jésus-Christ. Portés par Pierre, ils portent avec lui Tépiscopat et TÊglise. Les évéques, en qualité de successeurs des apolres, sont appelés à prendre part au gouvernement de TÉglise, et leur droit à cet égard leur vient de la main de Dieu même, sous la seule réserve d'être confirmés par Pierre (§ 24) . Si dans ce pouvoir des évêques il plaît de voir un élément aristocratique, on peut encore sur ce point se donner pleine satisfaction ; mais sous une réserve essentielle, indispensable : c'est que Ton n'en conclura pas à l'assimilation de l'Ëglise à un gouvernement aristocratique. Bien que le pape gouverne rÉglise en communion avec les évêques, ou plutôt, que les évêques, en vertu de leur communion avec le pape, partagent avec lui ce gouveraement, TÉglise n en est et n'en reste pas moins une véritable monarchie (§ 25). Lldée de monarchie implique nécessairement celle d'un souverain qui commande non-seulement à quelques-uns, non-seulement à un grand nombre, mais à tous sans exception, et à qui tous, sans exception, doivent obéissance (3). Jésus-Christ n*a pas égalé les brebis au pasteur, encore moins les a-t-il placées au-dessus de lui (A); le pasteur seul est donc au-dessus de tous. A Fexception unique du ponlife de Rome, nul évêque n'a, de droit divin, autorité sur un autre
(1) Devoti, Jus. canon, univ., vol. I, p. 182 sqq. — Duval, De suprenia Rom. Pontif. poteslate. — Petavius, de Hier, ecd., cap. xiv, p. 114. — Devoti, loc. cit., p. 186.
(2) Acies castrorum oniinata (Cant. VI, 3, 9), Pulcherrima inter muliercs (Cant. I, 7); l.egnum (Daniel, II, 44); Ovile (Ev. Joann. X, 16); Famiiia (Ev. Luc. XII, 42) ; Navis ( Ev. Luc. V, 3) ; Arc^ Noe ( f Petr. III, 20). — Hieron.f Epist. 125, ad Rustic. Monacb., c. 15, col. d36. — Mauelerus, loc. cit., c. 4, col. ^22.
(3) Zaccaria, Antitebron. viiidic, vol. I, p. 365. — Mamlerw, loc. cit., P. Jl, lib.iv, c. 3, COL490.
(4) Orsi, loc. cit., vol. V, p. 589. — Zancaria, loc. cit., p. 583.
ROYAUME DE DIEU SUR LA tKURE. 165
évêque (i); à bien plus forte raison, ni un évêque, ni plusieurs évêques, ni même la totalité des évêques ne saurait avoir autorité sur Pierre. Si TÉglise repousse, condamne toute comparaison qui tendrait à égaler Paul à Pierre, encore moins tolérerait-elle que l'on prétendît lui égaler les évêques (2). Pieire, et, comme lui, son successeur, est le monarque qui gouverne l'Église, en qualité de vicaire de Jésus-Christ. Pontife suprême, ce qu il a lié, nul ne peut le délier, nul, ni sur la terre ni dans le ciel ; comme ce qu'il a délié, nul ne peut le lier, nul, ni sur la terre ni dans le ciel. Docteur au-dessus de tous les docteurs, ce qu'il a enseigné à l'Église restera vrai dans toute Téternité, ce qu'il aura condamné comme erroné restera éternellement condamné. Roi moflaque et juge souverain, ce qu'il a décidé reste décidé, et il n'y a sur la terre aucune autorité à laquelle on puisse en appeler de sa sentence (3). Dans cet exercice de sa suprématie gouvernementale, comme dans celui de son pouvoir des clefs et de son haut enseignement prophétique, il n'y a jamais à en référer de sa décision à un concile général; tandis que toute décision d'un concile dont le pape ne fait point partie est réformable et ne devient obligatoire que par la sanction du pape. Pas de jugement dont on ne puisse en appeler à son tribunal ; pas de tribunal où Ton puisse en appeler de son jugement (4) . Il est le pontife monarque, le docteur monarque, le souverain, le juge monarque (5). Autour de son pouvoir existe une foule d'autres pouvoirs ; mais le sien plane au-dessus de tous les autres, les règle et les détermine. Les évêques, il est vrai, occupent, immédiatement au-dessous de leur chef, le premier rang dans l'ordre hiérarchique ; ils
(1) BatUriniy de Potest. eccl., p. 11.
(2) BalUrinij De vi ac rat. prim., cap. m, n. 2, p. 12.— Vindiciœ auctoril. pont., p. 165.
(^ Gelatj I. Commonit. ad Faustum légat, ann. 493, in Gan. Ipsi sunl 16, c. 9, q. 3. — Ivo Curnot., Epist., 183, ad Paschal. Papam. — Gregor, yW, lib. VllI, Epist. 21, adMettens. Episc. — Jtfottc/cru», loc. cit., W II, Ub.in, clO, col.406sqq.
(4) Can. Guijcta per mundum , 18, c. 9, q. 3. [Gelas, ad Episc. Dard.
(5) Ofti, loc. cit., p. 563, 568, 569. — Devoa", loc. cit., g 12, p. 193.— Mtmekruif loc. cit., c. 7, col. 245.
166 DU DUOIT ECCI^SÏASTIQUIî:.
sont, après lui, les membres les plus distingués du corps de Jésus- Christ, ils forment la haute noblesse de TÉglise ; mais la constitution du royaume divin ne perd rien pour cela de son caractère; les monarchies temporelles elles-mêmes ne cessent pas d'être véritables monarchies, parce que la noblesse ou les états ont des droits réels, des prérogatives, et les exercent sous Tautorité du roi. On donne à celles qui sont ainsi constituées le nom de monarchies tempérées (1); mais une semblable qualification ne saurait, en aucune manière, convenir à FÉglise (2), en ce qu'elle dérive de la fausse supposition que l'idée même de monarchie emporte nécessairement quelque chose d'exorbitant et d'excessif. Or, ici, ime telle supposition ne serait admissible qu'autant qu'on considérerait abstractivement la disproportion existant entre les pouvoirs divins et les forces humaines auxquelles ils sont confiés. Cette disproportion est incontestable; mais elle ne peut pas élre effacée par l'addition à ces forces humaines d'autres forces de même nature. Dieu seul pouvait la faire disparaître, et il y a pourvu en faisant contribuer à ce but l'élément humain dont il se sert. Le pouvoir du pape dans l'Église est souverain ; mais, conmie le remarque saint Bernard, il n'y est pas seul (3) ; au-dessous de ce pouvoir suprême subsistent d'autres pouvoirs réels, mais coordonnés entre eux et subordonnés au pouvoir souverain, de manière à Tappuyer, sans TafTaiblir ni diminuer en rien son autorité. Us ne sont point là comme un contre-poids, un tempérament opposé à l'immense puissance du chef de l'Église. Ce contre-poids, ce tempérament, ils en ont besoin eux-mêmes tout aussi t»en que celui du pape; et, nous l'avons dit, celui qui a tout pouvoir dans le ciel et sur la terre y a sagement pourvu. On le voit, pour ce qui concerne son représentant, dans la manière même dont il Ta institué. Pais mes agneaux, fais mes brebis : cette formule à elle seule, en déterminant le caractère de la royauté ecclésias-
(i) Lupoli, Jur. eccles. prœlect., vol. I, p^ 122. — Zaocaria^ loc. cit.. p. 551. — DwoaU de Suprem. Rom. Pontif. auct-^ p. 1, q. 2.
(2) Devotu loc. cit., §9, p. 190; §10, p. 191.
(3) Bernard ^ de Considérât.) lib. 111, c. 4^ n. 17. — BaUmnif loc. cil., p. 177.
ROYAUME DB DIEU SUR hk TERRE. 167
tique, lui iTAC^M sphère, son mqde d'action^ et lui donne sa fflesore. ËUç confère au vicaire du Christ un pouvoir absolu, universel dans l'Église; mais ce pouvoir ne doit être exercé que jpoor le bieii de rhumanijté, pour édifier, et non pour détruire (i) ; il doit prjâsentçr.dans tous s^ «^ctes T^mpreinte de la douceur et d'ime bonté toute p^t^melle., Placé par une dignité sans ^ale à k :pli|^ grande, hauteur où. il p4t jamais être donné ^ un mortel d'^tt^jadre,. c^liii (pii. en, e$t reyètu doit voir dans Ifi mesure méoE^ d^ son élévation celle 4e pa mansuétude et de son humifité (2).En considérant donc comme son plus beau titre d'honneur la 4palité de serviteur des serviteurs de Dieu, il ne fait que se conformer à la jMur^e et^ à Texemple du Christ. Ce titre, témoigi^e de rhumilité et de la modération des pap^s, n*a pas été pour eux une formule vaine et stérile; généralement, ils font justifiée par leur langagQ.et leurs actions (5). Sans oublier ce qu'ils deyaiç^t à leur suhUme dignité, comme lieutenants du Oirist, siaf$ permettra», f^me ils le d^y^ent, qu'il y (ut porté atteinte, ils ont su dis^ing^e^ dans leur personne Thomme faible et fragile du représentant de Dieu. A l'exemple de Pierre, qui avait supporté avec douceur et en toute humilité Topposition de Paul (4), ils ont accueilli daii9 Jes mêmes sentiments les remontrances que pouvaient provoquer leurs actes, les critiques mêmes dirigées contre leur personne, pourvu qu'elles fussent inspirées par une intention bienveillante et qu'elles ne sortissent pas de la réservQ respectueuse commandée par leur auguste caractère.
Or, c'est dans ces sentiments de mansuétude et d'humilité dont Jésus-Christ a été le parfait modèle (5), et dans l'assistance permanente de rPsprit d'en haut, que se trouvent la mesure, le tempérament de là inbnarchie ecclésiastique. Le pape ne pour-
(1) n Cor. XIII, 10. — Ballerini^ loc. cit., p. 165. (î) Et. Luc. XXU, 26.
(3) Ballerinif loc. cit., pag. 179. — Mauclerus, loc. cit., cap. viii, ool.2488qq.
(4) McMcleruSf loc. cit., cap. ix, col. 251 sqq.; II, lib. III, cap. xvii, col. 461.
(5) Oreg. JWa^n. Epist. lib. XI, Bpist. 45, ad Theoctit. Patrie, tom. II, col. 1129. — Can. Petrus, 40, c. 2, q. 7.
i08 DU DROIT ECCLÉSIASTIQUE.
rait, sans pécher contre le Saint-Esprit, cesser un instant d'avoir Toreille ouverte à cette voix divine qui ne cesse de lui parler. Constamment attentif aux in^irations célestes, il doit encore prendre conseil de Tépoque à laquelle il a été appelé à s'assedr sur la chaire de Pierre (i). Tout gouvernant qui veut marquer sa conduite au coin de la sagesse, éprouve les moyens qui peuvent répondre à ses vues et mener ses projets à bonne fin ; le pape doit également s'appliquer, par un examen approfondi, à discerner, à employer sagement tous les moyens que son époque peut lui offrir, pour propager et affermir le règne de Jésus-Christ sur la terre. C'est dans ce sens qu'il est vrai de dire que le pape doit consulter V esprit de son temps (2).
Maintenant, si le pape, perdant de vue la sage modération que lui impose la sublimité même de son ministère, vient à franchir les limites qui lui sont tracées, perd-il sa souveraineté ? V.n résulte-t-il i)Our les pouvoirs qui lui sont subordonnée le droit de sortir également de leur sphère, de l'appeler à leur tribunal, et, s'ils le reconnaissent coupable, de le déposer?