‹ Du droit ecclésiastique dans ses sourcesChapitre 19 sur 114 · XIV · texte numérisé non relu

XIV

b. Analyse du Décret.

Gratien a recueilli les matériaux de son livre dans plusieurs collections différentes (1), mais non sans discernement (2), comme certains de ses devanciers. I] s’est aidé surtout de Bourchard de Worms, et, plus largement encore, de la collection d’ Anselme de Lucques. Il puise dans celle-ci, en fractionnant ou en réunissant les chapitres, au gré de son propre plan, en les insérant, tantôt avec des additions ou des retranchements, tantôt aussi, et fréquemment, avec des substitutions de titres ; ce qui fait que la collection d’ Anselme est de la plus grande importance pour la vérification des textes et des doctrines du Décret (3). Gratien s’est également servi des deux collections, en neuf et en treize livres, dont nous avons déjà parlé ($ 13), et auxquelles il emprunte plusieurs chapitres qui leur sont spéciaux (4). Le décret d'Yves de Chartres et sa Pannormie, la Collectio trium partium (5), la Cæsaraugustana (6), le Polycarpe (7) et le livre d’Algerus (8) lui ont aussi fourni divers matériaux (9).

Par l’entremise de ces collections, le décret s’est constitué non-seulement de tout l’ensemble des décisions de conciles et des décrétales authentiques ou supposées, mais encore des canons apostoliques, de passages de Pères de l’Église, de l’'Ordo romanus, du Liber diurnus et du Pontificalis, du

(1) Theiner, Disquis. App. Il, p. 41 sqq.

(2) Sarti, loco citato, p. 269, § 21 et 22.

(3) Theiner, loco citato, p.376 sq., p. 378 sq., fournit quelques exemplesde ces sortes de corrections.

(4) Theiner, loco citato, p. 385 sy. — Ibid., p. 60.

(5) Theiner, loco citato, p. 63 sqq. Disquis., p. 188.

(6) Theiner, loco cilato, p. 357.

(7) Theiner, loco citato, p. 342.

(8) Richter, Beiträge, p. 7 sqq.

(9) 11 faut ajouter, à cette liste des auteurs mis à contribution par Gratien, Fulgence Ferrand. Voyez Diplovataccius, Vite illustr. jurisconsultor. (Sarti, loco citato, App. N. 20, p. 259.) — Voyez aussi Rich{er, Kirchenrecht, § 73.

droit romain, de la législation franque, de divers pénitentiaires et de différents ouvrages d'histoire, notamment de ceux de Ruffin et de Cassiodore (10),

La division de ce vaste travail s’est faite d'elle-même plutot qu’elle n’a été tracée intentionnellement par l’auteur. Elle distribue le tout en trois parties principales (11) (Partes), dont le triple objet était énoncé, du temps de Gratien, sous ces formules sommaires : des Ministères, des Affaires et des Sacrements (12).

La première partie se compose de cent une distinctions, dont les vingt premières ont trait à des questions générales, comme la différence du droit divin et du droit humain, et les sources du droit; les soixante-onze autres distinetions (13) sont consacrées à l'exposition des principes de la législation canonique à l'égard des personnes ecclésiastis ques.

La seconde partie, qui a spécialement pour objet la procédure judiciaire, surtout’ Vapplication pratique du droit, renferme en outre l'examen et la solution de trentesix cas de droit : Cause.

À chaque causa correspond un certain nombre de questions, Quæstiones, que l’anteur se pose à lui-même, à

(10) L'ouvrage de Berardi (p. 138) fournit, à cet égard, les preuves les plus complètes. ,

(11) Steph. Tornac., loco citato, voyez note 19.—Un travail bien intéressant serait une exposition détaillée du manuscrit de Haag, intitulé, dans Perfz, Archiv, Bd. 8, S. 567: Gratiani concordia canonum, en 5 livres; le dernier est perdu.

(12) Sigihard., Summa: Et primam (partem) quidem Gratianus ministeriis, secundam negoliis, terliam vero deputabat sacramentis. — Steph. Tornac., loco citato, p. 445 (note 19). — Huguccio ap. Sarti, loco citato, p. 278, § 45.

(13) Boetius Epo, qui dans son ouvrage, de Jure sacro, lib. I], c. 2, n. 102, p. 166, s’étend très au long sur la division du Décret de Gratien, distribue la premiére partie en sections (1-20, 21-92, 93-101); mais ce plan n’est point celui de Gratien, comme cela résulte de sou mode de citation. Il en est de même d’ane autre division faite par certains autres canons, et suivie par la glose elle-même. Celle-ci distribue la première partie en sept sections. Nous croyons avec Boelius Epo qu’elle n’est pas plus admissible que la précédente. Voy. Glossa Hæc de ordinandis, ad D. 81.

l'exemple de ce qui se pratiquait dans les cours publics (§ 15), et qu’il résout ensuite avec des passages tirés des canons, auxquels il donne par là une signification plus précise. La troisième question de la trente-troisième causa se rapporte à la pénitence et sert d'introduction à un traité en sept distinctions : Tractatus de panitentia,

La troisième partie, la partie liturgique de Consecratione (14), comprend cing distinctions; vient ensuite l’explication du mode adopté par l’auteur pour citer les divers passages du décret, selon ses différentes parties ; exemples : Can. Multis 5. D. 17,—Can. Apostolica 7,¢, 8, q. 1.—Can. Qualitas. 2. D. 5, de Penitentia, — Can. Ut ostenderet. 123. D, 4, de Consecr. (15).

Si cette division du Décret est dénuée de toute méthode (16), on peut faire le même reproche à la manière dont l’auteur a traité le fond de son livre. Gratien a un penchant tout particulier à rompre le fil de l'exposition, à se jeter dans des digressions étrangères à son sujet actuel, pour revenir ensuite, par un long détour, à ce même sujet. Aussi lui arrive-t-il fréquemment de s'occuper dans une causa d’une question déjà examinée précédemment dans une distinctio (17).

Ce défaut est incontestable; toutefois, il ne faut pas l'exagérer au point de dire avec Dumoulin : « Chercher de « l’ordre dans le Décret, c’est vouloir pêcher le dauphin « dans la forêt et chasser le sanglier dans la mer (18). »

(14) Steph. Tornac., loco citato, intitule cette partie : de Benedictione. Voy. plus bas note 19.

(15) L'ancien mode de citation était d’indiqner les canons par les mots initials ; plus récemment on a adopté celui qui consiste à donner les nombres. Le meilleur est de rénnir les deux systèmes. Voyez l’avant-propos du ‘Droit ecclésiastique dans ses principes généraux.

(16) Devoti, Jus eanon. univ. Proleg., ¢. 18, § 24 (t. I, p. 371).

(17) Ce défaut de méthode est signalé en détail, spécialement par Fr. Florens et Berardi. Ant. Augustin., de Emend. Grat., lib. 1, dial. 9, 1, p. 229, dit aussi : Si artem requiras et ordinem dicendi, frustra laborabis. Theiner, Disquis., p. 405 sqq.

(18) Jo. Molinæus, Preef. ad Ivon. Decret, — Boet. Epo, leco citato, n. 13,

Selon quelques écrivains dont l'opinion nous parait assez vraisemblable, la division en Causæ appartiendrait seule à Gratien, et celle en Distinctiones serait l’œuvre de son disciple Paucapalea, qui aurait préféré pour la première partie une autre division en quinze sections (19). On ne doit pas non plus attribuer à Gratien la subdivision des diverses distinctions et questions en Partes ; peut-être a-t-elle été faite par Jean Faventinus ( § 15 ).

L'opinion dont nous parlons est confirmée jusqu'à un certain point par le système de citations employé par Gratien dans Vindication des différentes parties de son œuvre ; c’est un indice, sinon complet, au moins partiel de la maniére dont il coordonnait l’ensemble des matériaux qu’il avait collectionnés. Ainsi, par exemple, pour trouver le Can. Quo jure 1. D. 8, il faut chercher dans l'introduction « In principio » qui traite de la distinction du jus naturale et du jus constitutionis (20); s'agit-il du Can. Lege 1. D. 10,

p. 170 : Reliquus ordinis universi discursus quantumlibet paulo turbatior æquo ferendus est animo; mistis nimirum criminalibus passim civilibus hisce, quid si Gratianus decori nescio cujusnam forte studiosus (ut imaginationis erat homo mirificentioris ut monachus et ingeniosus et otio literario satis abundans) judicia forensia tanquam naturaliter turbulenta, causasque suas turbulentiores, turbulentiore simul ordine persequi studio maluerit?

(19) Sigihardi Summa, loco cit. : Distinguitur liber iste in tres partes. Prima est usque ad primam causam. Secunda usque ad consecrationem. Tertia usque ad finem. Primam divisit, ut quidam ajunt , Paucapalea in C et 1 distinctiones, secundam Gratianus in XXXVI causas. — Tertiam quoque , ut ajunt, Paucapalea. — Steph. Tornac., loco citato : Distinguitur liber iste alias secundum diligentiam lectorum, alias secundum consuetudinem scriptorum. Lectores in tres partes distinguunt, quas et Gratianus voluisse videtur. Prima pars usque ad

causam simoniacoram extenditur , quam Gratianus per L divisiones divisit. (Secunda) pars a prima causa usque ad Traclatum de benedictione procedit, quæ per XXXVI causas, quæstionibus suis decisas distinguitur. Tertia a tractatu locationis (consecrationis ?) usque in finem per quinque distinctiones secant. Harum primam ministeriis, secundam negotiis, tertiam ecclesiasticis deputant sacramentis. Scriptorum consnetudo librum istum in quatuor partes distinguit, quarum unamquamque quantum appellant, et primam quidem, quæ est a principio usque ad primam causam, que est de simoniacis, secundam a prima causa usque ad tertiam decimam, que sic incipit: Diæcesani. Tertiam ab ea usque ad XXVII, quæ est de matrimonio, quartam a XXVII usque ad finem libri ponunt.

(20) Dict. Grat., post Can, Si quæ, C. 11, Q. 3.

ou du Can. Anastasius g. D. 19, l’auteur renvoie simple ment, pour le premier, au commencement de l'ouvrage (21) (circa initium operis), et, pour le second, au Tractatus Decretalium Epistolarum (22), et non point à telle ou telle distinction.

Cestrois passages se trouvent disséminés dans les vingt premières distinctions, dont la réunion forme un tout complet, une véritable introduction au Décret. Quant aux autres distinctions, Gratien semble les donner comme un 7ractatus ordinandorum (23), puisqu’il cite en effet, comme faisant partie de ce traité (24), plusieurs canons appartenant à cette catégorie (25).

La manière dont Gratien rattache la première causa à la dernière distinction, et les termes qu’il y emploie, sembleraient indiquer qu'il a eu réellement l'intention de faire ici une grande division; mais celle-ci est plus apparente que réelle, et l’on s’aperçoit bientôt qu’en traitant des diverses ordinations, régulières et simoniaques, l’auteur a voulu joindre l'application à la théorie, et répandre, par l'examen des questions pratiques, un surcroit de lumières sur les principes déjà enseignés dans le Décret. IL serait possible que toute cette série de cas de droit fût le résultat de leçons

(21) Dict. Grat., post Can. Sane, 4, C. 15, Q. 3.

(22) Dict. Grat., post Can. Dictum, 96, C. 1, Q. 1. ™ (93) Et ainsi Sardi prend tout à fait le contre-pied de ce qui est en répétant, p. 278, § 41, que la troisième partie, qui traite des sacrements, a été désignée comme Traclatus ordinandorum.

(24) Bartholi , Institutiones jur. can., €: 53, § 3, observe que le traité de lordination commence par le D. 23. Celte observation est rigoureusement vraie, à cela près cependant que les D. 21 et 22 forment une introduction qui relie cette section avec la précédente.

(25) Cav. Priscis igitur, 1, D. 55, in Dict. Grat. post Can. Necessaria, 6, C. 1, Q. 7. — Can. Dilectionis, 12, D. 76, in Dict. Grat. p. Can. Solent, 50, D. 4, de Consecr. — Can, Si quis pecunia, 9, D. 79, in Dict. Grat. p. Can. Deus ergo, 6, C. 3, Q. 1. — Can. Abbas, 5, D. 93, in Dict. Grat. p. Can. Generaliter, 41, C. 16, Q. 1. — Can. Diaconos, 13, D. 93, in Dict. Grat. p. Can. Constat, 19, D. 4, de Consecr. — Can. Monachus, 9, D.77, in Dict. Grat. p. Can. De præsentium, 20, C. 16, Q. 1,

supplémentaires, comnie celles que les professeurs de Bologne avaient coutume de faire le soir (26).

Dans la désignation des Caüsæ, Gratien se sert indifféremment, tantôt du numéro d'ordre (27), tantôt des paroles initiales (28). Quelquefois cependant il donne à là causa uné dériomination particulière, par exemple, Causa Monachorum (29), ou Causa prima Hereticorum (30), comme il fait ca et 14, même pour des sections de peu d’étendue (31). Parfois encore, il groupe intentionhellément un certain nombre de cause, et les présente comme composant un tractatus : c'est ainsi qu'il renvoie au Tractatus conjugii (32) qui, commencant à la causa 27 et n'étant interrompu que par le traité de la péniténce, forme lé complément des questions traitées dans la deuxième section principale. 11 résulte dé là, avec une entière évidence, que le Tractatus de penitentia, dont Gratien cite la première distinction comme quæstio (33), avait d’abord formé un traité à part, et avait été inséré comme tel dans le Décret (34). Et c2 qui viciit encore à l’appui de cette opinion, c'est que Sicard, dans sa Summa canonum, ne fait nulle mention de ce traité (35).

(26) Vid. v. Savigny, loco citato, t: III, p. 552 sqq.

(27) Dict. Grat.,§ 2, p. Can. Ad mensam, 24, C. 11, Q. 3.

(28) Dict. Grat., p. Can, Audi, 21, C. 11, Q. 3, require in causa: Quidam episcopus in heresim lapsus.

(29) Dict. Grat., p. lll, § 13, p. Can. Ecclesias, 1, C. 13, Q. 1 : Sicut in eodem capitulo (Si quis laicum, 42) in causa Monachorum (C. 16, Q. 1) notata inveniuntur.

(30) Dict. Grat., § 2, p. Can. Adversitas, 48, C, 7, Q. 1. Hine etiam Augustinus : Tu bonus tolera malum, etc., infra de tolerandis malis, in prima causa Hereticorum (C. 23, Q. 4). — Sleph. Tornac., loco cilato (note 19), intitule la causa 1 : Causa Simoniacorum.

; (34) Par ex. : De tolerandis malis (note 30).— Dict. Grat., p. Can. Ita nos, 25, C. 25, Q. 2 : Supra in titulo de Mutatione episcoporum (C. 7, Q. 1), supra in titulo de Alienatione rerum ecclesiasticarum (C. £6, Q. 1).

(32) Dict. Grat., p. Can. Mulier, 20, D. 4, renyoie au Can. Super quibus, 4 (C. 30, Q. 3), in Tractatu conjugii.

(33) Vid. Dict. Gral., § 1, p. Cau. Ad mensam, cit. : Require infra in causa XXXII. Maleficiis impeditus, quiest. 1, de Pcenit,

(34) Vid. Sarti, loco citato, p. 279, § 45.

(35) Voyez plus loin § 14.

Depuis longtemps déjà, le Décret a subi diverses interpolations, mais celles-ci ne sont pas de beaucoup aussi nombreuses qu'on a bien voulu le prétendre (36). On ne trouve pas, à la vérité, dans un grand nombre de manuscrits, certains chapitres qu’on rencontre dans plusieurs autres ; mais ces mémes chapitres étaient également omis d'ordinaire dans les cours académiques (37), et du fait de leur itisertion. dans quelques manuscrits, on ne peut point, à l'exemple de Guido Grandi (Diomedes Brava) (38), qui s’engageait à prouver l'addition posthume de cent soixante-huit pièces, conclure, dans tous les cas et sans autre examen, à une interpolation (39).

Environ cinquante des chapitres intercalés et qui ne se trouvent pas dans les anciens manuscrits (40), portént le titre de Palea (41), expression qui a été fort diversement interprétée. Selon les uns, ce nom ne serait autre chose que P. alia, c'est-à-dire, Post alia (42) : suivant les autres, il devrait étre traduit littéralement par Paille, et aurait été employé pour distinguer ces chapitres de ceux rédigés par

(36) Gliick, Præcognita, § 27.

(37) Dans le Cod. Palat. Vatic., 622, la Dist.73 manque ; on lit à là marge: Dist. LXXII deficit et non legitur. Dans le Cod. Palat. Vatic., 624, Cait. De Propinquis, 3, C. 35, Q. 2, on trouve également cette note marginale : Qué dicuntur in hac questione, fere per totum sunt correcta per con$litutionem novam: Non debet (c. 8, X, de Consanguititate ;1V, 14), tee est opus ea legi. Sarti, loco citato, p. 274, § 33. — Glossa Perlatui, ©, 4, D, 88. Seïjuentia capitula plana sunt usque ad paleath illan Ejiciens, quæ in scholis non legitur.

(38) Diom, Brava, Disquisitio critica de interpolatione Gratiani. Bonon.; 1694. (J. H. Bôhmer, De varia Grat. Decr, fortuna, § 27, n. 42 sqq., et Pod. Riegger, de Grat. Decr., § 75, p. 134.) = Bart. Luccaberti (Guido Grandi), Nuova Disdmina della storia delle Pandette, p. Il, c. 1.

(39) Cela est si vrai, que, parmi lés chapitres en particulier signalés par Brava comme des interpolations, il en est plusieurs que l’on retrouve dans Huguccio, dont personne, certainement, ne conteste nida sagacité ni la bonne foi. Vid. Sarti, loco citato, p. 275, n. 34 sqq.

(40) Sarti, loco citato, p. 282, § 3.

(41) Bartholi, loco citato, cap. 57, p. 492. — J. À. de Riegger, De Paleis Decreto Gratiani insertis observationes. — Van Masiricht , Hist. jur. eccl., n. 314, — J. Strauch, Amoœñ. jur. can. (Jen. 1674). Ecclog. 6, €. 9, p. 115. —& Bickell, Festprogramm. Marburg, 1827.

(42) J. À: de Riegger, loco citato, § 17, p.315.

Gratien lui-même (43), comme on distingue la paille du bon grain. D’autres enfin, et cette explication pourrait bien être la véritable, font dériver le mot de Paucapalea, ce disciple de Gratien (44) dont nous avons parlé plus haut ($ 15 ). Quoi qu'il en soit de ces palea, qui, insensiblement, ont fini par s’incorporer aussi au Décret, le jeu de mots que nous indiquons, tout dans l'esprit du temps, a bien pu venir, dés l’origine, sous la plume de plusieurs écrivains.

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