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Les quatre autres anciennes compilations

La collection de Bernard de Pavie ne tarda pas à subir le sort du Décret de Gratien ; elle devint insuffisante; mais le système qu’elle avait inauguré ne s’usa point avec elle, et l'auteur de la collection qui la remplaça immédiatement (1), l'Anglais Gilbert (2), s’appropria tout à fait le plan et la distribution du Breviarium (3). Le recueil de Gilbert renfermait principalement, avec un petit nombre de lettres de papes plus anciens, des décrétales de Clément III et de Célestin III, et quelques-unes d’Innocent III, publiées dans les cing premières années de son règne, ce qui place cette collection a peu prés vers 1203. On a de fortes raisons de croire, mais sans en avoir la certitude, que Gilbert, qui professait à Cologne, avait ménagé l’entrée de cette université à son œuvre, et qu'on avait déjà commencé à la désigner sous le titre de Compilatio secunda (4). Mais il paraît qu’elle ne répondit pas pleinement au but de son auteur, et qu'il

(1) Sardi, De claris archigymnasii Bonon. professorib., p. 307.

(2) La collection de Gilbert est très-vraisemblablement celle qui a été découverte à Bruxelles par Theiner. C’est du moins l’opinion de ce savant, et elle nous paraît on ne peut plus plausible. Vid. Theiner, Disquis., p. 122 sqq.

(3) Tancred., Præf. (§ 182, note 5): Post illarum compilationem quædam aliæ decretales a diversis apostolicis emanarunt, quas magister Gilbertus ad instar primæ compilationis sub titulis collocavit.

(4) Bernard de Compostelle, entre autres (voyez plus bas), renvoie très-fréquemment à la Secunda Compilatio , laquelle ne peut guère être que l’œuvre de Gilbert. Vid. Theiner, loco citato, p. 131.

s’y trouvait encore de nombreuses lacunes (5), ce qui donna à un Anglais, également professeur à Bologne, Alain, dont nous avons déjà plusieurs fois parlé, l’idée de la compléter par une autre collection. Mais avant qu’Alain eût réussi à faire adopter par l’école l'ouvrage de Gilbert, remanié et augmenté de son propre travail, une autre compilation avait paru, comprenant toutes les décrétales d’Innocent II, jusqu’à la douzième année de son règne : c'était la Compilatio tertia (6).

L'auteur de cette collection était Pierre Callivarinus de Bénévent, précédemment professeur à Bologne, alors notaire papal et plus tard cardinal (7). Il prit pour base de son travail deux autres collections : celle de Rainer de Pomposi (8), qui contenait la plupart des décrétalés des trois premières années du pontificat d'Innocent III, qu’elle proclamait « le Salomon de notre temps, » et celle de Bernard l’Ancien, archidiacre de Compostelle (9), qui s'étend jusqu’à la dixième année du règne de ce même pape (10). Bernard, fréquemment appelé Bernardus antiquus, avait composé sa collection pendant son séjour à Rome, et comme elle fut également adoptée par l’université de Bologne (11), pour la distinguer des autres collections qui avaient été publiées dans cette ville, on lui donna le titre de Compilatio romana (12). Mais,

(&) Peut-être laissait-elle aussi beaucoup à désirer à l'égard de l'authenticité des décrétales qn’elle contenait. Voyez note 13.

(6) vid. Sarti, loco cilato, p. 307 sqq.

(7) Ti ne faut pas le confondre avec Pierre de Morre , comme le fait Hurter, vel. H, p. 742, qui toutefais lpi restitue ailleurs son véritable nom, — Vid. sur ce canoniste Sar{i, loco citato, p. 312.— Theiner, loco citato, p.21. — Stef. Borgia, Memorie istor. della città di Benevento, p, Il, p. 189.

(8) Vid. Theiner, loco citato, p. 19. — Sa collection est imprimée dans Baluxe, Innoc. 11] Epist., tom. I, p. 543 sq.

(9) Sarti, loco citato, p, 313. — Theiner, loco citato, p. 20.

(10) Cette collection a été trouvée à Londres par Theiner (Disquis., p. 129 sqq.), et à Bâle par Hænel (Catal. libror. manuser., Lips. 1530, p. 556).

(11) Elle ne le fut que peu de temps, parce qu'elle était dépourvue de glase. Voÿez Joann. Andr., loco citato, — Quia non diu viguit sua (antiqui Bernardi) compilatio, sed legerat duas primas compilationes, et apostillas dederat super illis.

(12) Tancred., loco cit. Tandem magister Bernardus Compostellanus archi-

ainsi que le recueil de Rainer de Pomposi, elle renfermait diverses décrétales qui n’avaient point été reconnues par la eurie romaine (13), et, conséquemment, n’offraient pas des garanties suffisantes pour faire autorité dans l'école et le forum. Ce fut là le motif qui porta Innocent HT, l’un des plus grands juristes de son temps (14) et surnommé à ce titre Pater juris, à entreprendre la collection dont il confia la rédaction à Pierre Bénévent (15). Elle fut transmise, en 1210, à l’université de Bologne, revétue d’une bulle spéciale. C’était, on le voit, la troisième collection qui paraissait, avec ce titre, sous l'autorité suprême de l'Église.

« Nous vous faisons savoir par les présentes, écrit Inno- « cent aux docteurs et aux étudiants de Bologne, que les « décrétales que notre bien-aimé fils Pierre , sous-diacre, « notaire pontifical, a fidèlement recueillies et rangées sous « leurs véritables titres, se trouvent dans nos Régestes , jus- « qu’à la douzième année de notre règne. Nous avons jugé « convenable de vous les transmettre, revêtues de notre « sceau, afin que vous puissiez vous en servir en toute eer- « titude, dans tous les cas où besoin sera, soit en justice, soit « dans l’école. » |

Toutefois, cette collection n’avait pas comblé une laeune existante dans toutes les compilations adoptées par l'école : l'absence d'une partie notable des lois de l'Église, Cette circonstance inspira à Jean Galensis (16), originaire du pays

diaconus in Romana curia moram faciens aliquantam , de registris domini Innocentii papa unam fecit Decretalium compilationem, quam Bononiæ studentes Romanam compilationem aliquanto tempore vocaverunt.

(13) Voyez Du droit ecclésiastique, dans le tome Il, § 154.

(14) Toutefois il n’avait été professeur de droit canon ni à Paris, comme le prétend Ciacconius, Vite et Gesta Pontif., p. 519, ni à Bologne, comme l’affirme Sarti, loco citato, p, 542. Hurter, loco citato, tom. I, p. 32, note 214.

(15) Elle est imprimée, avec la bulle d’Innocent If qui s’y rapporte, dans Ant. Augustin. Opp., tom. IV, p. 424 sqq. |

(16) Ou Wallensis. Vid. Sarti, loco citato , p. 809. — Theiner, loco citato, p- 23.— La collection est imprimée dans Ant. August, p. 354 sqq.— On trouve cd et là le nom de Vulteranus donné à Jean. Ce nom n'est, selon toute vraisemblance, qu’une corruption de celui de Ultramontanus, — Vid. Theiner, pag. 27.

de Galles, comme l'indique son nom, et professant aussi le droit canonique à Bologne, la pensée de tirer des collections de Gilbert et d'Alain, en les coordonnant d’après le système de Bernard de Pavie, les décrétales qui manquaient au recueil de Collivarinus, et qui formèrent en quelque sorte le point de jonction de ce recueil avec le Breviarium de Bernard, C’est à quoi elles durent les dénominations de Decretales mediæ, ou secundæ, ou Liber secundus (17), qui leur furent données dans l'école. :

Cette collection fut, à son tour , enrichie de gloses, qui sont en grande partie l'ouvrage de Tancréde (18), un des principaux commentateurs de la Compilatio tertia; mais la plupart des canonistes y ont également travaillé (19), notamment Alain (20) et Jean de Galles (21) lui-méme, ainsi que Paul de Hongrie (22), ct peut-étre aussi Laborans d’Espagne (23).

(17) Tancred., loco citato. Post illarum (les décrétales colligées par Pierre de Bénévent) receptionem magister Joannes Galensis decretales omnium apostolicorum , qui præcesserunt Innocentium, de dictis compilationibus Gilberti et Alani extrahens, quandam compilationem ordinavit, quae hodie mediæ sive secundæ Decretales dicuntur.

(18) 11 s’explique lui-même sur les motifs de son travail dans le passage cité, note 17.

(19) Joann. Fav., in Glossa Denuntiatus non sit, ad Cap. Cum non ab homine, 3, Comp. II, de Sent. excomm. (V. 18 ; Greg., cap. 14, eodem V, 39.) — Melend., in Glossa Criminali, ad Cap. Veniens. 2, Comp. III, de Accus. (V. 1; Greg., cap. 15, eod.)— Laurent. in Glossa Uldimam voluntatem, ad Cap. Cum dilectus, Comp. II, de Success. (III, 20; Greg., cap. 3, eod. III, 27.) — Vincent., in Glossa Donec parte, ad Cap. Cum secundum Apostolum, 4, Comp. IJ, de Præb. (III, 5; Greg., cap. 16, eod, III, 5.) — Note 23.

(20) Glossa Si est ita, ad Cap. Pervenit, 2, Comp. Il. Qui filii sunt legitimi (IV, 113; Greg., cap. 11, eod. 1V, 17).

(21) Joann. Andr., Addit., loco citato.

(22) Sarti, loco cilato, p. 310, § 7. — Joann. Andr., loco citato, dit de lui : Qui notabilia secundæ et tertiæ compilationis ordinate collegerat. — Ant. Augustin. loco citato, p. 8, cite également Paul comme glossateur,

(23) 11 ne faut pas le confondre avec le cardinal du même nom (§ 15). Voyez sur cet écrivain Sarti, p. 314, $ 4, Opp., § 191, où on lit : Super quarum compositione (l’œuvre de Pierre de Bénévent) ego laborans Bi (Bernardi; Sarti, p 314; App. Vir) Hispanus in appositione glossularum veniam postulo a lectore. — Glossa Cum execulionem, ad Cap. Pastoralis, 11, Comp. Ill, de Appell. (I, 19; Greg., cap..53, eod. II, 28.)

Mais avec un gouvernement aussi fécond que celui d’Innocent III, dont chaque année enfantait une moyenne de trois cents lettres, le besoin d’une collection nouvelle ne devait pas tarder a se faire sentir. En effet, il en parut une peu après la mort de ce pape, qui renfermait les décrétales des six dernières années de son règne, et, de plus, les décrets du quatrième concile de Latran et quelques lettres plus anciennes du méme pontife. L’auteur de cette compilation est demeuré inconnu. Recue aussitôt par l’université de Bologne, sous le nom de Compilatio quarta (24), elle fut dotée d'une glose très-étendue par Jean Teutonicus (§ 16). Peu d'années après, vraisemblablement en 1226, le pape Honorius III envoya une collection de ses Décrétales à Tancréde, archidiacre de Bologne (25), et, en mème temps, à l'université de Padoue, pour la recommander, ainsi qu'Innocent l'avait fait avant lui pour la collection de Pierre de Bénévent, comme unc œuvre entièrement authentique, et en faciliter la propagation dans l’école et les tribunaux.

Certains auteurs, se méprenant sur le sens de l’envoi des Décrétales d’Honorius à Tancrède, ont pensé que ce dernier avait dù cet honneur à sa position, l'archidiacre de Bologne étant considéré en quelque manière comme le chef de l'école de droit, et que c'était cette circonstance qui constituait le caractère officiel de la promulgation de ces Décrétales (26). À l’appui de cette opinion, ils allèguent la faveur dont ce même archidiacre jouissait auprès d'Honorius, qui avait singulièrement rehaussé l'importance de ce dignitaire, en conférant divers priviléges à Gratia, prédécesseur de Tancrède (27). Mais ce n’est là qu’une hypothèse purement gratuite, et

(24) Vid. Theiner, loco citato, p. 28 sqq. — La collection est imprimée avec la glose de Jean Teutonicus dans Ant. Augustin., Opp., tom. IV, p. 609 sqq.

(25) Cap. Nova, 1, Comp. V, de Constit. (I, 1).—Et tibi sub bulla nostra duximus destinandas : quocirca discretioni tuæ per apostolica scripta mandamus, quatenus eis solenniter publicatis, absque ullo scrupulo dubitationis utaris, et ab aliis recipi facias, tam in judiciis, quam in scholis.

(26) Sari, loco citato, p. Il, p. 36.

(27) Sarti, loco citato, p. 25.

l'on ne doit voir dans l'acte d’Honorius qu'une distinction toute personnelle attachée à Tancréde (28), et non un privilége spécialement accordé à sa dignité, Cela est d'autant plus évident, que la même collection, envoyée également à l’université de Padoue, s’adressait à la fois au maitre et à ses disciples, et que, plus tard, Grégoire IX et Boniface VIIT, transmettant aussi leurs compilations à l’université de Bologne, les adressèrent pareillement aux professeurs et aux élèves, et non à l'archidiacre.

La nouvelle collection, connue dès lors sous le titre de Compilatio quinta (29), se distingue de ses ainées, qui se bornaient au droit canonique, en ce qu'elle renferme aussi quelques lois civiles. Honorius, qui désirait ardemment af franchir le clergé d’une législation ennemie de ses droits et de ses libertés, et de coutumes non moins onéreuses, et voulait aussi affermir, sous tous les rapports, l’indépendanee de l’Église et châtier les hérétiques, dont l’andace toujours croissante ne connaissait presque plus de bornes, avait fait tous ses efforts pour obtenir du roi Frédéric If la promesse d'un énergique appui dans ce sens. En même temps done que le pape promulguait, à la messe pontificale du couronnement de Frédéric (1220), les dispositions qui devaient servir à l’accomplissement de ses projets, le jeune empereur faisait publier diverses constitutions pour seconder la réalisation des vœux du pontife (30). A la demande de celui-ci, Frédérie envoya simultanément ces constitutions à tous les margraves et comtes de son empire, ainsi qu'à l'université de Bologne (31). |

(28) Vid. Savigny, Gesch. des Rôm. Rechts im Mittelalter, Bd. 5, S. 117 u. f.

(29) imprimée d’abord par Innoc. Cironius (Tolos, 1645, fol.), ensuite par P. J. Riegger (Vindob. 1741, 4).—Voyez encore J. A. Riegger, de Colleetione Deeretalium Honorii If, diss. acad. (Opusc. ad histor. et jurispr. pertinent., pag. 221 sqq.). — Theiner, Disquis., p. 29 sqq.

(30) Ord, Raynaldus, Contin. Baron., tom. XII, p. 276. Theiner, loeo cit., p. 30. Voyez encore cap. Noveril, 49, X, de Sent. exc. (V, 39).

(31) Voici en entier le titre de cette constitulion : De statutis et consuetudinibus eontra libertatem Ecclesiæ cditis, et immunitatem locorum religiosorum

La collection d'Honorius, dont on ignore l’auteur, mais qui, en tout cas, n’est certainement pas l’œuvre de Tancréde (32), servit aussi de texte à des cours publics et devint le sujet d’une glose de Jacques d’Albenga (33), plus tard évèque de Faénza. Toutefois, Honorius étant mort pew après la publication de ce recueil, et Grégoire IX, son successeur, ayant annoncé publiquement qu'il songeait à fairé remanier à fond toutes les collections parues jusqu'alors, celles du moins qui avaient été approuvées par le saint:

siége (34), l’école ne s’occupa que médiocrement de cetté dernière compilation.

Maintenant, si l'on comparé entre elles les collections dites anciennes (35), qui comprenaient (36), indépendamment du

ubique morantium et fori privilégio, et Gazaris et Patarenis et aliis hæreticis eorumque successoribus, et navigiis peregrinis et advenis quocunque locorum hospitantibus eoranique suecessorihus, et de agricolatuin securitatibus. On lit dans la lettre à l’université de Bologne (Sarti, loco citato, tom. I, p. 1, p. 106, p. II, p. 60. Savioli , Annali Bolognesi, tom, IIL, p: 11, p. 449) : Ad honorem omäipotentis Dei et Ecclesiæ suæ sanctæ, in die quo de manu sanctissimi Patris nostri H.Shrhmi pontificis suscepimus imperii diadema, per imperialia vobis scripla mandantes, quatenus eas facialis in vestris seribi codicibus, et de ceterd legatis solemniter tanquam perpetuis temporibus valituras. — Voyez encore Savigny, loco citato, vol. III, § 193, p. 522; $ 196, p. 532.

(32) Vid. Riegger, loco citato, § 5, p. 229. — Theiner, loco citato, p. 32. — On a voulu voir dans Honorius luiimême l'auteur de la compilation, ce qui en soi n’est pas impossible, vu les nombreux travatix scientifiqtes de ce pape. Voyez Riegger; § 6, p. 234, et § 22, p. 252, où sont cités une foule d'ouvrages qui reproduisent des décrétalès d’Hotiorius [1]. — Vid. Lud. Jac. a S. Catolo (§ 182, fiote 1), lib. 1; p. 112 sq. Supra § 11, note 35.

(83) Vid: Sardi; loco éitato, p. 330.

(34) Joann. Andr., loco citato : Est autem sciendum,; quod Gregorius 1x successit immediate Honorio tertio , quo creato statim fuit fatna, quod compilationem, qua utimur, facere intendebat : itaque prædicti antiqui non curarunt Honorianas glossare et merito : quia multe ex illis omisse vel resétatæ fuerunt.

(35) Jean Andrée désigné les glossdteurs d'avant la compilation de Grégoire 1X sous la dénomination d’antiqui, de même que l’on donne généralement à cette époque celle de tempus antiquum. — Vid. Diplovatacci, Güil. Naso, dans Sarti, loco citato, App., p. 262.

(86) Les autres collections, bien que non recuès par l’école, n'en sont pas moins d'une grande importance pour la critique sciétilifique: De cé ioinbrè est

Décret de Gratien, tous les matériaux constitutifs du droit canon, il est facile de voir que le Breviarium de Bernard de Pavie est la base de toutes ces compilations, et que les quatre dernières ne sont en quelque sorte que des suppléments de celle-là (37). Les auteurs de ces œuvres complémentaires, dans chacune des trois collections qui suivent de plus près le Breviarium, ont ajouté différents titres nouveaux aux chapitres contenus dans le recueil de Bernard et ont pris le Codex pour guide dans toutes ces innovations. C’est ainsi,

par exemple, que la seconde compilation a intercalé le titre de Dilationibus (38) ; la troisième, celui De novi operis nuntiatione (39), et que la quatrième inscrit en tête de ses cha-

pitres celui de Fide catholicä (40), et ajoute, au titre de

Haæreticis, cette addition empruntée au Codex : Et mani-

chæis (41). La cinquième compilation ne renferme aucun

titre nouveau, et les collections subséquentes, même la col-

lection grégorienne, n'avaient presque plus rien à faire à cet

égard (§ 20).

Le tableau suivant fera connaitre tout l’ensemble du système qui sert de base aux cinq compilations et les rattache originairement au droit romain, il indique en même temps les divers rapports que ces collections ont entre elles, et

spécialement celle qui est imprimée dans Baluze, Miscell. ed. Mansi (tom. II, col. 367 sqq.). — Vid. note suivante.

(37) La bibliothèque royale de Munich possède un manuscrit du Breviarium de Bernard de Pavie (Cod. Monach. August. 2; Cod. lat. 8302), auquel sont annexées, sous forme de supplément, sans ordre systématique ni chronologique, cent neuf décrétales des papes Alexandre III, Lucius III, Urbain Wi, Grégoire VIII, Clément III, Célestin IIL et Innocent ILI, La série est ouverte par la décrétale : Ex rescriplo literarum (v. Cap. 1,X, de Locat. et cond. III, 18), attribuée à Lucius 111, mais émanée en réalité de Clément II (vid. Sarti, Preefat., p. xxv). Toutes ces décrétales, autant que la collation que j’en ai faite m’a permis d’en juger, sont, à l'exception du chap. Zntelleximus (7, X, de Judic.), qui est répété de la Comp. I, cap. 9, celles qui se retrouvent dans les Comp. Il, III et IV.

(38) Comp. I, lib. 1, tit. 4.

(39) Comp. III, lib. IN, tit. 15.

(40) Comp. 1V, lib. I, tit. 1.

(41) Comp. IV, lib. V, tif. 5.

comment, toutes ensemble, elles ont servi à former la collection grégorienne (42).

(42) Nous n’avons tenu compte des divergences existantes dans les titres des Comp. II-V, que lorsqu’il nous a paru indispensable de le faire, Les mots placés entre parenthèses sont ceux qui ont été omis dans la collection grégorienne.

160 DU DROFT ECCLÉSIASTIQUEs

TABLEAU SYNOPTIQUE des cing collections anciennes, soit avec la collection grégorienne, au point de vue des

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