‹ Du droit ecclésiastique dans ses sourcesChapitre 9 sur 114 · I. Celsa terribili Codex qui sede locaris · texte numérisé non relu

I. Celsa terribili Codex qui sede locaris

Quis tu es? R. Vitalis ordo. I. Quod inest tibi nomen?

R. Cœlestis dicor sanctorum regula voce.

La collection se divise, comme celle de Denys, en deux sections principales : les décrets des conciles et les décrétales. L’avant-propos est celui que nous avons mentionné plus haut (43). Nous n’examinerons pas si la dernière partie, qui renferme une dissertation sur le mot Canon, ne serait pas simplement, selon l’opinion de certains savants, une addition postérieurement empruntée aux Étymologies d’Isidore (44). C’est la une question dont nous croyons pouvoir nous dispenser de nous occuper.

Les décrets des conciles ne sont point dans cette collection, comme dans celle de Denys, précédés par les Canones Apostolorum, et sont, dans l'ouvrage imprimé, au nombre de soixante-dix; originairement ils n’allaient guère qu’à quarante (45). Ils sont distribués en quatre classes, d'après les pays auxquels ils doivent leur origine : Græcorum, Africæ, Galliæ et Hispaniæ concilia. Le compilateur ici n’a rien emprunté à Denys, et s’en est tenu à l’ancienne tradition, adoptée déjà de son temps en Espagne (46). Des synodes grecs y figurent dans l’ordre suivant : conciles de Nicée, d’Ancyre, de Néocésarée, de Gangra et de Sardique ; ce dernier est reproduit d’après l'original latin; puis viennent ceux d’Antioche et de Laodicée, le premier concile de Constantinople, le troisième du même nom, désigné comme le second de l'année 680, sous le titre de concile d’Ephise, les deux lettres de saint Cyrille à Nestorius (47), enfin, le concile de Chalcédoine, suivi des Formata d’Athius (48). Les conciles d’Afrique, qui ne viennent pas non plus de Denys,

(42) V. ci-dessus § 1, n. 5. :

(44) Arevalo, loco citato, cap, 91, n. 16, p. 163. — Can. Canon. 1. Can. Regula, 2, D. 3. Can. Canones, 1, § Synodus, 7, D. 15.

(45) Vid, Can. Canones, 1, D. 16.

(46) Vid. Ballerini, loco citato, cap. 4, $ 2, n. 5, p. 504, qui donne le dénombrement de quarante-cing doenments, y compris le deuxième concile d’Espagne et le quatrième concile de ‘Toléde.

(47) Ballerini, loco citato, § 1, n. 2, p. 501.

(48) Vid. Ballerini, loco citato, § 2, n. 5, p. 504. Ces documents sont passés de la collection espagnole dans celle de Denys. Vid. § 5, n. 37.

SOURCES DU DROIT ECCLESIASTIQUE. 4t

sont nominalement sept conciles de Carthage; nous disons nominalement, attendu que le quatrième n’est autre chose que le document qui figure dans les collections gauloises sous le titre de Statuta Ecclesiæ antique (49). Le septième (sixième) concile de Carthage est suivi des deux synodes de Milève (402) et de Télepte (408). La troisième catégorie contient seize conciles des Gaules (50), et la quatrième trente-six conciles d’Espagne (51).

La seconde section se compose, selon les diverses supputations (52), de cent deux ou de cent trois décrétales de vingt papes. De ce nombre sont toutes les lettres papales que le compilateur a trouvées dans Denys. La plus ancienne décrétale est de Damase; la plus récente, de Grégoire le Grand (599). A la fin est une décrétale du pape Hormisdas (53). Telle est cette collection dans son ensemble le plus complet; c’est sous cette forme qu’elle a reçu d’Alexandre III le titre de Corpus authenticum (54).

(49) Wasserschleben, Vorgratianische Rechtsquellen, S. 9, conjecture, non sans fondement, que ces Séatuts sont eux-mêmes d’origine espagnole, et doivent être attribués à un concile’ de Valence, dans la province de Carthagèhe. Voy. encore Lebeuf, Où Pon a commencé dans l'Église à former un corps des canons (Histoire de’ l’Académie royale des inscriptions et belles-lettres, t. XVIII, p. 354 et suiv.). — Richter, Kirchenrecht, § 68, note 10, Supplément, S. 40.

(50) Savoir : les conciles d’Arles (314, 443, 524), de Valence (374), de Turin (401), de Riez (439), d'Orange (441), de Vaison (442, 529), d’Agde (506), d'Or- Léans (511, 533), d’Epône (517), de Carpentras (527), et d'Auvergne (535, 549). Entre ces deux derniers conciles se trouve intercalée une lettre du premier à Théodoric, roi d’Austrasie.

(51) Cette catégorie commence par le synode d’Elvire ; puis viennent les conciles de Tarragone (516), de Girone (518), de Saragosse (581, 592, 691), de Lérida (523), de Valladolid (524), de Tolède (398, 531, 589, 633, 636, 638, 646, 653, 655, 656, 675, 681, 683, 684, 688, 693, 694), de Brague (561, 572, 675), de Séville (590, 618), de Barcelone (540, 599), de Narbonne (589), de Huesca (598), d’Egara (614) et de Mérida (666). —{Voy., sur le dix-huitième concile de

Tolède (704), De la Serna, n.82, p. 56; et sur les conciles de cenomengé- *

néral, Flores, España sagrada, t. VI, p. 50°

(52) Vid. Ballerini, loco citato, n. 6, p. 508, XXV, et p. 511.

(53) Can. Sancta Romana, 3, D. 15. V. plns haut, § 1.

(54) Innoc. ITI P., Epist., lib. 1, ep. 121. V. Ballerini, loco citato, § 4, n. 12, p. 515, cap. 6; $ 4, n. 14, p. 541.

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