CHAPITRE III
RrS
Avant d'entrer complétement dans notre sujet, nous dirons quelques mots de la méthode hypodermique au point de vuë, de 5 l'absorption sous- cutanée. et des inconvénients de cette méthode,
Tous les auteurs admettent l’absorption par le tissu cellulaire ; elle est constante, régulière ets ‘opère avec. une très-2rande rapi dité, moindre pourtant que l'absorption par la muqueuse respiratoire ou par les veines (injection intra-veineuse).
.Felle.est la règle zénérale: Mais il est des circonsianees dans lesquelles l'absorption est modifiée, C’est ainsi que des substances médicamenteuses introduites sous la peau. peuvent, par leur action locale, déterminer des.accidents inflammatoires qui viennent troubler les effets thérapeutiques et physiologiques, ou même les supprimer, en mettant obstacle à l'absorption. Ce dernier résultat est quelquefois recherché ; ; par exemple, lorsque dans la pustule maligne.on essaie.dle circonscrire le siége primitif de la maladie, à l’aide d’injections périphériques iodées.
L'absorption du tissu cellulaire est incontestée ; il reste à FR rer de quelle manière elle s’effectue. Ici, nous nous trouvons en présence de plusieurs opinions ; absorption par les, veines, par les,capillaires, par les lymphatiques, diffusion, etc. Nous croyons que..dans l'état actuel.denos. connaissances, -on doive admettre que l'absorption dans.le tissu çellulaire sous-cutané se fait surtout par - V'intermédiaire du: système lymphatique ; et, à l'appui de .çette
ARTE R opinion, nous ne saurions invoquer de meilleur témoignage que celui de M. Ranvier.
« Les fibres et les membranes dont est formé le tissu conjonctif constituent, dit-il, un système .continu à lui-même dans tout l'organisme, en sillonnant et en cloisonnant en divers sens un vaste réservoir dont toutes les cavités communiquent entre elles. En font aussi bien partie les grandes cavités séreuses que les. interstices du tissu conjonctif lâche. Ce réservoir appartient au système lymphatique, et dans toutes ses parties il contient des éléments de la lymphe. La communication directe des grandes cavités séreuses avec les vaisseaux lymphatiques est un fait définitivement acquis à la science ; on discute encore aujourd’hui
l’origine des vaisseaux lymphatiques dans les mailles du tissu
conjonctif lâche ; mais, à propos du système lymphatique, nous exposerons une série de faits qui tendent à prouver qu’ils prennent réellement leur origine dans les interstices de ce tissu. »
Parmi les reproches que l’on adresse aux injections sous-cutanées, il y a ceux de procurer de la douleur et des abcès.
Il y aura des inconvénients : 1° si l’on se sert d’un liquide irritant, où bien encore si le liquide est saturé et que, l'injection faite, il laisse déposer des cristaux; 2 si la seringue n’est pas complétement amorcée ; 3 si la canule n’est pas propre; 4°si l'injection n’est pas faite dans le tissu cellulaire ; et enfin, si, au lieu de pousser progressivement le piston de la seringue, on fait
brusquement l'injection. Dans ce dernier cas, le tissu cellulaire,
n'ayant pas le temps de se distendre progressivement, se déchire : de là des abcès. | Si avec le fer dialysé on prend les précautions ordinaires pour faire une injection hypodermique, on n’a aucun accident à redouter. Injecté aux doses de 5, 10, 15 gouttes, il n’y a pas de douleur si l'injection est bien hypodermique, tandis qu’il y a de la douleur si la peau est intéressée. L’absorption se fait facilement : il reste
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une petite tache noirâtre et une nodosité qui disparaissent en
quelques jours.
On ne doit faire que des injections de 10 à 15 gouttes tout au plus au même endroit, sans quoi la grande quantité de liquide peut produire des accidents qui d'ailleurs se produisent avec l’eau
pure.
Les expériences suivantes prouvent ce que nous avançons.
Première expérience k
Nous avons injecté à un ‘lapin 5 gouttes de fer dialysé en une seule piqûre. -Huit jours après, il ne reste plus qu'une tache noirâtre;
quinze jours après, plus de trace.
Avec 10 gouttes, même résultat ; seulement la disparition de la
tache se fait un peu plus attendre.
Deuxième expérience
Le même jour et à la même heure, nous avons fait les injections
suivantes de fer dialysé à trois lapins d’ ‘égale grosseur.
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et nous les mettons en liberté.
. Le lendemain, rien d’anormal ne se manifeste au niveau des
piqûres des deux premiers, si ce n’est une tache noirâtre.
Le troisième, qui n’a eu qu'une seule piqûre, présente un cercle
rouge autour de la tache noirâtre à l'endroit de la piqûre.
Le deuxième jour, rien d’anormal pour les deux premiers ; pour