‹ Du foie infectieuxChapitre 39 sur 50 · TRAITEMENT · texte numérisé non relu

TRAITEMENT

Tout homme ayant eu dans ses antécédents héréditaires un hépatique, ou ayant lui-même eu la jaunisse (Hanot) est un hépatique.

L'hérédité des affections hépatiques est commune.

L'arthritisme semble y prédisposer ainsi que la goutte. L'excès des boissons, leur qualité joints à l'infection, créent les hépatites et les cirrhoses.

Le premier conseil à donner à un héréditaire, est d'éviter avec soin toutes les causes qui pourraient porter atteinte à l'intégrité de son foie. Le second point capital est, s'il est sous le coup d'une infection, de faire une antisepsie rigoureuse de ses voies digestives.

Dans cet état de prédisposition héréditaire ou individuelle, il n'y a encore qu'un état dynamique de la cellule (Hanot), facile à modifier.

Mais chez un hépatique en puissance, qui a déjà eu un ictère, la lésion chimique succède à l'altération dynamique et fera elle-même bientôt place à la lésion anatomique.

Contre la lésion chimique, le régime est des plus importants. Pour éviter la lésion anatomique, l'antisepsie seule peut agir.

Du régime chez les hépatiques.

La cellule hépatique faisant des matériaux albuminoïdes, il faut l'aider en lui apportant les aliments les plus capables d'augmenter ces albuminoïdes.

Il faut donc nourrir les hépatiques pour lutter contre la déperdition albuminoïde (Hanot).

D'autre part, tout foie malade se surchargeant de graisse, celle-ci doit être bannie de l'alimentation.

En troisième lieu, la cellule étant altérée et ne modifiant plus les poisons, la bile ne luttant plus contre les fermentations intestinales, il faut éviter les aliments à putréfaction facile ou riches en ptomaïnes et ceux qui -développent des fermentations et des gaz.

Enfin, la potasse étant un poison pour la cellule et la vitalité de celte dernière exigeant un milieu alcalin, il faudra bannir les aliments riches en potasse et les acides (Hanot).

En résumé, il faut, comme le dit Dujardin-Beaumetz :

1° Restreindre les sources (T intoxication.

2° Aiigmetiter le pouvoir glycogène pour favoriser la destruction des poisons.

Les viandes gélatineuses, les viandes blanches : porc, veau, poulet, conviendront le mieux.

Elles seront prises de préférence rôties ou braisées.

Les ragoûts, les poissons, les crustacés et le gibier seront défendus.

Le lait, les œufs, les légumes verts cuits peu riches en acides urique ou oxalique, les fruits non acides et les compotes compléteront, avec le sucre, l'alimentation.

Pour faciliter le rejet des poisons, le vin blanc, coupé d'une eau alcaline, devra être la boisson préférée.

Enfin, comme toute fatigue, tout surmenage entraînent l'augmentation des combustions organiques et des résidus, en même temps qu'ils troublent les fonctions d'assimilation, il faudra les éviter aux hépatiques.

Thérapeutique du foie infectieux.

Si le foie est malade, que la cellule fonctionne mal, il faut favoriser la destruction des poisons.

Comme l'infection hépatique est, dans la presque totalité des cas, d'origine intestinale : V antisepsie intestinale, telle que la pratique le professeur Bouchard et que l'a indiquée, dans ses Leçons de thérapeutique, mou maître Dujardin- Beaumetz, doit être appliquée rigoureusement. La méthode de mon maître Ilanot est riche en résultats heureux.

Le calomel (ce quinquina, cette digitale du foie, Hanot), en est la base. L'hépatique prend tous les matins à jeun, pendant huit jours, une dose de 1 à 2 centigrammes de calomel. 11 se repose huit jours et continue ainsi pendant quelques semaines, selon la gravité de la maladie et l'amélioration produite. L'intoxication mercurielle est rare à la suite de ce traitement.

M. Hanot y joint le salol, à la dose de 1 à 2 grammes par jour, qu'il donne par moitié avant les repas.

Pour augmenter l'alcalinité du milieu hépatique, l'eau de Vichy (Grande Grille) est prise à jeun ou aux repas, à ■doses modérées. L'activité de cette eau nécessite un emploi prudent, il est bon de n'en pas prendre plus de deux à trois verres par jour et, au bout de huit jours, de se reposer pendant une semaine au moins. Le traitement thermal, mieux réglé, est préférable ; le traitement à domicile par l'eau de Vichy ne doit pas dépasser deux mois en général.

Une médication tonique, variable selon l'état des malades, s'ajoute aux moyens précédents. L'hydrothérapie tiède ou froide, les frictions, sont les éléments de cette médication.

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