PAR DES ASSOCIATIONS MORBIDES
S'il fallait passer en revue toutes les associations morbides qui viennent s'ajouter au foie infectieux, il faudrait étudier en détail l’anatomie pathologique de toutes les hépatites et les cirrhoses.
De toutes ces associations cependant on peut dire qu'il en est quelques-unes, telles par exemple que : la fuberculose, le cancer, la syphilis, l'alcoolisme, Vadénome, les troubles pulmonaires ou cardiaques, la lithiase biliaire, les suppurations, ele., etc., qui donnent au foie un aspect qui s'éloigne de celui du foie infectieux et qu'il est intéressant de connaître pour
grouper les affections du foie.
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Il est aussi toute une série d’hépatiles interstitielles et de cirrhoses graisseuses qui tirent de l'étude du foie infectieux une comprehension beaucoup plus simple.
Enfin, combien la question s’embrouille-t-elle encore quand sur le mème foie, on retrouve des altérations d’origine : infectieuse, cardiaque, alcoolique, tuberculeuse, syphltique, unies à la thiase biliaire où à la suppuration ! C'est pourquoi je ne m’étendrai pas plus longuement sur les associations morbides du foie infectieux, avant d’avoir étudié dans la troisième partie : le foie infectieux dans les hépatites et les cir-
hoses, foie que j'ai appelé : fote enfectant.
J'ai dit en parlant de l'hépatite infectieuse aiquë, que les signes de cette affection passaient le plus souvent inapercus : forme latente, ou bien que les signes d’une 2nsu/ffisance hépatique ou de lictère grave mettaient en relief la maladie hépatique. Enfin j'ai mentionné la possibilité d'une forme seplicémique et d'une forme purulente, dont l'une se rencontre surtout dans les cachexies cancéreuses et quelques affections chirurgicales, et l'autre dans l'infection purulente, les pyléphlébites par ulcération intestinale et la lithiase biliaire.
La cerrhose capillaire, trabéculaire, infectieuse se présente au contraire avec un ensemble de symptômes qui, se retrouvant dans l'ensemble des signes des autres maladies hépatiques, acquièrent lorsqu'ils sont groupés une valeur pathognomonique.
Etiologie. — La cirrhose infectieuse est de tous les âges,
l'adulte est cependant celui chez lequel on la rencontre surtout. Car l’enfant la garde en puissance, le vieillard l’a souvent latente et l'adulte la détermine et la provoque par ses écarts de régime et les intoxications nombreuses auxquelles il est soumis.
Elle est aussi fréquente chez l'homme que chez la femme : celle-ci, entrant, le plus souvent, dans l'infection par la voie génitale, tandis que celui-là y aide par la voie gastro-intestinale. L'enfant sous ce rapport tient de l’homme par la voie digestive et s’infecte plus rarement par la voie cutanée ou pulmonaire. Après une maladie infectieuse datant de quelques mois ou de quelques années un adulte entre trente et quarante-cinq ans, qui en apparence est revenu à la plus parfaite santé ou bien a conservé quelques troubles gastro-intestinaux ou de l’affaiblissement progressif, voit survenir à l’occasion d'excès ou sans cause apparente les phénomènes suivants :
Il se fatigue à la moindre cause, il maigrit, devient triste et inquiet. Les digestions se font mal. Son appétit est faible, irrégulier, il a du dégoût pour la viande, des alternatives de constipation et de diarrhée, des selles fétides et décolorées, des vomissements répétés. Ses traits sont tirés, sa figure est pâle, sa peau sèche, exsangue ; il se plaint d’un prurit incommode et à force de se gratter il est rempli d’écorchures auxquelles viennent s'ajouter de l’urticaire, des éruptions cutanées multiples. Des douleurs vagues le tourmentent : il souffre des lombes, de l'abdomen, des cuisses, entre les épaules. La nuit il ne peut dormir; s'il n'a pas de cauchemars, l’insomnie le tracasse.
Il souffre de partout et ne saurait dire où il a mal.
On le soigne, il prend des toniques pour lutter contre
l’asthénie et le mal s'aggrave. La face devient de plus en plus jaunâtre, terreuse, cireuse même; les pommettes violacées contrastent avec le reste du visage. Le nez est effilé, pincé, les paupières transparentes et les veux expriment la torpeur.
L'amaigrissement et la faiblesse augmentent. Le moindre mouvement provoque des palpitations et de la dyspnée. Cependant le malade va et vient et en se mouchant il a du sang dans son mouchoir. Il s’effraye et sa frayeur augmente la première fois qu’il a brusquement un saignement de nez abondant ou un vomissement teinté de sang.
À mesure que la maladie progresse la douleur tend à se fixer vers la région hépatique. C’est à ce moment que le malade vient se faire examiner. Au premier abord c’est un cachectique que l'on à devant les veux, mais le ballonnement du ventre et l’état terreux de la face, comme infiltré, font penser à la cachexie rénale. En cherchant avec soin on trouve un léger œdeme d’un pied ou d’une main, quelquefois des bourses ou bien une légère hydrocèle. Le malade dit lui-même que cette enflure va et vient. |
L'examen des urines est négatif au point de vue de l'albuminurie, mais elles sont rares, foncées, rougeûtres et l'acide nitrique y montre la réaction des pigments biliaires. L'analyse spectroscopique et chimique confirme la présence de l’urobiline. L’urée est diminuée, l'acide urique et les urates augmentés.
La constatation de l’urobilinurie fait, si on n'y a pas songé auparavant, qu'on examine le foie, qui est généralement hypertrophié et dépasse de trois à quatre travers de doigt le
rebord des fausses côtes. On trouve également parfois un peu
Le AT d’ascite et quelques veines sous-cutanées, mais cela surtout si le foie est petit.
L'examen des autres organes est négatif ou bien la rate est trouvée grosse, la langue est sèche, rouge, fuligineuse, le pharynx variqueux, l'estomac dilaté. On perçoit des souffles au cœur, 11 y à de la bronchite, de la pleurésie à la base droite ou aux deux, quelquefois un sommet suspect.
Les membres sont œdématiés, et quelques petites taches de purpura sont découvertes.
La fièvre ne tarde pas à apparaître, très modérée, entre 38° et 39,5, tout au plus. Le soir d’abord, puis soir et matin. L'amaigrissement augmente encore, l’œdème gagne, il survient des hallucinations visuelles, de la jactitation, de la stupeur, de la trémulation du corps, de la carphologie et du délire.
Si, comme le disent Blocq et Gillet : « le malade amaigri, aux veux caves, reprend un instant ses sens, il vous répond qu'il va bien et qu’il ne souffre nulle part, ou bien il annonce sa fin prochaine ».
Des hémorrhagies se produisent par voie gastrique et intestinale, le moindre toucher provoque des ecchymoses sous-cutanées. Le malade à de plus en plus l'aspect d'un septicémique.
Il s'éteint alors lentement dans le coma, dans la prostration entrecoupée de délire, ou bien une bronchite, une pleurésie, une congestion pulmonaire l’enlèvent rapidement, à moins que la tuberculose ne termine la scène.
Tel est l'aspect de la cérhose infectieuse qui peut varier dans ses modalités, mais garde toujours des symptômes fixes.
Sa durée varie entre deux à six mois, tandis que l'hépatite
infectieuse peut tuer en deux à trois jours.