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La bronchite persiste toujours. L’ascite a diminué

La circulation collatérale n’est plus appréciable.

Le bord inférieur du foie déborde les fausses côtes de trois travers de doigt.

1e mars. — La bronchite a presque complètement disparu. L’ascite a été régulièrement en diminuant, ainsi que le tympanisme, et le foie est devenu appréciable sur une plus grande étendue. Il est lisse, et son bord inférieur atteint l'ombilic. Au-dessous de son bord, on sent des frottements de péritonite sèche, au niveau de la vésicule et au niveau de la rale.

11. — Le malade . quitte l'hôpital réellement amélioré. L’ascite a presque complètement disparu. Le foie reste gros. Les signes de bronchite n'existent plus. L'état général reste le même que lors de l'entrée du malade à l'hôpital : l’amaigrissement est toujours assez prononcé. Il n'y a ni leinte terreuse, ni aspect cachectique.

30. — Le malade revient consulter; l'amélioration a persisté.

Les quelques observations relatées plus haut résument à peu près les caractères des deux principaux types de foie infectieux. Les lésions peuvent n'être pas toujours aussi simples et les variétés être des plus nombreuses, le foie peut être atrophié ou hypertropbié, de consistance molle ou ferme, de couleur variable : il n’en existe pas moins deux formes

essentielles.

Cirrhose capillaire, trabéculaire, infectieuse, embryonnaire.

Le foie présente un volume moyen, quelquefois mème il est atrophié. Son poids varie entre 1000 à 3000 grammes. Les contours ne changent pas de mème que ses bords. Les diamètres sont en moyenne de 20 centimètres pour le transversal, 14 centimètres pour l’antéro-postérieur et 6 centimètres pour le vertical. La surface est quelquefois ridée, elle est gris rosé ou franchement rouge, avec stries et bandes violacées (PI. V, a), taches lie de vin ou ecchymotiques siégeant surtout vers la partie convexe et la face supérieure (PI. V, à) du lobe droit. — Ce qui est constant, c'est la plaque infectieuse et surtout la granulation infectieuse : les plaques de la dimension d’une pièce de 20 centimes à une pièce de 2 francs, sont plus ou moins circulaires, régulières ou irrégulières, oblongues, ovales. Quelquelois elles forment une sorte de réseau entourant des parties colorées en rouge et

offrant l'aspect du foie noix de muscade, Ces plaques (PI. V,

€, ©, c) sont jaune rosé, plus fréquemment d'un blanc gris sale. Les granulations infectieuses siègent principalement à la face convexe et antérieure (PI. V, 4, d) du foie, elles ont la même couleur que les plaques et leurs dimensions varient d'une tête d’épingle à un pois. Elles sont rarement complètement dessinées et ne font qu'une saillie très légère, que le doigt promené à la surface ne perçoit pas toujours. Ces granulations ne sont pas énucléables. Elles sont constituées microscopiquement, de mème que les plaques, par des zones de dilatations capillaires avec infiltration de cellules embryonnaires et dégénérescence graisseuse des cellules. Le tissu qui les environne représente, au contraire, des zones de dilatation et de congestion sanguines portale et artérielle. A la coupe, le foie infectieux embryonnaire est peu dur et montre des tractus rougeàätres ou gris jaunâtre entourant des granulations jaunâtres, dont quelques-unes ont un orifice à peine visible au centre. — La vésicule biliaire contient une bile claire et peu abondante.

Histologiquement, à un faible grossissement, on trouve l'aspect d'une cirrhose insulaire où annulaire, toujours monolobulaire et intralobularre. Les travées de sclérose plus ou moins épaisses, circonscrivent généralement un lobule et quelquefois deux ou trois. Le lobule est clair à la périphérie, plus foncé au centre, quelquefois clair dans toute son étendue et ne présentant pas de veine centrale.

A up plus fort grossissement : les espaces portes très élargis et les travées de sclérose apparaissent remplis de cellules embryonnaires. Dans l’espace porte, ces cellules infiltrent les parois de l'artère et de la veine qu’elles épaississent. La

veine est atteinte d’endo-périphlébite avec dilatation et

thrombus de globules rouges et blancs. L'artère présente de la péri-artérite et par places une légère desquamation endothéliale. Le canal biliaire est atteint de péri-angiocholite ou simplement de catarrhe biliaire.

On ne peut pas dire en quel point l'infiltration embryonnaire prédomine. Les espaces Ilymphatiques sont completement infiltrés, mais néanmoins les cellules embryonnaires semblent provenir des capillaires des espaces et des travées. Elles envahissent, en effet, en masse les lobules en suivant ces capillaires, dont elles comblent la lumière dans la région périphérique du lobule, elles diminuent vers la partie moyenne pour devenir plus abondantes vers la partie centrale. Les capillaires qui les contiennent, dans les points où la dégénérescence parenchymateuse n’est pas complète, ont leurs parois très épaissies et forment un véritable réticulum constituant une crhose capillaire, trabéculaire, mono-cellulaire, comme le montrent les planches (PI. Il et VE 6). Cette cirrhose capillaire est caractéristique du foie infectieux. elle réunit le tissu scléreux portal à la veine centrale. Cette veine n’est plus visible dans la majorité des lobules, elle disparaît étouffée par la dégénérescence graisseuse et l'infiltration embryonnaire. Quand elle est visible, elle est atteinte d'endo et périphlébite, thrombosée et entourée de cellules vitreuses ou hyalines.

Les cellules de la périphérie du lobule sont totalement transformées en graisse, on ne voit que vésicules adipeuses, noyaux et cellules embryonnaires. La région moyenne contient encore quelques cellules en tuméfaction trouble ou hyaline à contours à peine distincts et surchargées de

‘ noyaux. Le centre du lobule est surtout le siège de l'infil-

tration embryonnaire, la graisse y étant plus rare. Disséminés dans tout le lobule, se rencontrent des nodules infectieux embryonnaires. Les foyers de nécrose fragmentaire ou de coagulation sont rares dans celte forme, de mème que la production des néo-canalicules. Ce qui domine c’est d’une part, la capillarite avec infiltration embryonnaire, et d'autre

part, la dégénérescence qgraisseuse (PT. IV).

Cirrhose capillaire, trabéculaire, infectieuse, biliaire.

L'aspect du foie dans cette cirrhose est différent de la précédente. Le volume en est plus considérable, le poids est rarement inférieur à 2000 ou 3000 grammes. Les bords sont mousses, arrondis. La consistance est ferme, dure. Les diamètres sont plus considérables et dépassent 20 centimètres, 19 et 8 centimètres pour les dimensions transversales, antéro-postérieures et verticales. Il existe souvent de la péri-hépatite. La surface est granuleuse, les granulations sont très irrégulières et ont les mêmes dimensions que celles du foie embryonnaire, elles font plus de saillie et se détachent en jaune chamoiïs ou jaune rougeâtre sur un fond vert foncé. A la coupe, ces granulations sont entourées d'épaisses bandes d’un lissu gris jaunâtre ou colorées en vert par la bile. Les canaux biliaires ne sont pas dilatés, de même que les vaisseaux : la coupe est exsangue. La bile est visqueuse, épaisse, très colorée, variable en quantité. Souvent il existe de l’acholie pigmentaire.

Histologiquement, les travées de sclérose déterminent une cirrhose annulaire, uni-multilobulaire, toujours intralobu-

laire. Cette sclérose ne segmente pas le lobule en quartiers,

ie

elle ne fait pas dans sa période confirmée de sclérose capillaire aussi distincte, elle aboutit souvent à la nécrose et tend quelquefois vers la #ansformation nodulaire.

Aussi, à un faible grossissement, le lobule ou le fragment de lobule présente un anneau scléreux et au centre une désintégration complète du parenchyme. Dans les parties intermédiaires au centre et à la périphérie, les cellules sont en dégénérescence granulo-graisseuse et mélangées de quelques cellules embryonnaires.

Ce qu’il y a de plus particulier, c’est l’épaississement des travées de sclérose, causé par la présence d’une quantilé considérable de néo-canalicules biliaires. La quantité en est telle que tous les autres organes ont disparu. En certains points seulement, on aperçoit une veine porte dilatée ou une artère dont les endothéliums ont subi la dégénérescence granulo-graisseuse. Quant à la veine centrale, elle a complètement disparu.

Ces néo-canalicules ont une paroi tapissée de cellules petites, rappelant, à s'y méprendre, des cellules embryonnaires. Il semble que, ainsi que cela se voit sur certaines coupes. les cellules embryonnaires ont fait éclater par leur abondance Ja paroi du canal biliaire, qu’elles se sont infiltrées en boyaux (PI. VIT, a) dans le tissu conjonctif jeune et qu'ensuite ces boyaux se sont divisés, suivant des directions différentes (PI. VII, 6). Qu'en dernier lieu enfin, la bile se frayant un passage, a repoussé les cellules de chaque côté et s’est établi ainsi un conduit.

Dans cette cirrhose, les cellules embryonnaires environnent les canalicules biliaires et de 1à vont infiltrer les

parties avoisinantes et faire de nouveaux canalicules biliaires

entre les cellules hépatiques, prenant la place de ces dernières plus où moins détruites. Cette destruction des cellules semble être le résultat de la compression des capillaires par les cellules embryonnaires des canalicules. lei, la capéllarite se fait dans l’espace porte lui-même, d’où manque de nutrilion du canal biliaire, rupture de sa paroi et prolifération canaliculaire par irruption inter-conjonctive et inter-cellulaire. Consécutivement, cette infiltration réagit sur le capillaire pour le comprimer.

Ainsi s'expliquent cette dégénérescence granulo-graisseuse périphérique et cette nécrose totale centrale qui fait disparaître la veine sus-hépatique, comme l'infiltration granulo-graisseuse fait disparaître les capillaires. La transformation nodulaire ne se voit que sur les lobules ou fragments

de lobules peu altérés.

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