DE LA VOIE SUIVIE PAR L'INFECTION
Dupré, au sujet des infections biliaires, a étudié les voies d'infections : ce sont les mêmes pour les infections hépatiques. Le lieu d’origine de l'infection n’est pas moins important à considérer. Les sources de linfection hépatique peuvent provenir du dehors par l'intermédiaire de la peau et du poumon, ou du dedans, par communication avec l'intestin.
L'infection exogène : a sous-cutanée : se fait par le système veineux général (capillaires cutanés) ou par le système lymphatique : c’est le mode d’action générale propre aux affections
chirurgicales, aux septicémies puerpérales.
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b) pulmonaire : est la conséquence d’affections pleurobroncho-pulmonaires qui, par l'intermédiaire de la circulation générale, retentissent sur le foie en l’infectant (artérite et péri-artérite); en même temps qu’elles le rendent moins résistant en le congestionnant par l'intermédiaire des veines sus-hépatiques. Le reñux sus-hépatique est la conséquence d'une asthénie cardiaque toujours présente dans les infections. Ce qui explique la dilatation et l'infection sus-hépatique presque constante dans toutes les infections et leur retentissement habituel sur le foie.
L'infection endogène : est aussi souvent loxique que microbienne, elle est de beaucoup la plus importante et nous l'avons vue figurer sur toutes ou presque toutes nos coupes par sa localisation portale. Cette infection se fait par l’éntesten.
Cette infection intestinale, on l’a envisagée jusqu’à présent surtout dans ses rapports de contiguité et les infections biliaires ne seraient qu'un cas particulier des infections intestinales. Le problème est plus complexe et quatre voies mènent de l'intestin au foie :
1° Voie détournée : les lymphatiques par l'intermédiaire du péritoine.
2° Vote indirecte : les artères : ce n’est qu'un cas particulier de l'infection générale.
3° Voie médiate : veine porte, de toutes la plus importante.
4° Vore immédiate : le canal cholédoque, à qui on a, jus-
qu'à présent, donné la plus belle part.
Étude expérimentale des infections hépatiques : la voie suivie par le microbe ou la toxine.
Je disais précédemment que je considérais le microbe comme
jouant un faible rôle relativement à la lésion hépatique, mes recherches anatomiques m'ayant fait conclure que la même lésion était facteur de plusieurs microbes différents, et que le même microbe produisait des altérations diverses
suivant les conditions qui venaient s'ajouter à son action.
Pour le prouver, j'ai autant que possible concurremment expérimenté les »icrocoques et les bacilles ou bâtonnets; j'ai laissé de côté les toxines qui agissent par le microbe ou isolé-
ment, mais en produisant les mêmes effets.
a) INFECTION SOUS-CUTANÉE.
Cobaye 1. — Injection à la racine de la cuisse droite postérieure de un centimètre cube de culture pure sur bouillon de staphylocoque doré. Alimentation : son, alcool à 95°, 15 cen-
timètres cubes par jour.
1° juin. — Poids 410 grammes. Mort le 6 juin, ne pesant plus que 275 grammes. Amaigrissement, faiblesse, troubles respiratoires, broncho-pneumoniques.
Auropsis. — Foie. — Rouge vif, mou. Deux plaques blanches à la surface. A la coupe ces plaques s’enfoncent en coin dans le parenchyme, il existe d’autres taches irrégulières, grisâtres. Sang en abondance. Tous les organes sont congestionnés.
EXAMEN HISTOLOGIQUE DU FOIE. — Pas d'aspect lobulaire, aspect uniforme de la coupe, sans dilatation marquée des veines.
2/6. — Trabécules désorganisés, cellules dissociées, dilatation des capillaires avec globules sanguins et noyaux embryonnaires. Cellules à plusieurs noyaux et cellules très atrophiées. Les espaces portes sont en partie détruits et comblés par des fragments granuleux de cellules et de noyaux.
EXxAMEN BACTÉRIOLOGIQUE. — Négatif sur les coupes. Ensemencements. Dans le foie et la bile diplocoques et microcoques allongés ressemblant à de petits bacilles (micro-bacilles), ne liquéfiant pas la gélatine.
La culture des autres organes donne des diplocoques, des bâtonnets, mais pas de staphylocoques : ils semblent avoir disparu.
Cobaye 2. — Injection sous-cutanée de 1 centimètre cube
de culture de bacterium coli dans du bouillon. Alcool, son.
Inoculation. — 4% juin. — 515 grammes. Il meurtle 15 juin, pesant 380 grammes.
AUTOPSIE. — Foie. — Congestionné, rouge intense avec pointillé ecchymotique.
EXAMEN HISTOLOGIQUE DU FOIE. — 2/2. — Dilatations vasculaires, veineuses, intenses, avec thrombus de globules rouges. Dilatation des capillaires simulant par places un tissu caverneux (angiomateux), surtout développé à la périphérie des lobules.
2/6. — Dans les capillaires, gros noyaux, cellules atrophiées par places, en tuméfaction trouble en d’autres points et sans noyaux. Partout infiltration granuleuse très marquée.
Endo et périphlébite portes, thromboses de globules rouges. Endartérite hépatique et aspect jaunâtre de la paroi. Rien dans les canalicules biliaires. Dilatation des lymphatiques des espaces portes avec cellules dans leur intérieur.
EXAMEN BACTÉRIOLOGIQUE. — Négatif sur les coupes. L'infection côlique est totale. Les lésions sont plus accentuées que chez le cobaye 1.
Résumé : L'infection d’origine sous-cutanée agit sur les ®] e]
Iymphatiques et les capillaires qu’elle distend et les cellules
qu’elle modifie suivant la qualité de l'agent pathogène.
b) INFECTION PULMONAIRE.
Cobaye 3. — Dénudalion de la trachée, injection intratrachéale de 4 centimètre cube de culture de bacterium coli. Mort avec diarrhée et accidents pulmonaires en vingt-quatre
heures.
L'examen histologique et microbiologique des poumons a montré une desquamation et un gonflement très marqués de l'épithélium des bronches et de l'endothélium des alvéoles, ave une diapédèse abondante des globules blancs. Les alvéoles sont remplis par ces globules, et il existe une congestion très intense des vaisseaux. Les bronches et les alvéoles sont remplis de bâtonnets, et les vaisseaux montrent le long
de leurs parois et à leur intérieur ces mêmes bâtonnets formant, en certains points, de véritables amas n'obstruant pas cependant la lumièr des vaisseaux.
EXAMEN HISTOLOGIQUE pu rotE. — Les lésions sont peu marquées et à part de la dilatation sus-hépatique avec globules sanguins abondants, il n'y a rien autre à signaler,
Les cultures du foie donnent du bacterium coli, des microcoques et quelques diplocoques.
Résumé : Action sus-hépatique et portale de l'infection pul-
monaire par la veine centrale, les artères de l’espace.
INFECTIONS ENDOGÈNES.
Par voie lymphatique.
Se fait généralement par le péritoine. Très commune dans la tuberculose hépatique consécutive et la tuberculose péritonéale. Peut résulter également du passage de bacilles de l'intestin dans le péritoine.
1° Injection péritonéale par périhépatite aiquë ou chronique et sans périhépatite.
2° Infection péritonéale consécutive à une lymphançqite intestinale : correspond presque à uneinfection directe péritonéale. C’est le cas des péritonites partielles de la fièvre typhoïde et
des ulcérations intestinales.