‹ Du Foie InfectieuxChapitre 53 sur 69 · AGENT D INFECTION · texte numérisé non relu

AGENT D INFECTION

La multiplicité des examens permet de conclure à l'identité de l’action des microbes et de leurs produits sur le foie. Cette preuve est, du reste, le résultat de travaux antérieurs faits par différents auteurs sur les septicémies et les infections.

Sur le nombre de coupes qui ont été traitées par les

mêmes procédés pour la recherche des microbes, 56 cas seulement ont donné des résultats positifs.

Malgré l'absence de microbes, dansles 72 autres cas, les altérations histologiques, dans une même maladie, ont été trouvés identiques à celles qui existent lorsque les microbes sont colorés. Dans beaucoup de cas, du reste, les cultures ont été positives alors que la recherche des micro-organismes restait négative sur les coupes.

Les cas dans lesquels les cultures et l'examen des coupes ont été simultanément négatives, doivent faire penser que l'agent pathogène microbien avait déjà disparu du foie, ou bien qu'il avait agi non par une action directe, mais par l'effet de ses toxines.

Dans les joies infectés, c’est-à-dire, dans les hépatites aiguës, le nombre des microbes est très considérable. Sur 111 cas : 26 fois des microcoques ont été constatés, les bâtonnets ne s'étant montrés que sur 11 coupes et l'association des deux seulement dans 7 cas. Les microcoques appartiennent surtout aux genres : staphylocoques, streptocoques et diplocoques.

Pour ce qui est des deux premiers les caractères en sont connus, il n'en est pas de même des diplocoques. Leur fréquence est un fait des plus curieux dans les affections hépatiques. Tantôt on les voit se colorer par le gram, tantôt ils ne se colorent pas. Il en est de même des coceus allongés qui se groupent également deux par deux ou en amas, ou bien encore, en série linéaire formant des chainettes.

Ces microcoques siègent pour la plupart dans les capillaires ou au milieu des cellules embryonnaires, quelquefois

dans les veines sus-hépatiques ou portes.

AIT ee

Ils se voient chaque fois que l'infiltration embryonnaire capillaire est très prononcée et aussi au pourtour ou au centre des foyers de nécrose.

Plus le processus est aigu, plus la maladie est sujette à des complications suppuratives ou autres, plus nombreux sont le nombre et la variété des microcoques. Il n'existe aucune fixité de microbes chez les sujets différents pour une même maladie. Ceci semble prouver que, pour le foie tout au moins, l'infection se fait par des modes différents et n’est pas toujours l'effet direct du microbe pathogène de la maladie, mais est une infection secondaire d'origine intestinale.

Le diplocoque que l'on rencontre dans ces foies au niveau des veines portes et des capillaires est en effet un des hôtes le plus habituel de l'intestin.

Il en est de mème des bâtonnets qui, 11 fois, se sont montrés sur les coupes, dans les capillaires, rarement dans Les canaux biliaires, et semblent liés aux altérations parenchymateuses des organes plutôt qu'à l’infiltration embryonnaire.

Je signalerai encore ce fait dans les foies infectieux, que dans les cas où la maladie générale s’est accompagnée d'infection pulmonaire, la veine sus-hépatique dilatée contient généralement des microbes, tandis que dans les affections avec entérite, c'est surtout la veine porte qui, dans ses thrombus, laisse voir les microbes pathogènes. Les cellules hépatiques ne contiennent pas de microbes, à moins qu’elles soient nécrosées. Les oies infectieux ne m'ont donné que pour l’un d’eux un diplocoque qui se retrouvait très discret dans les capillaires et qu'il est bon de comparer à des diplocoques analogues trouvés dans deux cas de cir-

rhose hypertrophique avec ictère chronique : ce qui rap-

__ 902 — proche le foie infectieux de la maladie de Hanot. Cest dans les fotes infectants que les microbes sont le plus nombreux. Je les ai trouvés 9 fois sur 41 examens: les microcoqueset, en particulier, les diplocoques sur 7 coupes, les bâtonnets sur 2. fci les canaux biliaires sont souvent envahis par des bâtonnets.

D'après mes recherches anatomiques et les expériences sur des cobayes, je ne suis pas éloigné de croire que les modifications subies par les microbes dans le foie sont très considérables et qu’elles affectent non seulement la virulence des microbes, mais encore leur forme.

Je base cette opinion sur ce fait que souvent des cultures praliquées immédiatement après le sacrifice d’un animal inoculé avec un microbe déterminé donnaient des cultures et des individus ne ressemblant en rien au microbe inoculé. Il y a là une action probable d'un milieu riche en acide carbonique et en produits excrémentitiels de toutes sortes, qui n'est pas encore connue.

L'absence de microbes sur les coupes peut être attribuée aussi à la richesse sanguine du foie : le sang étant un mauvais milieu d'habitat pour les agents pathogènes qui n'y font que passer, s’y fixant rarement. Elle peut être due en partie à la destruction de ces microbes après la mort, par une sorte de digestion biliaire. Les microbes ne sont plus alors représentés que par les granulations, toujours nombreuses dans les capillaires ou les cellules.

Ribbert a montré que les microbes, dans le foie, parvenus dans les capillaires et dans les branches terminales de la veine porte, s'entourent de leucocytes et leur multiplication se ralentit. Les microbes disparaissent alors soit dans les leu-

cocytes, soit dans Îles cellules hépatiques, qui subissent la

dégénérescence granulo-graisseuse et s'éliminent ou bien reviennent à l'état normal.

Si la quantité de microhes est considérable ils forcent les parois vasculaires, s’infiltrent dans les capillaires entre les trainées cellulaires et déterminent une exsudation embryonnaire considérable qui aboutit à la capillarite. Mais dans la suite ils disparaissent et le processus scléreux continue sous l'action de leurs toxines, qui s'éliminent lentement ou sous l'influence d’autres agents.

J'ai pu voir sur quelques-unes de mes préparations cel envahissement microbien des capillaires s'effectuer.

EN résuMÉ : les espèces bacillaires rencontrées dans les infections hépatiques sont nombreuses : les microcoques se rencontrant surtout dans les capillaires et le parenchyme; les bâtonnets siégant de préférence dans les voies biliaires.

Les uns et les autres peuvent se rencontrer dans le même point.

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