RATE
battit à grands coups. Je me glissai derrière le feuillage et la contemplai sans qu’elle s’en dôutât.
Quelle ivresse ! La santé qui fleurissait sa joue rose se trahissait dans tous ses mouvements ; l'expression qui animait son visage le rendait mille fois plus beau que celui dont J'avais emporté l’image chérie. Sous le coup de la joie, je sortis de ma cachette. Au bruit que je fis en écartant les branches, elle tourna la tête et regarda de mon côté.
Sans doute elle se souvenait de moi, car elle laissa tomber son album et fut debout avec un geste qui semblait m’appeler.
Je courus à elle.
‘Me reconnaissez-vous, Pauline ?
Que n’aurais-je pas donné pour baiser à genoux sa main où brillait notre anneau de mariage, mais elle répondit seulement :
“Je vous ai vu dans mes rêves. des rêves étranges.….”?
Et une vive rougeur colora ses joues.
J’attirai son bras sous le mien, me chargeai de sa boîte de couleurs et l’emmenai vers la maison.
Elle paraissait accepter ma ‘té comme une chose toute naturelle. Quand ; ntier devenait escarpé et difficile, elle me tendait la main, COmMme avertie que mon appui lui était en effet chose duc. Elle garda assez longtemps le silence :
* D'où venez-vous ? me demanda:t-elle enfin.
— D'un long, très long voyage de plusieurs milliers de lieues.
— Avez-vous atteint votre but ? rcprit-elle vivement.
— Oui, j'ai découvert la vérité que je voulais connaître. Je sais tout.