SU
. a prévention. M. Andral a surabondamment prouve que son homoeopathie à lui ne valait rien , mais son homœopathie est-elle la même que celle de Hahnemann? Il vous reste à le vérifier. *
Applaudissant à l'opinion d'un de ses membres , raca-> demie royale de médecine s'est prononcée , elle aussi , contre la doctrine. Mais ce jugement, admettez-vous qu'il soit sjns appel ? Pourquoi ne serait-il pas dans l'avenir aussi impuissant que l'ana thème lancé contre le quinquina? Sur quelles expériences repose-t-il ? exclusivement sur celles de M. Andral ; or, il est prouvé que ces expériences ne peuvent fournir aucune conclusion raisonnable. Que fautil donc penser de l'académie royale ? rien , si ce n'est qu'elle a ajouté une page nouvelle à l'histoire des corporations savantes qui , de tout temps , ont trouvé mauvais qu'une grande vérité fut venue ^ à leur insu , ajouter aux lamières acquises , et laisser en arriére les savans contenus dans leur enceinte.
Elle n'eût pas descendu trop bas , l'académie royale de médecine de Paris , quand elle eût sérieusement scruté les observations recueillies et libéralement ofierles par des savans distingués de l'Allemagne , de l'Angleterre , de l'Italie et de la France, Le procès pouvait être jugé par elle , nous ne déclinons pas sa compétence; mais elle devait alors chercher à s'éclairer par tous les moyens possibles ; tout en prêtant l'oreille aux accusateurs^ elieilevait se donner la peine d'interroger les accusés. Rien de tout cela n'a été fait; on n'a tenu aucun compte des chaires où la doctrine est enseignée, des hôpitaux ou on la met en pratique , de la conviction intime de tous les praticiens qui l'ont éprouvée au lit du malade. De pareilles considérations étaient de nature , ce nous semble , à la tenir au moins en.
garde cohtre une détermination trop prompte; son tort est grand de les avoir méprisées. Satisfaite d'elle-même , elle s'est crae sopérïeare à tout. Sar un simulacre d'expériences faites par un des siens , et cela quand il avait à peine épelé un manuel d'homœopathie , elle a condamné notre croyance , sans admettre même le doute. Inconcevable légèreté! ridicule présomption ! Ici, encore, né nous croyez pas sur parole pour apprécier à sa juste valeur le jugement de l'académie ; ne négligez pas d'avoir recours aux réponse^ des Peschier, des Des Guidî , des Crépu » des Mabit, des Léon Simon , etc. (^. Pesez de part et d'autre la logique et Tes faits; vous prononcerez franchement après. Depuis la brochure de M. Maxime Vernois , qui , malgré son titre ambitieux ('), n'offre à l'esprit impartial qu'une œuvre d'écolier sans portée comme sans profondeur; 6t ne démontre qu'une chose, la ndlité de M. Ver-
(1) Observations sur rHomœopathie^ relatives à la décision prise par racadémie royale de médecine sur cette nouvelle doctrine , par le docteur Mabit. Juin 1835. — Lettre à M. le ministre de Tinstruction publique , au nom de Tlnstitut homœopathique de Paris , par le docteur Léon Simon. Paris, 1835. — Lettre à l'académie royale de médecine, parle comte Des Guidi. Lyon^ 1836.— Crépu, Archives de la Héd. Hom. tômie 2, pages 396 et suivantes. — Blanc, id. tome 2, page 400.
(2) Analyse complète et raisonnée de la matière médicale de Samuel Hahnemann , où sont exposés les principes et les conséquences de l'expérimentation homœopathique, ainsi que la nullité de cette doctrine » par Max. Vernois. Broch. in-8°. — On a répondu. Il est bon qu'on sache que toutes les attaques ont été repoussées , et que si nous ne revenons pas sur tant de tristes productions enfantées par une prévention aveugle , et dont le bon sens public a depuis long- temps fait justice, c'est qu'elles ne méritent guère d'autre réfutation que les mots présomption , ignorance^ wiàupatw foi écrits au bas de chaquef page.
— ao -*
noift Maxime (*), nous n'avons rien In de si cnrieux qne U notice de M. de Boret, nodoe publiée en grande partie par le Journal de$ Connaùsanees médico^hirurgietdet^ qui l'annonce comme fort intéressante et faisant bien ressortir la folie homœopathique ('), expression qne, par respect ponr nons-méme et par un sentiment de convenance qn'on appréciera , noos ne chercberons pas à qualifier. Voyons plutôt si M. de Boret , plus sage que ses devanciers , aura eu le bon esprit d'étudier sérieusement , d'expérimenter la doctrine dont il va s'occuper» et s'il saura du moins imprimer à la discussion ce cacbet de gravité que comporte une semblable matière. Hélas ! M. de Boret , lut aussi , n'a rien fait de tout cela !
M. de Boret a une seule pensée qui le domine : il veut donner une idée exacte de l'extrême exiguité des doses employées par la doctrine homœopatbique, et, pour atteindre son but , il entasse péle-méle des exemples et des suppositions. Il est bien bon de se donner tant de peine en
(i) 21. Yernois est un homma plaisant ! Parée qu'il a fait un tableau synoptique qui ne signifie rien , absolument rien , le yoilà qui s'ad> mire , et , dans sa folle joie » il n'est pas d'épitbète iu^jarieuse qu'il ne se complaise à adresser aux partisans de l'boiiiœopatlUe. Habnemtan lui-même , dont les travaux commandent au moins le respect , il le traite avec dédain, n a raison , ses titres et ses antécédens lui d<mnent le droit de régenter le yieiUard; or, ses titres et ses antécédens vous les connaissez , la couverture du livre vous les donne : H.Yemois est interne des bôpitaux de Paris , etc.
(2) Folie homœopathiqtu t Le mot est bien cboisi pour réveiller des lecteurs endormis , mais il ne prouve rien , et la brocbure pas davantage. SL Trousseau, qui est à 1^ tète du J<mrnal des Connai»$anee$ médico-chirurgicaks , est auteur d'un ouvrage de thérapeutique , rédigé conformément aux principes de Tancienne école; il ne faut pas oublier cette circonstance quand il se débat contre la nouvelle doctrine.
pure perte ; le premier ouvrage venu d'homœopathie explique très clairement ce que c'est qu'une teinture ou une 50* dilution ; lui seul obscurcit la question en y mêlant plus d'un élément hétérogène. Qu'avait-il besoin , par exemple, de rappeler à ses lecteurs a que les mers couce vrent à peu près les trois quarts de la surface de la terre , « et que leur profondeur moyenne est de sept kilomètres « environ.... que la terre n'est pas une sphère parfaite.... <( que le diamètre des pôles est à peu près les ^"^09 de « celui de Téquateur, le premier étant de 5,178 lieues de « poste , et le second en ayant dix de plus environ.... que « le mètre est la dix-millioniéme partie de la distance du « pôle à Téquateur. . . . que la distance de la lune à la terre « est d'environ 60 rayons terrestres ou 60 fois 1 ,600 lieues , (c c'est-à-dire 96,000 lieues... que de toutes les planètes la « plus éloignée du soleil estUrantis , qui «n est à 242,000 « diamètres terrestres , etc. (*). » Cest là un vain étalage d'érudition dont n'a que faire la médecine pratique , et c'est de médecine qu'il s'agît (•). Mieux eût valu ménager ses forces pour soutenir dignement le parallèle qu'il établit entre les axiomes de la médecine ordinaire et ceux de l'homœopathie , surtout en ayant la prétention de conclure en faveur des premiers.
M. de Boret pose en fait que les maladies guérissent par les contraires; mais c'est là précisément le point contesté , et à voir notre Savant écrivain glisser rapidement
(1) Voir Journal ée$ CcmnaiBitmees Méà.-^hirurg. Imy. 4858.
(â) M. de Boret a été probablement élève de récole polytechnique, nous lui en faisons notre compliBiieai; maîg il est aujoordliui médecin, et ne doit pas oublier <iue, comme tel, son rôle est ayant tout de guérir des maladies. De grâce donc , un peu moins de chiffres et un peu plus d'<Aseryation.
— Sa —
sur ce premiiBjr axiome , on assarerait qu'il n'a pa3 même compris le sujet de la discussion. Il ne suffisait pas, eu effet, d'énoncer contraria contrariis pour avoir raison , il était de rigueur de le démontrer. Nous ne ferons pourtapt pas un reproche à M . de Boret d'avoir reculé devant la difficulté; beaucoup avant lui ont essayé de la vaincre ^ <Bt pas un jusqu'ici n'y a réussi.
Cette sentence , contraria contrariis curantur , est absolument vide de sens; le plus léger examen suffit pour en attester toute la nullité. Contraria se rapporte aux maladies , mais la nature , l'essence intime des maladies nous est inconnue ; or, à un inconnu c'est être mal avisé que de donner un nom ; ce nom ne peut être qu'arbitraire, et contraria ici , en particulier, n'a aucun fondement ni aucune vérité. Contrants est applicable aux remèdes; mais il serait étrange que l'on pût indiquer des remèdes contraires à un mal , quand ce mal lui-même est inconnu. Qn ne le pourrait même pas en connaissant l'actiop ies remèdes ; et cette action , nous soutenons que vous ne la cpnnaissez pas. En voulez-vous la preuve? Jetez avec noi)s les yeux sur les plus savantes compilations de notre époque , publiées sous le titre de Matière médicale et de thérapeutique , et sur l'action de la même substance nous verrons émises les opinions les plus contradictoires. Exemple :
Sous -nitrate de bismuth, a Ce sel airit directement «comme sédatif sur les parties souffrantes. »* (Merat et Delens, Dict. de Mat. méd. etde thérap. tome i, pag. 606.) « Il est efficace contre les oévrpses de l'estomac , celles suret tout qui dépendent de la trop grande irritabilité de ses jt( fibres charnues ; contre l'hystérie , les palpitations , la mi- « graine , la colique « etc. » (L. Odier, de Genève , ancien Journal de Méd. tomeLxym; Bibl. Brit. ii, m, xxvn, 241;
xxxiv, S2;M. Goersent, Dict. desSciencméd.; Laennec, Journal de Méd. de Corvlsart , 4806 à 1808. ) a II est (( spécifique dans la gastrodyoie. » (Glarke , Journal d'Edimbourg, V, 369.) tt II est employé avec succès contre les (( vomissemens chroniques et même aigus. » (Vendt, Bull, des Se. Méd. i, 360. ) a II triomphe du tétanos. » (Gazais, Journ. Gén. de Méd. 1810.) a II est utile à Tintérleur « contre les maladies yermineuses , et à Textérieur contre (( la gale. >r ( Kerksig. )
. Après cela , ce il est réellement jfiaéùenx , il agit comme a poison irritant sur le lieu où on l'applique , et il peut (c mémo causer promptement la mort, soit en excitant sym- (( pathiquement le système nerveux , soit même , peut- « être , après qu'il a été absorbé, en exerçant sur le cœur (( une action directe. » (Orfila , Traité des Poisons, i, 603. )
Enfin , <( il n'est pas un médicament. ... sa dose est (c fort indifférente.... On n'a à craindre de son adminisa tration d'autres effets que ceux qui résultent de l'intro- (( daction d'une poudre inerte. » (Ratier, Dict. de Méd. et de Chirurg. pratiques. )
Pour une école qui n'a jamais à la bouche que les mots d'extravagance et de ridicule quand elle parle à des hommes qui ne partagent pas ses opinions , voyez quelle sagesse ! Permis à chacun , toujours en s'étayant d'une autorité , de trouver à volonté dans la même substance un spécifique qui guérit, ou un poison qui tue , ou une poudre purement inerte.
Après de pareilles contradictions, et nous en trouverions de semblables dans l'histoire de chaque remède, il est bien évident que l'action des médicamens est encore à connaître. De ce défaut de connaissances naissent toutes les imperfections de notre art ; c'est lui qui est cause que Iq
pratieieB ludlnle et consciencieiix donne pea de remèdes , parce qoHl omint tonjo vrs avec raison de hasarder nue prescription filiale à son malade : d^orables incertitudes dont le résultat certain est d'jnspirer nn profond dégoàt aux médecins et d'enleyer tonte confiance au public!
Heureusement elles s^nt dissipées. Hahnemann nous a mis en position de connaître enfin la puissance des médicamens, et^ pour ce bienfait seul, mille actions de grâces lui soient rendues! Pénétré de tout ce qu'ayaient de yicieux les sources d^explovalîoii auxquelles on avait eu recours jusqu'à lui ( les «ipériences sur les hommes malades et sur les animaux Tivans), il a expérimenté les médioamens sur l'homme en bonne santé , afin de pouvoir en déduire sûrement leur action dans les cas de maladies. Quand il a eu connu les modifications imprimées à l'organisme sain par les substances médicamenteuses, il a pensé qu'il pourrait bien se faire qu'un médicament ne guérit telle maladie que parce qu'il avait précisément la propriété de déterminer chez l'homme sain des souffrances semblables à cette maladie; il a expérimenté alors chez l'homme sain et ehes l'homme malade ; de ces expériences confrontées il en est résulté ce &it , que plus les effets desmédicamens produits chez l'homme sain étaient semblables a la maladie , plus h guérison étut prompte et complète. En vertu de ce fait , il a conclu : smilia 9imUibu$ euraniur.
Voilà ce qu'a fait et dit Hahnemann. Nous prions nos adversaires de remarquer que son axiome à lui est l'expression des hits 9 qu'il n'y a pas ici une seule idée spéculative, et qu'ainsi sa doctrine n'est pas une simple hypothèse, mais repose tout entière sur l'expérience.
Il y aurait de l'ennui sans profit, pour nos lecteurs et pour nous-méme, à poursuivre plus long-temps M. de
Boret Qii'aJ0iUei-t*ild'aiUettni?4le l'ironie» parce qve^ après la loi des semblables qae aous posons comme un fait que font confirme, tout, jusqu'aux exceptions, nous professons encore que les médicaraens doiFeiit être préparés homœopathiqnemeiit, et qu'ils doivent être administrés à doses infinitésiopales. De Tironie contre des faits ! c'eil à en avoir mal au cœur de dégoût. HàtM^s^nons d'arriver i la con« cluskn ; elle e$t si singulière que nous cédons à la tentation do la transcrire en entier :
(c Voici, ee noqs semble, dit M. de Boret, la marche « que le fondateur de l'homoBopadiie a dû suivre pour étSH Il blir son système tel qu'il existe aujourd'hui. Hahnea mann , ayant observé quelques maladies qui avaient été « gvéries ou semblaient avoir été guéries par les semblaa blés, pensa que tontes pouvaient être traitées de la même a manière. Il administra d'abord ces médicameas aux doses tt ordinaires ; mais de suite il remarqua une augmentation (c dans la maladie , qu'il appela aggraçement hontœopathi^ « que; et, afin de diminuer cet aggravement, il diminua « les doses. De nouveaux aggravemens (c'est-à-dire de non- « veaux aceidens) le décidèrent à une nouvelle diminution, « jusqu'à ce qu'enfin la dose des médicamens fût incapa* « Ue d'agir et par conséquent de nuire. Alors la nature , a n'étant plus contrariée, opéra seule la guérison, et ic Hahnemann , observant que les malades recouvraient la « santé d'autant plus vile qu'il leur administrait les remèdes « en moindre quantité , en conclut naturellement que les « plus faibles doses sont celles qui réussissent le plus sû- « rement. Ainsi la médecine homœopathique n'est que la «c médecine expeetante revêtue d'un nom nouveau. Tonte- <t fois elle a sur son ainée un immense avantage dans la « pratique. En effiet, les malades soumis à la médecine
« expectaote saveai que leur médecin u'emploie aucaa ce remède et attend lear cnre des seules forces de la nature ; (i cette attente les contrarie vivement, car l'homme est a poussé par un instinct irrésistible à la recherche du remède « qui peut le rendre à la santé. Aussi, sous ce rapport, (1 rhomœopathie satisfait l'imagination en représentant « comme très puissans les médicamens qu'elle administre.
<c Mais pour tout homme de bonne foi, qui s'est donné K la peine d'étudier le nouveau système, il doit être évite dent que la puissance des remèdes homceopathiques est a absolument illusoire , et que toutes les guérisons obtenues a avec de semblables moyens doivent être attribuées à la tt nature, qui opère sans cesse sous nos yeux des cures adtt mirables , quoique nous oubliions, orgueilleux que nous a sommes , de lui laisser les honneurs de la victoire. »
On ne saurait assez flétrir la misérable tactique adoptée par nos adversaires, qui , ne pouvant se refuser à l'évidence des guérisons obtenues parlestraitemens homceopathiques, ont depuis long-temps pris le parti d'en appeler à la force médicatrice de la nature , que nous sommes , certes, fort éloigné de méconnaître , pnisque c'est en elle que résident nos espérances , et que tous nos efforts tendent à l'aider en l'imitant. Us ne voient donc pas, les imprndens., qu'en haine de l'homœopathie , ils déconsidèrent toute médecine dans l'esprit public ; et qu'en cherchant à insinuer que , dans les cas fréquens où nous croyons avoir guéri avec nos médicamens prétendus inertes , c'est la nature seule qui a fait tous les frais de la guérison , ils donnent à penser qu'il pourrait bien en être ainsi dans tous les cas indistinctement 1 Car enfin , pourquoi la nature , si bonne , si complaisante pour nous , à qui elle vient si souvent en aide, les traiterail-elle, eux, en véritable marâtre? Si la nature ne guérit
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nos malades, ainsi qu'ils le prétendent follement, que parce que nos médicamens, incapables d'agir et par conséquent de nuire, ne la contrarient pas, pourquoi s'obstinentils à la contrarier incessamment en abreuvant leurs patiens de médicamens incendiaires? Ceci pourrait faire trembler pour l'avenir de la médecine ; mais que l'on se rassure : l'opinion publique, qui juge sainement parce qu'elle juge sans prévention , a parfaitement compris qu'il gérait par trop absurde de supposer qae la nature , long-temps sourde aux cris du malheureux souffrant, ne se décide enfin à soulager les maux qui l'assiègent qu^au moment précis où le médecin homœopalhe arrive armé de ses chétifs globules ; et que si nous paraissons jouir auprès d'elle de quelque privilège, c'est de celui-là seul de savoir la solliciter à propos.
Mais l'imagination? Eh , mon Dieu ! l'imagination n'est pas non plus une puissance tellement à notre usage que nos adversaires ne puissent en disposer tout aussi bien que nous ! D'ailleurs , peut-on sérieusement soutenir aujourd'hui que l'imagination , assez puissante parfois pour suspendre la marche de quelque légère névrose, exerce en effet quelque influence sur les affections chirurgicales , les maladies des enfans en bas âge , celles qui attaquent les animaux? En vérité , quand on prend la plume pour critiquer une doctrine quelconque , et qu'on affiche la prétention d'en démontrer la nullité , on devrait se montrer sévère dans le choix des ai^umens dont on étaie son opinion.
Un confrère de notre ville, M. Ducros jeune, a publié dernièrement un ouvrage qui a pour titre : Nouveaux Elémens de Philosophie médicale et scientifique, (Nous le disons h la multitude qui l'ignore, et au petit nombre de ceux qui le savent, nous demandons humblement pardon de le leur
rappeler (*). Cet ouvrage a deux volume& ; le papier en est beau , les caractères quasi-neufs , et ces deux qualités réunies à son format in-8® le rendent bien digue de figurer sur un catalogue de librairie, voire même dans la bibliothèque des souscripteurs comine il y en a tant, qui achètent des livres pour ne pas les lire. Quant a nous, Tœuvre d'un confrère^ quel qu'il soit ^ nous est si précieuse , que nous sommes dans Tbabitude àe ne pas juger seulement le livre à sa couverture, nous le lisons; et cédant à cette vieille habitude j nous avons lu Touvrage de M. Ducros jeune.
Nous ne voulons pas formuler ici notre opinion sur Tensemble de cette compilation indigeste ; nous ne dirons pas qu'elle est aussi maladroitement conçue qu'elle est incorrectement écrite; nous n'apprendrions rien de nouveau à ceux qui , comme nous , auraient pris par hasard la peine de le lire , et nous serions fâché d'influencer l'opinion des lecteurs à venir. Toutefois, en nous taisant sur le reste « nous ne pouvons passer sous silence son chapitre de l'homœopathie; car M. Ducros jeune aborde aussi l'homœopathie. Il y a chez lui exubérance de vie ; il parle de tout , tant son érudition vaste a besoin de se répandre : physique, chimie^ histoire naturelle, s^natomie de l'homme, anatomie comparée , traitement arabique , broussaisisme , hippocratisme, stahlisme, dogmatisme, eropyrisme, méthodisme, homœopathie^ etc., tout cela trouve place dans son livre; l'auteur n'a rien omis , rien , si ce n'est de connaître ce dont il voulait parler.
(1) Nous Nspeetons beaucoup la penonne de M. Ducros; nous attaquons seulement en lui les préventions et les erreurs de récriyain. Par une citation sayante , il a prouvé qu'il se souvenait encore des auteurs classiques: Riswn ieneatist s'écrie-t-il quelque part; nous lui répondrons : Jlî«« inepto nihil inepiius.
Supposons im homme studieux , de bonne foi , qui veuille apprécier la rameur d'une doctrine quelconque : avant de tirer une conduaion , même théorique , il énumérera les principes sur lesquels repose cette doctrine ; il discutera le mérite qu'à tort ou à raison lui attribuent ses partisans ; il se pénétrera bien de la manière dont il faut l'entendre^ et des conditions qu'elle impose ; il vérifiera Tauthenticité des résultats obtenus , et les comparera aux résultats des anciennes doctrines : c'est là , du moins , ce que nous avons fait avant de nous prononcer. M. Ducros jeune en a jugé autrement : il consacre ses pénibles élucubrations à la rationalisation des phénomènes morbides ^ et, en homme supérieur, il a à peine laissé tomber quelques paroles de mépris , comme sr le mépris avait cours dans la science et ne retournait pas toujours à celui qui le premier l'appelle! Il n'est permis à personne de rayer d'un trait de plume l'expérience des autres , encore moins à une plume aussi inexpérimentée que celle de M. Ducros jeune. EcoutOB6-le parler :
(( L'horaoBopathie , fondée- par \e docteur ffahnemann , « n'esf qu'une doctrine empyrique. )x
Grand merci pour celte première sentenee ! Dans la page en regard il est dit que les partisans de l'empyrisme forment nne secte abrutie et ignorante. H y a dans les termes de M. Ducros jeune autant de finesse et de goût que de ratson^ et de vérité.
a Hahnem^nn, pour établir son système, s'est appuyé c sur la principe suivant : qu'il n'y avait de remèdes hé- <i roïques que ceux qui jouissaient des propriétés patbogé- « nëtiques des maladies contre lesquelles on les employait. »
Hahnemann parle mieux que cela. Il a dit que les symptômes morbides que les médicamens produisent chez
rhoimne en saule soot la seule ^ose à qaoi l'on paisse reeoniiaitre la Terta eantiye qu'ils possedeot ; et c'est sur la loi de similitude qa'il s'est a|^yé pour établir sa doctrine. Noos disons doetrnUf parce qa'à l'idée de système est attachée , avec raison , une sorte de défarear , et c'est pourquoi nous protestons contre cette expression. Une doctrine dont les principes fondamentaux , rigoureusement déduits de l'expérimentation pure , subissent chaque jour, sans en être ébranlés, le contrôle de l'expérience, repousse la qualification de système que tous affectez de loi donner; réservez-la pour tous , elle seule peut cooTenir à tos théo* ries et à vos rafûma/tisahons.
« Ainsi y d'après loi^ le qoinqoina ne guérit les fièfres « intermittentes que parce que^ administré chez un homme a en santé , il a la faculté de laire développer des accès (c intermittens. »
D'après lui, ce mot est mensonger. Hahnemann ne bit jamais un pas d'après lui , mais d'après rexpérienee. Lt quinquina ne guérit les fièçres intermittentes ( le quinquina guérit la périodicité, mais il ne guérît pas les fièvres intermittentes) que parce que, administré chez un homme en santé ^ il a la faculté de faire déçelapptr des accès intermittens. Oui, le quinquina £aiit éprouver à l'homme sain des moovemens fébriles analogues aux fièvres de marais , et comme l'expérience prouve que les médicamens faisant naître des symptômes semblables à ceux d'une ma* ladie sont les agens thérapeutiques qui guérissent celle«-ci de la manière la plus sûre et la plus durable, le quinquina doit guérir et guérit en effet les fièvres de marais. Vous donnez comme nous le quinquina , M. Ducros jeune, mais avec cette différence : notre parce que est motivé ^ le vôtre ne l'est pas.
« L'axiome simi^ta rinrilibus eurantur est Tonique base « de la méthode homœopathique , entièrement bornée au (( diagnostic et à la thérapeutique des maladies. »
En effet, la loi des semblables, voilà bien notre drapeau ; en bonne guerre , il fallait vous en rendre maître ; mais vous aussi vous avez reculé devant Tattaque. Entière^ ment bornée.... Que peuvent signifier ces niots? N'est-ce pas assez pour un médecin que de reconnaître et de guérir une maladie? Nos malades sont moins exigens que M. Ducros jeune; ils ne nous demandent pas davantage.
a Aussi rhomœopathisme exclut-il de ses principes les « lois anatomiques , physiologiques et pathologiques , et il « raie, en outre , de son histoire Tanatomie pathologique (( et les sciences accessoires. »
L'homœopathisme n'exclut de ses principes que Tabsurde. L'anatomie, la physiologie çt la pathologie .sont le flambeau de la nouvelle doctrine , et il n'est aucun de nous qui méconnaisse leur utilité {*). Quant à l'anatomie pathologique , nous estimons qu'elle est incapable de nous faire pénétrer la nature intime des maladies ; nous lui refusons
(I) L'anatomie qui fait connaître la texture de chacun de nos organes , la physiologie qui étudie leurs fonctions, seront plus fructueusement étudiées sous rinfluence de la doctrine, qui^ sans elle, ignorerait le point de départ de nos douleurs et la valeur de chaque phénomène morbide. ( Habit , Obserçatiùns sur VHomœopathie , pag. 94). — La pathologie , ou l'histoire générale des maladies de l'homme , éclairée par l*homœopathié, profitera mieux des seryîces éminens que tant de grands hommes ont rendus à la médecine. Si , malgré leurs efforts^ la science la plus difficile est encore imparfaite, faut-il moins admirer leurs pénibles recherches? Si la cause des maladies leur est restée inconnue , faut-il leur faire un crime de l'avoir cherchée ? Ce sont ces mêmes insuccès qui ont fait sentir la nécessité de nouyelies études , ce sont eux qui ont coAduit à l'homœopathie. (/d. pag. d4.)
encore «ottle espèce de rèlo daàii ïm dëo<HMrdrte ées ibc^yens propres à les gaérir ; mais dobs l'appelons kântemeiit à notre secours quâné il s'agit d'établir un diagnoslie ef un pronostic. Il est éyident ^pM i'kemœopathie ne peut ai ne doit proscrire l'anatomie patàologiqne sans se ntettre en cootnidiction avec elle-même ; car si les maladies ne noas sont connues que par lewrs symptômes , nous devons les recncHlir tous avec sois et n'en négliger aveim. Or» l'ana* tomie pathologique noas fournit des symptômes fixes « durables , facilement appréciables par l'observaleiir. A ee titre, il est hors de doute que Fhomceopathis' doit ett tenir OQ compte rigoureux et les joîwlre aax lésiona de sensation et de fisoctioii poor former te teUeau oampkt de la maladie (^),
ce Pour l'homceopathe, oomaifre les médioamenSf savoir (1 les formuler selon oq systènw posologique fondé d'après « l'infinitésimalité , voilà le cercle étroit ds sa doctrine a merveilknse. »
Le merveilleux prend sa sofwce dana l'^oranee, ef Toilà pouvqool la doctrine de Hafaaemann est merveilleuse pour tous ceux qui refusent de l'approfondir.
« En effet , la doctrine homœopathique porte qu'un (( remède doit être suivi d'une efficacité d'autant plus tt grande qu'on se rapproche le plus »: dans soo mode « d'administration , de la dose d'un décimillimiièmè de a grain ; en sorte que si l'on prend un grain d'un médicale ment» qu'on le jette dans une rivière » et qu'on aille <c ensuite puiser a» dessous ^ on doit avoir la divisioa infi- « nilésimale dss homeeopathes , elC'. >i
(4) Contfweneê méêicaUi^ par le éocidvr Glktassrel. Arcliiv. et lourn. de.lalléd. hema»f, Itom» t, p. 90.
— Où -^
Aihsi véllà' éticorë la discussion engagée sor les petites dôséb; o^nràlà'on'ùcf sur elles et chaque raisonnement est acèbtt[tôgUé dfe sàr'càbmès.' Mais', encore une fois , leur aedbtt'é^lM fiiit, et contré' lih fait Icis raisonhemens sont impuissans. En réfléchissant d'ailleurs , on serait obligé de cottvtfmlf q\)re'Vélat actuel de no^ connaissances physiques , cNhÈriqtr^ et plrysiologi^ës n'e permet aucune objection sél'ieiJSe; M^lheUrètiÂbtnèhl, au lieu de réfléchir et de répondit, nos fldif^ë^sâireàaimtot lÂieux'rîré; c'est plus facile. M; Dncro^ jeune ne conaiprend pas lès infiniléàimalités ', notiâ lie lëà ctrttiprenons pàâ mieux que lui ; nous lés ad- QMttoûSf pbuirtant sans mûrihttre, tandis' qu'il les proscrit : c^ést qné nous avonià cbinpi'is qu\in fait d'observation ne a^tsibiit que par le de viéU , et , avàht de noua- prononcer, nous avons expérimenté, observé. Qu'il fasse coâime nous; qu'il expérimente et qu'il observe. Jusque là toute discussion est complètement oiseuse et au moins inutile.
« Le système homoeopathiq^e renferme une vérité, m
Lr'ftireii esl'tMÛif 5 et>DOii»:eB|)i*eooB8acte, cher confrère, pMi^'VMë reùifè inexcusable aux jent diè cfaàcutt d'avoli^ 81 peu étudié un système qui renferme une vérité.
« Il est incontestable que la divisibilité fait acquérir à « uB reoMde des prèpriétés médicameafteuses plus pro-^ K'j lioÉeéés;» '
Cèlâ^esrvrài , et c'est précisément parce que la divisibilité augmente I activité d*un remède', que nos médicamens hofiMeopatbiqHea'Offfeot un<^ telle énergûs'à^des doaeb aussi faiUtav
« IW'grtiîtt de »càWMél'estyf bîétf'poi^ihyrifi'é; il' agira' K avec une énei^ij» thérapeutique quatre fois plus forte « ' qn^e^-feiila poqjib^^ilsalîuii ôi:;it moins complète. »
Quatre «fai»'*? ce^ (chiffre est inexact; votre bon plaisir
seul le donne , et vous seriez bien en peine de dire sur quoi il repose. Le principe une fois admis que le mode de préparation développe l'activité d'un médicament , cette activité nouvellement acquise échappe à toutes vos prévisions ; il faut l'étudier.
Laissons là M. Ducros jeune; il est coupable d'avoir voulu trancher, de son autorité privée ^ la grande question de rhomœopathie , quand il n'a pas même consacré quelques momens à son étude. Il a répété ce qu'il avait lu dans quelques journaux, sans lire Hahnemann et sans avoir expérimenté la doctrine. L'occasion était belle pourtant quand le choléra sévissait au milieu de nous: la science qu'il professe n'était-elle pas assez nulle devant un cholérique , pour qu'il lui vint à l'idée de chercher ailleurs des ressources nouvelles (')?
(1) M. Dacros jeune est un ingrat; rhomœopathie, dont il médit, lui a fait obtenir ( à son insu , il est vrai ) ce qu'il regarde comma un beau succès ehes une jeune enfant atteinte d'affectioli cérébrala compliquée de toux conyulsiTe. Les évaenations sanguines^ les réyalsifsy les dériratifs avalent été employés sans succès ; le médecin ne savait plus à quel saint se touer, lorsque , heureusement pour sa malade , ntfe idée lumineuse vient tout -à-coup se présenter à son esprit ; ii la saisit au passage. La rougeole régnait alors épldémiquenent; M. Dacros jeune, trouvant « un lien de parenté morbide, sous « le point de vue étiologique , entre les symptômes de Tépidémie « régnante et ceux que lui offrait cette variété d'affection cérébrale », fut eonduit 9 après de mûres réflexions , à administrer à sa malade la belladonne, « agent médicamenteux qui agit d^une manière élective « et spécifique contre les toux quinteuses de la coqueluche et de la « rougeole. > Et, à son grand étonnement, la belladonne .enleva rapidement Taffection cérébrale avec les symptômes catarrheux.
M. Ducros jeune, fier de ce succès, dont il attribue tout l'honneur à la juste appréciation qu'il a su faire de la constitution médicale régnante , n'a pas l'ai^ de se douter, le- moins du monde , qu'il existe à côté de lui une doetriae dont le fondateur a , depuis BO ans , eonsigné
. M, Docros aine , plas réservé que son jeune frère » mais BiQû moins injuste que lui envers l'homœopathie, reproche quelque part aux médecins homœopathes ce qu'il ajffecte d'appeler V irrationalité de leur posologie. Rien ne peut excuser la nature de ce reproche. La réforme médicale est indépendante de toute posologie ; ce que nous voulons faire admettra , en théorie comme en pratique , c'est la loi de spécificité ou la loi des semblables. Après cela , il nous esl facultatif de donner les médicamens par grains, par gros ou par onces. Si nous nous opiuiâtrons à donner de petites doses y c'est par cette seule raison que l'expérience nous révèle chaque jour la nécessité de celte pratique. Or, il y aurait irrationalité k lutter contre l'expérience, tandis qç'il y a justice et raison à se soumettre à ses lois.
De tous les médecins de Marseille^ MM. Ducros frères sont les seuls qui aient écrit leur opinion sur l'homœopathie; les autres se contentent de formuler leur pensée de vive voix dans les cerclés et les salons. Pas un n'a imaginé une objection qui , en absence d'énergie et de puissance , ail au moins le mérite de la nouveauté ;. tous ne savent que moduler sur divers tons ce qui a été dit cent fois et ce qui cent fois aussi a été réfuté. Occupés à faire de la clientelle (c'est le mot consacré), ils donnent en général tant de temps au métier qu'il ne leur en reste plus pour travailler à lent instruction ; aussi , tout en parlant bien haut d'homœopathie, ils en ignorent encore jusqu'à l'alphabet.
Ici , c'est un habile parleur qui se révolte à l'idée qu'un globule d'ipécacuanha fasse vomir , qu'un globule d'opium fasse dormir ; il en est encore à apprendre que la doctrine
dans un d9 ses immortcU écrits ( Voyez Jfat. méd. pure^ tom. i , pas. 489) ce qu'il n'est parvenu , lui , à irouTSr qu'après de trèa. longues réflexions et un laborieux enfantement.
Jet semblables administi^ IMpécacaaoha pour arrêter le vomissement, non pour le provoquer; l'opium, non pour porter au sommeil , mfiis pour combattre Tassoupisseopieiili
Là , il nous faut entendre dire que l'homoDopathie e»% la médecine des riens.—- Docteur, puisque mon fils est perdu , je veux essayer de l'homoeopathie. — Cher ami, ne vo^s y trompez pas ; en ce moment nous ne faisons rien , nous faisons de Tiiomœopathie. — Mot plaisant qui prêterait à la raillerie , si railler était possible.
L'homœopathie n'est rien ? Ah ! c'est commode ; vous faites ainsi bon marché de cette masse de médecins et de ces publications incessantes (^) qui proclanuent la supériorité de h doctrine nouvelle sur toutes les autres doctrines médicales? Mais^ après tout^ des malades que vous avea^ abandonnés sont là qui vivent , et vivent pleins de santé ; vous n'étoufferez pas topjoursleurs voix comme vous étouffisz la nôtre.
Nous savons plus d'un confrère qui prononce avec assurance , partout où on veut TéouDuter, que rien n'est plus facile à connaître et à pratiquer que l'homœopathie. Men- SP9S0 que cela! L'homœopathie est une science profoade^ immense et qui entraine forcément à des veiHes sans fin tout praticien qui se. voue consciencieusement à son culte. Elle réclame une connaissance approfondie de Tianatoraie , de la physiologie, de la pathologie générale, enttn de
(I) .ft'ous sommes plein de reconnaissance pour les coatinuateiu» des wmAipe* de la Médecine Komœopathiqw ^ et nous rendons un tribut d*honimases bien mérité au rédacteur en chef de la Bibliothèque homœopathique de Genève: II. Peschier est un de ces hommes rares qui assez de noblesse de caractère et d^éléyatlon d'esprit pour consacrer à la propagation de la yéntè toute leur intelligence et même leur fortune.
tonleft les pirlies poiilhrtt de la médeeiiie» el de plus elle est Uriasee de toutes les difficoltés que présente nécesssîtement une sdenoe i son origine. Nous n'ayons qne peu d'onrrâges tradoitsen français , et qvi croira qu'il est bien bcîle de se Cimiliariser avec les iutetars originaux? oonditien indispensable à qui Teût marcher d'un pas rapide et sur* Dans la pratique , il ne s'agit pas » comme sont habitÉës i le fidre tant de itiédecins de la vieille école , à passer cinq minutes auprès d'un malade et à formuler une recette; il fiiut de toute nécessité étudier les sètasatiohs du malade, n'oublier aucun des symptômes qu'il présente; puis in-, lerroger les médicsmens expérimentés jdsqu'a ce jour, se ressouTcnir exactement des eCTets patbogénétiquesde chacun d'eux , les comparèi* au tableau de symptômes morbid<» qu'on a sous les yeux, et choisir enfin celui de tous qui est le plus homœopathique. Tout cela n'exige-t-il pas pins de temps et d'attention que de prescrire, en courant, des sangsues ou de la limonade? L'homœopathie condamne ce laisser-aller ; elle veut que le médecin traite , non la maladie qui est dans sa mémoire, mais celle qui est dans l'organisme du patieiit. De pareilles exigences sont de nature à troubler la quiétude de bien des gens; elles ne permettent pas même de faire trente visités par jour; c'est fâcheux , mais ce n'est pas un crime.
Les remèdes homœopathiquès sont des poisons ! Voilà une insinuation nouvelle que sèment dans le public nos adversaires , toujours remarquables par leur bienveillance et la délicatesse de leurs procédés. Après nous avoir accusés de fiiire la médecine avec des riens , les voilà qui nous traitent d'empoàofineifrs. Tout homme de sens saisit , à première ▼ne, ce qu'il y a là d'inconséquence, nous allions dire de méchanceté. L'homœopathie n'emploie pas un seulmédica-
ment qui ue lui ait été fourni par l'ancienne thér&peutiqne ,' et il y a même cela de singulier que quelques-uns de nos plus précieux médicamens sont précisément des substances qu'ils dédaignent comme inertes. Ainsi , le lycopode j que nous employons tous les jours avec succès dans une foule de cas pathologiques , est à peine usité en pharmacie pour rouler les pilules et empêcher qu'elles adhèrent entre elles. Avec le sureau , qui est désigné , dans le dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques , comme un médicament faible et peu digne d'attention , nous guérissons une sorte d*asthme , les sueurs abondantes , etc. , etc. Il est vrai que l'aconit, labelladonne, /aytMftftame, etc., occupent encore une place distinguée dans notre arsenal thérapeutique , et les gens du monde pourraient nous alléguer que ces substances sont réputées vénéneuses ; mais que Ton se rassure, elles ne sont pas si vénéneuses , puisque tous les médecins les emploient journellement. Or, entre leur manière de doser et la nôtre vous savez quelle énorme différence.
Nous n'en finirions pas si nous voulions nous arrêter à chacune des imputations lancées contre la doctrine et ses partisans; nous savons tout ce que, dans la lutte > nos antagonistes ont déployé de passion et de perfidie. Leurs arguties appellent à peine le sourire sur nos lèvres , mais leurs procédés nous indignent et nous font battre le cœur. Comment discuter de sang -froid avec des adversaires qui , poussés dans leurs derniers retrançhemens , portent la déraison jusqu'à nous accorder libéralement un brevet d'incapacité, prétendant que les pneumonies que nous croyons avoir guéries n'étaient que de simples catarrhe», que nous avons pris une diarrhée pour un choléra, un furoncle pour un anthrax , etc. , etc.? Nous voulons nous contenir; le scandale nous répugne, et nous sommes fier de
garder sur tux !• double avantage de la bienséance et de la vérité.
II est à Marseille nn médecin habile qui , depuis plus de trente ans , s'est acquis une haute réputation de mérite, aussi bien par une pratique étendue que par un enseignement profond et varié. Cet homme vraiment supérieur a joui du beau privilège de marcher à la tête de sa génération « et il Ta mérité, tani il a apporté de persévérance dans ses labeurs , tant il a jeté de lumières sur toutes les parties de la science qui ont fixé son attention. Nous , en particulier, nous lui avons voué toute notre estime , et c*est le cœur navré que nous sommes obligé de convenir qu'il est ennemi de l'homoeopathie. Expliquons-nous : il n'en parle jamais , mais quand on lui demande ce qu'il faut en penser, il formmie une opinion outrageante pour les partisans et même pour le fondateur de la doctrine. Certes , celte opinion , si elle était motivce , serait pour nous*méme d'un grand poids dans la balance; mais elle ne repose que sur une idée préconçue. Il y a de la part de ce médecin jugement sans examen préalable, et, faute de cet examen , le jugement est faux.
Ne demandons pas l'impossible : l'honorable savant dont nous parlons , et que tout lé monde connaît , a vieilli quarante ans dans l'étude , et ce n'est plus à son âge que l'homme peut se livrer encore à des recherches pénibles et recommencer une instruction nouvelle. Il est vrai que rhomœopathie compte dans ses rangs plus d'un vétéran qui a eu le courage de se dérober à un repos nécessaire et de sacrifier ses derniers loisirs à l'intérêt de l'humanité ; mais ne voyons là qu'une belle et rare exception. C'est à nous, qui sommes jeunes encore, qu'il appartient de consacrer de longues veilles au travail glorieux d'agrandir
oos connaissances. Le temps et la force i^e nous manquent pas, à nous ; seuls , nous n'avons pas de position acquise a piénager quand même , nous sommes libres : pourquoi nous refqserions-nous à ouvrir les yeux à la vérité et .a recevoir la lumière , de quelque côté qu'elle nous vjenne ? Travaillons , c'est une œuvre de. conscience ; si rude qu'on veuille nous faire le présent , l'avenir ^ra beau pour nous si nqus savons être utiles.
Au moment où nou^ tenninons notre ti:avail » nous lisons dans la Presse un feuilleton sur l'homo^opathie » signé Jules Pelletan. Encore un pamphlet à ajouter à tant d'autres ! Sans doute , il ne restera pas sans répoQse : il sera trop facile à nos confrères de Paris de faire res&ortir combien il y a de bassesse à entasser ainsi faussetés sur injures. Nous ne voulons donc pas y répondre; mais, comme quelques-uns de nos lecteurs pourraient avoir conservé une fâcheuse impression de la lecture de cet article , il est bon de donner d'avance ( sauf à le prouver quand on voudra ) un dément) formel à M. Jules Pelletan sur les résultats qu'il dit avoir été obtenus des expériences faites à Naples, à Paris, etc. Un médecin devrait s'estimer assez pour ne pas faire une guerre aussi déloyale à des hommes d'honneur et de loyauté. Il accuse tom les médecins homœopathes de faire sciemment et dans un intérêt personnet une médecine nulle et dangereuse. Ceci est une atroce calomnie ; et que son auteur sache bien que celui qui , publiquement et sans preuves , appelle le mépris des autres sur ses confrères , celui-là l'opinion publique le flétrit.
OBStRTATIOIf I.
Mlle. P.... rae LoDgnOidM^ji^pveins , 4F9iiOi) hêtÊke , nmpamià , TigfHvmMQiUBDt cNuistîMKP', son Imbildëe au ofMt B»n{b» rdepttif eoidraii tirais «us, ëpoqfié m&i fUr convenance plutôt que par goût , elle prMnfk f>hlrii0«M fois le jour d» fort café i l'eau, d^«oetlo«le«r fancinante* pressiye , qui occupe tout le côté droit de la tête et s'étend jusqu'à Tœil du même côté , ayec la sensation comme si cet organe était fortement tiré en arrière. Autrefois la douleur venait par accès à difierentes heures de la journée et à des époques plus ou moins éloignées ; mais , depuis un mois environ » les accès ont lieu régulièrement toutes les nuits vers trois heures du matin , et se prolongent en s'affaiblissant jusque dans Tapré^'-midi. La «latade». auparavant vive et gaie, est triste, taciturne, ne peut s'occupera rien, recbercb(^ la solitode et le silence , le moindre bruit provoquant w aggravant ses maux de tête. Il y a ; bouche pAtense» perte de l'appétit » soif, constipation» soovw^ Jfince le jour, insomnie la nuit.
Ëa constitution de la malade, l'abus qu'elle avait fiait dn c^Jié t la céphalalgie semi-latérale apparaissant à trois heures du matiu « tout indiquait évidemment l'emploi de Nm vom. : j'en administrai donc une dose *ào le soir da 19 d^embre 483$.
30, L'accès n'a pas eu lieu ; la malade n'accuse qn'un peu i§ pesanteur au front.
S3. Le mieax te «oatienl ; apparition précoce det menttraea.
26. Lqper ressentiment de la migraine toujours i la même heure. Nux vom, V«4 •
3 janvier 1837. Point de changement. Sulph. ■/}• •
9. Mieux prononcé; il est survenu depuis deux jours an prurit général et des boutons à la &oe.