OBSERVATIONS PRATIQUES
SUR L'HOMœOPATHBE,'
Parole doctear SGUDE&Y ( de Mttsine ).
Lettre à Son Excellence Don Alexis Santo^Stefano ^ Marquis de la Cerda , Gentilhomme ordinaire de la chambre de Sa Majesté le roi des Deux-^icllee , Intendant de la vallée de Messine j etc. y etc.
Excellence ,
Décidé à publier quelques unes clés observations homœopathiques pratiques les plus remarquables que j'ai eu roôcasion de recueillir pendant le cours de cinq années , j'ai cru de mon devoir de vous les adresser , à vous qui m'avez fourni l'occasion la plus favorable de faire les observations les plus convaincantes et les plus décisives en faveur du nouveau système. C'est vous, en efTet» qui m'avez choisi dans la province que vous gouvernez pour aller au secours des babitans de la commune de Mandanice, tounnentés par une dysenterie épidémique, et je saisis aujourd'hui l'occasion de vous en témoigner toute ma reconnaissance ; car c'est à vous que je dois non seulement d'avoir enrichi mes recherches sur l'homœopathie , et de m'être senti porté de plus en plus vers la doctrine de l'illustre et savant Hahnemann. Mais encore je vous suis redevable du bonheur d'avoir été de quelque utilité h un canton qui fut le séjour de ma pre-* mière eo&nce. en délivranl bientôt les habit ans de l'épidémie dont ils étaient les victimes.
2 OSSEllTATIOS MlATlOVBS
Les recherches que fai rhonneor de tous présenter sur cette nou?eUe doctrine furent entreprises par moi , senlement dans on bat critique , et encore pour attaquer les préceptes du réformateur allemand (i). Car, si d'un côté j'étais forcé de reconnaître dans sa théorie de l'art de guérir le cachet d'un génie incontestable et d'une logique puissante , si je ne pouvais nier la Yaleur d'une matière médicale créée entièrement d'après rei|>érimentation pure; de l'autre, la puissance de remèdes atténués presque à l'infini , et à un point où l'analyse la plus d^icale ne décoorre plus aucune trace de leurs propriétés physico-mimiques , me paraissail une com- ^ètb chimère. Je me disais aussi que l'obserTatiob la plus rigoureuse au lit des malades n'tf urait pas manqué d-en démontrer l'inefilcaeité jusqu'à l'évidence, surtout à un praticien habile , et ayant une habitude suffisante des expériences directes-
D'autre part , quelfe objection pouvais-je adresser en dehors de toute expérimentation , il une dbctrine qui se l^roclame née seulemetil de l'observatiM et de l'expé* Irieîiêe ? C'est, en effet, arec raison qu'Hafanemann ne
(i) Le maréchal de camp du roi des DeDx*SiciIes , le commandant L. Garaffa de Noja, qui commande aojoard'hai ta province et les troupes à Messine , partisan décidé de la doctrine homœopathiquev fat le premier à m'ezcîter à étudier la nouvelle nédecioe. Je loi en fais ici miUe remercimens et je lui en témoigne ma profonde reconaaissance. îl est inutile de rappeler avec quelle philanthropie il s'empresse de secourir les pauvres malades au meven de ses connaissances homœopathiques.
pedt admettre d'autre téfalatii>n , d'antre raisonnement qoe ce mii se déduit rigouremement des obsertaitions et dès f&ilê. Il suffit dé lire et d'étudier sesf doctes ouvra-^ ges » pourvue» déjà pénétrée du sehtiméat de candeur et de vérité qui respire dans seé écrits , vous sentiez qu'il ire TOUS reste d^autre arme à manier contré un si gran j adversaire, que celle de rèxpérimentation (i). Les observations pratiques, d'accord avec les maximes
m I II
(i) Pourquoi cfoDc l* Académie royale de ^nédeclne de Paris inyli^é ^ Ik goixtei'néiii^nt âl exdiAiùér et a etpérimenter avec soin Î99 dùcltitms homœopiiltlîeiîies, âdbs le but de reèofanaltre leur ^« pérlorit^ silr cellefi des doctrines des alfopfathesr; [Pourquoi, cHs^je, a-t«elte dédaigné de descendre dans le champ des expériericedi pourquoi a-t-elle esquivé les fails que lui présentaient les homœopalKistes ? Flattée peut-être* de l'état de perfection auquel elle croît 1â Aîêdëùihe actuelle parvenue par Ses efîorts , a;t*elle cru demr à sdti orgueil de refiobs^f titiè réforme liiédicale importante, parce qu'elle n'était pas née dan^ son seitt P Certc^ elle a tiiàfiqiié le btJl le plus important et le plus philanthropique de la mission qiî-eNé avait reçue, celui de détromper , au moyen de ses recherches, bèa nombre de médecins ses confrères qui, dans toute TEuropé, ont embrassé et embrassent journellement les maximes homœopatbiànési et elle a, ihanqué Toccâsion d'éclairer sur la fausseté de ptfrëîiles niaiioies la société i(oi eci devient l'itl^ttàble victime. lia Société médicale n'aydUt doiic en àncutîi^ itîanfère rè{5ôndu nM ▼œux du gouverneitiënt sera, par le jugement qu'elle a porté, tout* à-fait assimilée à la montagne en travail , car sa décision, prise à lai légère sans expériences préalables, n*a pu que la faire déchoir dans rôpinion de ceux qui attendaient qu'eïlç se prononçât pour
se décrdèr euititiéméâ.
4 * OBSBAVâTIONS PftATIQVÊS
de la doctrine d'IIahnemann » et une honorable ciiealelle qui avait placé en moi 8a confiance , me fi^nt doBC peu à peu et même malgré moi délaisser la. médecine ordinaire ou allopathique, à l'étude de laquelle j'avais entièrement consacré ma jeunesse , et pour laquelle j'avais entrepris beaucoup d'excursions, de voyages, afin de visiter les principales universités et Içs plus célèbres cliniques de l'Europe.
Les observations que je vais exposer ne peuvent certes fournir àl'homœopatbie un soutien plus solide quel>eaucoup d'autres qui ont été recueillies dans divers ouvrages ou dans différens journaux , et qui ne laissent rien à désirer sur la vérité des maximes homœopathiques. C'est par la con?iction que j'en avais , que je m'étais abstenu de les publier jusqu'à ce jour : il me suffisait qu'elles eussent puissamment contribué à dissiper tous mes doutes sur l'irréfragable puissance de substances atténuées au plus haut degré , et qu'elles m'eussent éclairé spr iin principe aussi philosophique qu'importapt en pathologie, sinuUasimiliôtts curuntur, en opposition avec son prédécesseur contraria contrariis. Mais, ayant réfléchi que depuis neuf ans le choléra asiatique, s'avançant du nord au midi , a décimé les nations civilisées de l'Europe, qu'il exerce aujourd'hui ses ravagés sur les citéa populeuses de notre Italie , et que par malheur, peutêtre , il n'épargnera ni notre lie si belle , la Sicile » ni les populations de la province administrée par votre sagesse, je croirais manquer à mes devoirs , si d'un.côfé je ne cherchais ii démontrer à ués cpJlèguc9 , par w^s
son L'SOM0eOPATHl£. 5
propres expériences» l'importance des doctrines d'Hahnemann , dans toutes les maladies , et si de Tautre je ne vous avertissais de leur immense avantage dans tous les cas d'épidémie. J'ai Thonnear de vous en offrir tin exemple dans la dysenterie qui a désolé la commune où vous avez daigné m'envoyer.
Sans rappeler beaucoup d'affections .contagieuses ou épidémiques observées en Allemagne et ailleurs, et dont les desçr^tions et le traitement démontrent la supériorité de la méthode homœopatbique, il suffit de faire connaître les résultats qu'en a obtenus dans le choléra 9 pour que chacun soit convaincu des bienfaits qu'elle a procurés à l'espèce humaine.
Les docteurs Shroeter à Lemberg^ Lichtenfels à Vienne , Wreckaà Vienne et à Selowitz en Moravie» Stu- 1er à Berlin» Seiterà Wishney» Volotschok en Russie» Bakody à Raab en Hongrie » Gerstel de Prague à Mariahilt » Tischnowitz et Klostordorfen Moravie» Hannush à Tischnowitz » Fisher dans une petite ville entre Vienne et Brunn , Veith et Merenzeller à Vienne.» Schaller » Lovy et Baer à Prague ; tous ont traité les malades attaqués par le funeste choléra» d'après les principes de l'homœopathie. Leurs mémoires prouvent que sur i368 malades de tout âge» de tout état» de toute condition qu'ils ont entrepris de traiter» 1261 ont été guéris »^^ et 107 seulement ont succombé; c'est-à-dire qu'Us n'oat perdu qu'un malade sur i3» ce qui est établi dans le t^bleatt suivant.
6 oisiMfAnm F&ATfA^B^
llalafef. GiifrU. Mottl.
Docteur Shpoeler. .,•... 27 26 1
— Lichtenfek 4o 5; . 3
-4- Wpdw. ïM i>2 la
— Slulw, ....,?. 54 S9 5 Seîler * . 10a 86 «5
— Bacody 22? 2i5 8
~ Gersfel 33o . 298 52
— M. Hannush 84 78 6
— PèveVi^tfau 15^5 122 5
— Quîp f . . . »9 26 *
— Scballer. .•..•• ii5 u5 »
— Lovy. • . .^ • • t » • *o 72 8 -H Merenzeller. . , • . • 3o 27 3
j368 1^61 107 En oQtre » d'après le rapporf; ^^jQiU^ique d^s autorités de Tischoewltz , sur 667 1 babilaQ^ , ti y eut , savoir :
M^lade^. GitiriM. t Iffortt»
Traités par h méthode allopaihîque. 53i 229 102 -7- par rhomœopathie • • » • 278 261 27 — par le camphre sans médecin. ••.••••.. 71 60 11
Lps docteurs Herflvama et JKmmeJummn , chargés par
le g^ttT^roemèot rosse à Saîat-*Péterhpltrg d'un hôpital
de dioiérique^ , assurent dans leur ra]pport avoir guéri
tQM8 i9# malades qu'ils soumirent à Rhomœopathie (i).
TQHt aiu contraire » le choléra-morbus s'est montré re-
T\ * A) " " • '' > 'r* ' » "* ' " >■ —IP ■!■■■■ » m ■!■■ I I B I M l IIII1WII ■ ■— — ^^— — ^—
(f) §f oo.^ïBiîl pl08 d^ décsiU» on peut consulter les ouvrages suivans : Quin ^ Du traitement homœopathique du chddém, Paris, ia3ft ; Puplaty Observations de choléra traité komœopathiquemûnt i à Mar«
ll^U h tpato ^9pj^ce de méthode allApatbi({t^« Le$ statistiques de tpus les pays» de tputesle^ cités atta({U|$.es par Tépidémie» donnent une .effroyable mortalité : et^ qiiaj^d cette mortalité n'a pas ét^ supérieure au nppil^r^
des guérisons # eUe n'a pas été au dessous de cinq mort/i sur douze malades.
Certes 9 les malades q^i^ sans appdçr 4e méd^cip » s'abandonnèrent ajux ressources de la nature » on firent simplement u9agB de remèdes dpme^Hquès , n'eurept pas à souffrir une mortalité plu^ considérable {%)•
Pans une disparité si grande de résultats , pour une m44àk qui 4écia^e les popi^tiptis qu'elb attaque , et contre Uque(Ie la médecine ordinaire ne procure auoun sejcours» un e^saide clinique homœopathique .devra paraître d'une grande importance. Oserai-je proposer à la sagesse ide Yofire Excellence , dans le cas d^nvasion dif choléra d^ns la ville de Mesfine ou dans leé environ^ , de vouloir bien désigner ^ms l'hôpital une isajile particulière de clinique homœopatbiqne ( et l'autorité de taj^ d^ sa-, vans médecins allemands doit paraître snfiisaxite ppiyir appuyer une pareille détermination) : on verrait» je n'en puis douter , une foule de victimes arrachées au fléau destructeur ;^ et'poi^aervées à rjËtat. De plus, les médecins cglpes et raisonnables /ceux qui ne sont pas ,e^- 4ttrcis dans les erreurs d'un art qi^ i .devrait toujours êfj/çQ
seille, x835. BibUoihèqa9 homœopatkiqM , t.I, p. 899 ^ t. VI^ p. aoc Mi a54.
(i) Voir les ogvrage^ qu'on vient de citer, p. 6.
s OB8BKVATION8 P&iTlOt^ES
salataire , trouveraient, dans le champ, que tous leur auriez ouvert , à recueillir une foule d'observations qui seraient pour eux le moyen le plus énergique de vaincre la répugnance qu'ils éprouvent à renoncer à un système de médecine trompeur et même mortel dans une foule de circonstances.
Ce n'est pas ici le cas d'exposer les remè4es qu'emploie rhom'œopathie pour la guérison du choléra : ce n'est point là l'objet de ma lettre , et l'on pourra trouver ailleurs et les symptômes de la maladie et les remèdes qu'on emploie pour la combattre (i).
Je viens d'exposer les motifs qui me déterminent à publier mes observations pratiques : avant de commen* cer , je dois m'excuser auprès des personnes qui auraient préféré ne pas voir leurs noms figurer dans des observations médicales , leur protestant que je n'ai eu en vue que l'intérêt de la science et le désir de mettre les médecins incrédules de Messin^, où j'ai fait mes premières observations , à même de vérifier, quand bon leur semblerait 9 la véracité de toutes mes assertions»
Épidémie dysentérique.
A Handanice , petit village montagneux de six cents fimes , situé à dix lieues de Messine, parut , vers les premiers jours de juillet i833, une épidémie dysentérique» Elle attaqua d'abord la partie la plus pauvre des habitdns; et atteignit bientôt ceux qui étaient dans la plus
■«fiiwaiMMMaHM
(r) Voir les mêmes ouvrages ctiés, p. 6.
SUA L'flOUOfiOPAïniE. g
graiide aisance. Les autorités , effrayées de roir périr di]( personnes en peu de jours , et la douzième partie de leur Jiopulation atteinte du même mal, réclamèrent auprès de vous les secours lés plus prompts. Choisi par Votre iBxcellence pour prendre les mesures que je croi^ rais les plus utiles au salut des habitans » je m'empressai de me transporter sur les lieux, et je remarquai ce qui suit.
Du jour de mon arrivée (28 juillet i853 ) au 7 août , j'eus à examiner quarante-un malades à diverses époques de la maladie , en sorte qfjp® P"^ distinguer, dans cette dysenterie , trois périodes bien tranchées.
Première période. — Invasion. Chez les uns, vertiges, comme s'ils allaient tomber , tête pesante et embarrassée , borborygmes dans les intestins , tranchées au bas** ventre. Chez d'autres , mal de ventre en forme de coliques , liausées , pincement dans différentes parties de l'abdomen. Les malades se plaignent de serrement au cerveau , mal de tête aigu, surtout vers les parties externes du front. Ëlancemens et retentissement dans les orbites : ces douleurs augmentent quand le malade baisse la tête. "^Progrès. Après douze ou même vingt-quatre heures , pénibles épreintes , efforts inutiles pour aller à la garde-robe, ou évacuations d'une très-petite quantité de matières écumeuses, muqueuses, oh l'on remarque, daQs certains cas > quelques traces de sang ; mais lé malade éprouve une sensation des plus pénibles , comme si les intestins, comprimés entre le dos et le ventre, allaient s'échapper par le rectum. Colique et mal de ventre qui
) OBSEBTiTIOXfi NkiTIQims
oblkent le Qialadû à se coarber forlement en av$at. Évacuations écuxneuses d'une couleur jaune verdâtre , ou.analogue au safran. Envies yiolonles d'é^^cuer toutes les cinq ou dix minutes , accompagnées d'ane sensation pénibfe , comme si Tanus et le rectnJvi se fussent déchirés*; ténesme)» fréquens » émissions ^bruyantes de yepts d'une odeur insimportable, urines çhaojiBS et brûlot à leur sortie le canal de rorètre. Les urines du restd étaient infec|es , et si on les conseryail » elles se troublaient et deyenaient blanchâtres. Pouls petit » déprimé, %ure abattue , faiblesse et Appiblement des jambes , engourdissement des gei|pux, ajOTaîsseaqjient et décourage* ment.
Deuxième période. Deux ou trois jours m plus, après Tinyasion de la maladie» tpus les symptômes qui affectaient la tête et le yentre s'aggr^iyaient ; ils étaient acr compagnes d'un sentiment de brûlure et de piGOtement I l'estomac » de vomissement » surtout dans |e tpmps des éviuMaations j les matières rendues étaiept noirâtres * fétides p d'une odeur fjorten^ent acijde; évacuations prolongées et sonores; et, peg d'instans après; violentes éructations» hoquet continuel; douleurs sécantes à Tom** bUio; spasmes liouloureux et crampes au has-ventre , C0%ae déchirante; envies d'aller à la selle » soit inutiles, soit suivies d'une .éyaciiatji^ de matures muqofiwe^ §t teintes de sang» arec des dpqleurs làncinaptcis ai| pubis; évacuation d'une .grande quantité de sang; évacuatipiui fréquentes «Ee l^eappoijp de matières molles, puriformes, et mêlées de sm^, fignaléea pg^r k «ijSKlade conuaaa a^il
étail sorti un gros noyau de maUèves , aocoibpagBéea d'iiDe douleur iosûpportabip au ^%cruni el au rgi^iù* Langue sèphe et rude; »oif et âé$ir d'eau gUoéaB^a^i-* tude pépiblé; tiraillemeut génëral^ crampes aux m(À^ leï^; trem)>Ieiaent|ttraibie$se qui p4raIys0Qt Jfi3 }ambes; frissons dan$ le dos , froid très-sepsible aux ^aûba el aux pieds , et , peu de temps apr^ , cjlialettr au front •<»» ^ la tête ; fièvre accompagnée de sécheresse à la peau. Tristesse et angoisse comme h l'approche de la mort. Chute des fprces; les yeux «'enfoncent dans leur^ orbites et s'entoi^rent de cercles bl^euâtres. Amaigrissement çt quelquefois mort.
Troisième période. Garde-pobes de matières aqueuses» noirâtres (mélanosis); quatre-ying^ à /cent évacuation^ par jour» amaigrissement et émaciat|ion* Refiroidis^meiit général et sueurs coHiquatives ; délire^soif inextinguible» désir ardent de glace , chaleur brûUnte dana la h!owh^ et à l'estomac (pyrosis); langue sèche, gerc^, HpirâCrei dent^ noires; baleine cadaréi^se , facis bifipçcjratiijpii»^ gémissemens bontinueb » soupira violons , hoqUiBt. Sntsuite palme» cessation de plusieurs sypiptomes; ap^ parence d'amélioratiqç dans l'état du malade i mort, i
Je n'ai pu apprécieries altérations patholpgiqfie^ après la mort 9 parce que l'autopsie de deux iadivijlus que j'ai vus moujirir m'a été refusiée par Ifis par;ens» à cause d^a préjugés qui rèjgfient da^ ^e pay^.
I Causes de la maladie.
Siûvanft I^^ Q|)Si^vati<wa ^ )'ai p» vms^, puàaik
If
t % OBSERVATIONS »IIATIQ0B8.
attribuer Id ttal : i* à la disette qai régna pendant Thiver eUe printemps , et qui obligea les malhéarenx habitanV se nourrir exclusiyement de végétaux sauvages oa cultivés et de quelques graines légumineuses ; 2* à Tavidité avec laquelle ils se nourrl(||^t de blés à peine mûrs et mal séchés ; à un été très-variable ^ où des pluies abondantes succédè^rent à une grande chaleur.
TraitemenU
JjQS remèdes que }*ai cru devoir administrer aux malades p suivant la loi homœopathique , ont été » dans la première période , de la camomille à la 10* dilution , la coloquinte et le sublimé corrosif à la 3o® ; la camomille prise sous forme de globules (un seul ou deux chaque i3emi-heure)jaété9 dans les premiers temps dé la maladie» d'un ejQfet salutaire , mais peu durable : aussi jamais je ne laissais les malades sous sa seule influence » et de huit à douze heures après» je leur faisais prendre deux globules de coloquinte , et je les laissais pendant vingtquatre heures sous l'action de ce remède. Ce temps écoulé , il 7 avait une amélioration sensible dans leur état 9^ et la sdnté ne manquait pas de se rétablir au bout de deux ou trois jours. Même dans un cas où j'administrai , six heures après l'invasion du mal , 2 globules de coloquinte , la guérison s'acheva entièrement dans l'espace de vingt-quatre heures ( voir Observation première , p. 533). J'ai cherché» dans quelques cas» & administrer le sublimé-corrosif (deuto-chlorure dé mercure ) » exjiérimenté comme spédfiqae contre les dysenteries épidé^
SUR L'HOBroeOPATHI£< tS
iniques que resiomac amène ; mais n'ayant Jamais pu remarquer aucun signe de son action , j'ai cru utile de renoncer à son emploi.
Dans la seconde période» la coloquinte s'est montrée
encore efficace. J'ai dû aussi des effets ^utaires au su«-
mac vénéneux (rhus toxicodendron)^ et à l'acide sulfa-
. rique. Cependant le sumac vénéneux , à la So"" dilption»
et produit , suivant les circonstances » de très-heureux
résultats» surtout - quand la maladie, par un mauvais traitement allopaihique » commençait ë dégénérer en fièvre typhoïde (yoir Observation ttoisième^fi. 335). Dans la dernière période» Tarsenic» à la 3o'' dilution» m'a semblé pouvoir être d'un effet avantageux ; cependant le mal était déjà sigaivancé » que la mort fut inévitable pour deux individus que je vis succomber » l'un douze heures après mon arrivée» et l'autre après trois Jours d'un cruel martyre. Deux autres individus » au cou"-
traire » abandonnésd||bc seules forces de la nature » et cbez lesquels la msffifaie non seulement avait parcouru toutes ses phases » mais encore s'était changée en une espèce de fièvre mésentériqueconsomptive» ont éprouvé de l'arsenic des effets merveilleux » quoique , dans l'un de ces. deux cas» il n'eût^été administré que le trente^ ciaquième jour de la maladie.
Cas particuliers de dysenterie.
Première observation. Dominique Gampagna » journalier » figé d'environ vingt ans» d'une constitution robuste» ressentait depuis ^^ux jours uae pesanteur ë la tête»
i4 OB^ERYATIONS PEiTIQTJES
une douleur vive au front. Le 3o juillet au matio , il fui prU de coliques intestinales violentes , et, au bas-ventre» de tranchées qui l'obligeaient d'aller souvent k la selle. Ses éffdrté étafient continoeis , mais vains ; ténesme. L'ayant vîfité le soir 9 II puis faire le tableau pathologique suivant. — Vertiges semblables à ceux de Tifresse., douleur gravâtite à la tête , comme si elle était «serrée dans un étau y élancement subit dans les orbites ; borborygmes ; flfttfuosités édnot'es et fétides; au baj^-ventre» coliques très- aiguës , comme si bn lui eût coupéles intestins , ce qui forçait lebmaladè h se replier en arc : efforts vains et ténesme ; tentatives répétées pour aller h la selle , éva^ cuatiotts de matières écumeuses mêlées de sang et de mucosités ; faiblesse dans les jambes , pouls rare et petit , soif ardente / pfileur du visage , frièsouà légers aul pieds » sentiment de froid. — Camomille à là dixième dililtton, répétée de trois en trois hreures; Coloquinte lé lendemain matin ; en retnârquantilk^rès six heures, que le^ phénomènes morbides se calmaient, je m'abstinà d*ord<lnner de nouvelles dbses. Le jour d'après , te malade ie sentit si parfaitement rétabli, qu'il voulut s'en aller et vaquer h ses affaires.
Deuxième odservatîm. "D. Placido Longo , â^eiiviron vingt-cinq ans, propriétaire^ fut attaqaéleiîS juillet de vertiges et de mal de tête , accompagnés de tranchées suivies de selles abondantes. Quand je le vis , au cinquième jonr de Isr maladie , j'observai les phénomènes sutvans :
Céphalal^Q sons-orlbitdei covas^o ri la téteaflait ae
briser , dbuleurs vives et poignantes en dliférentes parties de l'abdomen » flatuosités infectes et sonores ^ tënésine, nausées pendant les évacuations; de demibéufé en demi-heure, environ ^ évacuàtioii de mucosités blanchâtres et écùmeuses, niêlées de stries de sang, et accompagnées dé fortes douleurs aubas-ventrê et au sa* crùiii : il sèfilblait au malade que ses intestins allaient è^ëcbâpper. llrîneg rares, puantes, troubles, blanchâtrès, cfccààionaht; au passage, lé sentiment d'une vive cbâlèut* dans lé canal de riirëtrè. Fatigue générale danè tbus le^ metnbres ; aux genbùx, sentiment db paralysie; dbatteident ^ maigreur de la fôcè, yeux caves, pouls petit et lent. Après réinptôi dé là èoloquinté , répétée i^ns les deux pr6mie^s jours, et celui du r^us ra'^ tltaiii et de diacide sulfuriqtie , te malade se rétablit le hilitièmé j}oui> du traitement , liiais sa convalescence fttt longue.
Une de se§ sdbiirs ^ son frète abé, deux de ses filles » Furent parèillem^ attaquées dé la dysenterie : elle Tut accompagnée de fièvre. Dans ses deux filies', il y avait en outï*é de^ vers ; cependant ces quatre personnes se trbavèirent guéries après avoir fait usàgè dé X aconit \ (de la camomilie , du rhus radicàûs et dé Vàcide sulfa^- Hque ; mais la maladie du frère aine ofirè cela de remarquabie, qu'elle est une preuve que, dans cette épidémie; les saignées et les sangsues étaient ce qu'il pouvait y avoir de plus fiinesté , comme o^ va le voir*
Troisième observation, D. Gàetano Lôngo présenta
tout h icoàp le matin, 5o juillet t tous les symptômes
i6 OBSEifATIÔNâ PB/LTJQVES
précimeurs de la dyseoterie , avec de forles douleara à l'épigastre. Appelé près de lui , je m'empressai de lui admioblrer la camomille et la coloquinte. Le lendemain , le malade, jugeant son état empiré, crat devoir recomrir à la médecine allopathîque , et il appela on médecin , qui se hâta , à son tour ^ de lui prescrire un certain nombre de sangsues à appliquer sur l'abdomen. N'ayant pas obtenu d'amélioration dans Fétat.de son malade, et à cause de la fièvre et de la dureté du pouk , il lui fit une Saignée, et le mit au régime antiphlogistique. Cependant le mal prit un aspect si grave , que les parons , désespérés du pronostic funeste porté par le médecin qu'ils avaient appelés , implorèrent de nouveau les secours de l'homœopathie. Le matin, 2 août, lorsque je lui fis ma visite, j'observai les symptômes suivans. Pesanteur et douleur gravative au front , étourdissemens , état comateux. Bouche et langue sèches , âpres , rougefitres , soif, inap-pétence, évacuations de matières putrides » muqueuses, et mêlées de beaucoup de sang noir M puriforme. Vertiges , obscurcissement de la vue pendant les évacuations , et douleurs déchirantes dans les entrailles et à l^nus. Urines très-^rares , prostration des forces , lassi* tude dans les jambes , et jusqu'à réduire à l'immobilité; pools fréquent et petit , indifférence complète du malade pour son état, réponse brève, peau sèche, sommeil délirant , accompagné d'une multitude de paroles mal articuléès. — Rhas radicans , deux globules , à prendre de trois heures en trois heures*. Le lendemain ^ améliora -
tion générale dap» l'état du ffiaUde , suspeMoa de toute
* sn l'hoimeofatuu. i^
eq^èoe dfi temède , el gaérisoa complète le ^piatrième jour (i).
QwOntme observation. Anlonia Zamboni, petite fiUe de hiiit ans, et d'une constitolian grâle» attaqaée de dy* sentme, me présenta les symptômes soivans :
Doolear an dessns de Torbite drmte; coliques violen* tes à l'épigastre ; évacaations avec dooleor an bas-ventie, tantôt de matières muqueuses et sanguinolentes mèldes d'ascarides; tantôt de beau et pur sang. Les évacuations étaient souvent accompagnées d'une douleur insupporlableau pobis et au coccyx-, soif» lefroidîssement général.
(i) Le malade qui fait le sujet de ceUe observîôioa n'habitait pas le même viliagje que son frère: il demeurait à Leacadi» à une demi-lieiie de Mandanice. Son médecin» le docteur G. Mirone , qui avait an à traiter dans cette commune la même épidémie dysentérique^ s'émerveillait non seulement d^ la çnérison prompte et miracoieuse de son client^ mais anssi de celle de trois autres personnes qui vinrent me consulter » pendant que j'étais dans la maison de Longo, pour la même épidémie dysentérique. Il m'écrivit , me sollicitant, au nom de rhumanilé, de lui faire part de mon prodigieux witrétf me disant que le traitement qu'il avait employé avait été généralement malheureux. Je lui expédiai une note pour la con* doite de ses gialades^ lui indiquant les phénomènes morbides 9 avec les remèdes appropriés aux diverses circonstances » et je lui ai appris que tout le secret de rhomœopalhie consistait dan» une étude attentive des ouvrages de Hahnemann. Bientôt après» il eut à me remercier par une seconde lettre, d'avoir dès ce moment sauvé tous les malade^ qu'il eut a traiter de la dysenterie, et commença a prendre goût pour les oi^vrages d'Hahnemann , que je lui avais procurés.
l8 OBSBftVATIOHI fllATlQlîBS
koigiie blanohe, pâleur et âaigreur ; fièvre dans l'aprèamidi , qui tombait le soir. J'administrai le sublimé % et » deux )omê après , la coloqtiinie : aocune amétîort^tion, au fifki t faire i'état empiisQ;. *
Je lui prescrivis le rhas radicûns ; sa gUériftoR ^nt liea le quatrième pur de l'emploi du remède^ répété trois Mê ; le quinzièthe à compter de rinrasion.
Quatrième observation. Gaetana Spadaro, jeune fiHe tatxipagtiarde de seize ans, d'une constitution plntdt robuste » fut la première attaquée de la dysenterie. Quand je la vis, elle était au quarantième jour dis la maladie » donf elle avait parcouru toutes lea périodes» et qui semblait avoir dégénéré en une. fièvre hectique» Voici les phénomènes que je pus observer : — Évacuations dysentérique^ comme de matières découpées; la aurliftce du vase qui les contenait » présentait des mar* bmres produites par un mélange de matières non digé- Iréesy muqueuses, puriformes et sanguinolentes; vomissement continuel de matières liquides et d'alimens ; soif inextinguible» langue aride. Douleur obtuse aux reins» hoquets 9 toux accompagnée d'expulsion de mucosités bronchiques ; état fébrile rémittent » pouls fréquent et petit, légers frissons le soir, sueur puante et glutinettse au Cou et à la tête le matin ; tout le reste du jour, peau sèche et rude. Sentiment de chaleur interne , maigreur extrême ou plutôt marasme , aménorrhée pendant plusieurs époques. PulsatiUa répétée pendant' trois jours* Au sixième jour» alternativement, Varsenic et acide ne- . trique de Six en six jours. Je. partis au bout de neuf
fwM f el f'euâ le pleîsir d'apprendre cpM ma ^)8tDM <iiA^ l«dè aiuiit éfé cAanplétèiimit rétalilie au iKKit de^do'iHiîl f^ors déiraitoOQlBDt.
Sixième ot^tervatim. Mada|ié lA^atbe Ha^roeM^ pw priétatipe» fi^ de quarante-six ans, d-ane forte eral<« pleuon» $e troatait attaquée depub huit joôrs de la djsefiterie, lorsque jeJa Tisitai^ Outre les symftoinH exposésplus haut, il y avait une oé{AaIalgie$ vertiges pendant les éracttatiend, qui étamit continoeUes» de matières pultaeées^ striées de plusieurs couleurs , aooonpa** gnées dô coliques et d'un refroidissement général. Sent»* saent du brûlure à jl'estomac^ hoquet, iaugne sèche t pouls très-fetit, «siafs sani fréqutoce; ^oif , et éésir die boire à ià'glaee; feee terreuse» yeux enfoncés; je prsa*erîvis le tubUrm. Le lendemaifi» coinlînuafit à se tMNnrer dans le même état > elle pr^liSra s'en tenir à une ^nsui^ tation allopàthique , qui lui avait été envoyée par éerit par un médecin de la ville, et d'après laqueUè on it un ttsàge réitéré de sangsues à f abdomen, et Ton donna â rinlérieor une potion d'huile de ricin el d^ainandes donoes , des lavemens» etc. Pendant ce Irakenient, le osai fit de si grands progrès » iffi^^ lorsque trois jours apièi» oédaAt aux instances de la famille, je revis la ^Milade » jo ^
trouvai un refroidissement générai sur tout le cor^^, qui
était couvert de sueur ; sentiment vif de brftlttre depni» -^ « l'estomac jusqu'à la bouche *, bouche et langue des plus arides, soif inextinguible, avec désir ardent de boissons glacées; vomissement constant, peu de temps après.toute espèce de breuvage /.do^matières noirâtres dkine odeur
s» OBinVATIOlrt PUTIQVBS
cadbfMfoes âéjedieDs alTines aqaeoMS des mêmes Hialièf6s noirilies, qoi semblaieiit appartenir à la membrane moqoeiue tombée en gangrène. Haleine cadaTéri- ^•e iniopportable » hoquets continos , prostration ccMâplèle des forces ; soopirs, gémissemens, pools très^lit ; je donnai Xaruàic^ Vaeide nitruiae; amâioration appa* renie pendant Tingt-quatre heures. — Mort denx jours après. —On me refqsa Fautopsie.
La méthode homœopathîque ne pnt être non pins d'aocone ntitilé pour nn en£mt de trois ans , maUde d^k depuis quinze jours , présentant tous les symptômes de la dysenterie^ qoi , chez lui , était . accompagnée de Tors intestinaux (j'ai observé bette complication de yers dans tous les enfans qui eurent la dysenterie), parce qu'il se troo¥ait avoir aussi une méseatérite» accompagnée de maigreur générale et de lienterie. La mort en fut l'inéfitable conséquence.
A mim retour à Messine, qui eut lieu le 7 août, après être resté dix jours à Mandanice , on pouvait dire que Tépidémie n'existait plus; car» excepté le jeune Crupi, mort le 10 août, et la malade fc Tétat chronique qui fut guérie le 16 ^ je ne laissai depière moi que quatre dysentériques , qui se rétablirent bientôt après ; et d'après le rapport de raotorité municipale » il ne se présenta • fias aucim cas nooroaq.
TABLEAU $TATISTIQUS.
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