INTERMÉDIAIRES
Les remèdes sont des substances douées de principes actifs, non digestibles, qui jouissent de la double propriété de modifier et de troubler à leur manière les fonctions du corps en santé, comme aussi de rappeler à la santé l'organisme malade.
Les aTimenls, au contraire, sont des substances propres
à être digérées , changées en sang , assimilées à nos orga-
>. nés, incapables de troubler l^économie, et qui, par con-
u4 séquent, ne peuvent ni rappeler la santé , ni produire la
maladie.
Comme la nature ne passe que par des transitions graduées d'un produit à un autre , il y a une foule de substances entre les aliments et les remèdes qui ne sont précisément ni l'un ni Tautre , c'est-à-dire , dans lesquelles Paliment n'est point pur, mais uni à un principe actif, à un agent médicinal , et dont on doit rigoureusement s'abstenir pendant le traitement des maladies tant aiguës que chroniques ; telles sont : le persil, le radis , le raifort , le poireau j Tôignon, l'ail, le cerfeuil, etc. Ces substances et autres semblables occasionnent le plus souvent, surtout si l'on en mange beaucoup ,* diverses incommodités , comme renvois , maux de cœur, maux d'estomac, gonflement du ventre, flâtuosités, ardeur d'urine, lénesmes, hémorrhoïdes , irritations nerveuses , etc.
Ces espèces de comestibles, qui contiennent quelques principes médicamenteux dont on peut quelquefois profiter pour la guérison de certaines maladies , forment la transition entre les aliments proprement dits et ces substances nombreuses que fournissent les trois règnes de la nature , contenant peu ou point de sucs nourriciers , mais qui possèdent des vertus médicinales plus ou moins actives et qu'on appelle remèdes.
Parmi les remèdes homœopathiqucs , figurent , outre une partie des substances que l'ancienne médecine emploie dans le but de guérir , celles que le luxe a introduites pour irriter le palais et exciter l'appétit , comme la plupart des épices , le poivre , le gingembre , les clous de girofle , la
noix muscade , la cannelle , le café , le thé , etc. Dans Pusage abusif qu^on en fait maintenant , ce n^est que par une longue habitude que ces choses perdent, mais seulement en partie, leur influence sur l'organisme, qui , le plus souvent, en éprouve des dérangements plus ou moins sensibles.