RAISONS QUI JUSTIFIENT 1^ SEVERITE DU REGIME
Si les effets des remèdes employés , même à des doses élevées , comme on le fait par les procédés allopalhiques , où une plus grande liberté dans le régime est permise, sont altérés, troublés, diminués ou tout->à-fait détruits, par Tusage toléré de ces substances actives , les remèdes spécifiques homœopathiques , à raison de Textréme petitesse des doses auxquelles on les administre , exigent impérieusement Téloignement de tout ce qui peut avoir la moindre action fâcheuse sur l'organisme et une plus stricte observance des règles de Thygiène : ee n'est qu'en remplissant très exactement cette condition que le médecin peut compter sur le succès de ses traitements.
La détermination précise du régime dépend de Tespèce de maladie , quelquefois de sa cause , du tempérament , des habitudes du malade , et de l'action propre du remède à employer.
£E MAIiADE NE DOIT ABSOLUMENT RIEN FAIRE QUE CE QUE PRESCRIT US MÉDECIN.
Souvent les malades prennent , suivant leur caprice , d'après le conseil des gardes ou de leur entourage , outre les remèdes ordonnés par le médecin , diverses boissons , ou emploient d'autres moyens qu'ils appellent simples, et
auxquels conséquemment ils n'attachent pas une bien grande importance. Ils en usent néanmoins dans Tintention de calmer quelques symptômes fatigants, d'obvier à quelques légères incommodités , ou pour un but qu'on suppose , avec plus ou moins de raison , ne pouvoir être atteint par les autres remèdes. Mais il n'en est point ainsi en homœoparthie, où le remède , bien choisi, répond toujours, sinon à la totalité, du moins à la grande majorité des symptômes. Il est donc absolument nécessaire que le malade ne fasse littéralement que ce que le médecin prescrit ; aussi se gardera-t-on soigneusement de prendre sans son avis quelque infusion que ce puisse être, de sentir la moindre essence, de faire aucune lotion ou application extérieure quelconque , non -seulement parce que rexpérience prouve que ces moyens ne procurent presque jamais de soulagement durable , mais surtout parce qu'ils pourraient changer ou détruire l'efTet du remède ; et le médecin et le malade seraient trompés dans leur attente.
Ces infractions au régime, même involontaires , sont plus fréquentes chez les personnes d'une certaine classe , par l'usage généralement répandu des cosmétiques, des eaux de senteur, des poudres dentifrices , des parfums de tout genre, des huiles éthérées essentielles, etc. , contenant des principes médicamenteux très actifs dont l'odeur, quelquefois nuisible aux personnes en santé , ne peut manquer d'aggraver certaines maladies et de troubler l'action de tous les remèdes homœopathiques.
On se gardera également de prendre des bains de siégé, bains de pieds, lavements; de faire des frictions, des onctions; d'employer un moyen extérieur, quel qu'il puisse être, sans l'avis du médecin.
AXIMEKTS ET BOISSONS DÉFENBUS.
Il faut su«out faire un choix convenable des aliments, puisqu'il y en a beaucoup qui, conienanl peu de sucs nourriciers ou possédant quelques vertus médicinales , ne peuvent convenir aux malades ; tels sont, parmi les viandes : la chair des animaux trop Jeunes ou trop gras , le veau, l'agneau, le cochon, Toie, le canard, la venaison trop faite, plusieurs espèces de poissons, les écrevisses, les huîtres , les anchois , le thon , le hareng, et en général toute espèce de poisson sec ou mariné et de viande rancc
ou salée ;
Parmi les légumes, ceux que j'ai désignés plus haut (page 3), ainsi que l'asperge, le céleri, les fèves et autres
légumes secs;
Toute herbe d'une odeur forte et aromatique ou d'un goût trop acide : le cresson , l'oseille , la chicorée amère , le pourpier, l'estragon, la pimprenelle, les feuilles de laurier, de laurelle , le thym , le serpolet , le romarin, elc;
Certaines semences et autres substances indigènes ou exotiques dont on se sert pour assaisonner les aliments , comme le cumin, le fenouil, l'anis, la moutarde, le piment, le poivre, le gingembre, le clou de girofle, la noix muscade , les feuilles et fleurs d'oranger, le safran , la vanille , l'ûngélique , etc.
On s'interdira également l'usage des truflîes noires, des champignons, des olives, des câpres, des cornichons, de toute espèce de fromages vieux , de la conserve de genièvre, de la mélasse, du miel, des pâtisseries feuilletées, etc.
Tous les fruits acerbes, trop acides ou qui ne sont pas parvenus à une parfaite maturité , ne peuvent être que nui-
sibles; aussi s'abstiendra-t-on des oranges, des dirons, des grioUes rouges, des merises, des coings, des groseilles , et généralement de loui fruit non greffé el de mauvaise qualité.
Il faut aussi soigneusement éviter Tusage de toutes les boissons échauffantes, qui ont nécessairement sur la. santé et Teffet des remèdes une influence fi^cheuse, telles que Teau-de-vie, le bichof, le punch, les vins chauds et le§ liqueurs de toute espèce , le café, le thé de Chine et de Suisse, toute infusion de menthe, de sureau , de camomille, de mélisse, de valériane, de fleurs béchiques , pectorales, vulnéraires , toutes décoctions , tisanes , eaux minérales ou médicinales quelconques, et, dans la plupart des cas,, s^abstenirdu vinaigre et autres acides, tant minéraux que végétaux, non-seulement très nuisibles dans certaines maladies , mais qui sont encore les antidotes de beaucoup de remèdes.
AUMENTS ET BOISSONS PERHHS.
Malgré toutes ces restrictions , il reste encore aux malades un grand nombre d^alimeuts et de boissons à choisir. Parmi les substances animales, on doit compter le bœuf, le mouton, le poulet, le coq-d'Inde, le pigeon, et autres volailles de basse-cour; les grenouilles, le gibier, tous les poissons d'eau douce, excepté l'anguille, et quelques poissons de mer, tels que la sole , le merlan , le saumon ; les œufs à la coque, mais non durs , ni cuits sur le plat; le beurre, les fromages doux, et toute espèce de laitage.
Les aliments végétaux , bien plus nombreux , permettent aux malades un choix encore plus varié. Parmi les légumes, les plus convenables sont : Tépinard, les pois verts,
les haricots verts, les choax-flears, les choux frisés, les choux-raves, les raves, la poîrée, la chicorée blanche, les carottes, les navets doux , la betterave , la pomme-de-terre, les légumes en gousse , surtout frais ; les grains de toute espèce, tels que le riz , le millet, les gruaux dWge, d^a~ voine, de godelle; les farines de mais, de froment, de seigle; les pâtes de Gènes, la semoule, la panure, les di- ' verses fécules , celle de pomme-de-terre , Tamidon , le sagou, le salep, le tapioca, etc.; les fruits, qui toujours doivent être bien mûrs et de bonne qualité; les prunes, cerises douces, pommes, poires fondantes, nèfles, raisins, framboises, fraises , melons , pastèques, pèches, brugnons, figues, amandes , noix et noisettes , surtout fraîches ; tous ces fruits cuits ou confits , mais non préparés avec des aromates ni aucune épice. Les fruits crus ne se prendront jamais à jeun, ni dans Tintervalle des repas.
Les malades peuvent, à leur choix , manger du pain noir ou du blanc, pourvu qu^il soit pur, de bonne qualité, fait au moins de la veille , bien fermenté et bien cuit ; pour beaucoup de personnes , le pain de seigle ou contenant du seigle est en ^général préférable au pain de froment, si toutefois elles le digèrent facilement , qu^elles ne soient point affectées de maladies aiguës , et qu^elIes n'aient point de répugnance pour le pain bis , comme cela arrive quelquefois.
Les biscuits, les gâteaux peuvent être permis, ainsi que la pâtisserie, lorsqu'elle n'est point trop grasse, et qu'elle ne contient aucune substance de haut goût.
Le sucre n'a point d^effet désavantageux ; le malade peut en prendre, mais en quantité modérée.
Parmi les boissons , la plus convenable , dans toute espèce de maladie , est Teau de source courante , fraîche et lim-
pide ; après Peau c^esl le lait coupé qui offre le plus d'avantages.
Il y a une foule d'autres boissons préparées par Fart , dont le malade peut faire usage pour étancher sa soif, on pour se nourrir en même temps , telles que : la bière blanche ou petite bière , les bouillons de viandes , les décoctions de gruaux d'avoine , d'orge , de riz ou de froment , de salep , d'amidon , de fruits secs , tels que pommes , poires , prunes, figues, raisins; Teau panée, le lait d'amande ou orgeat , en prenant bien garde qu1l n'y ait point d'amandes amères; le cacao un peu grillé et moulu bien fin , cuit dans de l'eau ou du lait , etc.
Les personnes habituées au vin pourront continuer à en faire usage aux repas seulement, mais en moins grande quantité que de contume et étendu de beaucoup d'eau. Les vins devront toujours être de bonne qualité et des moins capiteux.