‹ Du froid en thérapeutique (volume 2)Chapitre 38 sur 41 · DE L'AIR EX DES EAUX · texte numérisé non relu

DE L'AIR EX DES EAUX

L'air atmosphérique est inconlestableraent pour rhomme le premier des besoins; aussi aura-t-on le soin de renouveler très souvent Tair de rappartemenl où couche le malade, et de Tenirelenir aussi pur que possible. Il est surtout nécessaire que les fenêtres de la chambre où il couche soient fréquemment ouvertes , en évitant avec soin les courants. Toutes les fois que cela sera possible , on fera promener ou asseoir le malade à Pair libre, sec et pur; cela est surtout nécessaire aux personnes affectées de maladies chroniques, et à celles d'un état sédentaire, parce que l'air de Tappartement , quelque soin qu'on y metle , n'est jamais exempt d'exhalaisons nuisibles , et que le séjour prolongé dans cette atmosphère non renouvelée occasionne souvent des maladies ou les entretient.

A regard de la température de l'air, le malade peut la régler d'après sa propre sensation , aussi longtemps que dure un véritable état de maladie. Certains maux exigent qu'on se tienne au frais ; d'autres ^ plus chaudement. L'air frais est surtout utile chez les jeunes gens^ dans les affections inflammatoires, les maladies aiguës, éruptives on exanlhématiques , en évitant toutefois que le malade se refroidisse; mais une température plus élevée convient aux personnes âgées, et dans les maladies avec diminution des forces, faiblesse plus ou moins grande.

Lorsqu'on se tient habituellement trop couvert ou trop chaud, on acquiert une sensibilité maladive de la peau, et les moindres impressions atmosphériques produisent de fréquentes incommodités et souvent de graves maladies. Aussi les personnes chez lesquelles celte disposition n'est

point le rcsaltat ou l^effel d'une maladie actuelle , doiventelles tacher de perdre cette funeste habitude en s^exposant petit à petit et avec ménagement à Faction de Tair libre.

L^eau est la boisson la plus naturelle. Comme Pair et les aliments , elle exerce , par ses qualités bonnes ou mauvaises, une puissante influence sur la constitution et le tempérament de rhomme. L^état de santé, une longue habitude permettent souvent de supporter, sans de graves inconvénients, Tusage de certaines eaux insalubres ; mais . dans rétat de maladie, la moindre substance contenue en dissolution dans ce liquide peut non-seulement produire sur l'organisme, devenu plus impressionnable, de fâcheux eJOTets, mais encore modifier, altérer ou annuler Taction des remèdes. 11 est donc urgent de procurer au malade de Teau qui réunisse , autant que possible , les caractères suivants :

1<» D'être claire et limpide, de ne contenir aucun corps nî substance qui en trouble la transparence ;

2® D'être légère, sans couleur ni odeur, d'une saveur vive et fraîche ;

3® De bouillir aisément, sans se troubler ni déposer des corps étrangers ;

4® De cuire rapidement les légumes, les herbages et la

viande ;

5** De S'échauffer, de se refroidir et de se geler aisément ;

€** De bien dissoudre le savon et de blanchir le linge;

T° De ne point altérer les dents , de ne point fatiguer l'estomac , ni resserrer ou dévoier le ventre ;

8** De dégager beaucoup* de bulles d'air, étant vivement agitée dans une bouteille ;

9° De se charger facilement de la saveur et de l'odeur des végétaux qu'on y fait infuser, etc. , etc.

L^eau doit, en grande partie, ses qualités, dans Tusage diététique , au renouvellement d^une certaine quantité d^air atmosphérique qu^elle contient ; aussi les eaux des grandes rivières et des sources courant sur un terrain pierreux et sablonneux, sont-elles celles qui réunissent en plus grand nombre les conditions indiquées. Après celles-ci viennent Jes eaux de pluie , de fonte de neige , de citerne, etc.

Lorsqu'on ne pourra se procurer que des eaux d^une qualité inférieure, il sera bon, pour les rendre potables, de les purifier , d'en extraire les substances étrangères, au moyen du filtre , et de les saturer d'air atmosphérique, en les agitant fortement dans un vase découvert ou dans une carafe à moitié pleine.

Il est. des maladies nées sous Tinfluence de certains climats, de certaines dispositions géologiques ou atmosphériques, de la nature des eaux, etc., et que l'on ne peut guérir promptement et sûrement qu'en faisant changer de pays au malade. Dans les cas où cela serait absolument impossible , le médecin indiquerait , suivant les circonstances, les précautions à prendre, les moyens à employer pour annuler ou affaiblir, autant que possible, l'effet de ces causes morbides.

DE IiA KUMIÈRE.

La lumière du soleil est, comme l'air, absolument nécessaire pour entretenir les forces, non-seulement de l'œil, mais encore de tout le corps , et il n'en faut jamais priver le malade que dans le cas oii le cerveau souffre particulièrement et dans quelques maladies des yeux.

DE K'EXERGIGC.

Xi'exercice est indispensable au maintien , au rétablissement de la santé, à Peniretien et à raccroissement des forces musculaires ; aussi ne doit-il point être négligé dans! les cas où rétat du malade le permet, comme, à peu près, dans toutes les affections chroniques et les convalescences des maladies aiguës. On aura donc le soin de faire faire au malade , tous les jours , w moins une heure de promenade en plein air ou dans la chambre, si autrement cela n^est pas possible. L'exercice le plus avantageux pour le corps est la marche , et ce n'est que lorsque cette espèce de mouvement est rendue impossible par une trop grande faiblesse , des douleurs trop vives dans les membres , ou autres causes, qu'il faut, s'il n'y a pas d'empêchement, ou monter à cheval , ou aller en voiture. Dans tous les cas ^ on évitera les lieux bas et humides, ceux où régnent des odeurs pénétrantes , bonnes ou mauvaises , la rosée et le serein.

Un exercice bien avantageux encore est l'occupation mécanique modérée , à laquelle le malade peut se livrer, si ses forces et son état le lui permettent, surtout si sa profession l'oblige à des travaux intellectuels.

Les heures du jour les plus favorables pour faire de Texercice sont, dans la matinée, depuis huit jusqu'à onze, et dans l'après-dlnée , de trois à six ; cela dépend toutefois des changements de la température , de la saison et de l'étal de l'atmosphère. U n'est pas convenable que les malades se livrent à des mouvements trop actifs , comme la course, ou tout exercice gymnastique, ou qu'ils se promènent immédiatement après le dîner; il vaut mieux qu'ils se reposent pendant une heure, ou qu'ils dorment pendant

cei espace de temps, surtout s^ils y étaient accoutumés lorsqulls se portaient bien.

DU SOMMEa ET I>£ KJL VEIUUS.

Le sommeil est le moyen le plus propre à accroître les fdrces du corps et de Tesprit , diminuées ou perdues pendant la veille. Le malade doit, bien plus soigneusement encore que celui qui jouit d'une bonne santé, observer dans le sommeil et la veille la plus grande régularité. La nuit est destinée au repos , et le jour à l'action et au mouvement. Mais ce sont surtout les heures immédiatement avant et après minuit pendant lesquelles le sommeil est le plus réellement réparateur, et, par cette raison, le malade doit se coucher au plus tard à neuf ou dix heures du soir. Dans le milieu du jour, ou aussitôt après le repas , une heure de sommeil auquel le, besoin invite, peut, comme je Tai déjà dit, être très utile.

Mais quelque nécessaire que le sommeil puisse être pour réparer les forces, il ne faut cependant pas dormir trop longtemps ; car le sommeil prolonge produit .une sorte de relâchement et certains malaise^ qui, à la longue , peuvent avoir de fâcheuses suites. Un sommeil de sept à huit heures au plus est suffisant pour un adulte, qui doit, autant que possible , se lever, au plus tard , à six heures du malin. Les enfants seulement ont besoin d'un sommeil un peu plus prolongé, et d'autant plus qu'ils sont plus jeunes. Certains cas de maladie font exception à ces règles générales. Par exemple, quand le malade éprouve de l'insomnie pendant la nuit , il faut bien qu'il dorme pendant le jour chaque fois qu'il en sent le besoin. De même , ceux qui ont éprouvé de grandes perles de forces, doivent dor-

mir plus longtemps el plas souvent. II arrive cependant quelquefois que cette faiblesse n*esl qu^ne sorte de mollesse physique , et ce désir de dormir, qu^uu besoin factice qui est le résultat d^un défaut dinfluence suffisante de l'esprit sur le corps. Dans de seinblables cas , il est nécessaire de surmonter autant que possible ce besoin par des occupations mécaniques ou morales, par la société, les distractions de tout genre , et de ne point se livrer au sommeil plus longtemps que ne le prescrit la nature.

DES OCCUPATIONS INTEUUBCTUEUJBS*

Les travaux de Tesprit méritent aussi chez les malades des égards particuliers.- Les personnes atteintes de maladies chroniques feront bien de se livrer pendant plusieurs heures par jour à quelques occupations intellectuelles, si toutefois leur profession ne les attache pas simplement h des travaux mécaniques. Us doivent cependant éviter les contentions d'esprit trop prolongées, et tout ce qui pourrait exiger de la part des facultés de Tintelligence de trop grands efforts ou de trop profondes réflexions, à moins qu'ils n'en aient Thabitude. Le mieux sera de choisir le genre de travail pour lequel ils ont le plus d'inclination, de ne pas s'arrêter trop longtemps au même objet ou de passer alternativement à plusieurs. Dans les affections aiguës, les malades sont rarement-portés aux occupations morales; si par hasard ils veulent s y livrer, ils doivent choisir des sujets agréables et faciles.

Pour les malades, quels qu'ils soient, les heures du jour seulement peuvent être consacrées au travail ou h

l'étude.

Dans les maladies chroniques, oii un penchant à Tinac-

lion du corps ei de l'esprit prédomine, si d'ailleurs les forces de rintelligence ne sont point affaiblies, et que ce penchant soit plutôt le résultat d^nne mauTaise habitude que d^une cause morbide , il faut , autant que possible, tâcher d'accoutumer peu à peu le malade aux occupations intellectuelles, surtout à ceHes qui réjouissent èl distraient, ou à des travaux physiques amusants, parce quil supportera mieux le traitement et que la guérison sera plus sàre. Mais il faudra , toutefois, se garder de se livrer à toute occupation sérieuse ou fatigante , pendant une heure an moins après avoir pris le remède ; autrement on s'exposerait à en troubler les effets. Il en est de même des passions violentes, comme la colère, lé chagrin, etc., qui peuvent avoir les mêmes résultats.

DES AFFECTIONS MORAUBS.

Les passions de i'àme ont en tout temps, et surtout pendant Tétat pathologique, une influence décidée, ou bienfaisante ou nuisible.

Les passions qui exaltent , ainsi que celles qui abattent Tesprit, comme. la colère, le dépit, le chagrin, les peines morales, Teffroi, la peur, le souci, Tamour-propre mortifié, Tambition non satisfaite, etc., agissent très préjudiciablement sur le corps et doivent être soigneusement évitées. Ainsi les malades qui, par tempérament ou par la nature de leur maladie, sont très irritables, ou disposés à Temportement , à la colère ou au chagrin, etc., se garderont-ils , autant qu'il sera en eux, de s'y abandoner, et devront -ils éviter toutes les occasions qui pourraient les provoquer.

Les passions douces , les mouvements expansifs et ten-

dres, les affeclioas de Tâme, les sensalious de joie et de plaisir ont, au contraire, une iafluence favorable; mais encore faut-il qu^ils soient modérés , car ils peuvent élre préjudiciables slls passent certaines bornes.

Il est dés penchants auxquels ne doivent point se livrer les personnes affectées de maladies aiguës, celles dont le corps est très affaibli, ainsi que celles dont les souffrances consistent dans un élal pathologique de certains organes , ou dont la maladie est occasionnée par quelque excès.

DE Ui PROPRETÉ DU CORPS ET DES BAINS.

La propreté du corps nécessaire pour la conservatîSn de la santé est d^une bien plus grande importance dans Tétat maladif, où elle est souvent une des conditions indispensables de la guérison et de Faction des remèdes. Il faut fréquemment changer de linge et laver souvent dans Teau, sans aucune addition , Icsl parties exposées à Pair, comme le visage , le cou et les mains. Dans le cas dé maladies aiguës , surtout éruptives , on doit quelquefois s'en abstenir. Toujours faut-il avoir la précaution de ne s'exposer ii aucun refroidissement , ce que Ton évitera en se servant d'eau tiède pour se laver, et en essuyant de suite les parties mouillées avec du linge chaud. Les personnes affectées de maladies chroniques n'ont pas besoin d'aussi grandes pré-* cautions : elles peuvent se laver avec de l'eau tiède, «l même froide, suivant la saisop.

Dans le régime homœopathique , il n'y a que les bains d'eau de rivière (et dans lesquels ilne faut rien ajouter) que Ton puisse permettre , et leur nécessité ou leur inconvénient doivent toujours être jugés par le médecin.

DES GOSMÉnÇUES ET DES <W£URS.

Pour tout cosmétique , on ne pourra se servir que d'eau pure ou de quelque décoction mucilagineuse , du beurre de cacao , de l'huile d'olive , de celle d'amandes douces ouducérat, sans aucun parfum* L'usage des essences, du musc, de l'éther, du vinaigre, des sels volatils, des huiles, pommades ou savons parfumés, des eaux spirituenses aromatiques , du succin , de l'encens , des vapeurs odoriférantes , de la plupart des fleurs et généralement de tout ce qui a une odeur forte et pénétrante , sera, dans tous les cas possibles, sévèrement interdit.

On se nettoiera les dents avec du pain brûlé réduit en poudre fine, et l'on ne se rincera la bouche qu'avec de l'eau pure.

DE lî'HABTTATION.

L'habitation du malade doit être située dans un lieu sa- Inbre et, sMl est possible, élevé; exposée à l'orient ou au midi, éloignée des usines , deségouts, de toute émanation nuisible; où l'air puisse fréquemment se renouveler, dans laquelle le soleil ait un accès facile, et où l'on puisse sega* rantir, suivant la saison, et d'un froid rigoureux et d'une trop forte chaleur.

Les habitations des campagnes, des quais et des rues spacieuses djBs villes offrent la plupart de ces avantages; mais les quartiers populeux , les rues étroites, les étages inférieurs , les logements bas sont loin d'avoir les conditions hygiéniques convenaUes. On y suppléera, autant que possible, par un redoublement d'attention et de soin, dans les cas très nombreux où le malade ne peut changer de demeure.

L apparlenieal du malade , quel qu'il soit , ou du moins la chambre qui! habile, doit élre entretenue dans la plus grande propreté et aérée souvent, même dans Thîver, mais pendant le jour seulement. On en éloignera toute substance odorante, toute espèce de fleur ou parfum quelconque. Il faut, autant qu'on le pourra, ne pas renfermer les lits dans des alcôves étroites, et ne faire rester auprès du ma-lade que le nombre de personnes strictement nécessaire à son service,

DÉPIÎAÇEMXNTS ET VOYAGE.

Il est des maladies chroniques qui, par leur nature , s'opposent à tout déplacement; mais, dans le plus grand nombre , le malade peut changer de lieux , de pays même sans inconvénient, pourvu qu'il ne soit pas forcé d'enfreindre on d'interrompre son régime, et que ces déplacements ne soient point trop souvent répétés.

Dans les circonstances exceptionnelles où un malade est force de fatire un voyage de long cours, on doit continuer et même entreprendre le traitement d'une maladie qui per*met d'ailleurs le déplacement, dût-on n'en obtenir d'autre résultat que d'en arrêter les progrès oii d'en ralemir la marche. Alors le malade s^astreindra , pour toute nourriture , à l'usage des viandes bouillies et rôties , des farineux, des grains , des œufs frais cuits à la coque , du laitage , et autres aliments sains et sans apprêts qu'il pourra se procurer partout.

Il suivra d'ailleurs , autant que sa position pourra le lui permettre, les conseils et les prescriptions de son médecin.

Mais, pour obtenir des moyens de l'art tous les avantages

iA

qa^on peat en atl^dre , il faat , auUiBt que. possible , que le malade ait une habitation fixe , afin de mieux di>senrer les précautions hygiéniques et diététiques indispensables pendant son traitement.

Je ne me suis attaché ici qu'à indiquer les règles générales de conduite à observer, dans le régime, pendant le traitement des maladies par la méthode homœopathique. Le médecin chargé du traitement peut seul déterminer ou préciser Papplication de ces rëj^es hygiéniques, susceptibles d'une foule de modifications suivant Tftge , le tempérament, les circonstances individuelles, le genre dévie du malade, et surtout suivant Tespèce de maladie dont il est atteint.

Les médicaments seront toujours pris aussi loin que possible des repas ; en général, deux heures après un léger souper , ou le nptatin, à jeun, deux heures avant le déjeâner; et alors il est bon de prendre une tasse de bouillon dans rintervalle. Us seront pris en une on plusieurs doses , secs ou dans Teau ; dans ce dernier cas , on rincera deux verres, on les essuiera exactement avec un linge très propre , de manière à ce quils soient parfaitement secs, puis on mettra le remède dans Tun des verres, que Ton remplira à moitié d'eau fraîche. Dès que le remède sera dissous, on agitera vivement la dissolution en la transvasant d'un verre dans l'autre et on la prendra en autant de fois que l'indiquera le médedn , en l'agitant, chaque fois. On couvrira les verres avec un papier blanc ou un linge propre , on les tiendra dans un endroit frais, à l'abri du soleil et de toute mauvaise odeur.

Les remèdes ayant une certaine durée d'action variable pour chacun d'eux, le malade ne reviendra consulter qu'à répoque qui lui sera indiquée par le médecin.

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