‹ Du froid en thérapeutique (volume 2)Chapitre 39 sur 41 · ET DE CORRESPONDRE AVEC LUI · texte numérisé non relu

ET DE CORRESPONDRE AVEC LUI

Le médecin ne peut iraiter, avec quelque espoir de succès , un malade éloigné qu^autant qu^on lui aura iransoiis , sur le personnel du malade , sur ses maladies anlérieures et sur TaffectioD donl il est acluellement atteint , ainsi que sur les causes qui Pont produite, sur chacun des symptômes qu'elle présente et sur Tensemble des phénomènes^ qui la constituent, les renseignements les plus exacts.

Le malade fera connaître son tempérament en indiquant ses caractères physiques extérieurs, sa constitution, son âge, sa profession , ses goûts, son genre de vie, ses habitudes, ses dispositions morale^; il exposera ses infirmités naturelles ou acquises , les maladies les plus notables qu'il a éprouvées depuis sa naissance jusqu'au moment où il réclame le^ secours de Tart, et, si cela est possible, les principaux moyens qui leur ont été opposés. Il mentionnera notamment les affections de l'enfance , telles que ; rache , teigne sèche ou humide , dartres , gale , croûtes

dans le nez, éraption quelconque, ophthaliuie, flux d'oreille, engorgement glandulaire ou arlicnlaire, carie, né crose, rachilisme^ déviation de Tépine, dépôts froids, carreau , obstruction des viscères du bas-ventre , ulcères , verrues, engelures, etc. Il est essentiel aussi de désigner les inGrmités, les affections pathologiques et les prédispositions héréditaires dans la famille.

On indiquera si quelques troubles se sont manifestés à la puberté, quels ils ont été, et les changements qu'ils ont produits sur l'organisme , les maladies ou les indispositions notables qui ont eu lieu depuis.

Si c'est une femme, elle dira Tépoque de sou mariage , le nombre de ses couches , ce qu'elles ont, ainsi que les grossesses , présenté de plus remarquable ; si elle a nourri , ou non , si la cessation des fonctions périodiques a eu lieu , et quels en ont été les résultats, etc.

Tout malade fera connaître les principales circonstances physiques ou morales qui auraient pu détériorer sa constitution; les causes présumées, prédisposantes ou occasionnelles de sa maladie actuelle , la marche qu'elle a suivie , le développement successif de ses phénomènes. 11 tracera enfin le tableau le plus exact , le plus fidèle , le plus ressemblant que possible , de sa posiiion présente , en rapportant , d-aprèsPordre suivant , chacun des symptômes qu'il éprouve :

1^ Symptômes du cerveau , du crâne ou de la téie proprement dite, tant au dedans qu'à l'extérieur;

2o — des yeux et de la vue , des oreilles et de Touie , du nei et de l'odorat , des lèvres , des mâchoires et de la face en général ;

^^ — de l'intérieur de la bouche , des gencives , des dents, de la salive, de la langue et du goiit , de la faim et de la soif, du gosier et du cou ;

4" — de la région cpîgaslrique , de l^estoniac el de la digestion ;

50 — jy bas-ventpe et des organes qu'il rçnrerme , de la digestion inleslinale , de Fanus el des selles ;

go — (1^3 urines el du système urinaire, des organes génitaux el de leurs fonctions , de la menstruation ;

7** — de la poitrine , des poumons et de la respiration , du cœur et de la circulation ;

8° — du tronc et des membres 5 des systèmes osseux , fibreux et musculaires;

90 — du système cutané et de la transpiration ;

10« Symptômes généraux , ceux qui afiFcctent à la fois ou successivement le corps, et les symptômes relatifs an sommeil;

11^ Symptômes fébriles : frisson, chaleur, sueur, etc. ;

12® Symptômes tirés de la lésion des facultés morales , intellectuelles, de Phumeur, des dispositions de i'esprit et de rame , des sympathies ou antipathies.

Il est rare qu'une affection chronique , ménôe d'un organe isolé, ne provoque pas, au moins sympathiquement , des phénomènes morbides pouvant se rapporter à plusieurs séries de symptômes. Le malade les décrira donc avec toute rexactitude possible , en les notant sous le chiffre des séries auxquelles ils appartiennent et sans mentionner les autres.

Il est néanmoins des maladies qui ne se manife$tent que par un très petit nombre de symptômes , un seul quelquefois : ce sont celles dont le diagnostic est le plus difficile. Le malade doit alors insister sur toutes les circonstances commémoratives , sur lés affections de l'enfance , les dispositions héréditaires, sur lejs principaux remèdes dont il aura fait usage , afin que le médecin puisse reconnaître si la jmaladic est locale , si elle est occasionnée ou entretenue-

par une sorte d^tafeclioa générale , un miasme latent , ou si elle n^est que le produit de quelque traitement antérieur mal dirigé ou trop longtemps continué.

Mais la plupart des maladies chroniques anciennes , celles qui frappent à la fois plusieurs oi^ancs , celles qui naissent sous Tinfluence d^un principe morbide inné ou acquis , celles enfin qui sont le résultat de remploi inconsidéré et abusif des moyens de la médecine ancienne, et que Ton peut à bon droit nommer produiis allopaihiquet , ou maladies médicinales, ne tardent point à troubler plus ou moins toutes les fonctions de la vie , et chaque région de Téconomie est le siège de phénomènes plus ou moins nombreux, plus ou moins remarquables. U sera nécessaire, dans ce cas, de noter ces divers groupes de symptômes par ordre de succession, pour que le médecin puisse plus facilement distinguer les symptômes essentiels des sympathiques , les primitifs des secondaires, et reconnaître les symptômes générateurs^ c^est-à-dire ceux qui sont la manifestation directe , Texpressiou propre de la maladie , et contre lesquels on doit spécialement diriger les moyens de traitement.

Quel que soit le nombre des phénomènes dont Tensemble constitue Tétat morbide , qu'ils soient la conséquence immédiate de la maladie ou ses reflets plus ou moins éloignés, il est toujours très essentiel dlndiquer les caractères propres à chacun d'eux, leur physionomie particulière, les modifications qu'ils éprouvent des circonstances ordinaires de la vie , des époques de la journée , des variations atmosphériques, des saisons de Tannée, etc.

Ainsi Ton dira si la douleur est sourde ou aiguë, lancinante, martelante, pongitive, lérébrante ou semblable à Teffet que produirait une vrille enfoncée dans les chairs ; si elle est modifiée par la pression ou le toucher de la

partie malade; si un symptôme fnobile^ la douleur ou sensation nerveuse quelconque, Fensemble des malaises, etc., sont provoques , augmentés ou diminués par le mouvement ou le repos, par la position, couché, assis ou debout, la chaleur ou le froid, le malin ou le soir, le jour ou la nuit, le sommeil ou la veille, le silence ou le bruit, le boire ou le manger , dans rapparlemenl ou à Pair extérieur, par la promenade à pied ou en voiture, Texercice de la parole, le chant, l'agitation, les travaux du corps ou de Tesprit; les sensations morales vives , les temps humides ou secs , etc.

On indiquera également les modifications que pourront éprouver, par cesdiverses causes, les fonctions organiques et les symptômes matériels qui en sont les résultats. Ainsi Ton mentionnera la couleur, Todeur, la consistance, la durée, la quantité approximative d'un écoulement, d'une sécrétion quelconque, de la salive, de la transpiration, etc. A ces caractères , on ajoutera la fréquence ou la rareté pour les crachats, les vomissements, les selles et les urines, et si leur émission ou évacuation est plus ou moins difficile.

On notera exactement tout ce qui pourra éclairer le médecin sur la nature de certains symptômes persistants^ tels que : toute espèce d'éruptions cutanées chroniques, fistules, ulcères, gerçures, excroissances quelconques, verrues, engorgements, tumeurs extérieures ou profondes, etc.

Les symptômes fnaraux et intellectuels doivent être rapportés avec beaucoup d'ordre et de soin. Il est rare , dans certains cas du moins , que le malade lui-même puisse fidèlement tracer cette partie du tableau. Dans les maladies mentales, cette tâche difficile doit être confiée à une personne intelligente , ou mieux encore à un homme de l'art.

Après que les renseignements comraémoratifs et l'exposé de l'ciai actuel de la maladie seront terminés, le malade

rappellera briëvemenl les symptômes mentionnés qui le fatiguent le plus.

Il est utile aussi que te médecin sache si le malade est né dans le lieu qu'il habite , quelles sont les maladies qu'^ y régnent le plus habituellement et sHl en est d'épidémtques. Dans certains cas , quelques renseigiiemenis sur la nature du climat, les principales dispositions géologiques du payt et les qualités des eaux, seraient indispensables.

Il est, dans tous les cas, toujours plus avantageux que le médecin prenne lui-même les premiers .renseignements dont il a besoin sur la maladie à traiter. Le simple aspect

du malade , les iraits de son visage , sa^ démarche , ses réponses aux questions qu'on lui fait, certaines dispositions physiques ou morales que Ton ne peut expliquer, en apprennent souvent bien plus au médecin expérimenté que tout ce qu*on pourraK lui dire. Il en est de même pour le toucher et Pauscultaiion, que ne peuvent pratiquer les personnes étrangères à Fart et qui , dans certaines affections organiques profondes, sont les principaux, quelquefois les seuls moyens d'investigation propres à donner une idée juste des caractères et de la nature de la maladie. Ainsi Ton ne s'en tiendra aux seuls renseignements par écrit, que lorsqu'il sera tout-à-fait impossible d'établir des rapports plus immédiats entre le médecin et le malade.

Pour la suite du traitement, le malade tiendra le médecin au courant de son é(at par des bulletins successifs qu'il lui adressera à de certaines époques déterminées par ce dernier, à moins que quelque accident, l'apparition fortuite d'un symptôme important, une circonstance grave quelconque, ne les nécessitent plus tôt. Le malade rendra succinctement compte de ce qu'il aura éprouvé de plus remarquable pendant la durée d'action du remède ei tracera

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à grands traits le tableau de son état présent, en suivant, dans Texposé des symptômes, Tordre indiqué plus haut; il mentionnera les changements qui se seront opérés dans sa situation, c^est-à-dire les symptômes qui auront cessé, les modifications que d'autres auront éprouvées et les nouveaux malaises quil pourrait ressentir. Il s'exprimera clairement, le plus courtement possible, sans entrer dans aucun détail superflu ou étranger à sa maladie , et sans rien omettre d'essentiel.

Mais i^on ne peut traiter ainsi par correspondance que les maladies chroniques , qui ne sont pas susceptibles de variations, de changements fréquents dans leurs manifestations extérieures, c'est-à-dire dans les symptômes qu^elles présentent. Quant aux maladies aiguës, à quelques excep tious près, cela est tout-àfait impossible. Leur marche est trop rapide, et le temps qui s'écoulerait entre le départ du bulletin et la réception des remèdes changerait , le plus souvent, Tindication de ces derniers : il est donc absolument nécessaire, dans ces cas, que le médecin puisse voir et examiner lui-même le malade , afln de juger de Topporlunité actuelle des médicaments quil emploie, d'en éloigner, rapprocher ou alterner les doses et veiller à ce que les moyens hygiéniques soient conformes aux vrais principes de la doctrine homœopathique et en harmonie avec l'état du malade.

LTO!f. IMPBIMCail Dl 6. RET IBOMB BT C, PLACI BAINT-JBItV , 6.

COL'RTE INSTRUCTION

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TRAITEMENT i?RÉSERVATIF ET CDRATJF

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