‹ Du glaucomeChapitre 3 sur 18 · SCLÉROTIQUE · texte numérisé non relu

SCLÉROTIQUE

La sclérotique n'a plus sa couleur blanc nacré normale , excepté à une période avancée du mal . où le tissu cellulaire sous-conjonclival , ayant subi une atrophie progressive, sous l'influence du retrait des artères, cette membrane prend une teinte blanche plus ou moins prononcée ^ .

«Il est connu que, pendant ce stade d'inflammation, le système des vaisseaux ciliaires antérieurs est fortement injecté; que plus tard les artères reprennent plus ou moins leur calibre ordinaire , tandis que les grosses branches veineuses de la conjonctive se recourbent et se dilatent , s'anastomosent en ar-

^ De Graefe ; De riridectonnie appliquée au glaucome, etc.

câdes au pourtour de la cornée, et finissent par présenter l'aspect que Ton a désigné sous le nom d'injection veineuse, arthritique ou abdominale, et que Ton a considérée comme un signe pathognomonique du glaucome. Le retrait des artères finit par dépasser plus tard leur calibre normal, et il entraine après lui une atrophie progressive du tissu cellulaire sous-conjonctival , qui se décèle par une prédominance plus marquée de la teinte blanche de la sclérotique. On voit alors les veines se dessiner comme des traînées isolées, dun ronge foncé, sur un fond blanc porcelaine, blanc de cire, grisâtre ou bleuâtre, quand il y a commencement d'ectasie. Les anciens auteurs avaient déjà fait remarquer que le blanc de Tœil , entre les vaisseaux arthritiques, prend une teinte particulière, cadavérique * .»

Dans le principe , si les symptômes sont rapides et violents, la coloration véritable de la sclérotique est voilée par l'injection des vaisseaux sous-conjonctivaux. Son tissu, à mesure que le mal fait des progrès, présente des altérations progressivement croissantes selon le degré de résistance qu'il présente, et qui varie, on le sait, avec les sujets. Elle prend en général, au bout d'un certain temps , une teinte sale, plombée, d'abord partielle, et bientôt générale (Desmarres), et puis enfin, chez quelques individus, elle présente, dès le

^ De Graefe ; De riridectomie, etc., pag. 324.

commencement, des plaques bleuâtres qui se tranforment ensuite en saillies, et ne sont autre chose que des staphylomes cboroïdiens ou du corps ciliaire. Ces staphylomes siègent en général vers la partie équatoriale du bulbe, dans les espaces compris entre les muscles droits; d'autres fois ils se rapprochent du pourtour cornéen.

Dans les cas où Ton a quelques motifs de croire à la présence de ces staphylomes et où on ne les aperçoit pas, on peut, à l'exemple de M. Coccius, repousser les paupières en arrière à Taide d'un crochet , et ce procédé permettra quelquefois de les découvrir.

Notons soigneusement la présence de ces staphyio* mes ; nous aurons plus tard à en rechercher la cause, et nous aurons alors à les rapprocher d'un phénomène que nous allons bientôt rencontrer dans la papille, et que M. de Grsefe appelle, d'une façon ingénieuse, un staphylome du nerf optique ^ .

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