‹ Du gouvernement civilChapitre 1 sur 32 · AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

AVERTISSEMENT

DE L^-ÈdITION de 1724

JL L n'y a guéres de questions qui aient été agitées avec plus de chaleur, que celles qui rej^ardent les fondemens de la société civile , et les lois par lesquelles elle se conserve. Ceux qui ont écrit dans des états purement monarchiques, où le souverain souhaitait que ses sujets fussent persucidés qu'il était maître absolu de leurs vies et de leurs biens, ont entrépris de prouver, avec beaucoup de passion , ce que le prince voulait que l'on x:rût* Les souverains, selon eux, tirent de Dieu immédiatement leur autorité , et ce n'est que lui seul qui ait.droit de leur demander raison de leur conduite , de sorte que quelques excès qu^ilsjpussent commettre, quand ils vivraient plus en bêtes qu'en hommes, il faudrait

que leurs sujets les souffrissent pa-

JV A V E R T I s s Ê M F. N T.

tier/mient si., après de trés-hum- ^ / blés remontrances, les souverains f refusaient de reconnaître les lois de la nature. Quand plusieurs mil-. • lions d'ames consentiraient unanimement a condamner là tyrannied'un prince qui ne serait soutenue que de quelques flatteurs, il fau-, drait que des millions de familles ouvrissent leurs maisons à ses satellites , lorsqu'ils trouveraient à propos d'enlever leurs femmes et leurs enfans pour en abuser , et répandissent a ses pieds les fruits . de leur industrie, sans en réserver rien pour elles, s'il voulait qu'elles lui livrassent tout leur bien. Si un prince se mettait en tête qu'il n'y a que lui , et quelque peu <le personnes avec lui , qui entendissent lavéritable manière de servir Dieu, et qu'il \;oulùt envoyer des soldats chezceuxqui ne seraient pas dans ses seritimehs, pour les maltraiter, jusqu'à ce qu'ails feignissent d'en .

être ,' il faudrait bien se garder

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