AVERTISSEMENT V
cie faire la moindre résistance à ces T^ourreaux. Tout un royaume se devrait eiîtiérement livrer à la fu-
*reur de quelques scéiëraîs, ({lioiqu'ils pussent faire, parce qu'ils seraient nnunis de lautoritë royale.
Que si des sujets opposaient la vio-
, lerice à ces inhumanités, en quelque cas que ce fût, et parlaient de réprimer, bu de chasser un tyran, non-seulement ils seraient dignes de souffrir toutes les horreurs que la guerre la plus cruelle entraine après soi , à l'égard de ceux qui sont vaincus j mais encore le juge de tous les hommes, don t ces tyrans sont rimage la plus sacrée , les condamnerait , à cause de cela , aux flammes éternelles. Les peuples, de leur côté , n'ont aucun droit que le prince ne puisse violer impunément, de' quelque manière qu'il le Teuille faire, parce que Dieu les a, pour ainsi-dire , livrés à lui pieds et poings liés. Le prince seul est une personne sacrée , à laquelle on
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ne peut jamais toucher , sans s'at- / tirer rindif2;nation du ciel et de * la terre ; de sorte que se défaire du tyran le plus dangereux , est un • crime infiniment plus grand que les actions les plus aëtestables qu'il puisse commettre; et un inconvénient infiniment plus terrible, que de voir de vastes royaumes rougis du sang de leurs habitans, et un nombre infini de personnes innocentes réduites aux extrémités les plus étranges.
Voilà quels sont les sentiment de ceux qui ont écrit dans des lieux , ou les puissances souhaitaient que le peuple se crût entièrement esclave. D'un autre côté , lorsque le^ peuples ont fait voir que ce nouvel évangile n^avait fait aucune impression sur eux, et ont secoué un joug qui leur devenait insupportable , on s'est mis à sou-^ tenir , dans les lieux où cela est arrivé , que Ton peut déposer les «Quverains pour des raisons asse2;^
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lëgéres ; et ron a parle contre la mx)Darchie comme contre xitie forme d€ gouvernement tout-à-fait insupportable. On a établi des prin* cipes propres à entretenir des séditions étevnelles, eri voulant prévenir la tyrannie : comme de Tautre , on a consacré la plus affreuse tyrannie pour étoufl^ër pour jamais les soulèvemens popuLûres. La passion a empéclié une iijfiîiiié d" écrivains de trouver un milieu entre ces extrémités; lequel il n'était pas néanmoins difficile de trouver, si Ton eût envisagé les choses de sang, froid.
C'est ce que l'on pourra reconnaître par cet ouvrage, oùrauteur a découvert , avec beaucoup de pénétration , les premiers fondemens d^ la société civile, avant que d'en tirer les conséquences qui peuvent décider les controverses, que Ton a sur ces matières^. On peut dire que le public n^a pas encore vu d'ouvrages où l'on ait prO"
Vil] AVERTISSEMENT,
posé ce qu'il y a de plus dëlië sur ce sujet , avec plus d'ordre , de netteté et de brièveté que dans celui-ci. On y verra même quel-^ ques scntimens assez nouveaux pour beaucoup de gens, mais appuyée sur des preuves si fortes , que leur nouveauté ne les peut rendre suspects qu'à ceux qui préfèrent la prévention à la raison.
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su P P L E M E N T
A V Avertissement précédent*
iyit Locke, qui ne mit point son nom à la tête de ce livre ^ le publia en anglais en 1690, a Ici suited'un autre sur la même matière.
En voici le titre original : Two ' Treatises of Governement , in the former the false Principles and ^F^ondation af Sr. Robert Filmer aîid his Folïowers are detected and oveHhrowerh : The later is an Es-^ say côncerning the true Origine ,^ Extent and End of Civil Çoverne^ ment ; Vol. in-8. , pp. 215.
L'auteur de ces deux Traites y dit M. Le Clerc, dans l'extrait ^u'il en donna (i), a entrépris de
(i) Bihlioth. Univers. (Tom. XIX.