‹ Du gouvernement civilChapitre 15 sur 32 · CI V' IL. Î · texte numérisé non relu

CI V' IL. Î

' joindre et s'unir en société pour leur conservation, pour leur sûreté mutuelle, pour la tranquillité de^ leur vie ^ pour . ]ôuir paisiblement de jce qui leur appard|mt en propre , et être mieux à Tabri dés insultes de ceu:^ qui voudraient lei,îr nuire et leuj faire du maL Un certain, nojiibre de personnes spnt en droit d'en user^e la sorte , a cause que cela içlc fait nul tort à la liberté du reste des hommes , qui sont laissés dans la liberté de Pétat de nature. Quan,d un certaia nombre de personnes sont convenues?

ainsi .de former une communauté et un gouvernement, ils soiît par-l'à en mêmetemps incorporés et. composent un seul corps politique , dans lequel le^ plus grand nombre a droit de conclure et d agir.

II. Car lorMjuVn certain nombre, d'hommes < ont , par le c(;)n?sçlitemenl: dé chaque individu, formé une Communauté, ils ont, par- là , fait de cette communauté un corps qui a le pouvoir d'agir comme un corps aoit faire , c'e; tà-dire , de suivre la volonté et la d<'termination dii plus grand nombre; ainsi une SQciété est: bien formée par le copsentement de chacjue individu ; , mais cette société étant alors Un corpjs^.

' il fiant que ce corps se meuve dp quelque manière : or il est nécessaire qu'il

^ se, meuve du côlé où lo pousse et l'entraîne la plus grande force ^ qui est ïe consentement du plus grand ryjgj^brc ; autrement il serait, absolument impossible qu'il agît , du conttinuât à être tin corps ou une sociélé , comnie le consentement de x^haque particulier qui s'y est joint et uni à voulu qu'il fût: chacun donc est obligé, par ce consentement- là , de se conformer à ce que le plus gj and nombre conclut et résout. Aussi voyons-nous que dans le«

>. assemblées qui ont été. autorisées pay des bus positives , et qui ont reçu de ^es lois le pouvoir d'agir , quoiqu'il arrive que le nombre ne soit pas dé* terminé pour conclure im point , ce que fait et CQUclut le plm grand nombre , est cousidéré comme étant fait £t cpnclu par tous , les lois de la na-- •ture. et de la raison dictant que là

^ chosa doit se pratiquer'.et être re* -gardée de la sorte. '

r-. ni. Ainsi chaque particulier conve^

nant avec les autres de f^îTê un cbrps

politique sous un certaio gouverne-

;ment, s'oblige envers chaq«e membi-e

de cette société de se soumettre à ce qm

aura été détcrmiaé par lé plus grand nombre , et d'y consentir ; autrement cet accord original , par lequel il s'e^l incorporé avec d'autres, dans une société , ne signifierait rien ; et il n'y aurait pnîs de convention s'il demeurait tou*^ jours libre, ^t n'avait pas des engagemens différens de ceux qu'il avait au-? paravant dans l'état de nature ; car quelle apparence ^ .quelle marque dé convention et de traité y a-t-il en toul cela? Quel nouvel engagement paratt-il, «'il n'est lié par les décrets de la société qu'autant qu'il le trouvera bon , et qu'il y consentira actuellement ? S'il ne peut •se «oumettre et consentir aux actes et aux résolutions de sa s.Qciété/qu'autant et selon qu'il lé jugera à props , il sera toujours dans une aussi grande liberté ' qu'il était avant l'accord^ ou qu'au- ^uxjLe autre personne puisse èùe d'an$ l'état de nature.

IV. Car si le consentement du plùK grand nombre ne peut raisonnablement être reçu comme un acte de tous , et obliger chaque individu^a s'y sauuiettre, rien autre chose que le conssentement de chaque individu ne sera capable de ' faire regarder un arrêt et une délibération eonime un arrêt et une déiibé- ,

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ratioîi de tout le* corps. Or , «î Poïî considère les irifirmitcs et lés«ialadies auxquelles les hommes âontVxposés'^ les distractions 7 les affaires, les diffèrens emplois , qiii ne peuvent qujgjj^pêcher , je -né dirai pas seulement un aiussi grand nombre de gens qu'il y er\^ a dans une société politique , mais uû* beaucoup moins grand iiombre de. per* s^oijnes 5 de se trouvet dans^ les assemblées'publiques, et qup l'on joigne à tout cela la variété des opinions cl la contrariété des intérêts, qui ne peuvent qu'être dans toutes le^ assemblées, où reconnaîtra qu'il serait presque impossible que jamais .auctm déOret fût valable et reçu. En effet, si l'on n'entrait en société que sous telles cimditions, cette entrée serait semMable à celle de Caton au théâtre , tantum ut icùiret\ Il y enrtraitseulement pour en sortir. Une telie^cônstitutîon rendrait le plus fort léviathan (i) d'ime plus courte dilrée

(i). Ce irrot se trouve souvent dans l'écriture pour signifier un% grand poisson ; mais suivant son origine le^iath et than ^^ iL signifia un grand tout, composé départies hées ensemble; ce qui a. donné lieu au fameux Hobbes d^in^tituier Let^iathan son Traité du Goavernement>politii(jue , auiçiuel M. «Lockt fait ici allusiou. ^ - ■ . •

que ne sont les. jilus faibles CFé^tures , et sa durée ne s'étendrait pas au-delà du joMr de sa naissance : ce que noUs ne saurions supposer devoir être san^ avQ^r présupposé , ce qui serait iridi-.cule^ que des créatures raisonnables désireraient et établiraient des société uniquement pour les voir sp dissoudre ; car, où. le plus grand nombre ne peut conclure et obliger le reste à se sou-» . mettre à 3es décrets , là on ne saurait \ résoudre et^exécutér la moindre chose , ïâ ne- saurait si^ remarquer nul acte, nul mouvement d'un cotps ; et par con^ séquent cette espèce de corps de société, se dissoudrait d'abord^

V. Quiconque donc sort de Pétat de nature , poi^ir entrer dans ime société , dctitêtre regard^ comme ayant remis tout lé pouvoir nécessaire aux fins pour lesquelles il y est entré';, entre les mains du plus grand nombre des membres; à moins que ceux qui se sont joints pour composer un corps politique , ne soient .convenus expresçémentd'un plus grs^nd nombre. Un homme qui s'est joint à Une société a remis et donné ce pou-, voir dont il s'^ît , en consentant simplenient de s'«nir à une, société politique, lai^uelle contieut eu elle-iùêma

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toute la convention quî est ou qui doit être entre des particuliers qui se joignent pour former une communautés Tellement que ce qui a donné haissaric« à une Société poHtique , et qui Ta ét^U^^ n'e»t autre cnose que le consentement d'un Certain nombre d'hommes libres , capables d^êftre représentés par le plus grand nombre d'yeux; et c'est cela, et cela seul^uî peut avoir donné commencement dans le monde à im gou^ verriement légitime^

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