‹ Du gouvernement civilChapitre 16 sur 32 · VI. A cela on mit deux objections · texte numérisé non relu

VI. A cela on mit deux objections

La première , qu'on ne saurait montrer dans rhistoîre aucun exemple d'une compagnie d'hommes indépendans et égaux les uns à l'égard des autres, qui «e soient joints et unis pour composer un corps , et qui , |»ar cette voie , aient commencé à établir un gouvernement.

La"- seconde /qu'il est impossible de droit que les hommes aient fait cela , à cause que naissant tous sous un gouvernement, ils sont obligés de s'y sou^ mettre, et n'ont pas la liberté de jeter les fondemens d'un nouveau.

• VII. Quanta la première', je réponds tju'il ne faut nullement s'étonner si l'histoire ne nous dit que peu de choses

touchant les iionunes qui ont v^ecii ei^»

têmblcdaus l'état de nature : les inconvéniens d'une telle conàîtion , le desîr et le besoin de la société, ont obigé ceux qui se trouvaient ensemble , en un certain nombre , à s^unir inces* SfSnment et k. composer un corps , s'ils eôuhaitàient que la société durât : que $i nou3 ne pouvons pas supposer que des hommes aient jamais été dans l'é-*tat de nature , parce que nous n'apprenons presque ri^n stir ce point , nous pouvons ^ussi douter que les. gens qui composaient les armées de Salmanassar ou d^ Xerxès , aient jamais été enfans , à cause que lliistoire ne le marque point, et qu'il n'y est fait mention dVuoc que comme d'hommes faits , que corama d'honimes qui portaient les armes. L|6 gouvernement précède toujours, sans doute, les regUres, et rarement leis belles leètres sont cultivées parmi uïi peuple avant qu^une longue continua*-r tion de la société civile ait, par d'^uires arts plus nécessaires, pourvu à sa siireté , à son aise et à son abondance. C'est alors que l'on commence à fouiller da^s l'histoire de ses iondateurs , et à recheiv cher son origine ^ quand la mémoire s'en ^t perdre oto obscurcie ; ca^r les sociétés oat cela de • comiiïmi avec loai

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