‹ Du gouvernement civilChapitre 6 sur 32 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

' " De l'Esclavage.

I. li A liberté naturelle de l'homme , consfste à ne reconnaître aucun pouvoir sonverain sur la terre , et de n'être point assujetti à la volonté ou à l'autorité législative de qui que ce soit, mats de suivre seulement les lois de la nature. La liberté , dans la société ci- Vile, consiste à n'être soumis à aucun pouvoir législatif, qu'à celui qui a été

clabli , par le conseutcment de la communauté, ni /à aïkîun autre empire^ qu'à celui qu'on y reconnaît^ ou à d'autres lois (][u'à celles que ce même pouvoir législanf petit faire, cQnfor-* . mémcnt au droit qui lui en a été cornnîuniqué. Ln libellé donc n'est point ce que le chév. Filmer nous marque , O. A. 55; Une liberté par laquelle cha^ cunfait ce qu'il veut , vit comme il kfi * plaît ^ et n^est lié par aucwie loi (i). Mais la liberté des hommes, qui "sont soumis à un gouvernement , est d'avoir pour la conduite de la vio une certaine règle commune , qui ait été prescrite par le pouvoir législatif, qui j a été .\ Habli , en sorte qu'ils pmsscnt siitte^ ' latisfaire leur volonté en toutes les choses auxquelles cette règle ne s'op-* )ose p^s jf et qu'ils ne soient points suet3 à la fantaisie , à la volonté inconsante,, incertaine , inconnue /arbitraire ^ 'aucun autre homme: tout de même ue la liberté de la nature consiste à

(i) C'est là plutôt la définition du libertîîge et de la licence. La lifcerté a des bornes ^ c^est la saînè raison que le créateur a done à tous les hommes , qui les lui prescrit, lacun en porte les lois tracées dans soja îur, du. doigt «acme de la JDivinité.

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li'étre soumis a auciuies âiutnïs lois , qu'à celles de la natui^c.

II. Cette liberté , par laquelle Ton n'est point assujetti à un pouvoir arbitraire et absolu, est si nécessaire, et est unie si étroiteqient avec la conservation de Piionune, qu'elle n'en peut être séparée que par ce qui détruit en même temps sa conservation et sa vie.

,Or, un homme n'avant point de pouvoir sur sa; propre vie , ne peut, par au.cun^ traité , i?i par son propre consenlemeui ., se tendre esclave de qui que ce .soif, ni se soumettre au' pourvoir aKsoîu et arbitraire d*un autre, r qui lui ôte la vie quand il lui plaira. Personne ne peut donner plus de pouvoir qu'il n^'en a Ini-'jneme ^ et celui nui ne peut s'ôtet la vie , ne peut , saf^s croûte , communiquer^ un auire aucun^ droit. i>ur elle. Certainement , «l ua liamme, par sa mauvaise conduite et

f>ar queîtjne'crimey a mérité de perdre a vie, ceîni qui a été offensée , et qui 'est devciîu en ce cas , maître de sa vie , peut^'lorsqn^il a le coupable entre ses mains , diHérer de la lui oler ,^et a droit de remployer à son service. En cela il ne lui fait aucun tort; car ati fonds*, quand le criminel trouve que

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son escIaTage est plus pesant et plus . fâcheux que n'est la perte de ^a vie , îl pst en sa disposûion de s'attirer la mort qu^il désire, en résistant et dé-** «obéissant à son maître.

III. Voilà quelle est la véritable con- . dition de l'esclavage, qui n'est rien âutrè chose que l'état deguçrre conti- • nué entre un légitime Conquérant et un prisonnier. Que si ce conquérant et ce prisonnier venaient à ftiirè entre eux un accord , par lequel le pouvoir fut limité à l'égard de l'un , et Pobéissànce fut limitée à l'égard de l'autre , l'état de guerre et d'esclavage îie cesse, autant que le permet Taccord et le traité qui a été fait. (2). Du reste , comme il a été dit , personne ne pouvant , par cou-

(1) IFia'y a 5e vérîtablemeiît esclaves que ceux qui ontété pm en^guerre. Or ^ ddQS l'état de guerre 5 le çoaquérant est absoliïmeiît^maîtré de son pris43nnier5 qu'il peut , coiiformémenth la loi naturelle, traiter comme celiiirci aurait pu le traiter s'il l'eût prî^, c'est-à-dire , le dépouiller de ses biens et même de sa vie. Mais quand le conquérant a accordé^ la vie à son esclave , à condition de le servir , je soutiens que c'est un contrat qui ôte au pre:^ niier le droit de vie sur le dernier, quil ne peut même vendre ou donnej à u» autrip iinaîtrç. ' ' - .

ventîoh et de son coïiaentemenfc , céder et communiquer à un autre ce qu'il n'a point lui-même , ne peut aussi donner â un autre aucun pouvoir sur sa propre vie.

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