C I T IL
II, C*e$t cette égaliié, où sant le»
hommes Dtaturellëment, ijue le jud îcîeux
Hooker (i) regarde comme si évidente
^I5a elle-même et si hors de contesta-
^ tion, qu'il en fait le fondement de
l'obligation où aoztt le?s hommes de sVimer mutuellement : il fonde sur ce principe d'égalité tous les devoirs de charité et de jus^tice auxquels les tommes sont obligés 4es uns envers les' autres* Voici ses paifoles : ,
a- (2) Le même instinct a, porté le^ hbmnîes à reconnaître^ qu'ils ne «ont pas moins tenus d'aimer les autres ,
^ qu'ils jsont tenus de s'aimer eux-mêmes ;
car voyant toutes choses égales entre' eux , ils ne peuvent que comprendre qu'il doit y avx)ir aussi entr'eux tous une même aiesure. Si je ne puis qiie désirer de recevoir du bien ^ même par les mains de chaque persomie , autant qu^aucun autre homme en peut désirer pour soi , comment puis -je prétendre
r (i) ^/cK. Hooher a été un dés plus savans
théologiens ai Angleterre dans *'ie seizièir« siècle.; sotkTraité des Lois-de la rolitiqu'ecclé" siasticfue y donne Une grande idée de sa va«t<». érudition 5-et lui a mérité^des élogeç de la pai't des plus grands hommes. < ^
. (A) £.<;!. PoL lib. I, - ' • '^
4c LK GO irV ERN EMBNT
de voir en aucune sorte nion désir g^li^fait^ si je li^âi soin de satisfaire le riienie désir , itiui est infailliblement dans le cœur d'un autre homme , quî e8t d'une se^iie et même nature avec moi ? %SUl se j^ait quelque chose qui soit contraire à ce désir que chacun a , ii faut nécessairement qu'un autre en soit aussi choqué que je puis l'être ;*, telle-*, ipent que si je nuis et cause du préju*dice, je dois me disposer à souffrir le même mal, n'y ayant nulle raison qui oblige les autres a avoir pour moi une plus grande mesure de charité que j'en ai pour eux. G*est pourquoi le désir que j'ai d'être aimé, autant qu'il' est possible , de ceux c}ui me sont égaux dans l'état dénature, m'impose une obligation naturelle de leur porter et témoigner une semblable affection ; car enfin , il n'y a personne qui puisse ignorer la relation d'égalité entre nous-mêmes et les autres hommes , qui sont d'autres nous-mêmes, ni les règles et les lois que la raison naturelle a prescrites pour la conduite de la vie ». .
III. Cependant , quoique l'état' de nature soit un état de liberté , ce n'est nullement un état de licence. Certain &emeat , un homme ea cet état a une
-•liberté incontestable ,^ par laquelle il peut disposer , conune il veut, de sa personne ou de ce qu'il possède : mais
'il n'a pas la liberié et le droit de se
détruire lui-même (i), non plus quede faire tort a aucune autre personne , oit de la troubler dans ce dont elle jouit ; il doit faire de sa liberté le meilleur et le plus noble usage , que sa propre con^ seruation demande de lui- L'état de na* ture a la loi de la nature , qui doit le régler , et à laquelle chacun est oMigé de se soumettre et d'ojbéir : la raison ,
,,qui est cette loi ;, enseigne à tous les
Jbommes , s'ils \«eulent bien la consul*^
ter, qu'étant tous égaux et indépeii-
" danS) nul ne doit nuire à un autre , par
rapport à sa vie , à sa santé ^ à sa li*
(i) C'est ce que lui défendent les bornes d^ la loi de nature dans lesquelles il doit se t^nlr^
Î'ar la raisoa qui suîl : qu^il doit faire de sa h' er(ê le meilldur et le, plus noble usage qu\sa - propre conservation exige de lui y p^irce qu'il est Toiiyrage du tout-puissant quidoit durer autant qu'il lui plaît, et nou autant qu'il plaît à Pou?- . vrage. Ce sentiment est si général dans les hommes, que les lois civiles, qui ont succédé à celles dt^la nature, sui^ lesquelles elles sont fondées, défendaient chez les Hébreux, d'ac^ Mwlerlés honneurs de la sépulture «i ceux qu| se tuaient eux-naenies, ' *
.berté, àsonoieç: caries hommes étant tous Touvrâ^e d'un oavrier tout-puissant et infiDknt*nt sage , les serviteurs ' -d'un souverain maître , plaeés dan3 le * monde f)ar lui et pour ses intérêts, iï^ Aûi appartiennent en propre , et son ouvrage doit durer autant; qu'il Iui-plaî^, lîon autant ciu'il plaîr. a aucun autre; et étani: doués des mêmes facultés , et
Ï)articipânt aux mêmes avantages dans a commiinauié de nature , on ne peut supposer aucune subordination entré nous , qui puièse nou^ autoriser à nous <î^tr«irc les uns les autres , comme si iàoug étions iaits^our îes usages les uns lies autres , de la même manière qii^ les créatures , d'un rang inlérieur au xrAtre , sont faîtes pour notre usage; Chacun donc est obligé de se conserver lui-mêràe, et de ne quitter point vo^»
ibntairenient son po^e (i) pour parler
(i) Sentiment et pensée des Pythagoriciens ttip portés par Platon in AjpoL $6cr^ ^ par Cicérpn de Senect, cap. XX, et par Lactance, " fnst, div. 1. III, c. i8. L'aimable, le spirituel ' Montaigne est charmant sur cet article/.^, c P/uswurs tiennent (fiie nous ne devons aban-^ donner cette garnison du monde ^ sans le^on^ $€nterhent exprès de celui qui nous y ^ *»w jl ^4 que c'est à Dieu qui no^is'd ici envoyés^ nor^ pour nous seulement , oui hien pour la gloire et seivîce d* autrui y de nous donner congé quand
Ainsi; etr larscjru^ sa conservation n'est point en danger, il dojtyjseWia ^es for* ces> cdneerver le. reste d^s homme&; el i^moîn3 que ce ne soit poi>r fhîre justiot de quelque couj^ahle (i) , il ae doit jar »îais ô ter la vie à un autre ^^^ ou préjor dicier à ce qui tend à la conserva^tiaR de sa vie /par exemple , à sa liberté ; k SSL SÊloté-^ à ses membres, à'«e^ bieM, . ' IV. Mais aiin qu,e personne n^eutve-
il lui plaira ^ non à nous de le prendre. Que nous né sommes pus nés pour nous ^ aJns ausil pout notre pays : par quoi les lois nous redé^ .mandent, compte de nous pour leur intérêt ^ et ont action d'homi'ci^ contre nous» Autrement , comme dé^erteiKS de nptpe charge j^ nous sommes, punis en Vautre mande. C'était le sentiment de Yirgîle5etjpar conséquent de tous les Romaias de son temps /quand il dit : " .
- . ^ Froxima tenent inaesti Icca qui sibt lethum
insontes peperêœ manu, lucemque pèrosi
JProjicéré animas, • '
iExi.l. VI, y. 434*
Il y à bien plus de coj^fianc&ûuser la chmine
. qui nous tient j Qu^à la roinpr^ ; et plus d'épreuve
de fermeté en Régulas qu'en Catoii. Ge queî )e
-finirai paf ce beau vers cie Martial, qui nomnie
cette actioa une rage, iijQè fureur :
' Sk roge", nanjuror est y ne moriure inonl
\ (x) Ceci doit s'entendre de Pétàt de naru<»e .teuleme&t , cetmiîHei'explique l'auteur daas i« ;|^ara/|rapb6 nuvant^ -
fj JL E CD0 V El^ N t ME NT /^
iprenne d'envahir les droits d'auiruî, et de faÎT€ tort à son prochain , et que les lois de la natm'e , qui a pour bat la tranquillité et la conservation du genrp humain soient observées, la nature a mis^ chacun en droit, dans cet état , de pusir la violation de ses lois, mais dans ^ un degré qui -puisse empêcher qu'on he les viole plus» Les lois de la nature , aussi bien que toutes les autres lois qui regardent les hommes en ce monde, seraient entièrement inutiles, si personne , dans Tétat de nature , n'avait le pouvoir de les faire exécuter , de protéger et conserver l'innocent , et de réprimer ceux qui lui font tort ; que si dans cet état , un homme en peut punir un autre à cause de quelque mal qu'il aura fait, chacun peut pratiquer la même chose ; car en cet état de parfaite égalité , dans lequel naturellement nul ja'a de supériorité, ni de.jurisdiction sur tin autre, ce qu'un peut faire, en vertu des lois deia nature, tout autre doit avo;r nécessairement le droil de
le pratiquer.
V. Ain,si, dans l'état de nature, chacun a, à cet é^ard , un pouvoir incontestable sur un autre. Ce pouvoir néanmoins u'est pas abspki et arbitjraijre
fn sorf e ouè lor$qu*bn a entre ses marné un conpaDle , Ton ait droit de le punit bar passion et de s'abandonner a tous tes mouvemens , à toutes les fureurs d'up cœur irrité et vindicatif. Tout ce qu'il est permis de faire en -cette rencontre , c'est de lui infliger les peines ^ue la raison tranquille , la pure conscience dicteiit et ordonnent naturel cment , peines proportionnées à sa faute , et qui ne tendent qu'A réparer le doaiinage qui a été causé , et qu'à empêcher qu'iLn'en arrive un semblable à l'avenir. En effet , ce sont les deux seules raisons qui peuvent rendre légitime le mai qu'on fait à un autre , et que noui appelons {)unition« Quand quelau'u^.
yiole l^s lois de la pâture , il déclaré^ par cela même .qu'il se conduit par a'autre$ règles que celle» de la raison. €t de la conimune équité ^ qui est la mesure que Dieu a établie pour les actions des hommes, afin de procurer leur mutuelle sûreté; et dès-lors il devient dangereux augenre i^umain^ puisque le lien for nié des mains du tout-puissant^pour empêcher que personne ne reçoive de dommage, et quîon n'use envers autrui d'aucune violence , est rompu et foulé aux pieds par uçi tel homme*
fO LE G Ô-U Vt B RîN E MENT /
De «OTte que sa conduite ofFensônt touf é la nature humaine, et étant tîontraîté à cette tranquillité et à cette siireté à laquelle ïl a été pourvu par les lois di )a nature , chacun , par le droit qu^il a de conserver le genre humain , peut r^' primer , ou, s'il est nécessaire , aétruire eeqùi lui est nuisible: en un raptyicha* cun^peùt ini^'ger à une personne qui a enfreint ces lois , des peines qur Soient capables de produire en lui du repentir et lui inspirer une crainte^ qui Tempê^ chent d'agir une autrefois delà même manière , et qui même fassent voir aux autresun exemple qui lesdétourne d'une conduite pareille à celle qui les lui à -attirées. En cette occasion donc ; t^ SUT ce fondement (i) ^ chacun a droii de punir le^ coupables , et 4'eoçécuter les lois de là nature. ]
VI. J^ ne doute poîht que cette doctrine ne paraisse a quelcpies' uns fort étrange: mais avant «jne de la condam-* Her , je souhaite qu'on me dise par quet droit uni>rîne« ow un état peut laii'e
wourrr qu punir \xn étranger* qtti aura^
, (i).Cefct« restricfioncst encore nécessaire jet o i doit y faire bien attention, en.se souvenant que cVfit ce que dictent les lois d« la n^-?
tare dans Fétal de niture» * ' ^ '
coiftmîs quelque crime daijs les terres de sa domination. Il est certain que les lois de ce prinfce ou de cet état, ^ par la vertu et la force qu'elles reçoivent de leur publication et de l'autorîté législative, ne regardent point cet étr
soUver
tr^Ug^r ne serait point obligé ter et de se soumettre à ses ordonnances. L'autorité législative , par laquelle les îois ont force de lois par rapport aux sujets d'une certaine république et d'un certain état, n*a assurément nul pouvoir et nul droit à Fégard d'un étranger. Ceux qui ont le pouvoir souverain de faire des lois en Angleterre , eu France,
•en HolFande , sont à l'égard d'ifn^Indien, aussi bîeii qu'à l'égard de tout le reste eu monde , des gens sans autorité. Tellement que si en vertu des lois de Jô.
"Hature , chacun n'a pas le pouvoir de punir, par un jugement modéré , et
conformément au cas qui se présente 9
'ceux quiles eufréignent^jene^oîs point
'commetit les magistrats chine société ^ *e^t d'ttri état peuvent punir un étranger;
si ce n'est parce qu'à l'égard d'un tel homme ils peuvent avoir le même droit
^f la même jùdsdiclioii, que , chaque
12 L E GOVVE R NE MENT
personne peut avoir naturellemefii k t'^gard d'une autre.
VII. Lorsque oùelqu'un viole la loi de ja nature , qu'il s'éloigne des droites^ rèj^les de la raisoii , et l'ait voir c[u'îl renonce aux principes de k nature humw^ine , et qu'il est une créature, nuisible et dangéreose , chacun est en droit de le punir : mais celui qui en reçoit^ îmméaiatement et particulièren^eut qûel>ejue dommage où préjudice , outre le droit de punition qui lui e$t com>mun aîreç tous les autres hommes, a un droit particulier en c^ette reneontr©,, en vertu duquel il peut demander que le <loramage qui lui à été fait soit riVparé ; et si quelqu'autre personne croît cette demande juste , elle peut se join^. dre à celui qui a ét^ offensé personn-ellement, et l'assister dans të dessem qu'il a de tirer satisfaction du cou** pable , eu sorte que le mal qu'il a souf-* fert puisse être réparé.
VIII» De ces deux sortes de droits-^ dont l'un est de punir le crîm^ poorlfr réprimer et. pour en>pêcher <|u on n^j continué à le commettre,, ce qui est Ip droit de chaque personne ; . l'autre , . d'exiger la réparation du mal souffert , le premier a ffmé et ,a été cjofljlér^ aiji'
magistrat, qui y en <]ualité de magistrat^ s^ entre les mains ie droit commun de punir , et toutes les fois que ^le bien public ne demande pas absolu»
ment qu!il punisse et châtie la viola* tion des lois ^ peut , de sa propre autorité , pardonner les offenses et les ^crimes; «nais il ne peut point disposer de. même/ de la satisfaction dne à une personne privée , à cause du dommage qu^elle a reçu. La personne , qui a souffert en cette rencontre , a droit de demander la satisfaction ou de la remettre;, celui qtii a été endommagé, a le pouvoir de s'approprier les biens ou le - .service de celui qm lui a fait tort: il a ce pouvoi|^ar le droit qu'il a de pourvoir à sa propre ctmservation ; tout de Bi^^me que chacun, par le droit qu'il a de conserver le genre humain , et de faire raisonnablement tout ce^ui lui , est possible sur ce sujet , a le pouvoir de punir le crime , pour empêcher qu'où lie le commette encore ;^ et c'est pour cela que chacun , dans l'état de nature , est en droit de tuer un meurtrier, afi» de détourner les autres de faire une sém* blable offense , que rien ne peut réparer i^ compenser, en les épouvantant jpar l'exemple d'une panîlIoB à laquellf
-Ï4 ' ^^ OOtJV ER'NÏME NT
>ont sujets tous cepx qui com^netteîft le même crime ; et amsi mettre les hommes à l'abri des attentats d'un crioninel , qui , ayaot renoncé à t,a raison ^ ^ la règle , à la mesure corhmune que Dieu a donnée au genre^humain , a , v par une injuste violence tt par un es^*prit dé carnage, dont il. a use envers une personne, déclaré la guerre à tous Jes hommes, et par conséquent doit -être détruit comme un lion , comme un 4igre, comme une de ces h^tes lévoce* ^ve<? lesquelJes-ii ne peut y avoir de «ociété ni de sûreté. Aussr est-ce sur , f ela qitVst Ibndée cette grande loi 3ç là nature : Si quelqu'un répand le snii^ d'mi homme ^ son sang «f&f% aussi ré^ panda par un homme (i) ; et Gain était ii pleinement convaincu que chacuâ est en droit d»» détruire et d'exterminët un coupable de eett« nature, qu'après avoir tué son frère , iltîriait : Œticonqué me tiouvera me tuera. Tant u'est vrai
jfir^ Ce sont les propres termes cîçs ordres ^fefDieu donne à Nwé et fe^dfamille , en ?tor« . tfiit^de l^Archè: ainsi c'est l'orilre du maître ^e IçT nature. Emnum Tremel/ius trouve , dans cet crdre de Dieu-, l'établissement de la loi'd^ Tallion, àtçue hàec nomophulacôn institution 6^a« Cap« IXy V. '^. . . . - - *
CI Y IX. ^ . ' fS
que, ce droit est écrit dans le cœor ds tous les hommesu.
IX. Par la même raison , un hommç NB. dans Tétai de nature > peut puniç 'Ja moindre infraction des lois de la nature (i). Mais peut-il punir de mort une semblable Unfrî^tion ^ demander^^ (quelqu'un ? Je réponds que chaque fautç peut être punie dans un degré et avec une sévérité qui soit capable de causeï^ idu repentir au coupable , et d'épouvanter si bien les autres , qu'ils n'aient pa* envie de tomber dana la même faute.
Chaque oiFense commise, dans" Tétat dç nature , peut pareillement^ dans l'état (le nature , être punie autant , s'il «st
- (l) Puisque chaaue particulier^ daa5.1^éta| fle nature , doit veiller à la conservation mu-tmlle et générale de tous les* hommes , voici XJùmtne Cmhhêrland soutient l'affirmative: «il y a parmi les hofnitieS) dLt«-il^ coasidérés pomme hors de tout gouvernement ciyil , un juge tout prêta punir les forfaits, lorsqii'ilf sont une fois découverts: car, cpnaiiie il est àePîmérêt de tous tjo* îés cnmes soient pu^ liis, quicoinqûe a qn -mfâin a$^e9 de forcé;^ a <lroit d'exercer c^ltfi pfij)i|ioit, «lutfint que I« demande le hiep public ^^ n'y ^yaiU alors auf cuie îiié^.^Iîté enrôles honmies. C'est sur quoi est fondée !a pensée de Tér^nce^ homo si.m J hunianimibil à iru? a/ienumputo^. Tr. Fhilf
4«6 loi;» aa£ur«Ch%^I. 6^ 26* - a
t$ tEGOUVERNÉATÉNr
possible \ qu'elle peut être punie dani un étateft dans une république. Il n'est pas^e mon sujet d'entrer dans le dé-tajl, pour examiner les degrés de châ-^ timent que les lois de là nature presrcrivent : je dirai seulement qu'il est très-certam qu'il y a de telles lois , et que ces lois sont ârnssi intelligibles 0t aussi claires à Une créature raisonnable, et à une personne qui les étudie , que peuvent être les lois positives des so-p cîétés et des états; et même sont -elles peut*-etre pl\is claireset plus évidentes f car enfin , il est plus aisé de comprendre ce que la raison suggère et dicte , que les fantaisies et les inventions embarrassées des honftoes, lesquels suivent iouvent d'autxes règles que celles de ta raison ^et aui , tians les termes dont ils $e servent dans leur^ ordonnances , peurf vent avoir dessein de cacber et d'envelopper leurs vues et leurs ïntéîêts< C'«st le véritable caractère de la plupait dçslois municipales des pays , qnî , liprès toat^ lie râoi^trijustes^ qu'autant qu'elles sont fondées gairles lois de la ïiiature , selon lesquelles elles doivent être réglées et interprète es, *
X. Je- ne doute point qu'on n'ob-^ Jecte^ à cette opinipâ^. qui pose, que
4ans^ l'état de nature chaque Iromme a le pouvoir de faire exécuter les lôi« delà nature , et d'eu^ punir les infrae- Jflon% ; je ne^ doute poinf , dis-)e , qu'an ji'objecte que c'est une chose fort déraisonnable que Içs hommes soient [uges dans leurs propres causes ; que f*amour propre rend les hommes jpartiaux t et ;les ^fait pancher vers leurs intérêts et vers les intérêts de leurs âmis^ que d'ailleurs un mauvais nalùrel , fat passion, la vengeance, ne peuvent que les porter au-delà des bornes d'un châtiment équitable ; qu'il ne 5'én Suivrait de-là que confusion , que désordre , et que c'est pour cela que Dieu a établi les puissances souveraines. Je ne lais point de difficulté d'avouer que le gouvernement civil est le feniède propre aux încont^éniens de Tétât de nature , qui , sans doute , ne peuvent être que grands par- tout où les hommes"^ sont juges dans leur propre cause : mais je souhaite que ceu;( qui font cette objection , se soutiennent que les monarques absolus . sont hommes , et que si le gouvernement civil est le lemède 'des maux qui arriveraient nécessairement , si les hommes étaient juges dans leurs propres causei»
f 8 E E 6 O « ir E k K fi M E N T
*t si jfer cette raison , l'état de nature doit être abrogé , on pourrai! dire la «lême'fcboçe de Paiitorité des puissaticed souveraines ; car enfin , je demande , l^ gouvernement civil est-il' meilleur, à eet égard , que l'état de nature ? N'estce pas un gouvernement où un seul hamme , commandant une tnultitude ^ est juge dans sa propte l?ausé , et peut faire a totïs ses sujets tout ce q^'il lui plaît, sans que personne ^it droit dé se plaindre ae ceux qui exécutent ses , •volontés, ou de former aucune opposition? Ne faut-il pointée soumettra toujours à tout te que fait ef veut un souverain , soit qu'il aj^isse par raisod eti par passion , où par erreur (i)? Ot
(i) Cette thèse a besoin de quelque moAifi-
eation. Cette obéissance passive u'eat ni selon
les lois de la nature, ni l'eçue dans aucune sor
/ iriété dont le suprême magistrat ne sera pas le
despotique tyran. Notre auteur n^a pas vouFu
abolir le droit de résistance qu'ont les sujets
qui se sjont réservés cei^taixis .privilèges dans
rétablissement de la souveraineté , ou qui
voient que le suprême magistrat agit ouverte-»
ment contre toutes les fins du gouvernement
IcivU. Cet le résistaiïcci ne s^ippose point que
.If s sujets soient au?-dessQs du magistrat sd-
jprême , ni gti'ils aient un droit propi e de J^e
punir, tes liens de sujétions sont rompue en ce
<^as-là , par la faute du spnveraïa qui a'git ek
V ' ç I y t t# . — 'iç
^c^ést ce qui ne se reiiconlre pourtant
Î^oint, etqu'on nVst point obligé de aire dans l état de nature l'un à l'éeard deTâutrér car si celui qui juge , ]uge ^mal et in justement dans sa propre cause^ ou dans la caurse dHm autre ^ il en doit répondre^ et oripeuten appeler au reste des hommes. " ^ %
XI. On a souvent demandé , comme si on proposait une puissante objection, en quels lieux, et quand les hommes sontvoo ont été dans cet état de na**tiire (i)? A quoi il suffira pour le pré^
J^çnnemi contre; ses sujets ; et les dégageant àinài du Sierment dei fidélité , les re(net aans .Tétat de Ja liberté et de iVgalité naturelles. Oestle sentiipent d'une infinité d'auteurs, qui ont' nfis cette question dans une pleine éri* dence.
(i) On pourrait dite que ceux qui font cette questioi» prennent plaisir à s'aveugler eux-mêmes ; puisqu'il ne se peut , éftaiitboiTiines, qa'ils ne soient persuadés qu'eu x*n)é mes soitt
-encore dans cet état dénature, où les hommes * -t)nt été depuis qu^il y en a eu sur la terre , et
•où ils seront tant qu'il y aura des homtne^. J'empninteraidu profond PM^wf/oj^jT l'explication de ma pensée. Il envisage, l'état de la < natiire sous troi^ faces diffiéreutës ; « L'état d»
•la nature -, dans le dernier sens , est y dit-il >, celui oU l^on ponfoU tes hommes , autant^ qu'ils ,
ut'on^ ensemble d* autre relation inotale ^ <ftie Celle qui est fondée sur celte iiais&n iimph et
%Ù LE GOUtEÏINÉMÇNT
sent de répondre , que^ les princes et lefi' magistrats des gouvernemens indépen-
universelle , qui résulte de la r^ssemhlanice de leur/iature j indépendamment de toute cop^ven^ tion et de tout acte humain j ^ui en ait assujetti quelques-uns à d*autres. Sur ce pied-là , ceuK
3ue Ton dit vivre respectivement dans Pét^t e nature , ce sont ceux qui ne sont ni soumis « Tempire l'un de l'autre ^ ni dépendant d'un maure commun , et qui h^ont reçu les uns des autres ni bien ni mal ; ainsi Vétat de nature tét opposé, en ce sens * à l'état eivil, (quoique ce dernier soit sorti (le Tau tre sur ^lequel il est fondé. Ainsi il faut que l'état de la nature ait existé quelque parX avant de donner la naissance à l'état civil ). « Pour se former une idée juste de Tétatde la nature, considéré au det'-
ipposait qi
ment du monde , une multitude d'hommes eiit paru tout-à-coup sur la terre , sans que Pun n;i* quît ou dépendit en aucune manière dePautre; comme la fable nou*s représente ceux qui sortirent des dents d'un serpeat que Cadmulsavdît semées... Mais Pétat de la nature, qui existe réellement /a lieu entre ceux qui, quoiqu'unis avec quelques autres par une &ocix^té particulière , n'ont rien de commua ensemble que la qualité de créatm*es humaines, et ne se doi-^ vent rien les ims aux autres, que ce qu'on jpeUt exiger précisément en tant qu'homme. C'eat ainsi qqe vivaient autrefois respectivement les membres de. différentes familles séparées et indépendantes^ et cVst sur ce pied-^à que se
c i y t u it
4ans , qui se trouvent daM l'univers , étant dans l'état de nature , il est clair que 1^ monde n'a jamais été et ûe sera ^m^is sam un certain nombre d'homniçs qui ont été , et qui seront, dans l'état de nature. Quand je parle de« princes^' des .magistrats et des sociétés indépendantes , je les considère précis sémént en çux-mêmes , soit qu'ils soient alliés ou qu'ils ne le soient pas; car cç n'est pas toute. sorte d'accord, qui met fin à rétat de nature , mai^ seulement celui par lequel oi| entre volontairement dans une société , et on forme ua corps politique. Toute autre sorte d'en- gagemens et de traités , que l'es hommes
fieuv^nt faire entr'eux , les laisse dans 'état de nature. Les promesses et le$ conventions faites, par exemple,, pour un troc entie deux hommes, dans l'isle déserte. dont parle Garcilasso de la VegUy dans son histoire du Pérou \ ou entre un Suisse et un Indien, dans les déserts de l'Amérique , sont des liens qu'il n'est pas. permis de rompre ^ et sont àe^ choses qui doivent être ponctuellement exécutées , quoi^ié ce$
regardent encore aii|ourd^hiiî les sociétés cî* viles et les parti cnlièi^s , qui at; sont pas m^m** bres d?uii même corps ^oUtii^ue ». '
HZ LE G O U^V ]Ê H N ETM E N T
sortes <i« ^ha B<>ient , en cette ticcaëmn , dans l'étal d© i^iature , pai* i^ppori l'un à Pautre. En eôet , la sincérité et la fidélité, sont des choses que les hora-^ mes sont obligée d'observer religieusement) entant qn*ils sont hommes, *ion en tarit (}u'il« soiit toembres d%nQ même société* v
XII. Quant à ceux qui disent qu'if n'y a jamais eu aucun homme dans l'état dte nature, je ne veux leur opposer que l'autorité dû judicieux Hooken « Les lois dont nous avons parlé , rfz/- Ù^ entendant les lois de la nature (i) , obligent al)soliTmerit les hommes à les observer, mcme en tant qu'ils sont hommes , quoiqu'il n'y ait nuHc convention et nul accord, solennel 'payse èntr'éux pour .ÊEjîre peci ou cela , pu pourvue le pas faire. Mais parce que nous ne somnles point capables seuls de nous pourvoir des choses cjue nous desirons naturellement , et qui sont nécessaires à ndtre vie 5 laqtielle doit être Vîonvçnable à là dignité de l'homme^ c'est vpour suppléer à ce qui npus man- *qùe y^uand nous sommes seuls et solitaire,, que nou§,avon8^té naturellemenjt
"\(i) Eccl. ?ol. Xi. l f Seçt. IQ. V ; . . ^ ^
*- y C î r r L. Zg
]^orté$ à redb^rcberla société rt U corn-»
pagniè les uos des autres , |?t c'est ca
qui a fait que les homrnes se sont unit
avec les autres et ont cômpoaé , au çom*
^anençem^nt et d'abord , des sociétés po*
Ikiqîies ». J'aifsure donc encore que
tous les hommes sont naturellement
daûs cet état que j'appelle état de nâ-»
ture , et qu'ils y demeurent jusqu'à ce
que , de lemvproj^re consentement, ils
se soient faits membres de quelque sor
éiété politique; et je ne doute point
que , aans la suite de ce traité, cela ne
paraj^e. très-évidejot.
CH API T ILE I L^ De VEtat de Oaerre.
X Ij'kt AT de guerre est un état d'îniraitié et de destruction. Celui qui déolare à un autre , soit par paroles , soit par actions ^ qu'il çn veut à sa vie , doit faire petre déclaration , non avec |:iassion et.précipitaniment , maïs avee «n esprit. tranquille ; et alors cette déclaration met celui qui la fait, dans l'état ^e guerre avec celui à qui il l'a faite^ Eu cet état , la vie du premier est exr posée^ çtipejut être juivie par le poutQif
«4 I-K GO irr ETlIf ffMENT
de î*autre, ou de quiconque voudra se' joindre à lui pour te défendre et épouser sa querelle , étant juste et raison* nable que j'aie droit de détruire ce qui ^ me menace de destruction; car, par% les lois fondamentales de la nature , l'homme' étant obligé de se conserver lui-même, autant qu'il est possible V lorsque tous ne peuvent pas être conservés , la sûreté de l'innocent doit êti*e préférée , et un homme peut en détruite un autre qui lui fait la guerre où qui lui donne à connaître son inimitié et la résolution qu'il a prisse de le perdre (r) ;
(i) Les jurisconsultes romains approuvent cette conauite : fure hoc evenit^ disent-ils, DîgistXil). I.T. Ier.de Just. et Jure. Leg. III, ut quod quisqueoh tuie/am corporif svi/ecerity jurefecisse existimetwr. Et Herodieii ditex-pressément : « Il est également Juste et nécessaire dç repousser par Ta forcf les insultes d-uzf agresseur plutôt que de les soifH'rir pattemtuent, puisqu^aulrement , avec le malheur d'être tué , on a encore la honte de- passer:/
Jour un homme sans cœur ». Liv. IV^ cV ïo. *uft*tadortf* est du m ^me sentiment, datislè ch« 5 du liv* II, où il traite de la juste défense de soi-même; cependant il t«u t que , avant d'ett^ ' venir à l'extrémité avec'un agresseur injuste^ on mette en œuvre toutesf les voies quiptuvent conduire à un accommodement r« Mais , ditfl I iorsqiie ces voies de douceur ne suilifeii^
. toul
tout de même que je puis tuer uulion ou , un loup, parce qu'il* ne sont pk« soumis aux lois 4^ ia raison , et n'ont d'autres regret que délier de la force et de '
^a violence. On peu tjdonc traiter comme des bêtes féroces ces gens dangereux, qui ne manqueraient point de nous de* truite^ et de nous perdre , si nous tombions en leur pouvoir.
I j. Or, dê-là vient que celui qui tâcha d'avoir un autre en son pouvoir absolu ^
. Se met par-là dans l'état de guerre avec lui , lequel ne peut regarder son procéda que comme une déclaration et un dessein formé contre éa vie ; car i'aî 3ti)et de conclure qu'un homme , qui veut me soumettre a son pouvoir, $âii$ mon Consentement,- eii usera envers moi , si je tombe entre ses mains , de la manière qu'il lui plaira, et ine pér-n dra 9 sans doute , si la fantaisie lui ea
pas pour nous- sauver ou pour nous mettre en siirete , il faut en venir aux mains. En ce caS^, si l'agresseur continue malicieusemeut à nous insulter san^ être touché d'aucun repentir de ses mauvais desseins y on peut le repousser de toutes ses forces en le tu«'|nt niênae,... Si dan* l'état de nature^ dît-il 5 plus bas, on donnait quelques bornes à cette liberté , c'est alors que la vie devieadrait véritablement inspciable. X. c.
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rîent. En effet , personne n'e peut délirer de m*avoir en ion pouvoir absolu^ que dans U vue de ft\c confraindre par la^force à ce qui e^t cohtï-aîre au droit; de ma liberté, c^est- à-dire , de mé^ rendre esclave. Afin donc quemapersonne soit en sfaeté, il l'aut nécessairement qne jfe soi's délivré d'une te!f^ force et' d*unc telle violence ;, et là raison m^ordonné de regarder comme Pennemi de ma conservation, celui qui est dans la résolution de me ravir la liberté, laquelle en est, pour ainsi dire, le rempart. I>e sorte que celui ijuî entreprend de me rendre esclave * se met par-là avec moi dans Tétat de guerre. Lorsque quelqu'un , dans l'état de nature, veut ravir la. liberté qui appartient à tous ceux qui sont dans cet état, il i'aut nécessairement supposer qu^ri a dessein de ravir toutes les autres choses , pi^isque la liberté est le fondement de tout le reste; tout de même qu'un honiiue, dans un état de société ,'qui ravirait la liberté , qui appartient à tous les membres de la sqciété , doit être coi>sidéré comme ayant dessein de leur ravir toutes les autres thoses, étpar conséquent comme étant avec eux dans Pétatde guerre.
lïl. Ce que je viens de po^er montre qu'un homme peut légitimement tuer un voleur qui ne lui aura pourtant pajç J^BMsè le moîadre dommage ,. et qui * n'aura ' pas autrement l'ait coanaître quMl en voulut à sa vie, que par la violence dont il aura usé pour l'avoir en son pouvbir, pour prendre son argent, pour faire de lui tout ce qu^il Voudrait ; car ce voleur employant la violence et là force , lorsqu'il n'a aucun droit de me mettre en son pouvoir ' et en sa disposition, je "n'ai nul sujet de supposer , quelque prétexte qu'il al- ^ lègue , qu'un tel liomrap entrepienant de ravir ma liberté , ne me veuille ravir toutes les autres choses , dès que je serai en son pouvoir. C'est pourquoi il m'est permis de le traiter comme ua homme qui s'est mis avec moi dans un , état de guerre , c'est-à dire de le tuer si^ je puis ; car enfin ;- quiconque introduit l'état de guerre , est Tagresseur * en cette rencontre , et il s'expose cer?^ taînement à up traitement semblable à celui qu'il a résolu de faire à un autre ^ ct-rilque sa vie. •
IV. Ici paraît la différence qu'il y a entre Téta^t de nature et Vétât de guerre, lesquels quelques-uns ont confondus j^
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quoique ces deiix sortes d'ctats soient aussi difïérens et aussi éloignes Tun de l^aulre , que sont un état de paix, dé bienveillance , d'assistance et de con-^ scrvatîon mutuelle, et un état d'ini-^ niitié , de malice , çle violence et de mutuelle destruction. Lorsque les hommes, vivent ensemble conformément à la rai-' son , sans aucun supérieur sur la terre , qui ait l'autorité de juger l^çurs .différends , ils sont précisément dans l'état de natnre : ainsi la violence, ou un dessein ouvert de violence d'une personne à l'égard d'une autre^ dans une circonstance où il n'y a sut la terr,e nul supérieur commun à qui l'on puisse appeler, produit Tétat de guerre, et faute d'un juge , devant lequel on puisse faire comparaître un agresseur , un homme a , sans doute le droit de faire la guerre à cet agresseur, quand même l'un et Vautre seraient hi.embres d'une même société et sujets d'un mêineélat.
Ainsi, je puis tuer sur-le-champ un voleur qui se jette sur mol , se saisit des rênes de mon cheval , arrête moi:i carrosse ; parce qu^ la loi qui a étéifaite pour ma conservation , si elle ne'peul:
être interposée poijir assurcT contre la viglcnce et xm attentat présent et su-
bit, raavie dont la perte ne saurait jamais être réparée , me permet de me dépendre, ive met dans le droit que iious donne l'état de guerre , de tuer ^Jïion agresseur, lequel ne me donne point le temps de l*appelerdevant notre commun juge, et de faîre'dérîder , par les lois, lin cas dont le malheur peut être irréparable (i). Xa privation d'un
(i) C'est pai" cette raison-là que la loi permet de tuer un voleur que vous découvrez sivrvoUe soi, à heure indue, dans la supposition qu'il n'y Vient que pour vous voler ^ et que iril né peut le faire sans vous assassiner, il pourra se porter à cette extrémité, qui ne vous laisserait pas le tempsL ou d'appeler du secours, ou de lei citer devant le magistrat. Outre cela , cette conduite, toute sévère qu'elle paraisse, est autorisée pjarle ç^ouveraîa législateur, Exod. ch. XXII ^ V, 2» Salon et Platon sont du hienie sentiment, et cliez les Romains les . • Douze Tables disent expresséiuent : Si nox. fnrtumjaxit^si euin ali(]uis occiditjure oceisus este. Voici conime s'explique sur ce sujet un auteur très-estiiné : « Dans un pareil cas l'on rentre en quelque manière dans l'état de nature , où les moindres crimes peuvent être puïiisde mort ; et ici il n'y a point d'injustice dans une défense poussée si loin pour conserver son bien; car comme ces sortes d'attentats ne*parvicnnent guèrjes à la connaissance du magistrat, le temps ne permettant pas souvent'd'en implorer la protectton^ ils deuieurenr frès-souvent impiiuis. Lors donc qu'on
Commun juge , revêtir d'autoiîté, met tous les hommes dans l'état de nature : et la violence injuste et soudaine ,^ dang Ip cas qui vient d'être marqué, produit Pétat de guerre , soit qu'il y ait ou qu'il* ai'y>ait point de commun juge.
V. Mais quand la violence cesse ^ l'état de guerre cesse aussi entre ceux cjui sont membres d'une même société; et ils sont tous également obligés àt .se -^ soumettre à la pure détermination des lois : car alors ils ont le remède de TapT pel pour les injures passées, .et pour prévenir le dommage qu'ils -pourraient arecevoîr à l'avenir. Que s'il n' j a point ^ de tribunal devant lequel on puisse porter les causes ^"^ comme dans l'état de nalîsic, s'il n'j a point de loîs positives et de juges revêtus d'autorité, V état de guerre ayant une foLs commen^ ce , la partie imiGçente y peut continuer avec justice , po].ir détruire son ennemi, toutes les fois qu'il en aura le moyen , jusques à ce que l'agresseur offre la paix et désire se réconcilier, sous des condi-
trouve moyen de les punir , on le fait à toute rigueur, afin qne si d'un cvté res|:é-' Tcince >de l'impunité rend les scélérats plus entrepreuâiis , de l'autre la crainte (J'un chéitiment si sévère , soit capable de rendre la «idiire plus timide jo- Çumberi. y •
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tions qnî «oient capables de^réparer lé mal qu^>l afait , et de mettre Pianocent en. sûreté pouï" ravenir. Je dis bJ en plus,^ si on l^eut appeler lois, et Vil y a des ^)iiges établis pour régler les différends;, mais que ce remMe »ôit inutile , jsoit ..refusé par une manifeste corruption ;de la pstice et du sens des lois, afin Àe pvoté^et et indemniser la violence et les injures de quelques-uns et de quelque parti, il est mal-aisé d'envisager ce désordre autrement que comme un état dç guerre;. car loi;s même que ceux qui ont été établis pour adipinis;îrer la justice, ont usé de violence,., et fait des injustices^ c'est toujours in* 'justice, c'est toujours violence , quelque nom qu'on donne à leur conduite,
pr<^S!tout , Je but des lois est de prote^, et.soutenir l'innocent et de prononcer des }iigemens équitables à l'égard d« ceux qui sont soumis à ces lois. Si donc . on n'agit pas de lx)Qne fol ,en cette oc- ^ casiou,.on ïaitla guerre à ceux qui en souffrent ,. lesquels ne pouvant plus attendre de justice sur ïa terre, n'ont plus pour remédie, que le droit d'appclo^r ^u cieL . ^ ^ B 4
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VI. Pour éviter Cet état de guerre ^ où l'on ne pefut avoir recours qu'au ciel , €t dans lequel les moindres difïérends peuvent être si soudainement terminés ^ lorsqu'il n'y'a point d'an,torité établie , qui décide entre les contendans , les hommes ont formé des sociétés ^ et ont quitté l'étctt de nature : car il y a une autorité ,« un pouvoir sur la terre , auquel on peut appeler , l'état de guerre ne continue plus, il est exchi , et les différends doivent être décidés par ceux qui ont été revêtus de ce pouvoir. S'il j avoît eu une cour de justice de 'Cette nature , quelque jurisdiction souveraine sur la terre pour terminer les différends qui étaient entre Jephté et les Ammonites , ils ne se seraient jamais mis dans Pétat de guerre; mais nous Toyons que Jephté fut contraint d'appeler au ciel, (i) Que V Eternel , dit-il , qui est le juge ^ juge aujourd'hui entre les eiifans d Israël et les enfans d'Am^ mon. Ensuite , se reposant entièrement sur sén appel , il conduit son armée pour , combattre. Ainsi , dans ces sortes dé disputes et de contestations , si l'on demande : Qui sera le juge ? Ton ne peut entendre j qui décidera sur la terre tt
. (OJiig.XI/ajt
terminera les diflPérends? Chacun sait^ assez , .et sent assez en son cœur ce qnô Je pli té nous marque par ses paroles ; JL* étemel^ qui est le juge ^ jugera. Lorsqu'il n*y a point de juge sur la terre , on doit appeler à Dieu dans le ci^l. Si donc Pon demande : Qui jugera ? on n'entend point , qui jugera si un autre est en état de guerre avec moi , et si je dois faire comme Jepfaté , appeler un ciel ? Moi s«iil alors puis juger de la chose en ma conscience , et conformément au compte que je suis obligé de rendre en la grande journée ad juge souverain de tous les hommes.
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