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cU^z les naUous de l'Europe , la question se coriiplique de beaucoup de circonstances accessoires qui a en rendent cependant pas la solution plus difficile. La monnaie, les effets de ccHnmerce, les banques, les changes, les assurances ne sont que des ressorts imagines pour servir Tindustrie^ Le but qu'il faut atteindre reste le même*, et ce but est toujours de créer le plus de produitis possible avec le moins de travail possible.
L'économie politique, qui reproche àTAdminisr tration de n^avoir jamais vu la richesâe ou elle était , et de la faire uniquement consister dans les métaux , ce qui est faux, n'a rien pu établir encore de satisfaisant sur la richesse des peuples , puisque chaque nouvel écrivain de cette éc(Ae combat l'écrivain qui la précédé , en attendant qu'il soit combattu à son tour par l'écrivain qui le suivra. Smith appelle travail improductif, le travail qui crée des produits immatériels. M, Say veut que ce travail soit productif. M. Say soutient que la richesse n'est pas dans 1^ ipro-' duits mêmes du travail ,. mais dans leur valeur (i). Placer la richesse dans la valeur des produits du travail est , selon M. Ricardo , une erreur capitale (2). Qu'est-ce qui constitue U valeur
(i) 3.® et 4«* édition , t. I, p. 2.
(2) Principes de l'économie politique , t, '11 , p. 85,
d'tine chose , d-après ce dernier écrivain ? La qaantité de travail nécessaire pour la |)roduire , et la faire arriver au marché (i). Non, dit M. Say , le premier fondement de la valeur d'une chose , c*est son utilité (2) ; et , chemin faisant , les vbltimes s'entassent sans que la science avance d'un pas, si même on p^iit nommer science ce qui n a servi jusqu'ici qu*à brdùîïler les idées.
Posons quelques principes qu'on ne puisse attaquer.
Il y a dans chaque chose ôonsommable deux sortes de valeur : la valeur d'utilité et la valeur d'échange. La première , c'est îappréciation morale du service que peut rendre l'objet recherché ; la féconde , c'eàt la faculté que cet objet possède de commander, de payer une quantité quelconque de travail , faculté traduite ou exprimée par le prix qu'on en demande en argent. La valeur d'utilité peut être immense et le prix très-^modique. Celïi est vrai de la plupart des denrées alimentaires usuelles, k commencer par un verre d'eau. Le prix en argent peut, au contraire , être fort élevé et la valeur d'utilité presque
(i) Principes de l'économie politique, t. I, p. 118, — ^. II , p. a3i.
(2) 3.^ édit. , 1. 1." , p. 3. — 4.'' Wit. , t. I.^*" , p. 4.
nulle ; tels sont les pierres précieuses, les tableaux et la plupart des productions qui se rattachent aux arts.
D'où il suit qae ce n est point dans Tutilitë d'une chose qu il faut chercher le premier fondement de sa valeur. M. Sajr soutient le principe contraire ; mais il est forcé d'avouer « qu'en » économie politique (i) , la chose la plus mutile T» et même la plus incommode a ce qu on appelle
>» son utilité , si quelques hommes con-
» sentent à la payer; » et certes on ne peut voir là qu un très-mauvais raisonnement appujé sur une très-mauvaise définition.
Si Futilité était le premier fondement de la valeur des produits, plus d utilité entraînerait toujours plus de valeur ; et il suffit de jeter les yeux autour de soi pour reconnaître que le$ choses se passent tout autrement, et que trèssouvent ce n est pas le plus d'utilité qu^^on paye , mais bien Tabsence de toute utilité , c'est-à-dire ^ la frivolité; heureux quand ce n'est rien de pire!
Il est hors de doute qu'un produit qui ne serait absolument bon à rien , n'aurait de valeur d'aucune sorte ; et si , en faisant de Futilité le premier fondement de la valeur , M. Say n a voulu expri-
(i) 3.*^ édition» t. II, p. 484 — 4.'' Wition, t. H, p. 5o6.
mer que cette propriété que, peut avoir une chose de convenir à tel ou tel homme, dans telle ou telle position , il a eu raison , au mot utilité près » qui n^avait pas d'application ici ; car on ne saurait réputer utile ce qui n'a de valeur que par le caprice , la fantaisie ou la vanité.
Ces vérités établies , et la distinction entre la valeur d'utilité et la valeur d'échange une fois admise , si l'on demande quels sont les éléments du prix des choses consommables , la réponse ne sera pas encore très-facile. Elle serait même impossible , s'il fallait la réduire k un seul principe ; et cela explique ces longues discussions dans lesquelles se sont perdus M. Say et M. Ricardo. Tous deux ont tort , tous deux ont raison , selon le point de vue où ils se placent. En général , le prix d'un produit industriel quelconque a pour éléments les frais que sa fabrication nécessite; et par frais j'entends toutes les avances et tous les profits. Cest le système de M. Ricardo. Je l'adopte si M. Ricardo veut bien admettre que la portion du prix qui est en profits , se réduira ou s'élèvera dans la proportion de l'offre comparée à la demande. Ceci est le système de M. Say ; et je l'adopte également pourvu que M. Say reconnaisse que le remboursement des frais de production est le premier élément , l'élément obligé de toute valeur vénale. Qui ne voit en
par la diminution de toutes les valeurs échangeables , c^est-à-dire , de tous les prix. En reconnaissant que valeur et richesse sont synonimes , il faut donc toujours sous-entendre et se rappeler que la richesse d'un pays ne dépend pas uniquement de la valeur échangeable des produits qui s'y créent ; que cette valeur d'échange , que ce prix de vente qu'on obtient d'une chose , ne représente d'ordinaire que le plus ou moins de travail auquel l'ouvrier a dû se livrer pour la faire , et les profits de l'industrie ; qu'en économisant du travail sur un produit , on facilite la création d'un produit nouveau , et qu'enfin c'est l'abondance toujours croissante de produits toujours plus parfaits , qui constitue la marche progressive de la richesse ; et cela , indépendamment de ce qu'on appelle prix en argent ,, valeur d'échange , ou de tout autre nom (i).
(i) Quand , par la découverte de nouveaux procédés industriels, ou Tinvention de nouvelles machines ^ une marchandise quelconque peut se fabriquer k moindre prix, il arrive assez ordinairement que les producteurs en créent davantage , résultat de demandes que le bon marché multiplie. Les profits se proportionnant toujours à la valeur des choses créées , il est certain qu^un chapelier gagne autant sur deux chapeaux coûtant la. francs pièce à établir , qu'il gagnait sur un seul , quand il ne pouvait le confectionner i moins de ^4 francs. Dans ce cas les profits restent
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D^aatres questions naissent de celles qui précèdent, et spécialement celle-ci : Le prix toujours décroissant des produits du travail , résultat d'une
les mêmes. C'est la solution de l'une des deux questions que M. Say propose dans son discours préliminaire et qu'il appelle épineuses , pour rehausser l'économie politique : « Les frais de production composant le revenu » des producteurs , comment les revenus ne sont-ils pas » altérés par une diminution dans les frais de produc- » tion? » Mais est-il vrai que les revenus ne soient jamais altérés par une diminution dans les frais de production ? en d'autres termes , quand la production coûte moitié moins à établir, arrive-t-il toujours que les besoins doublent ? Non , et , sous ce rapport , la question pèche par les expressions qui l'énoncent. Il y a d'ailleurs bien des sortes de marchandises dont la consommation ne peut jamais s'accroître sensiblement, ou même ne peut pas s'accroître du tout. Je citerai pour exemple les épées à l'usage d'une certaine classe de la société y les manteaux de cour , les habits , les épaulettes des officiers généraux, les décorations civiles et militaires, etc. Il est évident que toutes les croix de la légion d'honneur pourraient tomber i moitié prix chez les marchands sans qu'on leur en achetât une seule de plus. Il ne faut donc pas demander pourquoi les revenus des producteurs ne sont pas altérés par la baisse des frais de production , puisque dans beaucoup de circonstances e'est positivement le contraire qui advient.
M. Say a été moins heureux encore dans le choix du second problême épineux qu'il soumet à notre saga*cité : Un impôt ou tout autre fiéau^ en faisant renchérir
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main-d'œuvre qui $e perfectionne , étant Tune des principales causes des progrès de la richesse , n est-il pas avantageux que le taux des salaires, aussi bien que celui des profit», soienè le plus bas possible?
Quand les salaires tombent , les choses consommables se vendent à meilleur marché; car je suis loin d'admettre, avec M, Ricardo , que les proEts des chefs d'entreprises s'augmentent toujours alors de ce que les salaires perdent Gela arrive quelquefois ; mais le plus souvent on vevra l'effet contraire , que doit naturellement amener la libre concurrence entre les producteurs, toujours plus ou moins pressés de réaliser leurs avances , d'étendre leurs débouchés , et toujours disposés , par suite , k se relâcher sur les prix. H n'y a d'exception que pour les inarehandises doiU b) demande, soit par la rareté de la matièpe premièpc , soit par d'autres causes , excède habituellement l'offre. La baisse des prix , résultat de la baisse des salaires , pci-met. de
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les denr&Bs^ ajoiUe^^il à ht sotHme des richesses F Poâer cette gno^oa,. c'est k. irfsoiidre; ear cpel est ï'kiaeitsé qui a jamais pu« roir dkm ua impôt une cause: de richesses ? Mais que psëtend; M. Say en âssHtailiàt rimpMi «R fléau? Et il laat croire que ce rapprochement lai pl^t beaucoup, puisqu'il le reproduit josqu^A quatre fois dans soa ouvrage.
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soutenir au dehors la concurrence de l'étranger ; elle tend aussi li mettre les produits h la portée dun plus grand nombre de consommateurs : sous ces deux rapports la bais^ des salaires est un bien ; mais elle est un mal en cet antre sens que la classe ouvrière ne recueille pas le fruit de ses peines et fait la richesse sans y participer. C est le spectacle le plus affligeant pour l'humanité , sans: que d'aillews on aperçoive aucun mojen d'améliorer la condition des travailleurs ; car, s'ils gagnent peu, c'est parce que leur nombre est trop grand. Que peut-on faire pour les pauvres qiïand l«s bras sont au rabais ? L'Angleterre, si riche par son iudiiistrie agricole et manufacturière , rêeirfe atrjofurd'hui devaïït cette question, qui appartient dlésormais à îâ politique, tant les circonsltfûces lui ont donné de gravité. La baisse des profits fait moins de malheureux que la baissé Àes salaires , mais elle nuit bieaucoup au dévdopp^ement de la richesse. Lorsque les profits approcheôt du tanx le plus bas auquel Us puissent descendare , c'est une preuve qu'il y a dans le pays plus de capitaux et d*e travailleurs qwe fes besoins de la consômrtatibû ne l'exigent. La théorie qui apprend qiïe le fcôn marché des produits en accroît la demande , eçt ici complètement en défaut, parce que les plus forts consommateurs sont en même temps
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les plus riches producteurs , et que, gagnant moins, ils dépensent moins. Je montrerai ailleurs Terreur de la doctrine économique sur la consommation, que M. Say , dans l'intérêt de la richesse , veut réduire à rien , comme s'il était possible de sépa* rer la consommation de la production, et de voir un peuple riche dans un peuple dont toute Texistence serait en privations et en austérités. Quand les bras et les capitaux sont en demande, il y a récompense large du travail , et par conséquent disposition à travailler davantage ; car , aussitôt que Thomme est sous Fempire de nouveaux besoins, il devient insatiable de jouissances , et ses efforts pour produire se proportionnent au désir toujours plus vif de multiplier ses consommations. Les habitants delà Nouvelle-Espagne, qui, selon M. de Humbold , travaillent deux jours par semaine et se reposent les cinq autres , ne sont qu'une exception à la règle. Encore serait-il boji de savoir si ces hommes grossiers sont déjà placés sous l'empire des besoins nouveaux dont j'ai parlé tout à l'heure , premier aiguillon qu'il faut faire naître , mais qui , senti une fois , pousse l'homme et le domine à jamais , témoin toutes les sociétés de l'Europe , et, à vrai dire, celles de tout l'univers. Ce mélange de travaux et de jouissances, cette succession de peines et de plaisirs, expliquent parfaitement comment
raccamulatioQ et la consommation se concilient au lieu de se nuire. Ainsi donc , forts profits , forte consommation et forte production, sont trois choses qui vont très -bien ensemble; et cela ne contredit en rien ce que j'ai avancé précédemment sur la valeur toujours décroissante des produits comme élément de richesse , parce que la décroissance de valeur qui enrichit, est le résultat , non de la baisse des profits , mais de rhabileté toujours plus perfectionnée des travailleurs , de la découverte de nouveaux procédés de fabrication et de l'invention de nouvelles
machines.
n résulte de cette dernière distinction que
la baisse du prix des produits ne doit pas , dans tous les cas, être considérée comme un signe de richesse, et qu ainsi M. Say a parlé d une manière beaucoup trop absolue quand il a dit : Un pays est d'autant plus riche^ que le prix des denrées y baisse davantage (i). Pour que la baisse des prix serve la richesse , c'est-à-dire , augmente les produits du travail, il faut qu'elle soit la conséquence d'une amélioration dans les procédés industriels. Elle n'a pas cet efiet , elle en aurait même un tout opposé, si la baisse des prix tenait à l'abondance de l'ofire des bras , ou des
(i) 3.*^ édit. , t. n^ p. 43.-4.^ édit, t. II, p. 44.
capitaux I car une trop grande réduction de salaires ou de profits ôte aux producteurs les moyens de consommer, et il est évident que les choses que Von ne consomme plus cessent d'être produites.
Il serait utile » mais fort difficile , d'assigner avec quelque exactitude le point passé lequel rélévation des salaires et des profits deviendrait un mal. Des salaires ou des profits ivop hauts, eu faisant monter les prix démesurémeat , diminueraient le nombre des consommateurs , tous , k beaucoup près , ne vivant pas de salaires ou de profits. Ce qui est désirable quant aux salaires » c'est que l'ouvrier obtienne constamment de son travail de quoi entretenir assez bien lui et sa famille» pour qu'une légère réduction dans le prix de sa journée» ne Foblige pas à recourir aux libéralités publique» ou parUeulières. Les profits sont assez âevés quand , sans décourager la consommation , ils permettent l'accumulation. Le mieux est donc , ici comme partout, à une égale distance des termes extrêmes , et bous combattrons les économistes qui veulent que cherté et richesse soient sjncmimes » tout comme leurs adversaires qui soutiennent que la richesse augmente toujours avec la baisse des prix (i)«
(i) Après avoir établi ^u^un pays est dautant plus
Si les notions que je viens de donner sur les trois questions d'économi« politique qui ont le plus . partagé les esprits dans ces derniers ten^s y sont frètes , et si |'ai réussi à en rendre Imtelligence facile , le lecteur me saura gré d'en avoir réduit la discussion h quelques pages ; car
riche que te prix des denréeû y baisse davantage ^ ce qui îTèst vrai que quand la baisse des prix est le résultat d'améiiorsttions dans les pl'océdés du travail , M. Say réftite^ en noté, Dupont de Mémonrs qui voulait que les denrées fassent cbères et qui répétait , avec tous les disciples de Quesnay ^ la fameuse maxime abondance et cherté est opulence. M. Say ajoute : « Melon , Forbonj» nais et tous les écrivains du système exclusif, sont » ici d^accord avec les éconoilnistes pour se troinper. » On va juger de té prétendu accord. Melon dit que « la 1^ cherté des denrées esf indifférente à celui qui est » égàleâttveirt ackctettr et v^iidetir , préjudiciable k celui » €fBà n^est qa'achetewr , et fonfoors avantageuse i celui » qui est plus vendeur qu'acheteur. » ( Essai politique sur le commerce , p, 204 )• Ces propositions sont toutes très-exactes. Quant à Forbonnais, Fopinion quMl soutient est positivement contraire à celle que lui prête M. Say. « Ce qufî constitue un État riche c'est l'abon-
» dance annuelle dès productions Le bénéfice des
» producteurs est d'autant moindre qut la denrée eàt M plus abontlante. Ainsi on ne peut pas dire , comme les M économistes y que la cherté avec P abondance est opu- » /ence.» (Observations économiques, t. II, p. 167, i58).
elles ont fait naître de bien longues controverses dans lesquelles, si je ne m'abuse, la vëritë n'est pas toujours facile k saisir.
Encore un mot sur M. Say, et sur ce qu'il entendait naguère par la richesse. « Je sais » bien , disait-*il dans sa première édition (i), » qu'il j a beaucoup de produits durables sus- » ceptible? de fort peu de durée , comme les » denrées qui ne sont pas de garde, la viande, » les fruits , les légumes , etc. ; aussi ces produits » se rapprochent<*ils , quant à leurs effets, des « V produits immatériels. Au moyen de leur abon- » dance , une nation peut être parfaitement bien » nourrie ; mais ils ne lui fournissent guère les » moyens de devenir plus riclip : » raisonnement applicable à la plupart des pro4uits qui servent; à l'entretien journalier de l'homme, parce que l'existence de ces produits est généralement trèsfugitive ; d'où il faudrait conclure qu'un peuple peut être incessamment mieux nourri , mieux vêtu , mieux entretenu sans en devenir plus riche. Mais alors en quoi consiste donc la richesse? Certes , M. Say s'en forme une autre idée aujourid'hui, et toute cette doctrine a effectivement dispani de son ouvrage.
Il me semble qu'après être tombé dans une
(ï) T. II, p. i65, i66.
si grave erreur , M. Say aurait dû se montrer moins disposé k blâmer l'Administration, que tous les écrivains deVécole économique présentent toujours comme inepte; « Sully (c'est encore M. Say qui parle ) (i) , dit bien que l'agriculture » et le commerce sont les deux mamelles de » l'Etat, mais vaguement et par un sentiment » confus. » Et M. Say est ici très-inji|ste. Le mot de Sully n'a rien de vague ; il est au con« traire aussi précis qu'énergique , comme toutes les expressions qu'un sentiment profond fait jaillir. I/agriculiure et le commerce sont les deux mamelles d& F État \ c'est-krdire , le travail appliqué à la terre et aux produits de la terre. Les écrivains qui font des traités d'économie politique, ne diront jamais si bien, et je comprends que ce mot les importune.
Conclusion :
Il n'existe aucun principe absolu dont on puisse invariablement déduire la valeur échangeable relative des divers produits que l'homme crée et consomme. Le plus général est que le prix d'une chose résulte d& la quantité de travail qu'elle a coûté. Un autre principe, qui reçoit presque aussi souvent son application, est que
(i) 3.™* édition, discours préliminaire, p.. xxxy* — 4*"^ édition , idem , p. xxxix.
la valeur échangeable d'un produit hausse ou
baisse selon qu'il 4>5t plus ou moins en demande.
Ou ne peut pas concevoir de richesse où il uy a pa^ de valeur.
Mais la richesse et la valeur ne sout pas telle-meqt identiques que la richesse géoévale ne puisse croître , quaud le prix de chaque chose (xinsom* mable diminue par suite d'une production devenue plus facile.
Ija baisse des prix ne concourrait point h ^augmentation de la richesse , si elle tenait à une trop grande réduction des salaires et des profits.
La baisse des salaiùresi, quand elle va j«isqn'à ôter aux ouvrieF& les moyens de vivre commo«* dénient de leur travail, est un malheur pour Thumaaité qui soaffire, pour la société qui est surchargée d'indigenis , et pour rÉlaÉ qui est menacé de troubles.
La baisse des profita » ai elle est poussée trop loift y tend k décourager le travail. EUe &le aux producteurs le« moyens de cotfisoiiuiier ; elle attiédiA en eux le désir de Taccuniuikaticm ; elle mèine ainsi par deux roulies h ki diuiînutioa de la riichesse.
Je résume les principes que j'ai chenclii 9^
établir dans ce livre.
L'abondance des choses consommables est ce qui constitue la richesse d'un peuple.
La richesse des peuples reconnaît trois éléments principaux :
I .** La terre , parce que c'est la terre qui nourrit l'homme et qui lai fournit , par ses pro* ductions , la matière première sur laquelle il exerce son industrie ;
3.^ Le travul , parce que , sans le travail , la terre ne produirait rien ou produirait mal, et que le travail modifiant ensuite les produits de la terre > leur dcmae une nouveUe valeur qu'ils doivesit eatièremeni ^ la main de l'homme ;
3.^ £t enfin la momiaie, parce que c'est la monnaie qui facilite et multiplie les échanges , et avec les échanges la production, dont elle est devenue l'agent le plus actif.
Chacun de ces éléments de la richesse des peuples , considéré d'une manière abstraite , peut servir de base à un système d'économie politique.
Ces systèmes conduisent tous a des résultats faux , parce que le problême à résoudre ayant trois données, il est impossible de bien opérer sur une seule.
Le travail intellectuel est le travail par exaellence. Les produits immatériels satisfont de véritables besoins, aussi bien que les produits
go LIVRE I. DE LA RICHESSE, matériels. Tous concourent également à la richesse des peuples.
La richesse , qui consiste essentiellement dans Tahondance des produits , peut croître quand de meilleurs procédés industriels font tomber les prix ; mais cette baisse des prix est un mal dès qu'elle reconnaît pour cause une baisse forcée des profits et des salaires.
Les écrivains de Técole administrative en France ont toujours fait consister la richesse des peuples dans l'agriculture et les fabriques. Depuis plusieurs siècles , tous les efforts de l'Administration tendent à l'accroissement des produits du travail. Nos anciens édits sur le commerce le prouvent sans réplique. C'est là que Smith a pris l'idée de faire du travail la richesse par excellence^