‹ Du gouvernement considéré dans ses rapports avec le commerce, ou, De l'administration commerciale opposée à l'économie politiqueChapitre 18 sur 46 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Réçolutions dans le système des Échanges.

Nous avons déjà vu que, daus Torigine des, sociétés , les échanges se faisaient en nature. On {)eùt juger de ce qufe devait être alors l'industrie. Elle fit tiii grand pas ^uàùd on ent adopté > pour àgéùt iiitènbédiairé des échangés, un produit qui servit & les évaluer tous. Cependant la monïnàie pfOpi*etnent dite n'é^iistait pas encore. Le blé, le sel, lé tabac ^ taM qu'on les employa à 6et usafgéf eu firéiit Toffioe peu comniodément , totit ed ediitïibuazff , dâns^ la ttieràre de leur tttiHfé reliblive , \ facclt^issetnent des choses cûfisoitlmftbles.

létf in^f aux pti^ieux dc^iexit , ^ là longue , «ervir de Inds^ûaJé pMpféut. Il feut en chercher la: tftison , nôd dérns lWé6#d des^ peuples pour attribuer' die fa tlaleur }^ ce qtii n'eti^ aurait point ( nn tel âfdcofd é^ impôssiMé ) ,- mais dans les (diverses propriété&déâ âoétauil , propriétés d'utilité et d'âgféniént f égâleméHft appréciables' par toâs les bèihmes. lls^ n'aVaient donc ttul besoin de s'entendre pour prêter aux métaux une valeur de convention, puisque ,- par ei»L-Bftêmes , ces métaux en avaient une très-réelle , sans laquelle on n'aurait

DEL^AHGENT. gS

même jamais pu les éleyer à k fonction qu'ils étaient appelés à remplir.

On ne donna d'abord aux mî^tauit employés pour les échanges d'autre forme que celle de lingots Les morceaux d'argent et même de cuivre se prenaient ainsi au poids ; mais la circulation éprouvait encore de grands obstacles. Sans cesse exposé à la surprise , il fallait que le marchand eût toujours à la main ou la balance ou la pierre de touche. Il était aussi très*désagréabie et trèsgênant de devoir continuellement morceler ou fondre des lingots, et l'on n'avait cependant que ce moyen de compléter de gros payements ou d'en Sûre de petits.

Ce fut le désir de dégager le commerce de cette dernière entrave^ qui donna au Souv^raili l'idée de marquer de son empreinte tout le métal circulant. Alors il eut un titre légal et une valeur connue. Il ne &llut plus ni peser ni éprouver : on put sans crainte^ ni einbarraa tfailer pour les plus grosses sommes comme pour les plus petites^; et l'argent se répartissMl de liii-mÀne dlBAS tous les canaux de la circuliatÎ4ii , en les yte se mul^ tipKer et s'étendne , au grand avantags ée l'ifidMfl^trie, dont la marche jusque-là avftit toujfOttrs été embarrassée*

Cetterévoktioncoii^léta li^systâme desécfaanges et donna à tous les* peuples , où elle se fit

successivement , un nouvel ëlément de ricliesse plus actif que ceux qu'ils possédaient déjà, puisque sans lui , les deux autres ( la terre et le travail ) auraient toujours été comme paralysés , faute de moyens de rapprochement facile entre le producteur et le consonunateur.

Ainsi le système des échanges a , de l'enfance des sociétés jusqu'à nous, parcouru quatre périodes, savoir :

iJ^ Période. — Échanges en nature ;

2.® Période. — Échanges contre un produit d'un usage assez général pour pouvoir, en tout temps , être facilement échangé lui-même ;

3.® Période. — Échanges contre les métaux , donnés et reçus en morceaux, au titre et au poids ;

4* Période. < — Échanges contre la monnaie de métal frappée au coin du Souverain.

En réfléchissant aux quatre principales révolutions qu'a subies le syrstême des échanges , il est aisé d'apercevoir que, dans ses deux premières périodes , ils durent être peu multipliés , et absolument restreints aux individus d'une même bourgade ^ ou tout au plus d'une même tribu. Dans la troisième, les échanges purent s'étendre de nation à nation ; mais c'est à la quatrième seulement qu'il faut attribuer tous les développements ultérieurs qu'ils reçurent. Les

DE L^ARGENT. gS

progrès de la navigation, les découvertes auxquelles ils donnèrent lieu, le perfectionnement des arts et des manufactures , ou plutôt la division du travail , en sont aussi les résultats immédiats. Des effets aussi remarquables exigent un examen approfondi des différentes fonctions que remplit l'argent devenu le premier instrument du commerce. Ce sera l'objet du chapitre suivant, dans lequel je traiterai plus particulièrement de la circulation.

gô LIVRE II.

Page 1