POI PERE
Rien au péritoine: ni ascite, ni traces d'inflammalion ancienne
ou récente. Surcharge graisseuse externe du péritoine {res marquée
Adhérence récente et lâche entre la plèvre médiastine gauche €t la face latérale du péricarde. Cette adhérence existe un peu à droite, mais beaucoup moins marquée qu'à gauche, où il y a des exsudats assez épais, restant fixés à la plèvre quand on cherche à en délacher le péricarde.
Le phrénique gauche peut être disséqué facilement, Il est inclus dans la graisse qui surcharge le péricarde. Pas de gros ganglions le long de son trajet.
Un peu de liquide dans le péricarde, avec quelques exsudats quë nagent dans ce liquide.
Les ganglions trachéo-bronchiques sont assez volumineux. Ils forment un gros paquet, en partie rosés, en partie anthracosiques, nullement caséeux.
Cœur. — Pas d'insuffisance aortique à l'épreuve de l'eau; aorte un peu athéromateuse. Les deux oreillettes sont gorgées de caillots. surtout cruoriques. Il n’y a de caillots fibrineux que dans l'oreillette droite. Surcharge graisseuse très marquée du cœur. Pas delésion orificielle. Un peu d’athérome de la région mitro-aorlique et au fond des nids de pigeon. Pas de tacheté sous endocardique- Pas d’endocardite.
Rien à l’æœsophage, ni à l'estomac.
Le foie présente, à sa surface, une série de laches décolorées, qui pénètrent un peu dans la profondeur (à o,o1 c/m environ). Elles sont jaunâtres, ne font pas saillie. Elles siègent à la convexilé, surtout sous le ligament suspenseur. Foie un peu gros. Pas de calcuts. dans la vésicule.
Poumon gauche, — Adhérences considérab'es entre la plèvre dia— phragmatique et le muscle. La séparation est impossible.
La pleurésie n’est pas très marquée à la base, contrairement à ce que les signes cliniques faisaient prévoir,
Hépatisation grise presque uniforme dans lout le poumon ; on netrouve de parenchyme crépilant que dans la moitié supérieure du
lobe supérieur qui est seulement envahi par de l'œdème, A la par—
Le OLIS
die postéro-inféricure de l'organe, s2 dessine très neltemeanl un gros 4rajet lymphatique.
Poumon droit. — Symphyse pleurale. Pleurésie enkystée à la partie postéro-inférieure avec un petit prolongement suivant le bord inférieur et s’'avançant en avant; cette cavité, d2 la grosseur d’un poing, contient un peu de liquide trouble, et la plèvre viscérale, à son niveau, est couverte d’exsudats fibrineux récents.
Presque tout le lobe inférieur est le siège d’hépatisation grise, qui s'arrête, en bas, d’une façon assez brusque, à la partie du pounon correspondant à la partie supérieure de la pleurésie enkystée. A partir de là, en se dirigeant en bas, on n’a plus guère que de d'atélectasie. Le lobe supérieur tranche d’une façon très nette Simple congestion et crépitation normale. Au sommet, vieux foyer de tuberculose fibro-crétacée.
Les lésions du pou non droit sont moins anciennes que celles du poumon gauche.
Rien aux capsules surrénales.
eins décolorés. La capsule s’enlève bien ; la surfasse est lisse.
Rale molle, diffluente, moyennement grosse.
Corps thyroïde; Testicules : Vessie ; Rien
L'exameh histolozique des organes a été fait par M. le professeur Hevic. En voici le résultat.
L'examen du phrénique a été fait de la fason suivante :
1° On a fait une dissociation.
2 On a fait durcir un fragment du nerf dans le liquide de Müller et on l’a coloré à l’acide osmique.
Par les deux procédés, on n’a trouvé aucune altération de névrite, ni parenchymateuse, oi intestiticlle.
Foie : pas d’autres altérations que la dégénérescence graisseuse.
Poumons de la pleurésie enkystée: la plèvre viscérale est très “paissie; dans les points du parenchyme qui confine à la plèvre, on 4rouve une série d’alvéoles qui sont atteints de pneumonie épithéliale, d'ailleurs sur une bande peu large parallèle à la plèvre. Aucune
altération luberculeuse.
OBSERVATION II (inédite).
Communiquée par M. le professeur CHATIN.
H. P., cocher de tramways, 29 ans, entré le 30 mai 1902, sorts le 21 juin 1902.
Diagnostic : Pneumonie du sommet droit. Hoquet douloureux. Douleur sur le trajet du phrénique, au cou, et point diaphragmatique. Transmission des pulsations cardiaques à droite par le poumom hépatisé.
Antécédents héréditaires : rien à signaler.
Antécédents personnels : aucune maladie grave.
Marié à 23 ans, quatre enfants bien portants. Léger éthylisme-
L’affection actuelle remonte à trois jours (27 mai). Début brusque par frissons, fièvre, sueurs; point de côté sous le mamelon droit, puis est apparue de la toux.
A l’entrée, le malade frissonne. Dyspnée vive. Toux peu fréquente- Crachats rares, visqueux, aérés, ambrés, adhérents au vase.
Examen des poumons: En arrière, submatité à droite dans toute la hauteur ; vibrations exagérées surtout au sommet. A droite et en bas, respiration très affaiblie devenant soufflante au sommet. Souffle tubaire dans la fosse sous-épineuse se propageant au côté gauche, bien que la respiration n’y soit pas autrement modifiée. À droite, au sommet, bouffées de râles crépitants intermittents, surtout à la fin de l'inspiration, À ce niveau bronchoponie et pectoriloquieaphone.
En avant. — Respiration forte, non modifiée ; rien d’anormal, eur particulier pas de skodisme.
Cœur. — La pointe bat faiblement dans le cinquième espace, sur la ligne mamelonnaire. Bruits réguliers rapides, non soufflants- Pouls tendu, régulier, rapide (110).
Tube digestif. — Soif vive, appétit nul, pas de vomissements,’ constipation depuis 5 jours. Langue blanche, saburrale, humide, estomac non dilalté., Abdomen dur, rétracté, ne permettant pas la
palpation du foie ni celle de l'estomac.
Me Ho
Système nerveux. — Céphalée le soir seulement. Ni insomnie, ni excilalion, ni délire, ni abattement, nl prostration.
Pupilles égales, pas de signes du côté du récurrent.
Urines rares, rouges et sans albumines.
Température au dela de 39°.
Crachats rouillés,
1° juin. — Pouls 120 petit, 0,30 cenlig. de digitale,
? juin. — Pouls go bien meilleur R. 45 T. 4o°r. Hoquet depuis hier soir. Douleurs lombaires sans vomissements. Ce hoquet est très douloureux, il fatigue le malade et s'accompagne d'efforts, de vomissements sans rejet d'aliments, ni de rien. On donne de l'héroïne qui calme le hoquet. è
3 Juin. — Le hoquet persiste, bien que calmé par l'héroïne. Il est très douloureux pour le malade. Rire sardonique.
A la base droite, tympanisme remontant sur quatre travers de doigt.
Point phénique de G. de Mussy (bouton) assez nel, pas de point scalénique.
4 juin. — Rien au cœur, ni au péricarde.
5 juin. — Le hoquel persiste, injection de o,or c.t d'héroïine qui calme pendant deux heures T = 39°4.
Le hoquet se produit sous forme de secousses brusques du diaphragme groupées par séries de 2 ou 3. ILest très douloureux, sans vomissements. Rire sardonique. Douleur à la pression entre les calènes, réveille le rire sardonique qui se produit spontanément d’ailleurs dans les fortes secousses de hoquet. La pression n’est pas douloureuse le long du sternum ; elle est douloureuse au niveau de l'insertion du grand droit, à droite.
Matité hépetique abaissée de deux travers de doigt. Pas de météorisme.
Bruits du cœur sourds. Pas de frottements péricardiques.
Ponction exploratrice à la base droite qui ne ramène absolument rien.
6 juin. — On sent, à droite, depuis plusieurs jours des battements synchrones aux mouvements du cœur, dans loule la région anté-
rieure du thorax et jusque sur la ligne axillaire.
5 juin. — On sent encore dans le côté droit les mêmes batlements perçus hier, mais moins marqués. D'ailleurs la température est tombee (38°r). Le pouls est moins tendu.
Les battements sont perçus par la main appliquée sur toute la région du sein droit et même encore dans la région axillaire. [ls sont également appréciables par la palpation digitale dans les 3°, 4° et 5° espaces intercostaux à trois travers du doigt du bord droit du sternum.
La pointe du cœur se sent dans le quatrième espace, en dedans du mamelon gauche. Les bruits sont sourds, réguliers sans frottements, ni souffle.
L’auscultation à l’aide du stéthoscope dans la région du mamelon droit, en dessus du mamelon, révèle des bruits cardiaques plus forts qu'à gauche, On sent et on voit très bien la tête soulevée pendant l’auscultation de cette région, À jour frisant, on voit du reste l’hémithorax droit présenter une pulsation isochrone au pouls.
Mensuration au niveau du mamelon, 0.42 c.t., à droite, 0,40 CH: à gauche.
Les battements cardiaques ne sont pas perçus en arrière.
L’auscultation est génée par le hoquet que le malade présente de nouveau quand on le fait asseoir.
Matité des 2/3 supérieurs. Sonorité du 1/3 inférieur.
Le souffle ne persiste qu’à la région moyenne.
Au point de vus des phénomènes diaphragmatiques, le hoquet a beaucoup diminué. La pression au niveau du phrénique au cou est toujours douloureuse ainsi qu'aux insertions antérieures du diaphragine. ;
Pas de vomissements.
Aux crachats rouillés, ont fait suite des crachats purulents, très adhérents au vase.
Aucun signe oculo-pupillaire. Pas de signes médiaslinaux.
8 juin. — Disparition du hoquet.
9 juin. — On voitencore à jour frisant, le sein droit présenter un battement isochrone au pouls. La palpation large ne perçoit plus les pulsations d'une façon bien sensible. Par contre, la palpation digitale les sent encore bien dans le troisième espace au dessus du mamelon.
CRE Nes
Plus de hoquet depuis avant-hier après-midi.
L'exploration du phrénique n’est plus douloureuse, ni au cou, ni au niveau du diaphragme.
15 juin. — Les battements ont complètement disparu du côté droit, à la vue. Au palper digilal des 2° et 3° espaces intercostaux droits, on sent encore des battements légers; à l’auscultalion, les bruits du cœur s'entendent encore à droite, mais considérablement atténués.
En arrière persistance du souffle {ubaire dans la région de l’épine de l’omoplate.
21 juin. — Le malade sort guéri.
Voici les températures quotidiennes du malade.
DOMNAle ES epe M. 39°6. SUN ere le o0nt 4° jour de la pn. S. 39°5. ro° jour dela pn. S. 380. SNA SR M. 39°9. DANSE No de o M°3805 5° jour de la pn.. S. 40°: 11° jour delapn. S. 38°6. LATTES MASSE M. 398. FUI ds OM 38.
6° jour de là pn. S. 4o°r. | MOUBUC TA IDN ES ESS °2E PAT M: 39°5. CRUE TRES M. 378 7 jour-de la pn.S.150°2. | 13° jour dela pn. S. 35% SAJUIRE AR ee MERS oUre BCE ER M0700 8: jour de la pn. S. 30°. 14° jour dela pn. S: 37°6 Ana RNRRE M. 395.
9° jour de la pn. S. 39°8.
À partir de cette date la température n'est plus remontée au-delà de 37-6.
Remarques. — À propos de ce malade, citons un passage de Grisolle (1), où il est fait allusion à des battements
thoraciques analogues à ceux que notre malade présentait.
« Pualsations thoraciques. — Le Docteur Graves a prétendu, d’après
un fait qu’il avait observé, que dans les cas de pneumonie, on
(x) Grisolle, Traité pralique de la pneumonie, 1841, page 247:
Hope
pouvait percevoir par l’auscultation, au niveau des parties malades, la sensalion d’un battement d'expansion, analogue à celui que donnerail une tumeur anévrysmale. On conçoit, dit Graves, que dans les engorgements mouset demi-fluides du poumon, cet organe uni au cœur par des vaisseaux larges, doive être agité de pulsations fortes, presque égales à celles d’un anévrysme, ou bien encore à celles qu'on voil dans cartaines tumeurs fongueuses ou cérébriformes. W. Stokes a adopté l'opinion de Graves, sans citer pourtant aucun fait concluant en sa faveur, Je ne sais si MM. Hourmann et Dechambre ont voulu désigner un phénomène analogue à celui indiqué par Graves, lorsqu'ils disent avoir perçu, dans un cas de pneumonie, sur toute la face antérieure gauche du thorax, une sorle de vibration isochrone à l'impulsion du cœur. Quoiqu'il en soit, jusqu’à présent, je n’ai pu vérifier l'exactitude des opinions émises par les deux pathologistes anglais, quoique depuis 2 ans j'aie cherché avec soin le phénomène dont ils parlent sur plus de 30 ma-
lades atteints de pneumonie. »
Voici le fait de Graves (1), auquel Grisolile fait allusion :
« Chez un malade que je voyais il y a quelque temps avec sir Henry Marsh, j'ai eu l’occasion d'observer ces pulsations singulières de la poitrine qui accompagnent fréquemment la pneumonie, el que Laennec rapportait à l'impulsion du cœur transmise par le poumon hépatisé.
Or, cette explication ne me semble pas complètement satisfaisante. Et d’abord, le battement est trop fort pour qu'on puisse lui attri-, buer cette cause. Ainsi, chez le rév. M.., la pulsation était aussi violente au niveau du sein droit et même plus en dehors, qu’au niveau de la région précordiale. Si cette pulsation dépendait de la transmission du choc cardiaque par un corps solide, sa force, en un pointquelconque, devrait être inversement proporlionnelle à la distance du
cœur. C’est ainsi qu'un homme qui porle une grosse enclume sur
(1) Graves, Leçons de Clinique médicale, traduit par Jaccoud,