‹ Du Hoquet dans la PneumonieChapitre 21 sur 23 · VALEUR PRONOSTIQUE · texte numérisé non relu

VALEUR PRONOSTIQUE

Maintenant que nous connaissons la signification du hoquet dans la pneumonie, nous sommes en mesure de nous demander quel est le pronostic particulier de ce phénomène et de l'affection dont il est la manifestation, et aussi, quelle modification il apporte au pronosiic de la pneumonie.

Le hoquet, par lui-même, ne comporte pas un pronostic grave. Mais il est incontestable que par sa fréquence, par sa continuité, par son intensité, par les vomissements qu'il provoque et l'insomnie qu'il entraîne, il peut devenir extrêmement pénible pour le patient. Dangereux, nous ne pensons pas qu'il le soit jamais, car nous avons vu que sa durée ne se prolonge pas au delà de 9 jours, et encore, pendant tout ce temps, ne restetil pas toujours aussi intense, ni aussi douloureux, ni aussi continuel.

Dans les observations que nous avons rapportées, nous n'avons qu’un cas de mort avec hoquet ayant persisté jusqu'au bout, car dans l’observ. Il, il est à remarquer que le hoquet avait disparu dans la nuit du 23 au 2/

janvier, alors que la mort est survenue le 26 au matin.

Nous tenons à attirer également l'attention sur l'obs. IV qui à trait à un vicillard de 77 ans, lequel a parfaitement guéri de sa pneumonie malgré un hoquet particulièrement grave, intense el continuel. En résumé, le hoquet, malgré son apparence alarmante, se borne à être un symptôme fort gênant et fort douloureux, mais il ne met pas les jours du malade en danger.

Etudions maintenant le pronostic de la pleurésie diaphragmatique en elle-même. Jaccoud (r) a dit: « On a dit que la pleurésie diaphragmatique était rare. Cela n'est vrai que pour la pleurésie avec épanchement, celle qui tue en deux ou trois jours; mais la pleurésie diaphragmatique sèche est au contraire des plus communes. Je ne connais pas de cas de mort, tant que la pleurésie sèche diaphragmatique reste à l'état membraneux ». En effet les pleurésies diaphragmatiques bénignes, frustes sont d'une très grande fréquence, bien plus fréquentes qu'on ne le croirait, d’après la plupart des descriptions classiques. Notre obser. IT est une guérison alors que les symptômes de pleurésie diaphragmatique étaient très intenses (hoquet très douloureux et très intense, points douloureux sur le trajet du phrénique, rire sardonique). D'ailleurs, il n'ya qu'à consulter les auteurs. Nous avons déjà donné l'opinion de Jaccoud. Andral (2), ne portait de pronostic défavorable qu'autant que la pleurésie dia phragmatique se compliquait d'une pleurésie costo-pul-

monaire. Laënnec ne croyait pas non plus que cette

(n. Jaccoud, Gazette des Hôpitaux, 17 février 1887. (2). Andral, Pleurésies diaphragmaliques. Clinique médicale, 4°

édilion, 1840.

ne

maladie fut bien grave, car c'est très souvent, qu'il trouvait aux aulopsies de très anciennes adhérences de la plèvre diaphragmatique. G. de Mussy (1), partageait la même opinion. « La pleurésie diaphragmatique, dans ses formes bénignes passera souvent inaperçue pour ceux qui ne tiendront pas compte de tous ses signes délicats. Le plus souvent, je l'ai vu se terminer par la guérison ». Hermil (2), dit également que la guérison est la règle dans la forme bénigne et que cette forme est celle qu'on rencontre le plus souvent. Malaviale (3), arrive lui aussi à la inême conclusion. Enfin, voici l'opinion de Marcel Sée (4) : la pleurésie diaphragmatique est fréquente, mais elle est plus souvent bénigne que grave; il y a des pleurésies frustes : le pronostic est bénin même dans la forme aiguë typique.

Quoi d'étonnant dans ce pronostic bénin ? puisque l’on sait aujourd'hui que les pleurésies méta et parapneumoniques et, dans le cas actuel, la pleurésie diaphragmatique, sont dues au pneumocoque (5); et nous n'avons

pas besoin d’insister ici sur la bénignité des pleurésies à

(1). N. G. de Mussy : Pleurésie diaphragmatique, Clinique médicale, tome I, 1874.

(2). Hermil, thèse de Paris, 1879. Essai sur la pleurésie diaphragmatique.

(3). Malaviale, thèse de Paris, 1890. Contribution à l'étude de la pleurésie diaphragmatique. Û

(4. Marcel Sée. Pleurésies diaphragmaliques. Gazelle des Hôpilaux, 25 mars 1893.

(5). Delezenne, thèse de Lille, 1892.

Ch. Siems, thèse de Paris, 1907,

pneumocoques, opinion admise aujourd’hui par tous les traités et manuels de pathologie interne.

Il nous reste à envisager le pronostic de la pneumonie compliquée de hoquet. Malgré la bénignité du hoquet quoad vitam, malgré le peu de gravité ordinaire de la pleurésie diaphragmatique, ilest bien certain que le fait de redoutcr une complication pleurale diaphragmatique, assombrit forcémert le pronostic ; mais nous nous empresressons d'ajouter que cette aggravation du pronostic est très faible et que pour évaluer le pronostic total il faudra surtout tenir compte de la pneumonie.

En résumé, le hoquet, symptôme pénible’et douloureux, ne présente guère de danger quoad vitam. L'affection dont il témoigne est le plus généralement bénigne, et la guérison est la règle. Cependant le pronostic de la pneumonie au cours de laquelle il survient, est un peu assombri du fait de cette complication pleurale diaphragmatique.

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