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ynes partiellement couvertes de neiges persistantes et de verts glaciers dans lesquels se mire le soleil couchant.
? octobre. — Nous profitons, de bon matin, d'un moment d'uccalmie relative pour traverser ce terrible point d'intersection qui va nous permettre de gagner, au Sud-Est, la partie principale du lac Morice. Nous revoyons lu fameuse Île aux Ours et nous constatons qu'elle x au moins 12 kilomètres de longueur et qu'une autre ile, de dimensions un peu moindres, lui sert «le compagne, La journée s'est passée à faire de la yéographie pratique. à relever les iles et les baies du lac. ses principaux affluents et les montagnes qui l'enserrent, sans comp ter les glaciers qui l’alimentent. Au travers de l'Ile aux Ours, le lac a dix milles de large (16 km.), peut-être douze (19 km.) et au point où nous rebroussons chemin, ma sonde accuse une profondeur de 780 pieds (237 in.) C'est le lac le plus important de la Colombie Britannique, Là encore nous avons été dé. eus dans notre espoir de rencontrer une bande d'Indiens qui ont levé la tente juste avant notre pussuge.
3 octobre, — Sur le point de dire définitivement adieu au lac Morice, je profite du temps qui nous reste pour dresser, de su partie septentrionale, une carte aussi exacte que mes instruiments le permettent, Ge lac a ceci de particulier qu'il s'étend dans presque toutes les directions, en sorte que, favoris instant d'un temps passable, nous sommies assaillis, au détour d’un cap, par un terrible vent contraire. Une grosse vague s'abat sur moi et nous force à aborder aussitôt que possible pour ne pas sombrer. L'eau du canot une fois vidée, nous nous remettons en route et, sous l'impulsion d’un bon vent dû au changement de direction de notre itinéraire, nous gagnons rapidement la baie Saint-Thomas.
Au détroit qui en forme l'entrée, nous sommes salués par les aboiements d'un chien. Comme cet animal est ici, autant qu’en Europe, le fidèle ami de l’homme, nous allons aux informations. C'est mon Martin-Pècheur qui, caché par de longues enfilades «le venaison séchant devant le feu, garde le campement. Deux autres chasseurs sont partis pour une petite course dans la forèt. Leur absence les a empèchés de tirer deux caribous qui, ce matin même, ont traversé le détroit au nez du vieux bonhomme dont les yeux ne lui permettent plus de se servir du fusil avec avantage.
Il nous charge de viande de castor, de caribou et de por épic. Quant à ma Révérence, c'est la queue de ce dernier animal qui m'est réservée, honneur dont je me montre naturellement fier. En retour de cette bienheureuse queue, le bon vieux me demande le baptème. Un peu de catéchisme m'irait tout aussi bien. Nous en reparlerons-.
A partir de la baie Saint-Thomas. nous refaisons en sens inverse le portage d'il y a trois jours, puis campons de nouveau sur la plage du lac Dawson.
7 octobre. — Encore une coupure dans Inon journal. Nous voici sur les bords d’un petit lac, arrètés par la neige qui à succédé à la pluie de la nuit dernière. Néanmoins, nous ne pouvons pas nous plaindre ; jusqu'ici, la saison a été d'une clémence exceptionnelle à cause, sans doute, de la longueur démesurée de l’hiver dernier.
Rien de bien important dans la chronique de ces quatre derniers jours. A partir du lac Dawson, nous sommes simplement revenus sur nos pas jusqu’à la baie aux Outardes sur le lac Cambie, tuant, ou le plus souvent manquant perdrix el canards, tandis que des bandes d'oies sauvages s’enfuyaient à notre approche en poussant mille cris discordants.
Avant maintenant traversé le lac Cambie d'une extrémité à l'autre, nous lui donnons une largeur de 46 milles (74 kilomètres). 11 s'écoule par un cours d’eau qui, à sa sortie, se divise en plusieurs bras en formant plusieurs iles, et qui est si lent que nous en sommes à nous demander si ce n’est pas une sim-
ple continuation du lac plutôt qu'une rivière, lorsque tout à coup le voilà qui semble se réveiller, qui prend le galop, qui se précipite dans une course effrénée et manque de nous lancer sur les roches qu'il recèle dans son sein et qui donnent lieu à deux rapides des plus mouvementés.
Puis vient un autre lac, cette fois étroit et peu profond, que, pour cette raison, je nomme le lac Plat, Nous voici campés sur ses bords en attendant que le ciel se soit débarrassé de la neige qu'il nous envoie en énormes flocons.
Nous ne devons pas ètre à plus d’une demi-journée de l'extrémité du lac Huard où nous trouverons Allen, de Natléh, avec mon cheval et les deux bètes de somme qui m'ont été prètées pour le transport de nos bagages. Nous nous proposons de passer la journée de demain au débarcadère, avant de repren-
dre par terre la voie du lac Fraser, trajet que je n'ai jamais effectué.
Dimanche 8 octobre. — Hier, vers une heure de l'après-midi, la neige cessa enfin de tomber. Ce fut pour nous le signal du départ. Sans être bien pressés, puisque les provisions ne nous manquaient point, nous tenions cependant à ne pas trop impatienter Allen auquel nous avions fixé le 3 courant comme date probable de notre arrivée au débarcadère.
Or voici que, sur une ile à l'extrémité du lac Plat, un sapin récemment dépouillé de son écorce frappe notre attention. Nous dirigeant de son côté, nous nous assurons de ce que nous avions déjà deviné à distance, C’est réellement une lettre à notre adresse écrite au charbon, toujours en caractères syllabiques. En voici la traduction :
« 3 octobre 1899.
« Pour le P. Morice et ses compagnons.
« Si vous êtes encore en vie, pressez-vous. Nous ne pouvons attendre plus longtemps, vu-que nous sommes menacés de la famine. Nous allons tous les deux retourner ce soir au débarcadère et nous nous en irons demain. Impossible de faire autrement.
« Un grand bonjour au P. Morice.
« Allen sa parole. »
C'était hier le 7 octobre, c'est-à-dire que si Allen et ses compagnons ont tenu parole, il y a déjà trois jours qu'ils ont repris le chemin du lac Fraser. Et les chevaux ? Resterontils près du lac sans gardiens ? Et sans chevaux, qu'allons-nous faire avec nos bagages ? La seule peau de l'ours pèse au moins quinze livres! (6 kilos). Mus par l'inquiétude née de ces réflexions peu rassurantes, nous oublions nos fatigues et filons bon train.
Entre les lacs Plat et Huard, nous trouvons, au lieu de la rivière à laquelle nous nous attendions, un véritable labyrinthe d'iles et d’ilots formés par d'innombrables chenaux qui
.se croisent et s‘entrecroisent pendant l'espace d'au moins
1 La balance du Fort-Fraser accusa plus tard un poids de 17 livres anglaises (6 kilos 345 grammes).
quatre kilomètres jusqu’au lac Huard, où une bande d'oies nous offre une fois de plus l’occasion de brûler inutilement quelques cartouches. Évidemment, à une époque où leur niveau était plus élevé, ces trois pièces d’eau et leur vallée (lacs Cambie, Plat et Huard) ne formaient qu’un grand lac. Peu après le coucher du soleil, nous abordons au débarcadère. D'Allen, point, De chevaux, pas davantage. En leur place, une nouvelle inscription sur le tronc d’un arbre qui nous répète la même chanson à propos de l'impossibilité d'attendre plus longtemps et de la faim qui force à s'en retourner. Comme fiche de consolation, on nous apprend que les chevaux ont été laissés à une assez faible distance, là où l'herbe est encore, paraît-il, assez alléchante pour les empêcher de se disperser dans le bois d'ici à quelque temps. Il semble qu’Allen est plus véridique que patient, car hier soir nous avons cru entendre dans le lointain la clochette de Pinto, l’un des chevaux que m'ont prètés les sauvages.
Et pourtant, bien que le soleil du dimanche 8 octobre soit près de se coucher, Thomas et John, qui sont partis à leur recherche ce matin même, ne sont pas encore de retour. Espérons qu'il ne reviendront pas au campement sans les avoir trouvés.
9 octobre. — Nous voici de nouveau sur les bords du lac Sainte-Marie que nous avons gagné cette fois en prenant un raccourci d'une bonne journée du Sud au Nord. J'ai honte d'avouer que notre principal souci, du lever du soleil à son coucher, fut, hier, la recherche de nos animaux disparus, occupation peu en rapport avec la sainteté du jour, mais inévitable dans les circonstances actuelles.
Nous avons chevauché aujourd’hui dans une forêt où, par extraordinaire, les peuplierstrembles dominent sur les conifères et pris notre lunch sur les bords d'une belle pièce d'eau agitée par la tempête et qui .fut, quelques années avant l’arrivée du prêtre dans ce pays, le théâtre d’une de ces scènes révoltantes qui n'étaient alors que trop communes. Plusieurs Indiens, campés auprès des rives de ce lac, furent massacrés par une bande d'autres sauvages venus du Sud afin de venger la mort d’un des leurs sur des gens qui ne l’avaient même pas connu. Une femme et des enfants ne furent pas mème épargnés dans ce massacre, Pour effacer le stigmate de si sanglants sou-
venirs, j'ai donné au lac le nom de Lucas, porté jusqu'ici par une aimable bienfaitrice de mon pays.
Ici, sur les bords du lac Sainte-Marie, nous nous trouvons campés avec deux familles indigènes qui reviennent du lac Fraser où elles ont maintenant fini leur pèche au saumon. Le temps est froid et neigeux, l’eau gèle dans le vase tont près du feu.
11 octobre. — Ces deux dernières journées ont été remarquables par un froid qui nous a fait penser avec gratitude aux quatre semaines d’assez beau temps qui l’ont précédé. Tous les cours d'eau et les petits lacs sont gelés, et nos chevaux doivent les traverser sur la glace vive et glissante. Avec une pareille température, ce ne sunt pas ceux qui cheminent à pied qui sont à plaindre. Aussi notre premier soin, en arrivant à Natléh, a-til été de nous placer autour du feu pour nous dégeler un peu. Tous les indigènes veulent entendre le récit de nos exploits : impossible d'en écrire plus long.
13 octobre. — Home again! Me voici de nouveau au lac Stuart. Adieu, montagnes de la côte, rivières aux eaux limpides, lacs azurés et glaciers émeraude, vous n'êtes plus désormais pour moi qu’un souvenir ! Le géographe vous verra-til un jour sans sortir de son cabinet bien chaud ? Il y a des cartographes en France et ailleurs ; peut-être s’occuperont-ils de vous in tempore opportuno.
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OLPC STIEAN, x ;
CARTE DES SOURCES a ET Du
le BASSIN SUPÉRIEUR NETCHAKHOH