‹ Du lait et de l'allaitementChapitre 11 sur 28 · AVE · texte numérisé non relu

AVE

Mon père a eu l’occasion de fixer son attention sur ce point important de l’histoire de la lactation. Voici comment il s'exprime à cet égard dans une note insérée à la page 255 de son livre sur l’agriculture du pays de Caux :

« Dans le lait normal provenant d’un animal en bonne santé, la proportion de lactine ne descend jamais audessous de 48 grammes par kilogramme, ou de 50 grammes par litre. Dans certaines maladies graves des organes de la génération, cette proportion peut s’abaisser considérablement. L'exemple le plus remarquable de cette modification m’a été présenté par une vache qui avait été sortie trop tôt de l’étable et abandonnée au paturage par une température froide et un vent trèsvif, 85 Jours après son vêlage. A la sortie de l'étable, elle donnait par jour 12 litres de lait normal, mais après trois jours de séjour dans les champs, la sécrétion lactée était arrêtée, puisque la bête n’en donnait plus que 200 grammes par vingt-quatre heures, et cette quantité contenait seulement 3 gr. 60 de lactine, ce qui équivalait à 18 gr. 46 par litre. Six jours plus tard, grâce à l’action d’une saignée, aidée d’un régime approprié, la sécrétion se rétablissait ; le volume de lait obtenu était déjà de 4 litres, et il contenait déjà aussi par chaque litre 48 gr. 19 de matière sucrée. J'ai vu des vaches donner un lait rose (mélangé de sang) par suite d’une affection des organes de la génération, et ce lait ne contenait que 34 à 48 grammes de lactine par kilogramme. »

Au reste, voici les résultats de l’analyse faite sur les 200 gr. de lait. Les résultats sont rapportés à l’hectogramme.

Ets

Beurre. . . . 8.320 Lactine. . . . 1.804 Caséum. . . . 3.007 Albumine. . . 4.959

DOS ete 4.002 HAUE ee che 83.908 100.000

Pour mon père la conclusion à laquelle 1l était arrivé dès le mois de mai 1858, avait déjà été provoquée par suite de circonstances dans lesquelles il lui avait été donné, un an auparavant, de suivre le lait de plusieurs vaches soumises en sa présence à la castration.

Souvent — pas toujours — à la suite de l’ovariotomie pratiquée par la méthode Charlier sur les vaches laitières, la sécrétion mammaire se ralentit pour reprendre bientôt une nouvelle activité, et pendant ce ralentissement la proportion de la lactine s’abaisse considérablement.

J'ai pu, de mon côté, recueillir des observations publiées déjà dans les Annales de gynécologie, mai 1874, p. 400, et qui établissent d’une façon certaine qu'il y a diminution de lactine dans les affections de l'utérus et pendant la menstruation.

J'ai étudié le lait produit sous l’influence de la menstruation pendant les hemorrhagies utérines et la leucorrhée. Voici les résultats de mes analyses.

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