HISTOIRE PE L'INVENTION DU URYNGOSGOPE
TiJRCK. En 1857, pendant les mois d'été, Ludwîg Tùrck (de Vienne), qui avait lu le mémoire de Garcia, s'efforçait d'employer le miroir larjugien dans les salles de l'hôpital général. Ses premiers essais ne furent pas heureux, et, à la fin de l'automne il paraissait les avoir abandonnés. D'ailleurs, il était presque impossible qu'il réussît, attendu qu'il n'employa que les rayons solaires, qu'il n'avait aucun appareil pour les concentrer sur le miroir laryngien, et qu'enfin ce miroir était grossièrement construit. Lorsque plus tard, cependant, Czermak prouva la valeur pratique du laryngoscope, Tûrck réclama la priorité. Néanmoins, dans une communication (1) dans laquelle il affirmait ses prétentions, il fit observer que c< il était loin d'avoir des espérances exagérées sur l'emploi du miroir laryngien en médecine pratique. » Cette malheureuse remarque montre qu'il ne reconnaissait pas même alors la valeur du laryngoscope.
Czermak. Au mois de novembre 1857, le professeur Czermak (de Pesth) emprunta au docteur Tùrck les petits miroirs que ce professeur, malgré les exhortations de ses amis, avait mis de côté comme sans utilité (2). Peu de temps suffit à son talent supérieur, à sa persévérance et à sa dextérité naturelle pour surmonter toutes les difficultés. Lorsque le miroir du dentiste pa ssa entre les mains du docteur Czermak , l'examen du larjnx dépendait, — si l'on peut parler ainsi, — de
(1) Zeitschrift der Ges. der Aerzu %er Wien. April 26, 1858.
(2) Protessor Brûcke's Letters to G^ennak, selected monographs : New Sydenham Society. Vol. Xf,
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l'horloge et du baromètre; mais bientôt ce professeur s'affranchit de ces deux maîtres fâcheux. La lumière artificielle remplaça les rayons incertains du soleil ; le large miroir ophtalmoscopique de Ruête servit à concentrer les rayons lumineux ; la charnière incommode qui unissait le miroir laryngien à sa tige fut supprimée, et on donna à ce dernier des diamètres différents. C'est ainsi que Czermak créa l'art de la laryngoscopie (1). D'autres expérimentateurs avaient déjà imaginé des instruments avec lesquels ils avaient quelquefois réussi à voir l'intérieur du larynx, mais « les instruments convenables pour l'art » de la larj ngoscopie ne furent pas construits avant Czermak. Sa première publication parut en mars 1858 (2). Le mois suivant il présentait un mémoire très-important à l'Académie de Vienne (3). En réclamant pour Czermak l'honneur d'avoir si bien modifié le laryngoscope, que son application est devenue comparativement facile, il ne serait pas juste de refuser au docteur Ludwig Tûrck le mérite d'avoir, plus tard, travaillé avec patience et d'une manière efficace. Cependant, une étude attentive des faits et des dates doit convaincre toute personne désintéressée que les travaux de Ludwig Tûrck (4) résultèrent des preuves convain-
(1) Voy. Czermak. Du Laryngoscope et de son emploi en physiologie et en médecine. Paris, 1860.
(2) Wiener Medizin. Woctienschrift,
(3) Czermak. Physiologische Untersuchungen mit Garcià's Kehlkopf- Spiegelf mit. 111 Tafeln. Silzungsberichte d. k. k. Académie d. Wissenchaften in Wien. vora April, Bd XXIX, p. 557. (Réimprimé séparément plus tard.)
(A) Lu(l\^ig Tûrck. WOwde pratique de laryngoscopie ^ édition française,