HISTOIRE DE ^INVENTION DU LARYNGOSCOPE
talement, soit latéralement. Ce mécanisme, modifiant la distance, soit du nez, soit des yeux, soit du front, etc., permettait à différentes personnes de se servir du même réflecteur et d'avoir toujours le trou vis-à-vis de la pupille. Il est difficile et, en vérité, presque impossible d'introduire le spéculum d'Avery sans irriter la base de la langue ainsi que les parties voisines, et, par suite, d*exciter des nausées. Cet inconvénient seul aurait été suffisant pour amener l'insuccès des tentatives de laryngoscopie de M. Avery, si le peu de commodité que présente l'appareil réflecteur n'avait concouru au même résultat. La ressemblance du laryngoscope d'Avery avec celui de Bozzini d'un côté, et celui de Czermak de l'autre, est vraiment frappante. Dans tous les deux, la lumière artificielle, les réflecteurs circulaires et les petits miroirs laryngiens sont employés. Dans le laryngoscope de Bozzini et d'Avery, la lampe et le réflecteur sont réunis, tandis que dans les instruments modernes ils sont séparés. Le miroir laryngien de Bozzini et d'Avery était placé à l'extrémité d'un spéculum ; la modification de Czermak consiste à avoir employé le miroir dont se servent les dentistes. L'invention de M. Avery (1) ne fut mentionnée qu'après la vulgarisation du laryngoscope moderne. Le laryngoscope qui 'est représenté ciaprès fut fourni par MM. Weiss, à l'hôpital de Londres, en 1846.
Garcia. En 1854, M. Manuel Garcia (2) « eut l'idée
(1) Médical Circular. Vol. XX, juin 1862; et Yearaley. Introduction to the Art of laryngoscopy. London, 1862.
(2) Paulin Richard. Notice sur Vinventiondu laryngoscopes Paris, 1861.
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d'étudier, au moyen des miroirs, l'intérieur du larynx
Fig. 3. — Laryngoscope d'Avery.
F. Un des côlés du coussinet frontal qui supporte le miroir. De ce point part un double ressort qui va en arrière joindre un contre-coussinet, qui, lorsque l'instrument est eu place, repose sur la protubérance occipitale. Dans cette figure, le coussinet occipital est porté en avant parce qu'aucune force n'est opposée au ressort.
S, Tis par laquelle on fiiit mouvoir le réflecteur latéralement et perpendiculairement.
il. Réflecteur.
F V. Ligne de vision,
Sp. Spéculum.
Voir la lettre de M. Garcia au docteur Larrey, du 4 mai 1860. (Voir p. 12, brochure de N. Richard.)
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pendant le chant. » Il y avait souvent pensé, mais, croyant son idée impraticable, il n'avait jamais essayé de la mettre à exécution. M. Garcia, professeur de chant à Londres, est Français par la naissance et Espagnol d'origine. Ses observations avec le laryngoscope, quoique publiées pour la première fois en Angleterre, avaient d'abord été faites en France.
Pendant le mois de septembre 1854, tandis que Garcia prenait ses vacances à Paris, il se décida à éclairer ses doutes sur la possibilité d'examiner le larynx. Ses efforts ftirent couronnés de succès, et, l'année suivante, il présenta un mémoire à la Société royale de Londres, intitulé : Observations physiologiques sur la voix humaine (1). Ce mémoire contenait un admirable résumé de l'action des cordes vocales pendant l'inspiration et la vocalisation, quelques remarques très -importantes sur la production des sons dans le larynx, et des réflexions précieuses sur la formation des notes de poitrine et de fausset. Les investigations laryngoscopiques de M. Garcia furent faites sur lui-même, et, en vérité, il fut le premier qui pensa à l'examen autoscopique.
Sa méthode, qu'il pensait n'avoir jamais été employée avant lui, consistait à introduire à la partie supérieure du pharynx un petit miroir fixé à une longue tige convenablement courbée. 11 plaçait la personne en expérience vis-à-vis du soleil, de manière que les rayons
(1) Proc. Royal Society of London. Vol. Vil, n* 15, 1855. Philosoph, Magazine and Journal of science. Vol. X, p. 218; et Ga:^, Hebdom, de médecine et de chirurgie, 16 nov. 1855, n" 40.
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lumineux tombant sur le petit miroir étaient réfléchis vers le larynx (1). Mais il ajoutait dans une note, que « si Tobservateur expérimente sur lui-même, il dint recevoir les rayons du soleil sur un second miroir et les diriger sur celui qui est placé contre la luette. » En pratiquant Tauto-laryngoscopie d'après la méthode de Czermak, il faut trois miroirs : un pour l'éclairage, un autre destiné à être introduit dans Tarrière-bouche, un troisième pour permettre à l'observateur de voir l'image formée sur le miroir qu'il tient dans sa gorge. Garcia employa seulement deux miroirs : un petit, fixé à l'extrémité d'une longue tige qu'il introduisait dans le pharynx, et un grand qui avait un double objet : éclairer le petit miroir et permettre à l'observateur de voir l'image formée sur celui-ci. On voit que la méthode de Garcia est semblable à celle de Babington, avec cette différence que l'un limita les observations à son propre larynx, tandis que l'autre ne fit aucune tentative d'autolaryngoscopie. La communication de Garcia à la Société royale causa une certaine sensation, mais elle devait avoir une destinée à peu près semblable à celle de notre compatriote, M. Cumming (2). Peu appréciés en Angleterre, les deux mémoires passèrent entre les mains des professeurs étrangers, et, tandis que Helmholtz perfectionnait l'ophtalmoscope, Czermak créait la laryngoscopie.
(1) Il est digne de remarque que Garcia u'a jamais suivi cette méthode, mais qu'il s'est toujours servi d'un second miroir pour projeter les rayons lumineux sur le miroir laryngien. Dans le miroir qui lui servait de réflecteur il voyait Timage autoscopique.
(2) Cumming. Transactions ofthemed. chir. Soc, 1846.