CHAPITRE PREMIER
HISTOIRE DE L'IlNVENTlON DU LARYiXGOSCOPE
llonour beloiigs to tlic first suggostion of a cliscovery, ir tliat suggr>(ion was (lie nicaiis ol' sctting some oiic lo work lo vei'il'y il ; but the worlJ iiiiist ever look upon tliis last o|iei'ation as tlie crowiiing exploit,
Bain.
On trouvera peiU-ètre étonnant que ce ne soit qu'au milieu du dernier siècle qu'un instrument ait été inventé pour examiner la partie inférieure du pharynx pendant la vie, et qu'il ait fallu plus de cent ans pour que cet instrument, suffisamment simplifié, ait pu devenir d'une application générale. Le miroir dont se servent les dentistes est employé depuis un temps immémorial (.l), et les tubes que l'on introduit dans les canaux s' ouvrant à la surface du corps, afin
(1) Dans le siècle d'Auguste, la chirurgie dentaire nvait atteint un degré de perfection assez avancé, et Ton se servait de miroirs pour eNaminer la >urlace interne des dents. (Celsc, de Re mcdica, lib. VII, cap. xu.)
MORELL MACKEKZIE. 1
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de les explorer, sont aussi d'une origine fort ancienne (1).
Le fait de porter le miroir des dentistes de la bouche à la partie postérieure de la gorge, ne pouvait pas donner naissance au laryngoscope. D'un autre côté, le spéculum (qui est simplement un tube droit destiné à écarter les parois d'un canal, en ligne droite, pour donner accès aux rayons lumineux) n'était pas applicable à l'examen d'une partie située dans un point au-dessous de la ligne visuelle. C'était seulement en combinant deux éléments (réflexion et lumière) que l'on pouvait arriver à voir l'intérieur du larynx sur les sujets vivants. Si, à cette circonstance, vous ajoutez que depuis peu seulement les médecins essayent de séparer les maladies de la gorge de celles de la trachée, vous vous expliquerez pourquoi le laryngoscope n'a pas été inventé plus tôt. Toutefois, quelle qu'en soit la cause, on ne trouve aucune trace de cet instrument avant le milieu du dix-huitième siècle.
Levret. En 1743, et probablement quelques années avant, Levret, accoucheur français distingué, fut conduit, par son esprit inventif, à imaginer beaucoup d'instruments de chirurgie. Il cherchait principalement un moyen pour appliquer des ligatures sur les tumeurs polypeuses de la gorge, des fosses nasales, des oreilles, etc. , etc. (2) . Il n'est pas nécessaire de décrire ici les
(1) Ceux de mes lecteurs qui ont visité l'Italie peuvent avoir vu le spéculum trouvé dans les fouilles de Pompéi.
(2) Mercure de France. 1145, p. 2434. L'extrait du Mercure de France
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inslrumenls variés qu'il avait inventés en faisant ses recherches, il suffira seulement de faire remarquer qu'il se servait d'un spéculum différant beaucoup des nombreux !<pecula oris employés à cette époque. Ce spéculum était formé par une plaque de métal polie qui réfléchissait les rayons lumineux dans la direction de la tumeur et qui, en même temps, recevait l'image delà lésion sur sa surface réfléchissante. 11 est évident que Levret ne vit dans ce miroir qu'un simple accessoire à ce qu'il considérait comme beaucoup plus important, c'est-àdire sa méthode d'appliquer les ligatures, et qu'il n'en comprit pas la valeur comme moyeu de diayiiustic dans les maladies du larynx. Ce sujet fut entièrement perdu de vue, et ce ne fut que cinquante ans plus tard qu'il excita de nouveau l'attention.
BozziNi. Le docteur Bozzini, de Francfort-sur-le-Mein, ht en Allemagne beaucoup de bruit, avec sou invention pour éclairer les divers canaux du corps. Vers l'année 1804, il ht connaître son idée, qui fut d'abord accueillie fort légèrement.
qui relate remploi du spéculum, forme le premier arlicle de l'appendice de l'ouvrage bien connu de Levret, l^Art des accouchements ("i' édition, Palis, 1701). Dans cet article, le mot « gozier ». est employé une l'ois, et 'C gosier « une autrei Dans le dernier cas, l'expression employée est — « Mais pour en appliquer l'usage (il s'agit de l'instrument pour porter la ligature) aux polypes du gosier, situé derrière le voile du palais, il a l'allu pratiquer .. » Il paraîtrait, par celle citation, que Levret, en se servant du mol gosier, voulait dire narines postérieures. Un tel emploi du mot serait exceptionnel, et il est beaucoup plus probable qu'il l'employait pour dire la gorge en général. Dans la troisième édition de Levret (la seule que j'aie pu consulter), l'extrait du Mercure de France qui est cité plus liaut, d'après la seconde édition, a été omis.
Peu à peu la renommée du médecin s'étendit, la valeur de son invention fut beaucoup exagérée, et non seulement la presse professionnelle, mais encore les journaux politiques et littéraires, en firent les plus grands éloges. En 1807, Bozzini publia un ouvrage sur son invention, intitulé : le Conducteur de la lumière, ou description d'un appareil simple pour l'éclairage des cavités internes du corps des animaux vivants ( 1 ) .
A cette époque, le public fut encore plus impressionné de la valeur de l'invention de Bozzini. On pro pagea l'idée absurde que son appareil permettait aux praticiens d'examiner non-seulement les cavités qui viennent s'ouvrir à la surface du corps, mais même les viscères internes. Il n'y avait rien dans l'ouvrage, si ce n'est peut-être son titre trop ambitieux, qui pût encourager cette idée; quoi qu'il en soit, la critique des médecins fut sévère. 11 est curieux de noter l'opposition que rencontra cette invention dans la ville même d'où les premières et les plus importantes observations laryngoscopiques sont sorties plus tard. Les membres de la Faculté de médecine de Vienne, d'accord avec ceux de l'Académie Joseph, émirent une opinion trèsdéfavorable pour l'invention du docteur Bozzini. Ils firent précéder leur critique des remarques suivantes : « que l'on était arrivé probablement à des conclu-
(1) Der Lichlleiter, oder Beschreibung einer einfachen VorriclUuiig, und ihrer Anwendimg zur Erleuchtung innerer HoJilen, und Zunschenriiume des labenden animalischen Korpers, von Pliilipp Bozzini, der Medizin und chirurgie Doctor, mehrerer gelehrten Gesellschafleu Mitgliedp, u. s. w. 25 Seiten in-fol. Weimar, 1807, mit Kupfern.
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sions prématurées sur l'emploi des instruments ; » et «qu'il y aurait peut-être un déboursé d'argent (!!), qui pourrait être après regretté ! » Enfin ils dirent que : «l'examen ne porterait que sur des parties du corps très-limitées et sans importance ; » que, « le point éclairé était si petit, son diamètre ne dépassant jamais un pouce, que si l'observateur ne connaissait pas avant parfaitement ce qu'il avait à voir, il ne saurait jamais dire qu'elle partie du corps était présentée à son examen (1). » Tel est l'accueil qui fut fait à l'invention de Bozzini ; sa description (2) montrera qu'elle méritait un meilleur sort. L'appareil était formé de deux parties essentielles : 1° une espèce de lanterne ; 2" une série de tubes métalliques [spécula) destinés à être introduits dans les divers canaux du corps. La lanterne, en forme de calice, était en fer-blanc; au centre se trouvait une petite bougie en cire. Le haut de l'appareil était couvert ; mais une large ouverture sur la partie supérieure et plusieurs trous à la base fournissaient un courant d'air suffisant pour la combustion de la bougie. Cette dernière était fixée dans un tube de métal et poussée en haut par un ressort semblable à celui employé dans la lampe de Palmer. Sur les côtés de l'appareil il y avait deux trous arrondis placés vis-à-vis, l'un plus large que l'autre. Au plus petit était fixé un oculaire, au plus large le spéculum était adapté.
(1) Salzbm-g med. chiriirg. Zeitmg. Feb. 25, 1807.
(2) Je n'ai pas pu trouver l'ouvrage de Bozzini ; mais un résumé a paru dans la Gazette mcdico-cldrurgicale de Salz-boiirg (26 fév. 4807), et dans le dix-septième volume du Journal der praklische Arxenerkiinde de Ilufeland. Cette dernière publication est illustrée de planclies.
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La flamme de la bougie était juste au-dessus du niveau de ces deux ouvertures. L'orifice du spéculum (tube de fer-blanc ou d'argent poli) était toujours de la même grandeur, mais le diamètre du tube variait suivant le canal dans lequel il devait être introduit. L'appareil avait 13 pouces de haut, deux d'avant en arrière et trois d'un côté à l'autre. Ces dimensions furent jugées nécessaires afin qu'il y eût un espace suffisant pour que la bougie brûlât avec fermeté et que la lanterne ne devînt pas trop chaude. L'oculaire était réglé de manière que toutes les parties étaient cachées à l'œil, à l'exception de celle qu'éclairerait le spéculum. On remarquera que la lanterne d.oublée d'étain à l'intérieur constituait, en fait, deux miroirs concaves, l'un en avant et l'autre en arrière de la bougie. Le réflecteur postérieur (si cette expression peut être employée) était perforé d'un trou pour recevoir l'ocu^ laire, et l'antérieur d'un autre pour le spéculum. Il n'est pas nécessaire d'entrer dans des détails concernant les différents canaux qui pouvaient être examinés avec ce « simple appareil. » Mais la citation suivante (1) montrera que les données pour faire un examen laryngoscopique furent parfaitement appréciées par Bozzini : « si V7ie personne désire voir une partie de la gorge, (2) ou bien derrière le voile du palais, dans les fosses nasales postérieures, les rayons lumineux doivent être brisés, et
{■[) llufeland's Journal der praktisrheri Arzcncihnnde. M XVII, 5. Il G.
(2) Le mot employé est « Schlund. » Ce terme est maintenant employé pour pharynx, mais il est souvent usité pour exprimer la gorge en général, et llilpert le considère connne synonyme de « Kehle, » larynx.
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tm miroir devient nécessaire pour P éclairage et la réflexion. y>En employant la lumière réfléchie, Bozzini divisa le spéculum par une cloison verticale, de sorte qu'il y eut, en fait, deux canaux et deux miroirs. L'un de ces miroirs devait réfléchir la lumière, l'autre recevoir l'image. Nous savons maintenant que cette disposition n'est pas nécessaire et qu'un seul miroir suffit. La figure ci-jointe montre le spéculum de Bozzini ; il présente une grande ressemblance avec l'instrument inventé plus tard par Averv. (Voir flg. 3.)
Fig. 1. — Spéculum laryngien de Bozzini (d'après Ilufeland).
Le spcculum était divisé par une. cloison verticale et deux miroirs étaient placés à son extrémité. Dans le dessin, dont celui-ci est une copie, les miroirs sont dirigés en haut comme ils le seraient pour la rliinoscopie.
Cet appareil ingénieux cessa bientôt d'attirer l'attention, et même son existence, au point de vue historique, était encore entièrement perdue de vue plusieurs années après l'invention du laryngoscope moderne. Faut -il attribuer cet oubli à une attente exagérée déçue, au désappointement du public après l'opposition des médecins, ou bien à quelque défaut dans la construction de l'appareil ? Il est aujourd'hui impossible de le dire; mais probablement toutes ces causes réunies contribuèrent à amener le même résul-
tat. Les éléments de la laryngoscopie étaient sans doute contenus dans « le conducteur de la lumière ; » mais, comme- l'a remarqué avec justesse (1) un des plus grands écrivains modernes, « aucun art n'est complet à moins qu'un autre art, celui de construire les instruments et de les approprier à leur destination, ne soit associé à lui. » Pour la découverte actuelle, les instruments n'étaient pas parfaitement appropriés au but qu'on voulait atteindre et bientôt leur existence même sortit de la mémoire des médecins.
Cagniard deLatour. En 1825, M. Cagniard de Latour, le successeur de Savart à l'Académie des sciences de France, et comme lui un infatigable expérimentateur sur la physiologie de la voie, fit une tentative infructueuse pour examiner le larynx pendant la vie (2). Son essai est ainsi décrit dans le numéro 225 de rinstitut : « M. Cagniard de Latour introduisit un petit miroir à la partie postérieure de la gorge, espérant qu'avec l'aide des rayons solaires et d'un second miroir, il pourrait voir l'épiglotte et même la glotte ; par ce moyen il ne put voir que l'épiglotte, et encore imparfaitement, n
Senn. Dans l'année 1827, vingt ans après la publication de Bozzini, le docteur Senn (de Genève) tenta d'examiner le larynx d'une jeune fille atteinte de suffocation et d'une dysphagie extrême. Le cas n'était pas favorable et le résultat fut négatif. Mais comme le docteur- Senn n'employa aucun moyen pour projeter
(1) JohnStuart Mil], System of Logic. Introduction, § 7.
('2) Ed. Fournié, Physiologie de la voix. Paris, 1800, p. 552.
la lumière dans le larynx, il n'était pas probable que ses efforts pussent réussir. Il n'avait pas compris, comme Bozzini avant lui et Babington après, qu'en laryngoscopie deux facteurs (éclairage et réflexion) doivent taujours être employés. Les remarques du docteur Senn sur ce sujet sont les suivantes : « J'avais un petit miroir destiné à être introduit à la partie postérieure du pharynx ; par ce moyen j'essayai de voir la. partie supérieure du larynx, — la glotte ; mais j'abandonnai cet instrument à cause de sa petite dimension. Cependant je pense que cette méthode pourrait être employée avec avantage chez les adultes, et que, dans certains cas de phthisies laryngées, il pourrait aider au diagnostic (1). » Quoique cet essai ait été fait en 1827, il ne fut publié qu'à la iin de 1829. Même alors l'emploi du miroir ne fut pas relaté dans le texte du rapport, mais fut simplement ajouté en note. L'observation présentait un intérêt considérable par sa physionomie générale, et spécialement parce que c'était une des premières dans laquelle il était question d'une canule ayant demeuré dans la trachée pendant un temps assez long. Il faut encore remarquer que cette observation avait été communiquée à l'Académie des sciences le 10 décembre 1827 (2), et que, dans le résumé de cette séance, qui fut publié, il n'est fait aucune mention do la tentative de laryngoscopie.
Babington. Pendant l'année 1829 (5), le docteur Ben-
(1) Journal des progrès. 1820, p. 251 (note).
(2) Journal général de médecine. Tome CII, janvier 1828. (5) Lond. Med. Gazette. Vol. lll, p.- 555, London, 182!).
jamin Guy Babington montra à la- Société huntérienne de Londres un instrument ressemblant beaucoup au laryngoscope aujourd'hui en usage. Ce médecin se servit de deux miroirs : le plus petit devait recevoir l'image laryngienne; l'autre, le plus large, devait concentrer les rayons solaires sur le premier. Le sujet tournait le dos au soleil, le miroir éclairant (un miroir à main ordinaire), étant tenu avec la main gauche, le miroir laryngien — en verre étamé — était introduit avec la main droite. Un mécanisme très-simple unissait le miroir laryngien à un abaisse-langue. Par ce moyen on s'efforçait de surmonter un des plus sérieux obstacles de la laryngoscopie. Un ressort, placé entre la tige du miroir laryngien et la spatule, était fixé de manière qu'en rapprochant les deux manches, on déprimait la langue. Plus tard (entre les années 1829 et 1835), le docteur Babington abandonna la combinaison du miroir uni à la spatule, et employa des miroirs d'une ressem- ])lance parfaite avec ceux qui sont maintenant en usage. Les miroirs furent faits en acier poli et inclinés sur leur tige sous un angle de 120 degrés.. Quoique le docteur Babington se soit servi de son laryngoscope sur beaucoup de malades, on ne trouve aucune observation dans laquelle l'emploi de l'instrument soit signalé.
La date de la publication d'une découverte sert généralement à assurer la priorité à son inventeur. Aussi, Babington doit-il être regardé comme l'inventeur du laryngoscope. En effet, tandis qu'une relation de son invention était publiée à Londres en mars 1829, l'essai de Seen pour examiner le larynx ne fut publié à Paris
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qu'après le mois d'août de la même année (1). Les titres de Babington reposent aussi sur une base plus scientifique, car, tandis que Seen essayait d'employer un miroir laryngien., Babington inventait le laryngoscope. Avec le miroir seul il était impossible devoir l'intérieur du larynx; mais lorsqu'on se servit en même temps d'un système d'éclairage, l'examen devint, sinon facile, du moins possible. La seule différence entre la méthode de laryngoscopie du docteur Babington et celle usitée aujourd'hui consiste en ce que maintenant la lumière est projetée dans le larynx (ou plutôt sur le miroir laryngien) par un miroir circulaire attaché à la tête de l'opérateur, tandis qu'autrefois l'éclairage était obtenu par un miroir qu'il tenait à la main. Le docteur Babington ne paraît pas avoir employé la lumière artificielle, et ses miroirs étaient d'une construction peu perfectionnée. Ceux qui ont appris l'emploi du laryngoscope apprécieront aisément combien il est difficile d'éclairer le larynx avec un miroir tenu à la main, et, dans ce pays où souvent le soleil ne brille pas de plusieurs semaines, l'art de la laryngoscopie n'aurait jamais été florissant si la lumière artificielle n'eût été substituée à la lumière solaire. BENNATi.Enl852(2), tandis que Babington travaillait
(1) La lettre du docteur Seen à l'éditeur du Journal des progri'S, qui accompagnait Tobservation, est datée d'août. Probablement elle ne fut publiée qu'un ou deux mois après.
(2) Recherches sur le mécanisme de la voix humaine, p. 37 (note). Bennati dit : « Au moyen d'un spéculum que j'ai imaginé. » Comme M, Trousseau parle des expériences de Bennati avec le miroir de Seliigue, et comme il est liors de doute que Seliigue ait inventé un miroir laryngien,
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encore avec son « glottiscope, » pour employer le terme dont il se servait, le docteur Beunati, de Paris, annonçait qu'il était habile avoir les cordes vocales. Un fabricant d'instruments nommé Selligue, qui était atteint d'une phthisie laryngée, inventa un spéculum formé de deux tubes : l'un d'eux servait à porter la lumière jusqu'à la glotte, et l'autre à transmettre à l'œil l'image de la glotte réfléchie sur le miroir placé à l'extrémité gutturale de l'instrument. Une guérison complète récompensa l'ingénieux malade de son habile invention, et c'est avec cet instrument que Bennati avance qu'il voyait la glotte. Trousseau ne crut pas cependant à ce résultat, et consacra plusieurs pages de son ouvrage bien connu (1) à la démonstration de ce fait que l'épi-
je pense que c'est son instrument qui fut employé par Bermali. Je n'ai pas jugé nécessaire de mentionner Gerdy dans cette notice historique du laryngoscope, quoiqu'il ait fait allusion, en 1830, à l'emploi d'un miroir, mais seulement en parlant de la contraction du pharynx. {Physiol. med., p. 505.)
(1) Mémoire sur la phlhisie laryngée, par MM. Trousseau et Belloc. [Mémoires de r Académie de médecine, tome VI, 1857.)
Fig. 2. — Miroirs laryngiens du docteur Babington.
A. L'iiisti'uincnt qui a fourni ce dessin lut montre par le docteur Babini;ton à la Société
liunlérienne en 1829. Il le l'ut de nouveau par moi, avec les autres miroirs du docteur Babington, à la Société médico-chirurgicale, le 2(> avril 1864 (Médical Times and Gazette, vol. 1, 18C4, n" 723).
L. Miroir laryngien. La tige d'acier du miroir s'élargit à une de ses extrémités en un cadre qui reçoit la glace.
T. Aliaisse-languo.
R. .\nneau réunissant les deux in^tru^Ients.
S. Ressort qui pousse l'abaisse-langue en bas, lorsque les deux manches sont rapproché.-. A'. Vue de l'ace du miroir consti-uit en 1829.
B. Vue de profil du miroir en acier construit entre les années 1829 et 185b. If. Vue de l'ace du même miroir.