‹ Du laryngoscope et de son emploi dans les maladies de la gorge [electronic resource]Chapitre 24 sur 51 · POUDRES · texte numérisé non relu

POUDRES

de liauchl'uss modilié par moi, comme il est dit cidessus, sont les instruments les plus convenables. Dans plusieurs cas de laryngites chroniques, l'alun employé par ce procédé a donné de bons résultats. [L'appareil du docteur Fournie se compose d'un tube droit d'argent AB. Vers sa partie postérieure, ce tube s'élargit en forme de cuvette, et présente en cet endroit un orifice assez large C, à travers lequel on introduit le médicament. Ce tube ne peut servir qu'à porter les médicaments au fond de la gorge, mais si l'on désire les diriger dans le larynx ou dans les fosses nasales, on glisse sur le premier un second tube recourbé DE, dont on dirige l'orifice en haut ou en bas, selon le but

Fig. 2'i. — Insuiflateur de M. Edouard Fournie.

que l'on veut atteindre (fîg. 22). M. Ed. Fournié a eu l'idée d'ajouter à la partie postérieure de son tube un

MORKIX MACKENZIE. 0

petit robinet F, sur lequel vient s'adapter le tube de caoutchouc d'un appareil de Richardson. La boule G étant remplie d'air comprimé, et l'index de la main droite bouchant l'orifice de la cuvette C, il suffit d'appuyer avec le médius de la même main sur la branche H du robinet, pour donner instantanément issue à l'air comprimé. La poudre renfermée dans le tube est ainsi projetée dans la direction que l'on désire.]

Section III. — Nitrate d'argent solide.

Porte-caustique laryngien. Le seul instrument à l'aide duquel on peut appliquer sans dangers et facilement le nitrate d'argent solide sur le larynx, est le portecaustique laryngien. Il consiste en un fil d'aluminium coudé sous un angle dont l'ouverture et les côtés sont respectivement égaux à ceux du pinceau laryngien. Le fil est rugueux à l'extrémité de son petit côté que l'on plonge dans du nitrate d'argent fondu sur une lampe à alcool. Par ce moyen une certaine quantité de nitrate adhère fortement au fil. Un ingénieux porte-caustique a été imaginé par Fauvel ; un bâton de nitrate d'argent est enveloppé soigneusement, et le bout est poussé et maintenu en avant par un ressort en spirale placé derrière lui. Le docteur Stoerk (de Vienne), alors que la laryngoscopie en était à ses débuts, inventa de son côté un porte-caustique, dans lequel le caustique reste caché jusqu'à ce qu'on arrive à la partie que l'on désire toucher, et c'est en pressant sur un ressort fixé au manche qu'il est poussé au dehors.

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Ma lancette laryngienne est pourvue d'un petit morceau de fil d'aluminium qui peut être adapté à la place de la lame ; par ce moyen elle devient un portecaustique caché. Le nitrate d'argent est placé sur le fil par la fusion comme nous l'avons déjà décrit.

Outre ces instruments, plusieurs autres ont été inventés, mais le simple fil en aluminium dont j'ai l'habitude de me servir est parfaitement suffisant. On emploiera le nitrate d'argent solide pour toucher les ulcères, les condylômes et la base des tumeurs après leur extraction.

Section IV, — Escharotîques.

Si à la place du tube et de la lame de ma lancette laryngienne, on fixe un morceau de fil d'aluminium rugueux à son extrémité, on aura un instrument pouvant servir pour appliquer les escharotiques, sans danger et souvent avec avantage. On remplacera le tube en bec de canne adapté à la jointure située au-dessous de l'angle, par un large tube en argent de manière qu'il y ait un petit espace entre le fil d'aluminium et la surface interne du tube. Pour appliquer les escharotiques, je me servais aussi d'un simple pinceau en verre fortement fixé à l'extrémité d'un fil d'aluminium. Mais ces pinceaux en verre ne sont pas d'un emploi commode, parce que s'ils ne se brisent pas, ils peuvent du moins se détacher. Lorsque la plus grande partie de la membrane muqueuse du larynx est couverte de végétations, comme il

arrive quelquefois, il est inutile de tenter de les enlever par la bouche, ou d'ouvrir pour cela le larynx (à la manière d'Ehrmann). Dans ces cas on peut retirer les plus grands avantages de l'emploi des escharotiques, et j'ai eu l'occasion d'appliquer les acides nitrique et chromique ainsi que la pâte de Vienne. Cette dernière préparation a donné les résultats les plus satisfaisants. Cette classe de médicaments ne doit être employée que par ceux qui ont une grande habitude d'introduire les instruments dans le larynx. L'heureux effet des escharotiques est rapporté dans l'observation onzième citée plus loin.

Section \'. — Galvanisme.

ExcrrAïEua laryngien. Au moyen d'un instrument très-simple de mon invention, le courant électrique peut être appliqué directement sur les cordes vocales. Le trait caractéristique de l'excitateur laryngien, c'est que le courant ne passe pas au delà du manche, tant que l'éponge n'est pas en contact avec les cordes vocales. L'instrument est tenu entre le pouce et le second doigt ; lorsque l'éponge est en contact avec les cordes vocales, l'opérateur presse avec l'index sur le ressort adapté au manche, et le courant passe à travers le larynx pour atteindre la peau. En posant l'éponge de l'excitateur sur les cartilages aryténoïdes, deux branches du pneunio-gastrique sont excitées. Mon instrument est actuellement très-employé en France, en Allemagne et en Angleterre. Les docteurs Smyly, G. Johnson, Fauvel,

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Tobold, et autres ont donné des témoignages de sa valeur. Son usage est indiqué dans l'aphonie fonctionnelle et dans beaucoup de cas de faiblesse des cordes

vocales, quand il n'y a aucune lésion dans les tissus. Dans quelques cas, une seule application de l'électricité suffît pour produire une guérison durable ; dans d'autres, on doit répéter les secousses tous les jours, ou tous les deux jours ou moins souvent, pendant plusieurs semaines. Généralement j'introduis l'excitateur dans le larynx trois ou quatre fois par séance en le tenant en place chaque fois quelques secondes.

La source d'électricité est d'une importance secondaire, mais l'application du courant aux cordes vocales sera facilitée en entourant le cou du malade d'une sorte de collier élastique au centre duquel se trouve une pièce métallique recouverte d'une éponge (fîg. 23), Cette plaque de métal, qui est entourée de coton, a environ 3 pouces de long et 1 et demi de large; vers le centre, elle est courbée en arrière, de manière qu'elle corresponde au cartilage thyroïde lorsque le collier est en place. A la partie antérieure et au centre de ce coussinet thyroïdien, se trouve un anneau en métal, par lequel il est mis en communication avec la machine électrique. L'emploi de ce collier dispense l'opérateur d'avoir u» aide. Lorsque l'extrémité de l'excitateur est placée sur les cordes vocales, le courant électrique se dirige dans toutes les directions et atteint le pôle placé sur le cartilage thyroïde. Les six observations suivantes démontrent les avantages de cette méthode de traitement.

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