C. A,,., âgée de quarante-deux ans, de Diss, dans le
Norfolk, vint à l'hôpital pour les maladies de la gorge, en avril 1863. Cette malade était mère d'une nombreuse famille jouissant d'une bonne santé. Elle était atteinte d'aphonie depuis deux ans, mais elle était d'ailleurs bien portante. Elle rapportait son aphonie à un coup de froid. Elle était constamment sollicitée à débarrasser sa gorge d'un obstacle. Au moyen du laryngoscope, on vit que l'aphonie dépendait de la présence de nombreuses petites excroissances verruqueuses situées sur ie repli ary-épiglottique et sur la bande ventriculaire droite- Il y avait aussi une légère congestion des cordes vocales. (Voir fi(j.1^). L'emploi d'une forte solution de nitrate d'argent (sept grammes vingt centigrammes sur trente grammes), appliquée fréquemment pendant plusieurs semaines, permit à cette malade de parler à haute voix, mais cependant cette voix était empreinte de rudesse. Lorsque la malade fut obligée de retourner à la campagne, la plus grande partie de l'excroissance était détruite, il n'en restait plus qu'une petite partie sur la bande ventriculaire.
Fig. 20. — Excroissances sur le repli ary-épiglotfiquc droit.
ex. Excroissances. Elles paraissent avoir poussé le cartilage de Wrisberg droit en Las en
deliors et sous le repli ary-C'piglolti(jue, de sorte qu'on ne le voit pas. me. Repli ary-épigiottique droit.
cy. Cartilage de Wrisberg gauche.
Les différentes formes d'inflammations laryngiennes sont, la plupart du temps, analogues aux conditions
morbides semblables se rencontrant dans les autres parties du corps, et le praticien, dans le choix des remèdes, sera guidé par son expérience. Je ferai remarquer cependant que les médicaments que j'ai trouvés les plus efficaces sont : les solutions de nitrate d'argent (de3,60 à 7,20sur30), deperchlorure de fer (de 7,20 sur 50), de sulfate de cuivre (de 0,60 sur 30), de sulfate dezinc (de 0,50 sur 30), d'alun (del,80sur 30), d'acide carbolique (de 1,80 à 5,40 sur 50) et d'iode. La solution de perchlorure de fer est celle dont je me sers le plus souvent. La glycérine est un dissolvant utile pour la plupart de ces agents, sa densité est plus convenable que celle de l'eau pour permettre un contact prolongé des remèdes sur la membrane malade. L'alternance des remèdes topiques est souvent efficace dans le traitement des laryngites chroniques, comme dans celui des inflammations chroniques des autres muqueuses.
Appareil a injection laryngée. Diverses sortes de seringues ont été inventées pour injecter les fluides dans la cavité laryngienne. Je ne conseille pas cette méthode de traitement, mais ceux qui désireront l'employer trouveront dans la seringue de Rauchfuss, modifiée par moi , un instrument commode. C'est un tube creux en vulcanite et convenablement courbé pour être introduit dans le larynx. Près du point de jonction du tube avec le manche, à la partie supérieure de l'instrument, se trouve une petite boule creuse en caoutchouc, qui communique avec l'intérieur du tube. L'injecteur est rempli en faisant le vide dans le tube et en plaçant le bout de l'instrument dans la solution à employer;
Get injecteur est composé de deux parties, de sorte que le même manche peut être employé avec différents tubes. Les extrémités des tubes sont façonnées d'une manière variable; les unes ont un grand nombre de petits trous, de manière queleliquide s'échappe en pluie; d'autres n'ont qu'une seule ouverture sur le côté, pour que le liquide s'échappe dans une direction déterminée, etc.
La principale objection à faire contre l'emploi des appareils à injection, c'est que, par ce mode d'application, on produit plus facilement un état spasmodique qu'avec les pinceaux, et qu'on ne peut pas limiter exactement la quantité de liquide ou en restreindre l'application à certains points comme on peut le faire avec ceux-ci. L'appareil à injection est tenu entre le pouce et le second doigt, l'index restant libre pour presser sur la boule lorsque l'extrémité de l'instrument est placé dans le larynx.
Pulvérisation. Pour appliquer sur le larynx des liquides dans un état de division très-considérable, plusieurs sortes de pulvérisateurs ont été inventés. L'appareil de Mathieu, modifié par Mayer, est le meilleur de tous. La figure ci-après explique le principe de son action. Il peut être avantageusement employé dans les cas de congestion générale et de relâchement de la membrane muqueuse. Son emploi, dans les affections de la gorge, est surtout indiqué dans les cas où le malade ne peut visiter son médecin assez souvent, ce qui l'oblige de conduire lui-même son traitement. Les solutions faibles d'acide carbolique (0,50 sur 30), de tannin(0,30 sur50),de perchloruredefer(0,18sur 30),
employées de la sorte, m'ont généralement réussi. Les solutions caustiques ne doivent pas être mises en usage avec les pulvérisateurs.
Le liquide médicamenteux est versé par un petit entonnoir u, dans un vase en verre i; il en est cliassé au moyen de la pompe c mise en mouvement par la poignée d'un levier d, suit le tube en caoutchouc e et sort par la petite ouverture de là il pénètre dans une chambre en caoutchouc en forme de cloche, et il arrive pulvérisé en g. Le liquide non utilisé s'écoule enh et retombe dans le'vase On remarquera que le liquide médicamenteux n'est en contact qu'avec du verre et du caoutchouc. Le malade aspire le liquide pulvélisé en g, c'est-à-dire en se plaçant à quelques pouces de l'erabouchure de l'instrument.
Les substances réduites en poudres peuvent être introduites dans le larynx par plusieurs moyens ; l'appareil du docteur Edouard Fournié (1), ou bien celui
(1) L'instrument du docteur Edouard Fournié est construit par Robert et CoUin (de Paris).
Éd. Fournié, Bulletin de l'Acad. de médecine, t. XXXII, page 71, séance du 16 octobre 1866.
ig. 21. — Pulvérisateur de Mayer.
Section II. — Poudres.