‹ Du laryngoscope et de son emploi dans les maladies de la gorge [electronic resource]Chapitre 43 sur 51 · VINGT-TROISIÈME OBSERVATION · texte numérisé non relu

VINGT-TROISIÈME OBSERVATION

Contraction (ht repli glosso-épiglotlique gauche produite par la cicatrice d'un ulcère ; dysphagie extrême ; gui'riaon par la division de la bride cicatricielle.

Charlotte I)..., femme mariée, âgée de vingt-quatre ans, me fut adressée par M. Shillitoe le 18 juin 1864. Elle dit que, depuis le mois de novembre 1805, elle n'avait pu avaler aucune parcelle de nourriture solide, qu'elle ne se soutenait qu'avec des liquides, et que du pain trempé dans du lait était la dernière substance solide qu'elle eût pu faire passer. Une partie des liquides qu'elle chercbait à avaler prenait une fausse direction, et elle ne pouvait essayer de boire ou plutôt d'avaler à petits traits sans être prise d'un violent et prolongé accès de toux. Tous ces symptômes datent d'une atteinte de mal de gorge ulcéreux qu'elle avait eu au mois d'octobre. Cinq ans auparavant elle avait été atteinte d'accidents syphilitiques primitifs, et depuis d'accidents secondaires.

En regardant dans sa gorge, on voyait de nombreuses cicatrices blanches sur la paroi postérieure du ))harynx, et au moyen du laryngoscope on apercevait le côté gauche de l'épiglotte tiré en haut, en avant (vers la langue) et légèrement en dedans, vers la ligne médiane. Je pensai d'abord que le repli ary-épiglottique gauche était adhérent au pharynx, mais une seconde exploration me prouva ((u'il n'eu était rien. Le repli

glosso - épiglottique gauche était considérablement épaissi, blanc, saillant et raccourci, et il était évident que c'était la principale cause de la dysphagie. La bride rigide atteignait une longueur d'un quart de pouce environ, et pouvait être atteinte avec le doigt. Une bougie fut aisément introduite dans l'estomac, ce qui mettait hors de doute que la difficulté dans la déglutition dépendait seulement de ce que l'épiglotte ne recouvrait pas exactement le larynx.

J'eus l'avantage d'avoir l'avis du docteur Smyly (de Dublin) sur ce cas peu fréquent et difficile. J'avais d'abord décidé de diviser la cicatrice, mais sa situation suivant le diamètre antéro-postérieur du larynx était un obstacle à l'emploi de la lancette. Au moyen des ciseaux laryngiens je parvins cependant à la diviser en deux opérations. Il y eut peu d'hémorrhagie, et quelques semaines après la malade, qui paraissait avaler aisément, se plaignait cependant d'une légère difficulté. Je n'ai pas vu cette malade depuis plusieurs mois, mais je ne serai pas étonné de la voir retourner un jour ou l'autre avec ses symptômes anciens. Je noterai que l'épiglotte n'a pas entièrement recouvré sa position normale, et qu'au lieu d'avoir une position oblique au-dessus de l'ouveiture laryngienne, le bord libre de l'opercule laryngien a une direction presque horizontale. L'aspect de l'épiglotte avant l'opération est représenté dans la figure 38.

Depuis que j'ai observé ce cas, j'ai modifié ma lancette de telle sorte qu'au gré de l'opérateur, le bord tranchant peut être tourné, soit dans une direction

antéro-postérieure, soit dans le sens du diamètre latéral. Pour diviser les tumeurs ou les rétrécissements

Fig. 38. — Contraction du repli glosso-épiglottique gauche produisant l'obliquité de l'épiglotte et son éloigneraent du larynx : cause d'une djsphagie extrême.

situés dans la première de ces directions, on agit plus puissamment avec les ciseaux.

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