VINGTIÈME OBSERVATION
Tumeur siégeant sur la corde vocale droite d'un enfant âgé de douze ans^ enlevée avec le tube- forceps.
ConwayC.,., âgé de douze ans, de Gosport, me fut amené, en janvier 1865, pour une aphonie accompagnée de dyspnée. A l'âge de cinq ans, il eut la scarlatine compliquée du croup, et depuis il ne lui fut plus possible de parler à haute voix. Depuis dix-huit mois il souffrait de la dyspnée et il ne pouvait se livrer à
aucun jeu. Enfin, plusieurs fois depuis un an, il avait éprouvé une sensation de strangulation. L'examen laryngoscopique fît voir une tumeur fixée à la corde vocale droite et au-dessous de la commissure antérieure (voir la fig. 37).
Le 5 février, M. Mason fit une exploration laryngoscopique attentive et dessina la lésion. Après de
Kiy. 37. — Tumeur verruqueuse développée sur la moitié antérieure de la corde vocale droite.
nombreuses tentatives, je parvins avec mon tubeforceps à enlever la totalité de la tumeur, et au mo,is de juin suivant, pour employer l'expression de M. Mason, on ne pouvait rien voir, si ce n'est « une légère inégalité dans l'état des cordes vocales; » mais tout disparut après. Le docteur Andrew Clark a décrit les pièces qui furent présentées à la Société pathologi(iue le 19 décembre 1865, comme étant un exemple d'une tumeur verruqueuse de nature papillaire. La voix revint complètement.
VJiNGT ET UNIÈME OBSEUVATION.
Large t umeur fixée à la corde vocale gauche ; aphonie datant de six ans et demi ; extirpation de la tumeur ; retour de la voix.
Eliza P..., âgée de trente et un ans, de Gravesend,
MORELI, MACKENZIE. 9
ayant les apparences d'une forte santé, fut envoyée au docteur Morell Mackenzie, en juin 1865, par M. John A. Kingdon. Elle dit qu'à la suite d'un refroidissement qu'elle avait éprouvé pendant l'hiver de 1858-59, elle eut une toux de mauvais caractère, et que l'enrouement qu'elle eut en même temps se changea au bout de quelques mois en une complète aphonie; depuis lors elle n'avait pu prononcer un mot à haute voix. En 1860, elle était dans un hôpital de province où l'on combattit vainement son aphonie par des douches. L'année suivante, elle fut admise dans un hôpital de la capitale, où elle fut soumise à un traitement qui consista d'abord en application de sangsues sur le cou. On en plaça vingt-sept d'une manière consécutive; ensuite des applications d'iode, de térébenthine, et des cataplasmes de moutarde furent mis en usage; on .administra également la quinine, le fer, etc., etc. Tous ces moyens n'amenèrent aucun résultat. Plus tard, la suffocation se déclara, et dernièrement la malade avait eu deux accès de dyspnée, qui durèrent plusieurs jours. En pratiquant l'examen laryngoscopique, on distingua une tumeur irrégulièrement lobulée, delà grosseur environ d'un œuf de passereau, fixée sur toute la longueur de la corde vocale gauche, et faisant saillie vers la cavité du larynx en travers de la glotte, A la seconde , visite de la malade, le docteur Mackenzie essaya de saisir la tumeur avec son tube-forceps, et, à la première tentative, une grande portion en fut saisie et amenée au dehors.
Dans plusieurs autres visites, quelques fragments
de la tumeur furent enlevés, mais on fit aussi quelques essais infructueux. La malade demeurai |( loin, ses visites furent ii'régulières et trop é) .oiouées; les unes des autres. Ce ne fut que le 7 mars 1 8(3(3 q^,g le docteur Mackenzie pai-vint à débarrasser complètement le larynx au moyen d'un forceps ordinaire (s'ouvra:. t dans une direction antéro-posté rieure). Le docteur Pratt était présent et lit une explor ation laryngoscopique avant et après l'extirpation d' 3 ce dernier fragment. La malade se présenta encon 3 deux fois à l'hôpital et l'on constata que le larynx était parfaitement sain. La voix était claire et naturf ;iie. Le docteur Andrew Clark, qui examina la tumeur, la classa parmi les tumeurs verruqueuses simples. ' ^Med. Times and Gazette.)
VINGT-DEUXIÈME 0BSERVA7 ^'lojv.
Petite arête de poisson enlevée du larynx d'un enfant^ au moyen du f'orci sps.
Caroline C..., âgée de douze ai ,is, fut amenée à l'hôpital le 8 février 1864, par sa se em aînée. Cette enfant criait et sa sœur racontait quel' a veille au soir elle avait avalé une arête de hareng. Caj .-oline disait qu'elle avait senti l'arête en avalant, et 'qu'ayant voulu la saisir, elle avait enfoncé ses doigts ' dans la gorge, ce qui avait été suivi de nausées. Je l'f examinai au laryngoscope, mais je ne constatai qu'urne forte congestion de la membrane muqueuse dvt larynx. N'apercevant pas
l'arôt t N j6 supposai qu'elle avait été avalée, et je rccom- 111311(1.1. ' des inhalations de vapeur d'eau chaude pour calmer l'irritation. Je noterai que j'introduisis sans difficulté '^^^6 bougie jusqu'à l'estoinac. Le lendemain, l'enfant i ^^^^ nouveau amenée. La respiration était léo'èr eurent striduleuse ; un médecin que l'on avait vu dai l'intervalle, avait dit à sa mère qu'il y avail un coin mencement de croup. Avec le laryngoscope on voyait qut ■ i'<^P^i ary-épiglottique et la bande vcntriculaire du côté droit étaient considérablement luiiiétiés et d'un l'ouge vif ; on distinguait aussi et nettement une porti '^ii de l'arête qui reposait en travers du repli ary-épiglot tique droit, près de l'épiglotte. Apparente comme ellt ' l'était, elle paraissait facile à saisir, mais on éprouva l^s plus grandes difficultés pour la prendre entre les mors du forceps. En faisant la première tentative, la i membrane muqueuse fut légèrement blessée et le sang Ci ^clia complètement l'arête. Au bout d'une demi-heure, V '^rête fut de nouveau visible et elle fut heureusement sai sie entre les lames du forceps.
L'arête, très-mince d'ailleurs, avait trois quarts de pouce de long. La mal ide se plaignit pendant un jour ou deux de chatouillei nents dans la gorge, mais le vendredi suivant (l'acci dent était arrivé le dimanche) elle était parfaitement bi en.