‹ Du lipomeChapitre 2 sur 13 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

J. -P. -H. Ingrassias enlève une tumeur sur les épaules, contenant Ide la graisse véritable et de la chair; c’est là , au dire de Morgagni, Jun des premiers exemples de tumeur constituée par de la graisse (véritable et non par du suif, et cependant l’auteur rapporte sa ■tumeur au stéatome.

Fabrice d’Àquapendente dit que le stéatome, quand il n’est pas ■sur la tète, contient plus de graisse que de suif; mais ce motif ne lui ■paraît point suffisant pour donner à ces deux formes de tumeurs ■deux noms différents.

Littré, un des premiers, établit une distinction entre le lipome ■ou la tumeur formée par de la graisse et le stéatome, tumeur formée

■ par du suif; il croyait que la première était très-rare, et que l’on In’en avait point observé avant lui. Cependant Elsholze , trente-huit

■ ans auparavant, publiait, sous le nom de stéatome , l’observation

d’une tumeur qui s’était développée, sur un soldat, dans le pli périnéo-scrotal , et qui contenait de la graisse.

Ruysch, ayant enlevé une tumeur graisseuse, semblable à celle qu’avait décrite Littré sous le nom de lipome , continue cependant à lui donner le nom de stéatome.

Boyer confond sous le nom de loupes le mélicéris, l’athérome, le lipome; mais il conserve la distinction établie par Littré entre le lipome et le stéatome.

Louis et Delpech n’admettent point qu’on doive faire deux classes séparées du lipome et du stéatome. Delpech considère comme des lipomes des tumeurs lymphatiques et graisseuses énormes siégeant aux grandes lèvres; mais ces tumeurs doivent être rapportées probablement à cette affection plus fréquente dans les pays chauds, et connue sous le nom d 'élépliantiasis.

Marjolin ( Dict. en 30 vol.) décrit sous le nom de loupes toutes les tumeurs graisseuses, sous-cutanées, indolentes, mobiles, et susceptibles, pour la plupart, d’acquérir un volume considérable; il comprend deux espèces , les lipomes et les sléatomes. Mais pour lui ce ne sont pas deux maladies distinctes, mais deux états différents de la même affection. Le stéatome se présenterait très-rarement ; le plus souvent, il serait le résultat d’une dégénérescence du lipome.

Aujourd’hui le lipome doit être considéré comme une classe d’aftion à part , essentiellement distincte de ces tumeurs que l’on a désignées sous le nom d 'athérome, mélicéris, stéatome; seulement nousj reconnaîtrons que l’expression employée est vicieuse ou incomplète, car le mot lipome ne rappelle à l’esprit que Lidée de la graisse. Cellelà peut se présenter sous des formes et des aspects extrêmement variés, et nous préférerions lui voir substituer l’expression d’ad/pome , proposée par M. Cruveilhier, qui indique au moins le tissu aux dépens duquel la tumeur se développe et auquel il emprunte son propre caractère.

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