‹ Du lit plâtré: Dans le traitement du mal de PottChapitre 15 sur 34 · NET · texte numérisé non relu

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placer l'enfant sur une planche capitonnée, maintenu au niveau du thorax au moyen d’une ceinture exactement fixée. (Voir dans le Traité pratique de Chirurgie Orthopédique de P. Redard la description de ces appareils.) On peut encore se servir d’un modèle convenable de gouttière de Bonnet. ER

On éprouve dans la pratique une assez grande difficulté à maintenir les enfants immobiles dans ces appareils. Les sujets incomplétement maintenus, se déplacent et perdent ainsi le bénéfice du traitement.

Le décuhitus sur le ventre (prone system) est une méthode de très grande valeur que l’on a tort de ne pas employer plus fréquemment : cette position, mieux que le décubitus sur le dos, s'oppose à un affaissement par pression de la partie antérieure des corps vertébraux. On doit placer le sujet sur une planche capitonnée en ayant soin de l’immobiliser autant que possible au moyen de ceintures convenablement disposées, « Les objections faites à cette méthode de traitement, dit P. Redard, ne nous paraissent pas sérieuses, Le prone system convient surtout dans les cas de mal de Pott dorsal avec gibbosité commençante. La plupart de nos malades ont parfaitement supporté la position imposée, les douleurs ont disparu, la gibbosité a cessé de s’accroître, des mensurations très exactes ont permis de noter, dans quelques cas, une amélioration très importante de la gibbosité. Les sujets ont conservé.un bon état général sans perdre leur appétit. Le décubitus abdominal donne surtout de bons résultats, si l’on obtient I réclinaison en produisant une courbure lordotique au niveau du segment cypho- ‘tique. » k

res us

Berend fait reposer les malades sur le ventre en les couchant sur un appareil en forme de selle suspendue.

Nous avons vu appliquer souvent au Dispensaire Furtado- Heine par notre maître P. Redard, un appareil composé d’une planche matelassée, dans lequel les coussins convena- blement disposés permettent une courbure en lordose, au niveau de la cyphose, et la décharge du segment du rachis altéré.

Dans quelques cas de gibbosité moyenne en voie de formation, dela région dorsale ou lombaire, le même auteur place le jeune sujetisur le ventre, immobile sur une planche matelassée au moyen d’une ceinture au niveau du bassin et des coussins disposés de telle sorte que la partie de la colonne vertébrale correspondant à la gibbosité puisse se placer en

légère lordose. On exerce de légères pressions intermitten- tes au moyen de plaques bien rembourrées, actionnées par des vis disposées de chaque côté de la colonne vertébrale. Cet appareil a surtout pour but de modifier avantageusement la gibbosité, ou d’en arrêter le développement. Il agit aussi en déchargeant les parties malades du poids du corps et en donnant une immobilité très favorable.

Ce procédé ne convient qu’à quelques cas particuliers de taux de Pott, à une période assez avancée, avec gibbosité légère, accompagnés de contractures musculaires, principalement ceux de la région dorsale avec lésions de plusieurs vertèbres. Il permet d'obtenir de légers redressements de gibbosités, une position plus favorable de la colonne vertébrale, la disparition des contractures et la consolidation dans une bonne position. L'appareil doit agir au moment de

la période de formation de la gibbosité, sans rechercher un

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redressement brusque ; il est absolument inefficace lorsque les gibbosités sont anciennes et définitivement établies.

Rauchfuss a recommandé un appareil qui permet de pratiquer l’extension d’une façon efficace et de produire en même temps une incurvation du rachis dans le sens opposé à celui de la cyphose. La partie atteinte du rachis est soulevée au dessus du lit au moyen d’une large sangle, la tête et les extrémités inférieures reposent seules sur le lit : le poids de ces parties produit l’extension et une modification favorable du segment du rachis tuberculeux. Cet appareil ne peut s'appliquer facilement chez l'enfant, il ne permet pas une contention parfaite, le sujet pouvant abandonner le décubitus dorsal et se placer sur le côté (Nebel, Kænig, Schildbach). R |

Dans le but d'éviter ces inconvénients, quelques auteurs ont proposé de modifier la forme de la sangle et son mode de fixation. Kœnig se sert d’un justaucorps bien collant, avec des manches pour les bras et des prolongements pour les cuisses que l’on fixe à la sangle dorsale. Reyher recommande une sangle plus large, solidement fixée sur les côtés et aux aisselles. Maas se sert simplement de coussins cylindriques qu’il place au niveau de la gibbosité.

Ces divers appareils doivent être rapprochés du lit plàtré, quant à leur mode d'action. Nous démontrerons qu’ils sont moins utiles et moins efficaces. Ils présentent de sérieux inconvénients, ils ne permettent pas une contention exacte des parties, ils ne donnent pas surtout l’immobilité nécessaire. Nous verrons plus tard que le lit plâtré présente au contraire ces avantages.

L'extension, généralement combinée à l’immobilisation

An

ou à d’autres méthodes (voir quelques-uns des appareils pré- : cédents, de Rauchfuss, etc.) est un moyen énergique de diminuer la pression au niveau des vertèbres malades. Pour être efficace, l'extension continue doit être appliquée, le malade étant dans le décubitus horizontal.

Les lits à extension plus ou moins compliqués ont été abandonnés : on se sert actuellement d'appareils simples et pratiques. Lorsque le mal de Pott siège dans la région cervicale, le procédé le plus efficace consiste à exercer une traction au moyen de poids (2 à 6 kilogr.) fixés à une corde, passant sur une poulie et reliée à une mentonnière de Glisson embrassant exactement la tête du malade.

Nous avons souvent vu employer dans le traitement du mal de Pott au Dispensaire Furtado-Heine, l'extension dans la position oblique ou verticale. Le sujet est placé sur une planche matelassée, l’extrémité correspondant à la tête est munie d’une tige sur laquelle vient se fixer une pièce métallique légèrement courbe avec mentonnière de Glisson, pouvant se placer à diverses hauteurs. La contre-extension est faite par le poids du corps. On peut en inclinant la planche plus ou moins obliquement ou même en plaçant des poids au niveau des extrémités inférieures, augmenter la force de traction. Le thorax est quelquefois maintenu au moyen d’une ceinture afin d'éviter les mouvements de latéralité.

Les gouttières de Bonnet, modifiées afin de permettre l'extension et la contre-extension, sont très utiles. Elles peuvent être placées plus ou moins obliquement; la force de traction au niveau de la tête et du rachis varie avec le degré d’inclinaison.

La gouttière de Phelps est une sorte de caisse en bois

emboîtant exactement le sujet, avec des échancrures pour les bras, des excavations pour les talons et la moitié postérieure de la tête. Les jambes sont maintenues écartées . L'enfant est immobilisé au moyen de bandes de flanelle et d’un corset en cuir qui embrasse exactement le thorax. Une mentonnière de Glisson vient se fixer à des crochets placés sur les parties supérieures et latérales de la boîte. Cette boîte peut être placée obliquement, presque verticalement, de façon à ce que l’enfant soit suspendu en partie par la tête. Dans quelques cas la planche postérieure des pédales peut être rendue mobile. L'enfant ne doit être enlevé de l'appareil que tous les vingt jours; on doit faire exécuter tous les jours aux membres inférieurs des mouvements actifs et passifs.

Le modèle de lit récemment proposé par Beely, est une modification heureuse du lit de Phelps. Cet appareil permet l’immobilisation du sujet, une traction énergique du rachis. Il peut être placé dans une position plus ou moins oblique, et méme verticale. Il permet de déplacer et de promener le malade au grand air.

Dans le mal de Pott dorsal inférieur ou lombaire, on peut pratiquer l’extension au moyen de poids fixés au niveau des membres inférieurs, la contre-extension étant faite par le sujet placé sur un plan incliné, la tête légèrement oblique en bas. À l'exemple de Shaw, on peut se servir d’un plan incliné divisé en plusieurs parties mobiles, dont chacune peut être déplacée à volonté, suivant que l’on veut agir plus particulièrement sur l’une ou l’autre partie de la colonne vertébrale.

L'extension ne convient pas à toutes les variétés de mal

Es on

de Pott, Elle réussit surtout pour les maux de Pott de la région cervicale ou dorsale supérieure. L'expérience démontre qu’elle agit peu, produisant une traction illusoire, au niveau des vertèbres dorsales et lombaires. Les résultats favorables obtenus dans les cas de maux de Pott de la région dorsale ou lombaire sont dus, croyons-nous, en grande partie à l’immobilité imposée au sujet et non à l'extension.

On éprouve en outre de grandes difficultés à maintenir l'extension chez les jeunes sujets. Les ceintures destinées à être placées sous les aisselies, au niveau du thorax et du bassin, dans le but d’immobiliser le sujet ou de donner un point d'appui à la contre-extension, se déplacent et sont

. mal supportées.

Dans la période de formation des gibbosités, avec phénomènes d’excitation et de contracture, la position horizontale ou en décubitus abdominal est encorelaméthode qui convient le mieux. On doit surtout chercher à cette période à s’opposer à l’accroissement des gibbosités, principalement au moyen de l’appareil à plaques décrit plus haut. Dans certains cas, on obtiendra avec cet appareil, dans les gibbosités au début, une légère réduction de la difformité.

, Les tentatives de redressement des gibhosités au moyen de pressions avec une outre gonflée (Hippocrate), des coussins (Aurran, David, Joerg, Wenzel, Gillebert d'Hercourt), doivent surtout avoir pour but d'empêcher laccroissement de la difformité. Toute tentative de redressement brusque pour des gibbosités anciennes est inutile et très dangereuse,

Jusqu'ici nous n’avons eu à siznaler que des appareils s'appliquant dans, le décubitus horizontal. Un très grand nombre d'appareils dont le but, d’après les auteurs, serait

d'immobiliser le rachis, d'empêcher la formation de la oibbosité, de redresser même la difformité, tout en permettant la station verticale et la marche, 6nt cependant été proposés. Parmi ces appareils, citons le plus célébre et le plus employé, le corset plätré de L, A. Sayre. Viennent ensuite les corsets de Taylor, de Roberts, les minerves ou cuirasses à modèles si variés, les corsets en feutre, en bois ou autres subtances. :

Notre expérience de ces différents appareils nous a démontré qu’ils jouissent d’une efficacité limitée et qu'ils agissent surtout en produisant une immobilité, malheureusement toujours incomplète et passagère. Il n'existe actuellement aucun appareil permettant d'empêcher la formation de la: gibbosité et d'arrêter l’effondrement du rachis, tout en permettant la marche (P. Redard).

Quelques-uns des appareils de cette catégorie rendent des services signalés, dans des cas déterminés,

Le corset plâtré sur lequel le professeur Duplay a, le premier en France, attiré lattention, généralement employé à l’état de corset amovible, ne convient pas aux maux de Pott à marche rapide, avec phénomènes douloureux et inflammatoires, menace de gibbosité importante, abcès ou paralysie commençante. Dans ces cas, l'immobilité dans la position horizontale, au moyen des divers appareils décrits plus haut, est préférable. D’après la pratique quenous avons vu suivre au Dispensaire Furtado-Heine, nous pensons que le corset plâtré doit être réservé à la période de réparation et de convalescence des maux de Pott, lorsque la gibbosité a pu être évitée, que les douleurs ont disparu sous l'influence du repos horizontal,

Dans quelques cas, le corset plâtré peut produire une légère diminution de la gibbosité : ce résultat est exceptionnel, L'action principale de cet excellent appareil est de procurer l’immobilité et le repos des parties malades, d’enrayer les progrès du mal. |

Les corsets plätrés avec jury-mast ne produisent pas une extension et une immobilisation suffisante dans les premières périodes du mal de Pott de la région cervicale. Dans le mal de Pott de la région lombaire ou dorsale inférieure, le corset platré pourra être appliqué assez tôt. Il immobilise en effet efficacement les régions lombaire et dorsale,

De même que les corsets plätrés, les minerves en cuir moulé, les corsets de feutre, ne conviennent qu’à la période de convalescence. Les corsets de feutre bien faits, rigides, légers, produisant une bonne contention, sont excellents à cette période, Les minerves, les colliers ne doivent être employés que comme agents de contention à la période de convalescence des maux de Pott de la région cervicale.

Les corsets orthopédiques composés d’une ceinture pelvienne avec montants, plaques de pression, béquillons, sont

de mauvais appareils qui n’ont toujours qu’une action nuisible. Les corsets de Davis et de Taylor que nous avons vu fréquemment employer, donnent au contraire une immobilisation dans une bonne position du rachis et même le redressement de certaines gibbosités au début. Rappelons que .le corset de Taylor est basé sur le principe d’un levier dont le point d'appui agissant sur les apophyses transverses est au niveau de la difformité. Le bassin donne un autre point de pression, formant la base du corset. La résistance est . fournie par des pièces placées à la partie antérieure du

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