‹ Du lit plâtré: Dans le traitement du mal de PottChapitre 8 sur 34 · ANATOMIE PATHOLOGIQUE · texte numérisé non relu

ANATOMIE PATHOLOGIQUE

Nous ne discuterons pas les différentes opinions émises sur la nature du mal de Pott. Il est admis aujourd’hui par presque tous les auteurs que cette affection est toujours d'origine tuberculeuse, siégeant dans les vertèbres ou dans les articulations vertébrales. Nous étudierons surtout les lésions anatomo-pathologiques qui peuvent servir aux indications du traitement, puis nous examinerons les lésions de voisinage et nous terminerons ce chapitre par le mécanisme du mode de guérison. |

Les lésions initiales de la tuberculose des vertèbres se montrent sous deux formes, fubercules enkystés et infiltration tuberculeuse.

Ces deux formes se rencontrent souvent sur le même sujet, : :

Tubercules enkystés. — Le tubercule enkysté se présente ordinairement sous forme d’une masse blanc-orisâtre ou jaune, comparée par Nélaton à du mastic de vitrier. Des granulations grises plus ou moins nombreuses se déposent en un point du tissu spongieux du COrps des vertèbres, elles ne sont point d’abord au contact les unes des autres, des trabécules osseuses les séparent, mais bientôt les cloisons se résorbent, les granulations juxtaposées se fusionnent pour former le noyau caséeux, Autour de ce tubercule, en

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voie d’accroissement, il se forme une zone d’ostéite raréfiante. La masse tuberculeuse s’accroit, sortant fréquemment des limites de la vertèbre, arrivant sous les ligaments, le tissu cellulaire, les muscles, devenant le point de départ des fongosités extra-vertébrales, des abcès migrateurs. ;

Le canal vertébral est souvent ouvert en arrière et l’infiltration gagne les méninges et la moelle,

La caverne osseuse, plus ou moins vaste, estsouvent régulière, arrondie ou sinueuse et déchiquetée. Son contenu est constitué par de la matière caséeuse avec paroi analogue à la membrane tuberculogène des abcès froids, mais il peut également renfermer des parcelles osseuses et quelquefois même des séquestres assez volumineux.

Les vertèbres voisines peuvent se prendre et ainsi se forment de vastes abcès froids contenant un liquide puriforme ou du pus osseux.

Infiltration tuberculeuse. — Dans cette forme, indiquée par Nichet et surtout décrite par Nélaton, on doit distinguer deux périodes, l’infiltration grise demi-transparente, et l'infiltration puriforme ou opaque. 1 … L'infiltration tuberculeuse peut se rencontrer isolée ou bien elle coïncide avec la forme qui dérive de la granulation. Elle consiste en une tache grise, opaline, demi-transparente, à bords nettement arrêtés ; les mailles trabéculaires n’ont subi à son niveau aucune modification et quelques capillaires sanguins rampent à sa surface. Mais bientôt la transparence se perd, la tache devient opaque de teinte jaunâtre, les trabécules osseuses s’épaississent les vaisseaux s’oblitèrent et le tissu est frappé de mort. Le résultat de ce

processus est donc la nécrose de la masse infiltrée et la formation de séquestres parfois très étendus.

Dans quelques cas on observe sur un grand nombre de

vertèbres, des ulcérations superficielles avec de petites cavités dont les unes sont vides, les autres pleines de fongosités et de pus. Cette variété décrite par les auteurs sous le nom de carie superficielle doit être considérée comme une osteo-périostite tuberculeuse (Lannelongue).

La polyarthrite vertébrale luberculeuse décrite par Broca, Azam, Ripoll ne doit pas étre considérée comme une affection primitive. Les examens anatomiqnes paraissent démontrer que les fibro-cartilages se prennent consécutivement aux lésions tuberculeuses des os. PRE

Dans la forme d’altération superficielle, mal de Pott superficiel de Lannelongue, il n’existe pas de destruction

profonde du tissu osseux, ni de gibbosité. Cette forme

existe parfois combinée avec les altérations profondés du mal de Pott profond. -

Dans le mal vertébral postérieur toutes les parties de l’arc postérieur des vertèbres peuvent être prises : ce sont

par ordre de fréquence, les apophyses transverses, les apo-

physes épineuses, puis les lames dont la structure est plus.

compacte.

Parallèlement aux altérations des corps vertébraux, on signale des destructions des fibro-cartilages intervertébraux, mais en dehors des cas où leurs lésions paraissent consécutives à celles des os, on en cite d’autres où leur destruction est complète, sans altération sérieuse du Corps des vertèbres. Cette destruction du fibro-cartilage peut être complète ou parüelle, elle consiste dans une érosion,

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